Le sans contact en route vers la ma­tu­ri­té

En route vers la ma­tu­ri­té

Point Banque - - SOMMAIRE - JO CO­HEN

Le paie­ment sans contact pro­gresse par­tout en Eu­rope, y com­pris en France où le gou­ver­ne­ment pré­pare des me­sures de sou­tien à la fi­lière des paie­ments qui em­ploie plus de 90 000 per­sonnes dans l’hexa­gone.

« Carte ou mo­bile, le sans contact est sans l’ombre d’un doute la ré­vo­lu­tion des dix pro­chaines an­nées », af­firme avec force Joahn Lind­strom, vice-pré­sident du com­merce di­gi­tal pour Mas­tercard Eu­rope. Il es­time que dès 2020 le sans contact se­ra to­ta­le­ment ac­cep­té en Eu­rope et dans le monde. Qu’en est-il dans l’im­mé­diat ? A en croire Vi­sa Eu­rope, ce moyen de paie­ment se­rait en train de s’ins­crire dans les ha­bi­tudes des consom­ma­teurs eu­ro­péens. Mas­tercard es­time de son cô­té que plus de trois mil­lions de com­merces l’ac­ceptent dé­jà dans le monde. « Les taux d’usage ont bon­di dans toute l’eu­rope, avec plus d’un mil­liard de tran­sac­tions sans contact ef­fec­tuées par les ti­tu­laires de carte Vi­sa en l’es­pace de 12 mois », pré­cise à ce su­jet Gé­rard Né­bouy, regional ma­na­ging di­rec­tor de Vi­sa Eu­rope France. Avec plus de 130 mil­lions de cartes Vi­sa sans contact en cir­cu­la­tion sur le Vieux Continent, plus de 12,6 Md€ ont été ain­si dé­pen­sés ces douze der-

niers mois. Les por­teurs de cartes Vi­sa au­raient dé­pen­sé 1,6 Md€ pour le seul mois de mars 2015, soit 300 % de plus par rap­port à mars 2014. En re­tard sur ce ter­rain, la France n’est qu’en sixième po­si­tion en Eu­rope, der­rière le Royaume-uni, l’italie, l’es­pagne ou la Pologne. « Le Royaume-uni a for­te­ment bé­né­fi­cié des Jeux Olym­piques de Londres de 2012 et des nom­breux ser­vices mis en place à cette oc­ca­sion par Vi­sa et Sam­sung et plus ré­cem­ment par TFL, l’opé­ra­teur de trans­port de la ca­pi­tale bri­tan­nique », rap­pelle Pierre Mé­ti­vier, consul­tant spé­cia­li­sé dans les tech­no­lo­gies sans contact, NET7 In­no­va­tion et an­cien dé­lé­gué gé­né­ral du Fo­rum des ser­vices mo­biles sans contact (Fo­rum SMSC). Le pays compte près de 50 mil­lions de cartes et plus de 410 000 ter­mi­naux de paie­ment (TPE) avec un fort taux d’usage. S’ap­puyant sur nom­breux pro­jets NFC et 11,5 mil­lions de cartes sans contact, l’es­pagne compte 593 000 TPE. La Pologne to­ta­lise quant à elle plus de 15 mil­lions de cartes avec une base de 350 000 TPE sans contact. La moi­tié des paie­ments de moins de 20 eu­ros s’y font à pré­sent par carte sans contact. No­tons qu’en Ré­pu­blique Tchèque, en Pologne et en Es­pagne, il est pos­sible d’ef­fec­tuer des achats de mon­tants su­pé­rieurs à 20 eu­ros en po­sant sa carte sur le ter­mi­nal de paie- ment puis en en­trant leur code PIN. Qu’en est-il en France ? Les chiffres les plus ré­cents du Grou­pe­ment des Cartes Ban­caires confirment la mon­tée en puis­sance du sans contact dans l’hexa­gone. Le nombre de cartes CB in­té­grant cette tech­no­lo­gie au­rait pas­sé en juin der­nier le cap des 32 mil­lions d’uni­tés se­lon le Grou­pe­ment, soit plus de 50 % du parc fran­çais de cartes ban­caires en cir­cu­la­tion (53,8 %). Du cô­té des com­merces, le mou­ve­ment pro­gresse éga­le­ment. A ce jour, un peu plus de 300 000 ter­mi­naux de paie­ment se­raient équi­pés d’un lec­teur de cartes ou mo­biles sans contact, soit un peu plus de 23,1 % du parc de ter­mi­naux de paie­ments ins­tal­lés dans l’hexa­gone. En re­vanche, le paie­ment sans contact tarde à en­trer dans les moeurs des Fran­çais. On es­time à peine à 7 mil­lions le nombre de Fran­çais qui uti­lisent l’op­tion sans contact de leur carte. Heu­reu­se­ment, la phase de dé­mar­rage laisse en­vi­sa­ger un rat­tra­page ra­pide puisque les tran­sac­tions connaissent une pro­gres­sion sa­tis­fai­sante. Leur nombre pro­gresse d’en­vi­ron 15 % par mois, dans une large me­sure à cause de l’in­té­gra­tion du NFC dans les dis­tri­bu­teurs de snacks et aux caisses des grandes sur­faces. Le mon­tant des tran­sac­tions pro­gresse quant à lui de plus de 10 % par mois : il se­rait ain­si pas­sé de 120 M€

