Eric Gro­ven, So­cié­té Gé­né­rale « Le mar­ché des en­tre­prises se trouve dans notre ADN »

Point Banque - - BRIEFING - IN­TER­VIEW AN­DRÉA TOUCINHO PHO­TOS CY­RIL ETIEN

Eric Gro­ven, di­rec­teur dé­lé­gué de la banque de dé­tail, So­cié­té Gé­né­rale, s’ex­prime sur le po­si­tion­ne­ment et les ob­jec­tifs du groupe dans le seg­ment des en­tre­prises et des pro­fes­sion­nels.

Nous dé­ployons une stra­té­gie qui com­bine proxi­mi­té et ex­per­tise pour tous nos clients et avons conser­vé, après l’avè­ne­ment du di­gi­tal, une or­ga­ni­sa­tion dans la­quelle l’en­semble de la clien­tèle en­tre­prise est sui­vie par notre ré­seau sur le ter­rain

So­cié­té Gé­né­rale a ren­for­cé son po­si­tion­ne­ment sur le seg­ment des en­tre­prises avec cer­taines ini­tia­tives no­tam­ment sur des niches à po­ten­tiel. Quelle est la stra­té­gie de So­cié­té Gé­né­rale sur le mar­ché des en­tre­prises ?

So­cié­té Gé­né­rale a été créée il y a plus de 150 ans par des en­tre­pre­neurs. Ac­com­pa­gner les en­tre­prises tout au long de leur cycle de vie, c’est donc notre ADN. Nous comp­tons à ce jour 475 000 so­cié­tés clientes au sens large - pro­fes­sion­nels, en­tre­prises et as­so­cia­tions - et sommes his­to­ri­que­ment po­si­tion­nés sur les très grands groupes du CAC 40. Nous dé­ployons une stra­té­gie qui com­bine proxi­mi­té et ex­per­tise pour tous nos clients et avons conser­vé, après l’avè­ne­ment du di­gi­tal, une or­ga­ni­sa­tion dans la­quelle l’en­semble de la clien­tèle en­tre­prise est sui­vie par notre ré­seau sur le ter­rain. La proxi­mi­té re­la­tion­nelle nous pa­raît im­por­tante pour trai­ter les pro­blé­ma­tiques des chefs d’en­tre­prise. C’est d’ailleurs pour­quoi 80 % des dé­ci­sions sont prises lo­ca­le­ment, grâce à nos 200 centres d’af­faires à Pa­ris et en ré­gion.

Le seg­ment des en­tre­prises a été ré­cem­ment ca­rac­té­ri­sé par une évo­lu­tion ré­gle­men­taire et tech­no­lo­gique im­por­tante : le SEPA. Quel bi­lan dres­sez-vous de la mi­gra­tion ? Com­ment a-t-elle im­pac­té vos re­la­tions avec les en­tre­prises ?

La mi­gra­tion SEPA a été un grand et long mo­ment qui a du­ré deux ans et a mo­bi­li­sé des équipes de toute na­ture. So­cié­té Gé­né­rale a été au ren­dez-vous et a ac­com­pa­gné avec suc­cès la mi­gra­tion des 19 000 en­tre­prises clientes concer­nées par le vi­re­ment et des 8 000 so­cié­tés concer­nées par le pré­lè­ve­ment. Le bi­lan est clair : la mi­gra­tion SEPA a res­ser­ré les liens de confiance entre les forces de vente et les clients. Ce­la nous a per­mis d’ac­croître notre rôle au­près des so­cié­tés confor­mé­ment à notre vo­lon­té d’être la banque re­la­tion­nelle de ré­fé­rence des en­tre­prises. Cette étape a été un suc­cès à la fois tech­nique et com­mer­cial.

Le fi­nan­ce­ment des en­tre­prises, no­tam­ment PME et ETI, consti­tue un su­jet pri­mor­dial pour la banque. Quelle est votre ac­tion dans ce do­maine ?

