Crowd­fun­ding Com­ment com­plète-t-il les dis­po­si­tifs ban­caires ?

Point Banque - - SOMMAIRE - PA­TRICE REMEUR

Le fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif ou crowd­fun­ding pour­rait pe­ser près de 1 000 mil­liards de dol­lars à l’échelle mon­diale d’ici à cinq ans. Les pla­tes­formes de crowd­fun­ding fleu­rissent, le sec­teur connaît une crois­sance ex­po­nen­tielle bien que les vo­lumes prê­tés com­pa­ra­ti­ve­ment à ceux dé­li­vrés par sec­teur ban­caire res­tent ré­si­duels - 932 mil­liards de dol­lars dis­tri­bués rien que dans les prêts aux en­tre­prises. Les ac­teurs ban­caires se po­si­tionnent sur ce nou­veau ca­nal de dis­tri­bu­tion, de com­mis­sion­ne­ments et connais­sances de pros­pects ou clients.

Le fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif ou crowd­fun­ding au­rait connu une crois­sance en Eu­rope de 144 % en 2014. Se­lon une étude réa­li­sée par l’uni­ver­si­té de Cam­bridge et Ernst & Young, le vo­lume est pas­sé de 1,2 mil­liard d’eu­ros à près de 3 mil­liards d’eu­ros en 2014. Par­tout en Eu­rope, les ac­teurs du crowd­fun­ding pro­gressent avec un taux de crois­sance moyen de 115 %. Le Royaume-uni est lea­der avec un mar­ché de plus de 2 mil­liards d’eu­ros. La France se po­si­tionne en deuxième place avec près de 154 mil­lions d’eu­ros. L’al­le­magne at­tei­gnait 140 mil­lions d’eu­ros, sui­vie de la Suède avec 107 mil­lions d’eu­ros… Le mou­ve­ment de­vrait s’ac­cé­lé­rer pour s’éle­ver au­tour de 7 mil­liards en 2015. A ce jour se­lon le re­gistre de l’orias, 54 plates-formes exer­ce­raient dans l’hexa­gone, c’est sans comp­ter les plates-formes de col­lecte de dons qui ne sont pas ré­gle­men­tées et ne sont donc pas en­re­gis­trées.

DES ÉLÉ­MENTS FA­VO­RABLES

Com­ment s’ex­plique ce suc­cès si ra­pide ? Quatre fac­teurs in­fluent sur l’ac­cé­lé­ra­tion du crowd­fun­ding. La crise a ta­ri la source de cré­dits et dans le même temps pro­vo­qué une hausse des créa­tions d’en­tre­prises contri­buant ain­si à sti­mu­ler une de­mande en prêts al­ter­na­tifs. Un deuxième fac­teur est la mise en place des me­sures ré­gle­men­taires res­tric­tives (sé­pa­ra­tion des ac­ti­vi­tés, CRD…) pour les banques et la mise en place d’un cadre d’exer­cice fa­vo­rable au crowd­fun­ding in­tro­duit en France par l’or­don­nance l’or­don­nance n°2014-559 du 30 mai 2014 et ap­pli­qué de­puis le 1er oc­tobre 2014. Les banques cherchent ain­si de nou­veaux re­ve­nus sans tou­cher à leur fonds propres. La nu­mé­ri­sa­tion de l’en­semble des ac­ti­vi­tés et les nou­veaux moyens tech­no­lo­giques fa­ci­litent la désintermédiation des ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment. Cha­cun peut pré­sen­ter et tes­ter un pro­jet mais aus­si ob­te­nir un fi­nan­ce­ment ra­pi­de­ment de­puis in­ter­net en s’adres­sant à tous de­puis le web, les ré­seaux so­ciaux, par dif­fu­sion de mai­ling… La de­mande est pré­sente. Les gé­né­ra­tions nées dans le nu­mé­rique ar­rivent dans la vie ac­tive. L’image des banques a été égra­ti­gnée et le crowd­fun­ding est un bon moyen de com­mu­ni­ca­tion pour s’adres­ser au tis­su lo­cal et aux jeunes. En outre, les clients sou­haitent une plus grande tra­ça­bi­li­té et un drai­nage de leur ar­gent, no­tam­ment dans des ac­ti­vi­tés so­ciales ou de proxi­mi­té. En­fin, 47 % de Fran­çais, soit en­vi­ron 24 mil­lions d’in­di­vi­dus, dé­clarent être dis­po­sés à in­ves­tir dans le crowd­fun­ding, et 10 % sont cer­tains, soit 5,1 mil­lions de per­sonnes. Dé­jà 7 %, soit 3,6 mil­lions de per­sonnes, dé­clarent avoir dé­jà in­ves­ti dans une plate-forme, se­lon l’en­quête « Les Fran­çais, leurs en­tre­pre­neurs et le crowd­fun­ding » me­née par l’ins­ti­tut Think pour Len­do­po­lis et le Conseil Su­pé­rieur de l’ordre des Ex­perts Comp­tables à l’oc­ca­sion du 22ème Sa­lon des En­tre­pre­neurs de Pa­ris. Du cô­té des en­tre­pre­neurs, 33 % se dé­clarent prêts à faire ap­pellent à une plate-forme pour dis­po­ser d’un prêt. Les plates-formes consti­tuent ain­si un ex­cellent ou­til pour tou­cher des mil­lions de clients po­ten­tiels et les mil­liers de PME-TPE. Les ré­sul­tats sur l’éco­no­mie réelle sont éga­le­ment là. A l’échelle eu­ro­péenne, le fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif est une source de fi­nan­ce­ment im­por­tante : près de 500 000 pro­jets par an se concré­tisent, alors que sans ces ou­tils, ils ne pour­raient abou­tir.