à fin 2014 à 160 M€ par mois à fin du pre­mier tri­mestre 2015. Se­lon Vi­sa, les mar­chés qui ont por­té le dé­ve­lop­pe­ment du sans contact en Eu­rope sont le Royaume-uni avec un to­tal de 52,6 mil­lions de tran­sac­tions, la Pologne avec 49,7 mil­lions et la Ré­pu­blique Tchèque avec 13,9 mil­lions. Quant à la France, elle met les bou­chées doubles sur le ter­rain afin de rat­tra­per son re­tard. Exemple ré­vé­la­teur : le ré­seau de trans­port de la ville de Gre­noble ex­pé­ri­mente le paie­ment sans contact à bord des bus, une pre­mière en France. Une ligne de bus du ré­seau TAG de la mé­tro­pole de l’isère se­ra équi­pée d’un sys­tème per­met­tant aux voya­geurs oc­ca­sion­nels de payer leur tra­jet di­rec­te­ment avec leur carte de paie­ment Vi­sa sans contact. Cette so­lu­tion per­met un gain de temps pré­cieux dans les si­tua­tions d’achat de ticket di­rec­te­ment à bord des bus. Elle fa­ci­lite en outre l’ac­cès au ré­seau de trans­ports et com­plète le sys­tème billet­tique exis­tant. L’ex­pé­ri­men­ta­tion se­ra lan­cée sur la ligne Chro­no C1 du­rant la Se­maine de la Mo­bi­li­té, le 19 sep­tembre 2015. En re­vanche, il n’est tou­jours pas à l’ordre du jour de payer son mé­tro ou son bus à Paris di­rec­te­ment sur les va­li­deurs du STIF avec sa carte de paie­ment sans contact, ce qui est pro­po­sé de­puis 2012 dans les bus lon­do­niens et de­puis 2014 sur tous les trans­ports de la ca­pi­tale bri­tan­nique.

