In­nov-agri Le mo­ral mal­gré tout

Pneumatique - - L’ÉVÉNEMENT -

Ex­té­rieu­re­ment, le Sa­lon de plein air In­nov-agri était aus­si agui­chant que les

autres an­nées, tou­jours très fré­quen­té et plein de nou­veau­tés. Pour­tant l’am­biance n’était pas fran­che­ment joyeuse par la faute d’une ré­colte de blé 2016 ca­tas­tro­phique. En cause, un épi­sode de sé­che­resse suc­cé­dant à trop de pluie… Bref, un dé­sastre éva­lué à - 30 % en ton­nage, qui va en­core pé­na­li­ser une agri­cul­ture dé­jà dé­pri­mée. D’où un mar­ché du trac­teur neuf bien calme et ce­lui du pneu de rem­pla­ce­ment en berne. Du coup, ma­nu­fac­tu­riers et ré­seaux ri­va­lisent d’ini­tia­tives pour sau­ver leurs parts de mar­ché.

Tous les deux ans, le Sa­lon de plein air In­nov-agri oc­cupe 160 hec­tares à Ou­tar­ville, au nord d'or­léans. Avec 237 ex­po­sants fran­çais et étran­gers, 50 hec­tares de dé­mons­tra­tions et 30 de chan­tiers de ré­colte, c'est l'ou­til le plus ef­fi­cace pour pré­sen­ter et va­lo­ri­ser in si­tu et "en ac­tion" ma­té­riels et tech­niques. Avec en­vi­ron 70 000 vi­si­teurs, In­nov-agri dis­tance les autres Sa­lons, dont Po­ta­to (12 000), ou le Sa­lon de l'herbe (30 000). Seul le Som­met de l'éle­vage fait mieux avec 88 000 vi­si­teurs (en 2016), mais pour le ma­chi­nisme agri­cole, In­no­va­gri reste l'in­con­tour­nable ren­dez-vous. Par ailleurs, même si seul le Som­met de l'éle­vage a pro­gres­sé (en 2015 la fièvre ca­tar­rhale avait em­pê­ché les bo­vins d'y être ex­po­sés), c'est l'arbre qui cache la forêt, celle des af­fluences qui pla­fonnent. Un son­dage montre que 73 % des agri­cul­teurs ne se sont pas ren­dus sur un Sa­lon (quel qu'il soit) et n'ont pas l'in­ten­tion d'y ve­nir dans le fu­tur. Ce­la laisse de l'es­pace pour toutes les autres formes de com­mu­ni­ca­tion…

Fou­tue mé­téo !

Si, début sep­tembre, les chiffres pu­bliés à In­nov-agri ne sont pas dé­fi­ni­tifs, ils n'en sont pas loin. On éva­lue la production na­tio­nale de blé tendre entre 28 et 29 mil­lions de tonnes, à com­pa­rer aux 40,9 mil­lions de tonnes de 2015, un chiffre qui nous ra­mène 30 ans en ar­rière, 1986, an­née d'une sé­che­resse extrême. En 2016, cette baisse de 25 % des ren­de­ments a son ori­gine fin mai, lorsque des pluies abon­dantes et un dé­fi­cit d'en­so­leille­ment, de 90 % par en­droits, ont ra­len­ti la crois­sance des plantes alors en pleine flo­rai­son. Et comme juin n'a pas été meilleur tout a em­pi­ré, avec des ra­cines en anoxie (sous l'eau) et une ex­plo­sion de fu­sa­riose, mi­cro cham­pi­gnons im­pos­sibles à com­battre puisque la pluie "la­vait" aus­si­tôt les trai­te­ments. Et aus­si­tôt après, la ca­ni­cule a dra­ma­ti­que­ment pri­vé d'eau toutes les cultures ! Conclu­sion, des grains moins nom­breux au mètre car­ré, plus pe­tits et mal rem­plis, d'où les ren­de­ments mi­sé­rables, 55 quin­taux/ha contre qua­si­ment 80 en 2015.