Par ailleurs, le prin­cipe du crowd­fun­ding est simple. Se­lon le mi­nis­tère de l’eco­no­mie, c’est « un mé­ca­nisme de fi­nan­ce­ment qui per­met de ré­col­ter des fonds au­près d’un large pu­blic en vue de fi­nan­cer un pro­jet créa­tif ou en­tre­pre­neu­rial qui fonc­tionne le plus sou­vent via in­ter­net ». Il s’agit à tra­vers ces pla­te­formes de mettre en re­la­tion un de­man­deur de fonds -sou­vent de pe­tits mon­tants, avec des in­ves­tis­seurs. Le fi­nan­ce­ment est ra­pide pour une mise en route du pro­jet en quelques jours seule­ment. Le mo­dèle éco­no­mique est éga­le­ment clair. Gé­né­ra­le­ment, les plates-formes pré­lèvent une com­mis­sion sur les fonds col­lec­tés et prê­tés. D’autres peuvent être ados­sées à un éta­blis­se­ment de cré­dit (ou être éta­blis­se­ment de cré­dit comme Prêt d’union) et, dès lors que l’ob­jec­tif de cam­pagne est réa­li­sé, la plate-forme est ré­mu­né­rée comme ap­por­teur d’af­faire.

TROIS TY­PO­LO­GIES DE PLATES-FORMES

Trois sta­tuts ju­ri­diques sont dis­tin­gués dans les pla­tes­formes de crowd­fun­ding. Elles peuvent être in­ter­mé­diaires en fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif (IFP) pour celles qui opèrent « à mettre en re­la­tion, au moyen d’un site In­ter­net, les por­teurs d’un pro­jet dé­ter­mi­né et les per­sonnes fi­nan­çant ce pro­jet ». Elles exercent alors comme in­ter­mé­diaire dans les ac­ti­vi­tés de cré­dits, de prêts sans in­té­rêts et de dons. Il est à no­ter que les IFP doivent veiller à ce que les taux des cré­dits pro­po­sés ne dé­passent pas le taux de l’usure et don­ner toutes les in­for­ma­tions né­ces­saires sur l’en­semble des frais exi­gés par la plate-forme.

Les plates-formes peuvent être en­re­gis­trées comme Conseiller en In­ves­tis­se­ment par­ti­ci­pa­tif (CIP) si elles réa­lisent des offres de titres fi­nan­ciers de ca­pi­tal et de créances (ac­tions or­di­naires et obli­ga­tion à taux fixe). Les IFP et les CIP doivent être en­re­gis­trées au­près de l’orias. Ain­si, 38 IFP et 16 CIP exercent sur le ter­ri­toire. Quant aux pres­ta­taires en ser­vices d’in­ves­tis­se­ments (PSI) dé­li­vrant des ser­vices de conseil, ils doivent être agréés par L’ACPR. Ces plates-formes sont ré­gu­lées par L’AMF seule pour les CIP et conjoin­te­ment par L’AMF et L’ACPR pour les PSI.

Ain­si, trois ca­té­go­ries d’ac­ti­vi­tés sont dis­tin­guées. La pre­mière ca­té­go­rie est consti­tuée de plates-formes de prêts de pair à pair. Les prêts peuvent être ré­mu­né­rés ou non. Les de­man­deurs et fi­nan­ceurs se ren­contrent sur une place de mar­ché et conviennent d’un mon­tant et d’un taux sou­vent plus at­trac­tif que dans un éta­blis­se­ment ban­caire. Les plates-formes sont gé­né­ra­le­ment thé­ma­tiques, pour fa­ci­li­ter la mo­bi­li­sa­tion des fonds au­près d’un pu­blic cap­tif à des su­jets en­vi­ron­ne­men­taux, in­no­vants, à l’art, la culture, le vin, l’im­mo­bi­lier… Par exemple, la plate-forme Bulb in Town, qui a comme par­te­naire BNP Pa­ri­bas pour le can­ton­ne­ment de ses fonds, vise à sou­te­nir prio­ri­tai­re­ment des pro­jets lo­caux. Pour la banque mon­dia­li­sée, c’est un ou­til qui lui per­met de s’ap­pro­cher des

