Éric Can­to­na

IN­TER­NA­TIO­NAL DE 1987 À 1995

Planète Foot - - ÉDITO -

Il se vou­lait re­belle, il était, au mi­ni­mum, an­ti­con­for­miste. Il se cher­chait, on le trou­vait. Dans ce qui a consti­tué sa car­rière de joueur et d'homme, Can­to a ha­bi­le­ment me­né le show et l'ef­froi. Entre coups de gé­nie et coups de fo­lie. Que ce soit en club, où on le vé­nère tou­jours à Man­ches­ter Uni­ted, comme dans sa ville de nais­sance, à Mar­seille, où il a long­temps été consi­dé­ré comme un re­né­gat, après un pas­sage tu­mul­tueux sous l'ère Ta­pie. Pa­reil en sé­lec­tion. Il ré­agis­sait à l'ins­tinct, tou­jours. Pour nous of­frir le meilleur ou le pire. Lan­cé dans le grand bain bleu par Hen­ri Mi­chel, à l'été 87, c'est ce­lui-ci qu'il va pour­tant mettre plus bas que terre (voir par ailleurs), un an plus tard, cou­pable de l'avoir ou­blié dans sa sé­lec­tion. Ce­lui qui al­lait de­ve­nir The King en An­gle­terre ne tran­si­geait pas. Re­ve­nu en équipe de France après sa sus­pen­sion et la prise de pou­voir de Mi­chel Pla­ti­ni, il a for­mé un duo magique à la pointe de l'at­taque tri­co­lore avec Pa­pin lors d'éli­mi­na­toires sans faute avant l'Eu­ro 92. La suite! ? Beau­coup plus com­pli­quée. L'Eu­ro est un fias­co, la qua­lif' pro­mise au Mon­dial 94 tourne à l'hor­reur et Ai­mé Jac­quet ne le re­tient pas pour l'Eu­ro 96 en An­gle­terre. Fin de l'his­toire. Une drôle de fin pour une drôle d'his­toire qui laisse un évident goût d'in­ache­vé.

Sus­pen­du de sé­lec­tion pen­dant un an après sa sor­tie au ba­zoo­ka contre Hen­ri Mi­chel, Can­to re­vient en bleu à l'oc­ca­sion du match de re­prise es­ti­val, face à la Suède, en août 89, au sein d'une équipe dé­sor­mais dri­vée par Pla­ti­ni. Re­tour ga­gnant. Il signe un dou­blé (comme JPP) et la France s'im­pose 4-2.

En août 88, alors qu'il n'a pas été re­te­nu pour le match de ren­trée des Bleus contre la Tché­co­slo­va­quie, Can­to vide son sac. « Je ne joue­rai plus en équipe de France tant qu'Hen­ri Mi­chel se­ra à sa tête. Ne me par­lez plus de lui, je ne le connais plus. Ce n'est pas mon genre de vou­loir al­ler dans une équipe où le sé­lec­tion­neur ne m'aime pas. J'ai une boule, là, dans la gorge. Un jour, je se­rai tel­le­ment fort qu'il fau­dra choi­sir entre lui et moi. En plus, il n'a même pas eu le cou­rage de m'ap­pe­ler ou de ve­nir me voir, alors qu'il ha­bite tout près de chez moi, pour m'ex­pli­quer ses rai­sons. Il n'a pas eu cette fi­nesse, cette classe. Je sou­haite qu'on s'aper­çoive ra­pi­de­ment qu'il est l'un des plus in­com­pé­tents sé­lec­tion­neurs mon­diaux. Je viens de lire ce que Mi­ckey Rourke a dé­cla­ré à pro­pos des Os­cars d'Hol­ly­wood : ce­lui qui s'oc­cupe de ça est un sac à merde. Je ne suis pas loin de pen­ser qu'Hen­ri Mi­chel en est un, lui aus­si. »

45 sé­lec­tions (20 buts) dont la pre­mière le 12 août 1987 à Ber­lin (Al­le­magne), RFA-France 2-1.

En éli­mi­na­toires de l'Eu­ro 92, Can­to et les Bleus sont in­sai­sis­sables pour leurs ad­ver­saires, ici l'Is­lande.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.