Pro­blème, la France est pra­ti­que­ment le seul pays pro­duc­teur dans cette si­tua­tion, les autres pro­gressent, sa­chant qu'il existe de gros stocks et pas de pé­nu­rie au plan mondial, les prix ac­tuels as­sez bas n'ont au­cune chance de re­mon­ter pour com­pen­ser (un peu) les pertes. Certes, nous ne man­que­rons pas de pain en 2017, mais la France ne dis­po­se­ra plus que de 5 mil­lions de tonnes à ex­por­ter hors UE, soit 60 % de moins qu'en 2015. Ac­ces­soi­re­ment, nous per­dons notre sta­tut de pre­mier ex­por­ta­teur eu­ro­péen, nos amis Al­le­mands nous rem­pla­çant sur le po­dium et ré­cu­pé­rant des pays tra­di­tion­nel­le­ment clients, au Magh­reb no­tam­ment.

Et comme un mal­heur n'ar­rive ja­mais seul, le maïs a lui aus­si souf­fert de la sé­che­resse alors que les inon­da­tions ont ré­veillé dans quelques ré­gions la fièvre char­bon­neuse

des bo­vins, épi­dé­mie qu'on n'avait plus vue ac­tive de­puis 1965. La mort de 25 ani­maux a en­trai­né la vac­ci­na­tion de 10 000 bo­vins dans l'est de la France, fi­nan­cée par l'état, mais ce n'est rien com­pa­ré aux pro­blèmes struc­tu­rels de la fi­lière por­cine ou du lait.

Ta­bleau noir ? On peut aus­si ajou­ter à la liste quelques dé­tails comme la baisse du poids spé­ci­fique du blé ou le prix de la Sa­lers à l'abat­tage, et on ob­tient une pho­to­gra­phie plu­tôt pré­cise de l'éco­no­mie agri­cole du pays, dont la bonne san­té condi­tionne, avec les im­pôts et les condi­tions d'ac­cès au cré­dit, le mar­ché du ma­chi­nisme et donc, directement, ce­lui du pneu­ma­tique.

Tour de piste

Sans le se­cours d'or­ga­nismes ou d'ex­perts, ce ta­bleau sai­sis­sant de la si­tua­tion début sep­tembre 2016 a sim­ple­ment été éta­bli lors d'un "tour de piste" d'in­nov-agri par les com­mer­ciaux des ma­nu­fac­tu­riers et des ré­seaux ! Tous sont im­pres­sion­nants de connais- sances, ré­gion par ré­gion, spé­cia­li­té par spé­cia­li­té, toutes don­nées à as­so­cier aux ca­rac­té­ris­tiques des ter­roirs, des sols, des trac­teurs et des ma­chines, le tout sau­pou­dré d'un chan­ge­ment de règles an­ti-pol­lu­tion qui a cha­hu­té le mar­ché trac­teur, ou d'un zest de loi Ma­cron... Ce­la dit, en fonc­tion des pro­duits dont il dis­pose, chaque res­pon­sable dé­fi­nit les stra­té­gies les plus aptes à main­te­nir les af­faires dans le "vert"... Pas un seul pes­si­miste dans le lot, tous savent que ce se­ra dur en 2017 mais, après tout, c'est dur tous les ans !

Compte te­nu de cette dé­sas­treuse ré­colte 2016, les choses se com­pliquent ce­pen­dant un peu plus, sur­tout si on consi­dère que la conjonc­ture n'était dé­jà guère brillante jusque-là. Pre­mier sondé du tour de piste des pneu­ma­ti­ciens, Bru­no Clai­ray est l'homme de la si­tua­tion. Co­pa­dex com­mer­cia­lise en ef­fet la gamme la plus com­plète de pneus agraires dans la me­sure où il couvre tout, le Pre­mium, le "qua­li­té-prix" et le Bud­get, avec un nombre in­croyable de marques dans tous les com­par­ti­ments, agraire ra­dial ou bias, flo­ta­tion, agro-in­dus­triel, quad-gar­den, et aus­si GC. Lors­qu'on ad­di­tionne les gammes Mi­che­lin, Kle­ber, Mi­tas, BS-FS, Tau­rus, Star­maxx, In­fi­ni­ty, Car­lisle, Ga­laxy, Pri­mex, Maxxis, etc, et main­te­nant Goo­dyear, il a plus d'atouts en main que n'im­porte le­quel de ses concur­rents pour sa­tis­faire un mar­ché qu'il connait bien. C'est la douche froide : "On était à moins 20 en juin, moins 30 en juillet, on a des pré­vi­sions jus­qu'à moins 80 pour la fin de l'an­née. La courbe des trac­teurs neufs va s'af­fais­ser, on at­tend aus­si une baisse pré­vi­sible des équi­pe­ments spé­ciaux, les ventes glo­bales vont donc chu­ter. Seul point po­si­tif, comme il y au­ra moins de trac­teurs neufs la dé­monte va di­mi­nuer, et comme elle re­pré­sente ha­bi­tuel­le­ment 15 à 20 % du rem­pla­ce­ment, ce se­ra bon pour les ventes de pneus neufs". Bru­no Clai­ray ajoute une autre com­po­sante né­ga­tive, les pro­blèmes de tré­so­re­rie des agri­cul­teurs qui, pa­ra­doxa­le­ment, ar­rangent sa stra­té­gie : "Dans ces cas-là, la de­mande de pneus éco­no­miques ex­plose, j'ai du Star­maxx pour ré­pondre à la de­mande, avec un se­cond avan­tage, puis­qu'il est dis­po­nible avec un fi­nan­ce­ment à taux zé­ro, la force de vente de Co­pa­dex est très op­ti­miste". À In­nov-agri, Co­pa­dex dé­mar­rait son offensive Goo­dyear puis­qu'il est, avec So­cah, l'un des heu­reux élus du re­tour de "Goo­dyear by Ti­tan" sur le mar­ché fran­çais.

