Re­cord et ef­fi­ca­ci­té maxi pour Alia­pur en 2015

Pneumatique - - ACTUALITÉS MARCHÉ -

Avec 320 000 tonnes col­lec­tées en 2015, soit 102 % de ses ob­jec­tifs, Alia­pur fonc­tionne à plein ré­gime et à coûts mai­tri­sés, toujours 1,25 eu­ro par pneu tou­risme. Reste que tout n’est pas en­core sous contrôle, ce qui n’em­pêche pas Alia­pur de re­cher­cher de nou­veaux dé­bou­chés pour un re­cy­clage ma­tière toujours plus per­for­mant.

Dans le cadre de la pré­si­dence tour­nante d'alia­pur, Serge Bon­nel (Conti­nen­tal) dresse un der­nier bi­lan avant de cé­der son fau­teuil à Mark Thys, de Goo­dyear France. Il peut se fé­li­ci­ter d'ex­cel­lents ré­sul­tats et ap­pré­cier le nou­veau dé­cret 2015/1003 qui vient ren­for­cer l'ac­tion d'alia­pur en "fa­ci­li­tant sa mis­sion". Consti­tué au dé­part par les cinq prin­ci­paux ma­nu­fac­tu­riers pré­sents en France, Alia­pur n'a pas l'ex­clu­si­vi­té de la col­lecte et du re­cy­clage des pneus hors d'usage. Avec ses 300 000 tonnes an­nuelles il ne contrôle "que" 80 à 85 % des vo­lumes, sui­vi par le GIE FRP (France Re­cy­clage Pneu­ma­tiques, 65 000 tonnes) et le Groupe Mo­bi­via, qui traite ses propres pneus dé­chet.

"Ce dé­cret nous aide sur plu­sieurs plans", in­dique Serge Bon­nel. D'abord à ré­gu­ler le mar­ché car cer­tains im­por­ta­teurs ne dé­clarent toujours pas sys­té­ma­ti­que­ment les pneus qu'ils in­tro­duisent en France : "Voi­là pour­quoi nous avons col­lec­té 102 % de nos pré­vi­sions en 2015". En­suite, le dé­cret veut fa-

Reste quelques points noirs dans le bi­lan, comme les tri­cheurs, qui ne dé­clarent toujours pas tout ce qu'ils vendent en France. "In­ter­na­tio­na­li­sa­tion et in­ter­net rendent la triche plus fa­cile", dé­plore Serge Bon­nel : "une ligne sé­pa­rée "frais de col­lecte" (com­pa­rable à l'éco-contri­bu­tion de l'élec­tro­mé­na­ger et une foule d'autres produits) sur la fac­ture client nous ai­de­rait". Op­ti­miste il re­con­naît qu'on a "une écoute plu­tôt fa­vo­rable" mais, réa­liste, convient qu'il fau­dra plu­sieurs mois ou…an­nées pour abou­tir.

Le der­nier écueil pour­rait être fa­ci­le­ment sur­mon­té, c'est la na­ture ju­ri­dique même du pneu usa­gé qui fait blo­cage, car toujours consi­dé­ré comme un dé­chet. Ce concept to­ta­le­ment op­po­sé à l'idée de va­lo­ri­sa­tion prô­né par les pou­voirs pu­blics pa­ra­lyse toute une fi­lière et pose d'énormes pro­blèmes, no­tam­ment à l'ex­port où des gra­nu­lats à va­leur éner­gé­tique com­pa­rable au char­bon ou aux produits pé­tro­liers sont toujours of­fi­ciel­le­ment des dé­chets ! Et es­sayez d'ex­por­ter des dé­chets... Vous tom­bez sous une foule d'in­ter­dic­tions, évi­dem­ment jus­ti­fiées pour des produits par­fois toxiques mais ri­di­cules pour du gra­nu­lat, dé­jà trai­té, dé­cou­pé et "nor­mé" grâce aux tra­vaux d'alia­pur.

Il y a quelques an­nées, on avait cru te­nir la bonne so­lu­tion en con­si­dé­rant le pneu usa­gé comme un mi­ne­rai, avec des produits in­té­res­sants et de va­leur pour­vu qu'on les sé­pare des sco­ries avec les­quelles ils sont mê­lés. C'est exac­te­ment le cas du pneu, qui re­cèle gommes, car­bone, si­lice, acier, lai­ton, tex­tiles, zinc, soufre, etc., pour­vu qu'on se charge d'un "raf­fi­nage" dé­jà bien connu. Le pro­jet s'était per­du dans les méandres d'ad­mi­nis­tra­tions ti­rées à hue et à dia par leurs mi­nistres suc­ces­sifs… Bref, qu'at­tend-on pour dé­blo­quer cette si­tua­tion ubuesque ?

Re­cords et re­cherches tous azi­muts

Avec Her­vé Do­mas, di­rec­teur général, on pé­nètre au coeur d'une or­ga­ni­sa­tion qui tourne à plein ré­gime, avec au pal­ma­rès 2015 un re­cord à 320 000 tonnes, soit l'équi­valent de 42,3 mil­lions de pneus TC 4. Les pneus tou­risme font 75 % des ton­nages col­lec­tés,

Char­ge­ment d’un ba­teau de broyat de pneu pour les ci­men­te­ries du Ma­roc, prin­ci­pal client d’alia­pur. Ces ba­teaux à fond plat re­montent le Rhône jus­qu’à Lyon.

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