Le fi­nan­ce­ment des en­tre­prises est mon su­jet fa­vo­ri ! En France, il est ha­bi­tuel d’en­tendre que les banques ne joue­raient pas leur rôle dans le fi­nan­ce­ment des en­tre­prises alors que les sta­tis­tiques de la Banque de France dé­montrent le contraire avec par exemple pour la So­cié­té Gé­né­rale une hausse de 0,7 % d’en­cours de cré­dit aux en­tre­prises, qui aug­mente plus vite que la crois­sance éco­no­mique de notre pays. So­cié­té Gé­né­rale pro­pose dif­fé­rents dis­po­si­tifs comme des so­lu­tions de cré­dits court terme, de­puis le dé­cou­vert jus­qu’à l’af­fac­tu­rage, des cré­dits moyen et long terme pour fi­nan­cer les in­ves­tis­se­ments de nos clients, des cré­dits ex­port… La pro­duc­tion de cré­dit aux en­tre­prises est en hausse de 34 % au pre­mier tri­mestre 2015 par rap­port au pre­mier tri­mestre 2014. Nous n’avons pas, mal­gré la crise, mo­di­fié notre po­li­tique d’oc­troi de cré­dit et comp­tons plus de 100 mil­liards d’eu­ros de lignes de cré­dit aux en­tre­prises dont 80 mil­liards d’eu­ros de lignes de fi­nan­ce­ment et 20 mil­liards d’eu­ros de cau­tion.

Que pen­sez-vous des al­ter­na­tives de type crowd­fun­ding ?

L’émer­gence et le suc­cès du crowd­fun­ding s’ins­crivent dans l’évo­lu­tion du com­por­te­ment des consom­ma­teurs dans dif­fé­rents do­maines, no­tam­ment dans le sec­teur ban­caire. Ain­si, la ten­dance est à la désintermédiation et à la mon­tée en puis­sance de l’éco­no­mie col­la­bo­ra­tive. Ce­pen­dant, le crowd­fun­ding est à ce jour en­core ca­rac­té­ri­sé par cer­taines li­mites : à mon

avis il ne peut être uti­li­sé ef­fi­ca­ce­ment que pour des in­ves­tis­se­ments liés à des pro­jets lo­caux et né­ces­site des com­pé­tences d’ana­lyse fi­nan­cière pour le mon­tage des dos­siers de cré­dit. D’où l’in­té­rêt sou­vent, pour des en­tre­prises de crowd­fun­ding, de s’ados­ser à un ac­teur ban­caire.

Com­ment faites-vous évo­luer la re­la­tion client ban­queen­tre­prises ? Quelles sont vos pro­po­si­tions en ma­tière de banque di­gi­tale sur ce seg­ment ?

Le di­gi­tal n’est pas une ré­vo­lu­tion dans le seg­ment de la banque des en­tre­prises aus­si spec­ta­cu­laire que pour les par­ti­cu­liers. Il s’agit sur­tout d’une évo­lu­tion en termes de sup­port des opé­ra­tions ban­caires, alors que dans la banque des par­ti­cu­liers c’est une trans­for­ma­tion en termes d’usage. So­cié­té Gé­né­rale in­ves­tit dans des so­lu­tions mo­biles ré­pon­dant aux be­soins des en­tre­prises. Ain­si, nous avons par exemple lan­cé l’ap­pli Pro ain­si que des ta­blettes pour les conseillers de clien­tèle au­to­ri­sant do­cu­men­ta­tion, si­mu­la­tion, ou en­core à l’ave­nir si­gna­ture élec­tro­nique. Nous al­lons éga­le­ment for­te­ment faire évo­luer notre ou­til tran­sac­tion­nel à dis­tance dé­dié aux en­tre­prises (So­ge­ca­sh­net).

Quid de la stra­té­gie sur le seg­ment des pro­fes­sion­nels et des en­tre­prises en termes de pro­duits et ser­vices de paie­ment ?

Rap­pe­lons que So­cié­té Gé­né­rale a été un des membres fon­da­teurs du wal­let Pay­lib, que nous consi­dé­rons comme un suc­cès. Concer­nant le MPOS, nous me­nons un pi­lote de­puis un an et nous lan­ce­rons mi-2015 une so­lu­tion dans ce do­maine. Un po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment existe mais l’évo­lu­tion né­ces­site quelques amé­na­ge­ments tech­niques ain­si qu’un dé­lai d’adap­ta­tion plus im­por­tant que pour les par­ti­cu­liers. L’évo­lu­tion pren­dra plus de temps, mais nous y ar­ri­ve­rons.