Goo­dyear monte en puis­sance

Rai­son de plus d'al­ler com­plé­ter les in­fos sur le stand Goo­dyear (by Ti­tan) qui res­sus­cite une tra­di­tion via une pré­sence im­por­tante à In­nov-agri. Quoi de neuf de­puis Rei­fen ? Re­naud Gèze, res­pon­sable des ventes chez Ti­tan, ré­pond que tout se dé­roule sui­vant le plan­ning pré­vu. En té­moignent au­tour de lui de bien grands pneus très vi­sibles, un Ul­tra Sprayer en 54, un Op­ti­trac en 42 et, un peu plus loin, des Op­ti­torque, Su­per Ter­ra Grip, Op­ti Ter­ra, en ré­su­mé, une gamme qui rede-

vient com­plète même si c'est la sé­rie étroite qui do­mine. L'équipe est main­te­nant forte de 6 per­sonnes, plus 2 an­glais pour la phase de re­lance. Elle at­tend l'ar­ri­vée im­mi­nente de do­cu­ments pour la com­mu­ni­ca­tion et des modes d'em­ploi, bref on re­cons­truit en par­tant des fon­da­tions puisque plus rien n'exis­tait. Où il a vu juste, c'est sur la forte af­fluence des vi­si­teurs sur le stand : "C'est tou­jours le ca­pi­tal de sym­pa­thie qui fonc­tionne, nous ne sommes pas ou­bliés, pas be­soin de mai­ling pour rem­plir le stand...". Quant au po­si­tion­ne­ment de Goo­dyear, il reste axé sur la qua­li­té su­pé­rieure as­sor­tie de prix d'attaque, ci­blés sur Mi­tas ou Tau­rus. Reste que la mon­tée en puis­sance ne pour­ra s'ef­fec­tuer que pro­gres­si­ve­ment, "car il faut in­ves­tir dans de nou­veaux moules adap­tés aux normes eu­ro­péennes et ce­la prend du temps".

Le match ga­gné d’avance

Sur In­nov-agri, la meilleure fa­çon de prou­ver que le nou­veau pneu est meilleur que l'an- cien (ou ses concur­rents) est de le mettre en concur­rence di­recte. Pas de pro­blème, il se­ra vain­queur sans quoi ce se­rait nier le pro­grès et deux ou trois ans d'ef­forts des in­gé­nieurs ! Ca­hier des charges ha­bi­tuel de la dé­mo, une par­celle cou­pée en deux dans la lon­gueur, deux trac­teurs iden­tiques ti­rant des en­gins eux aus­si sem­blables, seules les montes pneu­ma­tiques dif­fèrent, et que le mieux chaus­sé gagne ! A l'ar­ri­vée, on me­sure les temps de tra­vail, par­fois la taille des or­nières et les con­som­ma­tions. De­vi­nez qui a ga­gné ? Trel­le­borg, Kle­ber et Brid­ges­tone-fi­res­tone avaient choi­si cette voie très tech­nique, coû­teuse mais idéale pour convaincre les plus ré­ti­cents.