UN PRO­GRAMME DE SOU­TIEN À LA FI­LIÈRE DES PAIE­MENTS

Dans ce sec­teur où l’en­trée en scène de nou­veaux ac­teurs, no­tam­ment les géants du GA­FA (Google, Apple, Fa­ce­book, Ama­zon) s’ac­com­pagne d’innovations tech­no­lo­giques, la te­nue des As­sises des moyens de paie­ment à Ber­cy le 2 juin der­nier a per­mis de réunir les pro­fes­sion­nels de la fi­lière des paie­ments afin de dé­ga­ger des lignes de force en vue de confor­ter la po­si­tion de la France dans les paie­ments et plus par­ti­cu­liè­re­ment dans le sans contact. Rap­pe­lons qu’il s’agit d’un sec­teur éco­no­mique im­por­tant qui im­plique com­merces, banques et in­dus­triels, soit à peu près 90 000 per­sonnes en France pour une va­leur ajou­tée de 6 à 7 mil­liards d’eu­ros. Quel est son de­ve­nir alors que les mu­ta­tions tech­no­lo­giques ne connaissent pas la moindre pause ? Dif­fi­cile de pré­voir. En re­vanche, la vo­lon­té gou­ver­ne­men­tale est claire. « Les nou­veaux moyens de paie­ment bou­le­versent par­fois les ha­bi­tudes des consom­ma­teurs, qui s’in­ter­rogent sur leur plus-va­lue et par­fois même sur leur sé­cu­ri­té. Ces innovations bous­culent aus­si les ac­teurs tra­di­tion­nels du paie­ment lors­qu’ils sont le fait de nou­veaux en­trants. Ce sont au­tant de dé­fis et d’op­por­tu­ni­tés que la France doit re­le­ver. La France a été à la pointe de la mo­der­ni­sa­tion des moyens de paie­ment en in­ven­tant la carte à puce en 1974. Elle doit le res­ter », af­fir­mait Michel Sa­pin, mi­nistre des Fi­nances et des Comptes pu­blics en inau­gu­rant ces As­sises. Sur la base des échanges qui ont eu lieu lors de ces As­sises, une stra­té­gie na­tio­nale des moyens de paie­ment de­vrait voir le jour d’ici l’au­tomne, avec un ca­len­drier d’ac­tion à court et moyen terme. L’ob­jec­tif est de ré­pondre aux be­soins des uti­li­sa­teurs (consom­ma­teurs et en­tre­prises) et de développer la com­pé­ti­ti­vi­té et l’in­no­va­tion du sec­teur ban­caire et de la fi­lière in­dus­trielle des paie­ments. « Les dé­fis aux­quels doit faire face l’in­dus­trie des moyens de paie­ment sont ceux qui tra­versent toute notre éco­no­mie : dé­fi des nou­veaux usages en per­pé­tuelle évo­lu­tion, dé­fi de la nu­mé­ri­sa­tion, dé­fi de l’uti­li­sa­tion des don­nées et de leur sé­cu­ri­té. Pour que le paie­ment fasse sa ré­vo­lu­tion nu­mé­rique, il faut de la sim­pli­ci­té, de la confiance et un sou­tien ré­so­lu aux ‘start-ups’ et à l’in­no­va­tion fran­çaise », rap­pe­lait Axelle Lemaire, se­cré­taire d’etat char­gée du Nu­mé­rique lors de ces As­sises. « Cô­té com­mer­çant, un des freins pour la gé­né­ra­li­sa­tion de la carte ban­caire et en par­ti­cu­lier celle sans contact est sans doute la com­mis­sion que pré­lèvent les banques sur les tran­sac­tions, com­mis­sion plus per­cep­tible sur les pe­tits mon­tants et le sans contact est par­ti­cu­liè­re­ment adap­té à ces pe­tits mon­tants », pré­cise Pierre Mé­ti­vier. Elle se si­tue se­lon les cas entre 0,4 et 2 % du mon­tant de la tran­sac­tion et peut com­por­ter un mon­tant mi­ni­mum. C’est la rai­son pour la­quelle de nom­breux com­merces im­posent un mi­ni­mum d’achats pour tout paie­ment par carte ban­caire, ce qui pé­na­lise l’uti­li­sa­tion du paie­ment sans contact li­mi­té à moins de 20 €. La baisse gé­né­rale des com­mis­sions d’in­ter­change qui se met en place en Eu­rope de­vrait fa­vo­ri­ser l’adop­tion du sans contact, à la condi­tion qu’elle soit adap­tée aux mon­tants com­pris entre 1 et 20 eu­ros, sans quoi le sans contact ne pour­ra plus ap­por­ter le bé­né­fice de la fa­ci­li­té et de la ra­pi­di­té car il fau­dra payer en in­tro­dui­sant la carte dans le lec­teur. Dans la res­tau­ra­tion ra­pide ou dans la bou­lan­ge­rie, sec­teurs où le temps de pas­sage en caisse est cri­tique, le gain peut se chif­frer par une aug­men­ta­tion de 5 à 10 % de la clien­tèle. La chaîne de res­tau­ra­tion ra­pide de plats ja­po­nais Wa­ga­ma­ma a vite fait ses cal­culs : pré­sente dans tous les pays eu­ro­péens, elle a consta­té qu’un client pas­sait 47 minutes dans le res­tau­rant dont 12 minutes dé­diées au seul paie­ment. L’adop­tion, avec l’ap­pui de Mas­tercard, du paie­ment sans contact, par carte ou mo­bile, lui a per­mis de ré­duire le temps dé­dié au paie­ment à une mi­nute, d’où un flux plus im­por­tant de clients et de tables libres.