So­cié­té Gé­né­rale a ré­cem­ment ma­ni­fes­té son in­té­rêt pour les seg­ments au­to-en­tre­pre­neurs, as­so­cia­tions et jeunes créa­teurs d’en­tre­prise. Pour­quoi ce choix ? Com­ment cette stra­té­gie se­ra-t-elle dé­cli­née dans les pro­chains mois ?

Nous tra­vaillons ef­fec­ti­ve­ment ces trois seg­ments spé­ci­fiques de fa­çon dé­ter­mi­née ! A no­ter que sur les jeunes créa­teurs d’en­tre­prise, nous avons un par­te­na­riat avec le Moov­jee qui per­met de dis­tin­guer les en­tre­pre­neurs dé­bu­tants à qui nous ap­por­tons ex­per­tise et coa­ching. Nous sou­hai­tons éga­le­ment ren­for­cer notre stra­té­gie sur le seg­ment des ap­pren­tis et al­lons élar­gir le nombre d’écoles par­te­naires avec l’ob­jec­tif de pri­vi­lé­gier celles pro­po­sant un sa­voir-faire de l’ex­cel­lence à la fran­çaise. Concer­nant les as­so­cia­tions, So­cié­té Gé­né­rale est la pre­mière banque non mu­tua­liste sur ce sec­teur. Notre dis­po­si­tif dé­dié per­met une ap­proche spé­ci­fique. Notre offre de pla­ce­ment est adap­tée aux be­soins du monde as­so­cia­tif ; nous avons com­plé­té notre offre de fi­nan­ce­ment et es­sayons d’ap­pli­quer nos offres en­tre­prises à ces cibles en les adap­tant ju­ri­di­que­ment. De­puis juin 2015, nous pro­po­sons éga­le­ment une offre de pres­ta­tion de conseil aux pro­fes­sion­nels et en­tre­pre­neurs qui sou­haitent cé­der leur af­faire en les ac­com­pa­gnant sur la pro­blé­ma­tique cru­ciale, la trans­mis­sion en éta­blis­sant la si­mu­la­tion d’un plan de ces­sion d’en­tre­prise et pa­tri­mo­nial. En­fin, plus gé­né­ra­le­ment, nous avons lan­cé le 2 juin 2015 un dis­po­si­tif de com­mu­ni­ca­tion en­ri­chi pour les en­tre­prises re­po­sant sur un site dé­dié, un fil Twit­ter ain­si qu’un cycle de confé­rences par­tout en France sur les dif­fé­rents mo­ments clés de vie des en­tre­prises. En­fin, je si­gnale qu’en 2013, nous avons noué deux par­te­na­riats avec des ré­seaux qui ac­com­pagnent les créa­teurs d’en­tre­prise : Ré­seau En­tre­prendre et l’ins­ti­tut du Men­to­rat En­tre­pre­neu­rial.

Quelles sont vos prio­ri­tés en 2015-2016 sur le mar­ché des en­tre­prises et des pro­fes­sion­nels ?

Nous sou­hai­tons ac­com­pa­gner le re­tour de la crois­sance éco­no­mique en France en don­nant au chef d’en­tre­prise la plus grande pa­lette de ser­vices pos­sible. Ce der­nier at­tend de la ré­ac­ti­vi­té, du pro­fes­sion­na­lisme, des so­lu­tions souples ain­si que des dé­lais de dé­ci­sion courts. Nous ne de­vons pas ra­ter le re­tour à la crois­sance dans notre pays. D’où l’im­por­tance du com­merce in­ter­na­tio­nal. So­cié­té Gé­né­rale a rem­por­té deux tro­phées Glo­bal Fi­nance en fé­vrier 2015 : meilleure banque pour les ser­vices et fi­nan­ce­ment du com­merce in­ter­na­tio­nal, ain­si que meilleur four­nis­seur de tré­so­re­rie et cash ma­na­ge­ment. Pour la hui­tième fois consé­cu­tive, So­cié­té Gé­né­rale ar­rive en tête du clas­se­ment Eu­ro­mo­ney sur le Change. En France, ce sont prin­ci­pa­le­ment les en­tre­prises ex­por­ta­trices hors zone eu­ro qui se dé­ve­loppent le mieux. C’est d’ailleurs pour­quoi nous ac­cor­dons une at­ten­tion par­ti­cu­lière à l’ac­com­pa­gne­ment in­ter­na­tio­nal, no­tam­ment sur les trade ser­vices et le cash ma­na­ge­ment in­ter­na­tio­nal.

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