In­con­tes­ta­ble­ment, le plus jo­li stand était ce­lui de Trel­le­borg. Chaque pneu ex­po­sé l'était au centre d'un jar­di­net, cha­cun avec ses plantes et sa spé­ci­fi­ci­té, c'était su­perbe, même si Fran­çois Don­nat n'était pas tout à fait sa­tis­fait, ces se­mis ef­fec­tués il y a long­temps ayant souf­fert de la mé­téo. En re­vanche la "dé­mo" s'est dé­rou­lée maintes fois à la per­fec­tion, avec deux Axion 830 ti­rant un chi­sel de 4 m. Chaus­sé du nou­veau TM 1060, il a ga­gné 4 % en temps et 8 % en consom­ma­tion sur le TM 800 mai­son, dé­jà très per­for­mant, CQFD. Face à un pneu­ma­tique stan­dard non seule­ment ce VF pour trac­teurs jus­qu'à 300 ch tra­vaille à moins 30 % de pres­sion à charge iden­tique, ou à + 40 % de charge à pres­sion iden­tique, mais ap­porte d'autres plus. Ain­si du nou­veau nez de cram­pon utile pour la lon­gé­vi­té et le rou­lage sur bi­tume, le cram­pon lui-même qui ac­quiert un double an­crage et ré­duit les vi­bra­tions, l'es­pace in­ter-cram­pons mo­di­fié amé­lio­rant l'au­to-net­toyage. Pour le reste, le ma­riage avec Mi­tas se dé­roule comme pré­vu, rien de dé­ci­sif ne se pas­se­ra avant 2019, on reste sé­pa­rés mais avec Trel­le­borg en Pre­mium, Mi­tas en se­conde ligne, Maxi­mo, Cul­tor en Bud­get, on est à même de lis­ser tous les sou­bre­sauts du mar­ché.

À plus grande échelle, on re­trou­vait ces matches sur des par­celles contigües avec des Fi­res­tone Maxi Trac­tion 65, Brid­ges­tone VT

Trac­tor et même des étroits Fi­res­tone Per­for­mer 95, qui offrent plus de charge et un meilleur com­por­te­ment aux champs comme sur route. Avec le spec­ta­cu­laire tra­vail à très basse pres­sion du VT Trac­tor en VF710 /70 R38, in­con­tes­ta­ble­ment la dé­mo a fait mouche, l'en­semble BS-FS s'im­po­sant à tous comme une gamme en pleine ex­pan­sion, à che­val sur deux ca­té­go­ries, as­su­ré­ment très réus­si.

Kle­ber n'a plus rien à prou­ver, mais si au­cun Mi­che­lin ou Tau­rus n'équi­pait les trac­teurs de dé­mo, Kle­ber était à la ma­noeuvre. Des Axion de 230 ch trac­tant un dé­chau­meur Gré­goire et Bes­son et chaus­sés de Top­ker mon­traient de fa­çon évi­dente la su­pé­rio­ri­té des pneus ac­cep­tant des pres­sions plus basses, 1,2 bar contre 1,6. Dé­mar­rant en­semble, à ré­gimes mo­teurs iden­tiques, les deux at­te­lages ar­ri­vaient dé­ca­lés, on pou­vait me­su­rer vi­suel­le­ment qui était le plus ef­fi­cace en trac­tion.

Une flo­rai­son de seaux !

Une autre nou­veau­té Mi­che­lin était ex­po­sée sur le stand Eu­ro­mas­ter, le Bi­bload au pro­fil agres­sif. Au-de­là, Eu­ro­mas­ter met­tait en avant un ré­glage très sou­vent né­gli­gé, la géo­mé­trie du trac­teur. Grâce au la­ser, ali­gner les ponts est ef­fec­ti­ve­ment "une pres­ta­tion d'ex­pert" qui offre de nom­breux avan­tages pour le tra­vail aux champs, la consom­ma­tion et la du­rée de vie des pneus. A l'op­po­sé, Point S In­dus­triel met­tait sur­tout l'ac­cent sur l'ac­cueil et l'in­for­ma­tion des adhé­rents et des clients, car comme dans la plu­part des Sa­lons et co­mices, le convi­vial reste une in­con­tour­nable étape à In­nov-agri.