pe­tites en­tre­prises tout en dis­po­sant des in­for­ma­tions liées aux flux. La banque fa­mi­liale Worm­ser Frères, s’est quant à elle as­so­ciée à Len­dix, avec pour am­bi­tion de prê­ter prio­ri­tai­re­ment aux PME et ré­pondre aux at­tentes d’in­no­va­tions (sim­pli­ci­té, ra­pi­di­té, trans­pa­rence, tra­ça­bi­li­té…) des di­ri­geants. Len­dix pro­pose ain­si aux épar­gnants de prê­ter de l’ar­gent à des PME avec des ren­de­ments im­por­tants au lieu de pla­cer l’ar­gent sur un li­vret d’épargne clas­sique. Pour les banques, l’avan­tage d’adhé­rer à ces pro­jets se si­tue dans la pos­si­bi­li­té de s’as­so­cier aux fi­nan­ce­ments de l’in­no­va­tion dans les­quelles elles sont peu pré­sentes, et en­suite, au fil de la crois­sance, d’ap­por­ter de nou­veaux ser­vices. Sur ce type de plates-formes, les mon­tants par col­lecte os­cil­lent entre 1 326 eu­ros pour les prêts non ré­mu­né­rés, et 65 448 eu­ros pour les cré­dits ré­mu­né­rés, se­lon le ba­ro­mètre 2014 réa­li­sé par Com­pin­nov au­près des plates-formes exis­tantes et consti­tué sur la base de 46 ré­pon­dants pour le compte de l’as­so­cia­tion Fi­nan­ce­ment Par­ti­ci­pa­tif France. Ma­jo­ri­tai­re­ment, les por­teurs de pro­jets et les en­tre­prises font ap­pels à ces ser­vices fi­nan­ciers (56 %). Ces struc­tures au­raient col­lec­tées 88 mil­lions d’eu­ros en 2014.

La deuxième ca­té­go­rie est com­po­sée de pla­te­formes pro­po­sant des dons avec ou sans contre­par­tie. Il s’agit par exemple de Kisskissbankbank, qui exerce en par­te­na­riat avec la Banque Pos­tale. Elle pro­pose de­puis 2010 aux in­ter­nautes de faire des dons pour sou­te­nir et concré­ti­ser les pro­jets ma­jo­ri­tai­re­ment orien­tés dans l’in­dus­trie cultu­relle. Le suc­cès est au ren­dez-vous. Sur 6 146 pro­jets, plus de 3 000 ont réus­si leur col­lecte. La plate-forme au­rait

dé­li­vré de­puis sa créa­tion 33 mil­lions d’eu­ros avec un don moyen par do­na­teur de 61 eu­ros. Grâce à cette al­liance, la Banque Pos­tale ap­pa­raît comme un ac­teur de cette éco­no­mie de la culture, lui per­met­tant ain­si de s’adres­ser aux jeunes pour les sé­duire en vue de les ban­ca­ri­ser. Autre exemple, le Cré­dit Agri­cole est par­te­naire de Mii­mo­sa, pla­te­forme dé­diée aux pro­jets agri­coles. Là en­core, il s’agit de sou­te­nir le dé­ve­lop­pe­ment d’un sec­teur et tis­ser un lien étroit avec les dif­fé­rents ac­teurs (in­ter­nautes, as­so­cia­tions, ONG, en­tre­prises, ha­bi­tants…). Autre avan­tage, les banques oc­cupent une place vi­sible sur une brèche sur la­quelle le mo­no­pole ban­caire a été ou­vert. Ce seg­ment pè­se­rait, à l’échelle na­tio­nale, plus de 38 mil­lions d’eu­ros en 2014. Les as­so­cia­tions et les par­ti­cu­liers se­raient les prin­ci­paux de­man­deurs.