Quant à la sé­cu­ri­té, sou­vent pré­sen­tée par les mé­dias grand pu­blic comme un frein au dé­ve­lop­pe­ment du sans contact, elle est loin d’être un pro­blème. « Certes, il est pos­sible sous cer­taines condi­tions de lire cer­taines in­for­ma­tions d’une carte sans contact à faible dis­tance, mais dans les faits, ce n’est pas une mé­thode uti­li­sée par les frau­deurs car peu ef­fi­cace », ex­plique Pierre Mé­ti­vier. Ce constat est confir­mé par les chiffres pu­bliés dans le der­nier rap­port de l’ob­ser­va­toire de la sé­cu­ri­té des cartes ban­caires. Pour sa part, l’ins­ti­tut de re­cherche cri­mi­nelle de la Gen­dar­me­rie Na­tio­nale n’a mis à jour au­cune faille réelle dans la carte sans contact. L’ar­ri­vée im­mi­nente de la bio­mé­trie sur les cartes de paie­ment de­vrait ren­for­cer les mé­ca­nismes d’au­then­ti­fi­ca­tion et ras­su­rer les

consom­ma­teurs. L’EMVCO ain­si que la FIDO fi­na­lisent les stan­dards de son uti­li­sa­tion alors que la BCE pré­pare de son cô­té une ré­gle­men­ta­tion adap­tée à ces nou­velles cartes. No­tons en outre que la sé­cu­ri­té des paie­ments est ac­crue de­puis l’ar­ri­vée de nou­veaux ser­vices de to­ke­ni­sa­tion ain­si qu’en pro­pose Mas­tercard aux com­mer­çants sur les ap­pli­ca­tions, les sites de e-com­merce et les pro­grammes de fac­tu­ra­tion ré­cur­rente avec cartes de paie­ment pré­en­re­gis­trées. De telles so­lu­tions per­mettent de ren­for­cer la qua­li­té de l’ex­pé­rience client et d’ac­croître la sé­cu­ri­té des paie­ments. Au Royaume-uni, où Mas­tercard com­mer­cia­lise ce ser­vice en marque blanche, les en­seignes BJ’S Who­le­sale Club, Khol’s et Jc­pen­ney fi­gu­re­ront par­mi les pre­mières à pro­po­ser le paie­ment mo­bile à leurs propres dé­ten­teurs de carte pri­va­tive cette an­née. Tous les feux étant au vert, la ma­tu­ri­té des cartes sans contact semble en bonne voie. Vi­sa es­time que d’ici 2020 tous les ter­mi­naux de paie­ment eu­ro­péens ac­cep­te­ront les paie­ments sans contact et la vaste ma­jo­ri­té des ti­tu­laires de cartes Vi­sa au­ront ac­cès au paie­ment NFC.