En re­vanche l'in­con­tes­table vain­queur 2016 de la ma­ni­fes­ta­tion c'est Best Drive. Vul­co ne vient ja­mais, Pro­fil + avait fait l'im­passe, Eu­ro­tyre aus­si, les très nom­breux Si­li­gom des an­nées an­té­rieures brillaient par leur ab­sence, First Stop lais­sait son ma-

nu­fac­tu­rier seul. Nou­veau ve­nu, le ré­seau Best Drive a un évident be­soin de se bâ­tir une iden­ti­té dans l'agraire, un des meilleur moyen est d'ani­mer les sa­lons. Voi­là pour­quoi Best Drive a mis le pa­quet sur les terres d'ou­tar­ville et a connu un franc suc­cès. La meilleure preuve en était le nombre de vi­si­teurs se pro­me­nant avec un jo­li seau noir à la main et pas n'im­porte le­quel : en lettres d'or il était si­gné Best Drive et sa taille confir­mait qu'il était un grand seau "pro­fes­sion­nel", du genre de ce­lui qu'on uti­lise pour agrai­ner les vo­lailles. Gag, Fi­res­tone dis­tri­buait aus­si des seaux, mais blancs et d'une forme plu­tôt "mé­na­gère", bien moins ap­pré­ciée. L'idéal était évi­dem­ment de re­ve­nir chez soi avec les deux sceaux, mais Em­ma­nuel Pin­to a réus­si son coup : "Best Drive, c'est la nou­veau­té, alors on a es­sayé d'in­no­ver en se dé­mar­quant des ca­deaux clas­siques (NDLR : Fi­res­tone of­frait aus­si des cha­peaux) et de créer du mou­ve­ment vers le stand avec un buf­fet per­ma­nent et une tom­bo­la of­frant des bons d'achat Mi­che­lin ou Mi­tas. On a dis­tri­bué 4 000 sceaux par jour, ren­con­tré un maxi­mum de per­sonnes et en­gran­gé une foule d'adresses. En somme, l'opé­ra­tion est une grande réus­site". La bous­cu­lade per­ma­nente sur le stand Best Drive confir­mait ses dires. Pour ceux qui s'en sou­viennent, voi­là des an­nées, Pro­fil + se pré­sen­tant au pu­blic avait aus­si "car­ton­né" avec de belles ani­ma­tions. Les bonnes re­cettes, même simples, marchent tou­jours.

Mais en­core...

Pures nou­veau­tés ou sim­ple­ment pre­mières en France, tous les présents avaient des pro- duits nou­veaux ou des gammes élar­gies à ex­po­ser. No­kian in­sis­tait beau­coup sur son No­kian CT (Construc­tion Trai­ler), pneu re­morque po­ly­va­lent agraire et TP, uti­li­sant la tech­nique BAS, Beyond All Steel, au-de­là du tout acier. Cette tech­no BAS, is­sue des pneus fo­res­tiers, adopte une cotte de maille po­ly­tex­tiles meilleure que l'acier pour ré­sis­ter aux per­fo­ra­tions et dé­cale les pro­blèmes : "L'IF on s'en fiche en fait, le BAS va plus loin avec plus de charge et de ré­sis­tance, avec deux fois les ren­de­ments ho­raires des Mi­che­lin". On en sau­ra plus au Si­ma début 2017, mais pour l'ins­tant So­na­mia ne livre que L'OE et se ré­jouit de nou­velles ho­mo­lo­ga­tions BKT chez Same, Deutz et JCB.

Tout va aus­si très bien chez Vre­de­stein, avec ses Traxion Har­vest pour mois­son­neuses bat­teuses, et chez So­cah, avec ABR, TVS Eu­ro­grip, In­sa Tur­bo, Ca­ze­nave et l'in­con­tour­nable Al­liance, ce der­nier dis­po­sant aus­si de son propre stand. Bel ef­fort de Sa­phore avec 10 grands pneus ex­po­sés, et sur­tout de Mi­tas avec son nou­veau pneu DDE, le HCM à pa­vés "re­vi­si­té" et ses HC. À cha­cun sa struc­ture, HC 2000 pour trac­teurs à car­casse ny­lon, HC 3000 pour les ré­coltes en acier (ve­nant des USA où ils sont en OE), mais Mi­tas a "fait un ta­bac" avec son concept Air Cell. Ce pneu à deux chambres pour ajus­ter les pres­sions champ/route en un tour­ne­main était tou­jours très en­tou­ré, il comble vi­si­ble­ment une at­tente forte des agri­cul­teurs...