En­fin, la troi­sième ca­té­go­rie pro­pose de prendre part dans des en­tre­prises avec des in­ves­tis­se­ments. Près de 25 mil­lions d’eu­ros au­raient été col­lec­tés en 2014. Cette ca­té­go­rie com­prend une par­ti­ci­pa­tion au ca­pi­tal d’une en­tre­prise. L’in­ves­tis­seur re­çoit une part sous forme de titres ou d’in­té­rêts, et des re­ve­nus ti­rés di­rec­te­ment des pro­fits ou de la re­vente de ses parts. Pour les en­tre­prises, ces ac­teurs agissent à la

Ces ac­ti­vi­tés de crowd­fun­ding ap­pa­raissent au fi­nal comme un ca­nal sup­plé­men­taire pour tou­cher des pu­blics qui pour­raient s’éloi­gner des fi­nan­ce­ments ban­caires, ou qui ne pou­vaient y ac­cé­der en rai­son des risques pré­su­més liés à leur pro­fil

phase d’amor­çage dans la­quelle les banques sont éga­le­ment peu pré­sentes en rai­son des risques consi­dé­rés comme éle­vés. Ain­si, Wi­seed, qui a si­gné en jan­vier 2015 avec le Cré­dit Co­opé­ra­tif (BPCE) mais aus­si qui a comme par­te­naire his­to­rique BNP, pro­pose de par­ti­ci­per au ca­pi­tal de start-ups à par­tir de 100 eu­ros. La plate-forme touche une com­mu­nau­té de plus de 20 000 in­ves­tis­seurs po­ten­tiels. Ils in­ter­agissent avec les por­teurs de pro­jets et contri­buent à en­ri­chir le pro­jet et le dé­ve­lop­pe­ment de l’en­tre­prise in­dé­pen­dam­ment du fi­nan­ce­ment. Les start-ups sont sou­mises aux votes. Les meilleurs pro­jets peuvent être fi­nan­cés. Ain­si, les par­te­naires ban­caires bé­né­fi­cient de cette com­mu­nau­té ac­tive et dis­posent de moyens fi­nan­ciers ou, a contra­rio, peuvent éli­mi­ner les pro­fils les moins in­té­res­sants. Ils peuvent ob­ser­ver et s’ap­pro­prier les meilleures ini­tia­tives et ap­pro­cher fa­ci­le­ment les star­tups pro­met­teuses. Les éta­blis­se­ments ca­pi­ta­lisent éga­le­ment sur les so­lides connais­sances de l’en­tre­prise fi­nan­cée, avec un risque par­ta­gé, pour l’ac­com­pa­gner par la suite tout au long de sa vie, voire y prendre une par­ti­ci­pa­tion.

Par ailleurs, ces struc­tures de ren­contre entre l’offre et la de­mande contri­buent éga­le­ment ac­ti­ve­ment à in­suf­fler l’édu­ca­tion fi­nan­cière au sein des dif­fé­rentes par­ties pre­nantes mais aus­si de nou­veaux ou­tils à la prise de dé­ci­sions. Elles par­ti­cipent éga­le­ment à une meilleure connais­sance des mé­ca­nismes de fi­nan­ce­ments et une re­con­nais­sance de l’ex­per­tise des banques. Ces ac­ti­vi­tés de crowd­fun­ding ap­pa­raissent au fi­nal comme un ca­nal sup­plé­men­taire pour tou­cher des pu­blics qui pour­raient s’éloi­gner des fi­nan­ce­ments ban­caires, ou qui ne pou­vaient y ac­cé­der en rai­son des risques pré­su­més liés à leur pro­fil. Elles sont éga­le­ment l’op­por­tu­ni­té de contri­buer à la créa­tion et la vente de nou­veaux pro­duits et ser­vices fi­nan­ciers re­po­sant sur des ac­tifs al­ter­na­tifs (voi­tures, vins, bi­joux…). A titre d’exemple, au Royaume-uni, cer­taines plates-formes telles que Fun­ding Se­cure se placent sur des prêts par­ti­ci­pa­tifs en échange de bi­joux, ou en­core Buy2­lets­cars qui per­met de fi­nan­cer des vé­hi­cules pour les louer. Elles sont éga­le­ment une so­lu­tion pour do­per l’éco­sys­tème ban­caire et cap­ter les flux et fonds mais aus­si pour vendre des so­lu­tions in­for­ma­tiques en marque blanche. L’ac­crois­se­ment de la col­lecte per­met de fi­nan­cer des pro­jets par­mi les­quels de très nom­breux de­vien­dront viables et per­met­tront une mon­tée en gamme. La hausse des de­mandes de fi­nan­ce­ments pro­voquent un af­flux des fi­nan­ce­ments et une di­ver­si­fi­ca­tion de l’épargne, no­tam­ment des prises de ca­pi­tal dans des pe­tites en­tre­prises et struc­tures non cô­tées. Mal­gré ce dy­na­misme et ces op­por­tu­ni­tés, le fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif de­meure bri­dé. Il reste na­tio­nal et ne passe pas les fron­tières. Ain­si, la Com­mis­sion eu­ro­péenne sou­haite éla­bo­rer une ap­proche com­mune au ni­veau de l’union pour le­ver les freins à son dé­ve­lop­pe­ment.

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