LES MO­BILES DANS LE SILLAGE DES CARTES SANS CONTACT

Les mo­biles NFC pro­fitent d’ores et dé­jà des in­fra­struc­tures sans contact qui se mettent en place un peu par­tout. « La po­pu­la­ri­té du sans contact s’est éten­due au mo­bile et aux dis­po­si­tifs équi­pés de la tech­no­lo­gie NFC », af­firme Gé­rard Né­bouy. On dé­nombre à ce jour plus de 70 pro­jets NFC en Eu­rope où le parc de smart­phones équi­pés du NFC de­vrait pas­ser le cap des 200 mil­lions d’uni­tés à fin 2015. « La plu­part des grandes banques fran­çaises sont sur les star­ting blocks », ajoute à ce su­jet Pierre Mé­ti­vier, convain­cu que « la gé­né­ra­li­sa­tion du NFC pren­dra du temps, mais qu’elle se fe­ra ». Toutes les en­quêtes montrent que le pu­blic est de­man­deur de telles so­lu­tions sans contact. Celle réa­li­sée par l’ins­ti­tut Po­pu­lus pour le compte de Vi­sa pré­dit qu’un Fran­çais sur dix uti­li­se­ra quo­ti­dien­ne­ment son mo­bile comme moyen de paie­ment dans cinq ans, alors que les taux d’uti­li­sa­tion ac­tuels s’élèvent à peine à 6 %. L’adop­tion de ce mode de paie­ment, à la fois chez les com­mer­çants de proxi­mi­té et pour les achats en ligne, de­vrait en­traî­ner une aug­men­ta­tion des mon­tants dé­pen­sés par mo­bile avec un marché es­ti­mé à 795,6 M€ dans 5 ans. Tou­jours se­lon l’ins­ti­tut Po­pu­lus, 22 € en moyenne sont dé­pen­sés chaque se­maine avec un mo­bile alors qu’en 2020, 40 % des Fran­çais dé­pen­se­ront plus de 30€ chaque se­maine avec leur mo­bile. Pré­ci­sion : 15 % d’entre eux dé­pen­se­ront plus de 69 €. L’en­quête d’ip­sos pour la plate-forme Fi­vo­ry confirme que les com­mer­çants et les consom­ma­teurs sont prêts pour le paie­ment mo­bile. La no­to­rié­té de ce moyen de paie­ment est très éle­vée : 88 % du grand pu­blic et 91 % des com­mer­çants savent que le té­lé­phone mo­bile peut ser­vir de moyen de paie­ment. Les avan­tages dé­passent ceux de la carte sans contact pour les com­merces : ra­pi­di­té de l’en­cais­se­ment, meil- leure connais­sance client et pos­si­bi­li­té de créer une base de clients à par­tir des en­cais­se­ments. Nombre de com­merces en­vi­sagent de s’équi­per d’une so­lu­tion de paie­ment et d’ani­ma­tion com­mer­ciale mo­bile en ma­ga­sin. Cet in­té­rêt ne se li­mite pas au smart­phone. Se­lon Ch­ris Kan­gas, res­pon­sable du paie­ment sans contact pour Mas­tercard Eu­rope, « six per­sonnes sur dix croient à l’ave­nir du paie­ment mo­bile avec des ob­jets connec­tés ». Ces der­niers changent chaque étape du pro­ces­sus d’achat, trans­for­mant ain­si l’ex­pé­rience client dans un en­vi­ron­ne­ment où il ne se­ra plus né­ces­saire de faire la queue et où il se­ra pos­sible de tout se faire li­vrer à do­mi­cile. « Alors que les achats en ligne et les achats phy­siques se re­joignent, une en­tre­prise comme Mas­tercard doit adap­ter ses règles tout en of­frant le même ni­veau de sé­cu­ri­té », ajoute Ch­ris Kan­gas. Cette in­cur­sion dans le fu­tur ne doit pas oc­cul­ter le fait que le paie­ment mo­bile est dé­jà une réa­li­té en 2015, no­tam­ment en Eu­rope, ré­gion qui se si­tue de­vant l’amé­rique du Nord et l’asie si l’on en croit l’in­dex que pu­blie chaque tri­mestre l’opé­ra­teur de paie­ment hol­lan­dais Adyen. Au sein de l’eu­rope, et sans sur­prise, le Royaume-uni reste le lea­der avec 44,8 % de paie­ments en ligne ef­fec­tués par mo­bile, de­vant les Pays-bas (32,9 %), l’es­pagne (28,3 %) et l’al­le­magne (23,6 %). Ar­ri­vant der­rière, la France pour­suit sa pro­gres­sion avec une part des achats sur na­vi­ga­teur mo­bile at­tei­gnant 22,1% au se­cond tri­mestre 2015 (20,8 % au pre­mier tri­mestre). Adyen es­time que les paie­ments mo­biles re­pré­sentent dé­sor­mais 29 % des paie­ments en ligne dans le monde alors qu’en France, ils sont en pro­gres­sion avec 22,1 %. Cô­té ter­mi­naux, l’ip­hone ca­ra­cole tou­jours en tête de l’in­dex de l’opé­ra­teur il re­pré­sente 35,6 % des tran­sac­tions en ligne via na­vi­ga­teur mo­bile alors que les smart­phones sous An­droid se si­tuent quant à eux à 28,7 %. Autre point es­sen­tiel pour les com­merces : les uti­li­sa­teurs d’ip­hone réa­lisent des achats de mon­tant plus éle­vés, un point qui at­tire les marques pre­mium sou­cieuses de culti­ver des re­la­tions pri­vi­lé­giées avec cette po­pu­la­tion. L’ar­ri­vée dans le pay­sage des paie­ments mo­biles d’apple Pay, so­lu­tion qui trouve pro­gres­si­ve­ment plus de sou­tien par­mi les banques, de­vrait faire dé­col­ler les wal­lets. Ses pen­dants dans la sphère An­droid, avec no­tam­ment Sam­sung Pay et An­droid Pay, de­vraient plus fa­ci­le­ment trou­ver leur cible qu’elles per­mettent aux banques d’adap­ter plus fa­ci­le­ment leurs wal­lets. Ces so­lu­tions, fa­vo­rables pour le paie­ment mo­bile NFC, de­vraient di­mi­nuer en prin­cipe le coût de la ges­tion des es­pèces, es­ti­mé entre 200 et 300 € par an pour une fa­mille. Ren­dez-vous en 2020 !

Nombre de com­merces en­vi­sagent de s’équi­per d’une so­lu­tion de paie­ment et d’ani­ma­tion com­mer­ciale mo­bile en ma­ga­sin.

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