Reste à ci­ter les absents, les deux grands du pneu de re­tour en agraire, Conti­nen­tal et Pi­rel­li. Si tout le monde re­doute à court terme le ma­nu­fac­tu­rier de Ha­novre, per­sonne ne croit vrai­ment à la réa­li­té du dé­bar­que­ment de Pi­rel­li faute d'une usine ad hoc en Eu­rope, parce qu'il ne pro­duit que du bias au Bré­sil et peu de ra­dial en Afrique-du-sud. Le bruit qui cir­cu­lait à Ou­tar­ville, qua­si­ment sur chaque stand de ma­nu­fac­tu­rier, était que Pi­rel­li n'avait pro­duit jus­qu'ici qu'une dou­zaine de pneus, en deux di­men­sions, ac­tuel­le­ment à l'es­sai chez un en­tre­pre­neur en Bel­gique. Vrai ou faux ? Ru­meur conster­nante ou in­fo sé­rieuse…, c'est le charme des Sa­lons, on re­met­tra ça bien­tôt au Si­ma, du 27 fé­vrier au 2 mars 2017. C'est dé­jà de­main !

Après un pre­mier jour plu­tôt in­cer­tain en fré­quen­ta­tion, et qui a in­quié­té les ex­po­sants, la se­conde jour­née très en­so­leillée a fait le plein et re­mon­té la fré­quen­ta­tion au meilleur ni­veau

Le re­tour de Goo­dyear à In­nov-agri, avec bien­tôt de nou­veaux pro­duits.

La mul­ti­tude de marques dont dis­pose Bru­no Clai­ray per­met à Co­pa­dex d’of­frir ce qui est sans doute la gamme la plus com­plète du mar­ché fran­çais, de quoi sa­tis­faire toutes les de­mandes.

Im­pres­sion­nant pneu VT Trac­tor de Brid­ges­tone : pas be­soin d’ex­pli­ca­tions, la basse pres­sion se voit clai­re­ment !

Très vaste et très jo­li stand Trel­le­borg, les pneus pré­sen­tés le sont au centre de jar­di­nets plan­tés il y a dé­jà quelque temps.

Sur le stand So­cah, avec sa belle che­mise Pro­fil + et sa vieille cas­quette, Gé­rard Ma­riotte est ve­nu faire son mar­ché à In­nov-agri.

Comme tou­jours, Eu­ro­mas­ter joue la carte de la tech­ni­ci­té et des gains à long terme en rap­pe­lant qu’une bonne géo­mé­trie du trac­teur est fi­na­le­ment une opé­ra­tion ren­table dans le temps.

Vre­de­stein pré­sen­tait une gamme très com­plète, à ad­mi­rer de­puis l’ombre bien­ve­nue de la tente.

L’air­cell, avec sa chambre in­té­rieure à 8 bars per­met­tant d’ajus­ter très fa­ci­le­ment la pres­sion de rou­lage, où qu’on soit, a connu un suc­cès per­ma­nent. Cette in­no­va­tion Mi­tas avance vite vers la sé­rie alors que le Pneu­trak semble mar­quer le pas.

Le nou­veau Mi­tas HCM fait par­tie, avec No­kian et Al­liance, de ceux qu’on nomme les pneus DDR pour un usage mixte plu­tôt rou­tier. Avec son nou­veau de­si­gn, il s’éloigne du "des­sin à pa­vés" tra­di­tion­nel sans perdre en per­for­mance.

Tech­ni­que­ment, les ar­gu­ments en fa­veur du Pre­mium TM 1060 étaient im­pa­rables, gains de temps prou­vés et em­preinte au sol élar­gie pour moins de com­pac­tage, Trel­le­borg af­fiche ses cer­ti­tudes.

Co­hue chez Best Drive, les seaux et le concours ont fait re­cette !

Dé­mons­tra­tion type chez Kle­ber, le trac­teur "basse pres­sion", à droite, fait mieux que son ri­val.

Sa­phore ne manque ja­mais d’ex­po­ser à In­nov-agri.

Après les choses sé­rieuses, la pause bien­ve­nue chez Al­liance.

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