Ac­cé­lé­ra­tion des dé­marches

Ac­cé­lé­ra­tion des dé­marches

Point Banque - - SOMMAIRE - PA­TRICE REMEUR

Banques et as­su­reurs ac­cé­lèrent leurs dé­marches de res­pon­sa­bi­li­té so­cié­tale des en­tre­prises (RSE). La crise, les contraintes ré­gle­men­taires re­la­tives à la RSE, l’aug­men­ta­tion des risques cli­ma­tiques, l’opi­nion et les nou­velles at­tentes des par­ti­cu­liers et des en­tre­prises consti­tuent les prin­ci­paux élé­ments de trans­for­ma­tion. Bien plus qu’une contrainte, les dé­marches de dé­ve­lop­pe­ment durable in­té­grées dans les modes de ges­tion et de pro­duc­tion consti­tuent une op­por­tu­ni­té.

Les en­jeux liés au dé­ve­lop­pe­ment durable peuvent être pré­sen­tés en quelques chiffres. Le coût de l’in­ac­tion pour pré­ser­ver l’en­vi­ron­ne­ment et la bio­di­ver­si­té pour­rait at­teindre 7 % du PIB mon­dial en 2050, alors que le coût de la mise en place d’ac­tions cor­rec­tives re­pré­sen­te­rait 1 % du PIB d’après le rap­port Stern. Ce sont donc 4 points de PIB qui peuvent être ga­gnés avec des dé­marches d’in­ves­tis­se­ment en fa­veur de l’en­vi­ron­ne­ment et de la lutte contre les risques cli­ma­tiques.

Autre chiffre : le seul cri­tère du stress au tra­vail gé­né­re­rait un coût de plus de 22 Md € et le bu­reau in­ter­na­tio­nal du tra­vail es­time que les pertes de qua­li­té, l’ab­sen­téisme et le tur­no­ver ré­sul­tant du stress re­pré­sentent jus­qu’à 4 % du PIB des pays in- dus­tria­li­sés. A ces pertes peuvent s’ajou­ter les coûts liés à la pol­lu­tion de l’air. Ils pour­raient at­teindre 210 Md € d’ici à 2020 se­lon la Com­mis­sion Eu­ro­péenne. Tou­jours se­lon cette même source, les in­ves­tis­se­ments né­ces­saires, no­tam­ment dans le dé­ve­lop­pe­ment de tech­no­lo­gies propres, s’élè­ve­raient à 207 mil­liards d’eu­ros par an. La France, quant à elle, au­rait be­soin de 15 à 30 mil­liards d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ments sup­plé­men­taires chaque an­née pour as­su­rer sa tran­si­tion éner­gé­tique. L’op­por­tu­ni­té pour les banques est donc ma­jeure.

Ces der­nières sont donc concer­nées à la fois par le sou­tien aux ac­tions de dé­ve­lop­pe­ment durable et par la va­lo­ri­sa­tion de ces ini­tia­tives par des dé­marches RSE. D’une part, parce que le chan­ge­ment cli­ma­tique en­gendre une aug­men­ta­tion des risques

et des coûts des dom­mages sur leurs ac­ti­vi­tés fi­nan­cées ou as­su­rées. Les inon­da­tions, tem­pêtes, ou en­core des­truc­tions de terres agri­coles et ma­té­rielles ou bâ­ti­ments peuvent en­gen­drer des pertes pou­vant at­teindre jus­qu’à 20 % du PIB mon­dial en 2050, soit plus de 26 000 mil­liards d’eu­ros se­lon les scé­na­rii ! Pa­ral­lè­le­ment à cette ten­dance, la hausse de la po­pu­la­tion mon­diale, es­ti­mée à 9,5 mil­liards d’in­di­vi­dus en 2050, do­pe­ra les de­mandes aux in­fra­struc­tures d’ac­cès à l’eau, à l’éner­gie, ou en­core au lo­ge­ment et les be­soins ali­men­taires qui exigent le dou­ble­ment de la pro­duc­tion agri­cole. Les be­soins en fi­nan­ce­ment pour la mise en place et la pro­tec­tion sont donc consé­quents.

Les banques jouent éga­le­ment un rôle ma­jeur par leur ca­pa­ci­té à in­ves­tir sur les mar­chés, à fi­nan­cer des grands tra­vaux ou des pro­jets de ré­no­va­tion éner­gé­tique et à orien­ter les masses d’ar­gent vers des ac­ti­vi­tés « vertes » pour trans­for­mer ra­pi­de­ment struc­tures et tech­no­lo­gies ac­tuelles. Les be­soins de fi­nan­ce­ment sont aus­si im­por­tants.

BE­SOINS EN FI­NAN­CE­MENT

A titre d’illustration, l’ap­pli­ca­tion de la di­rec­tive 2009/28/CE de l’union Eu­ro­péenne et les ac­cords du Gre­nelle de l’en­vi­ron­ne­ment exigent, d’ici à 2020, plu­sieurs mil­liards d’eu­ros pour as­su­rer la trans­for­ma­tion de la pro­duc­tion éner­gé­tique, de l’éco­no­mie et de la consom­ma­tion.

Une étude de la Caisse des dé­pôts four­nit un ordre de gran­deur des mon­tants. Les in­ves­tis­se­ments dans les équi­pe­ments et in­fra­struc­tures en fa­veur du cli­mat étaient en France es­ti­més à 22 mil­liards d’eu­ros en 2011. En outre, l’etat a af­fec­té 28 mil­liards d’eu­ros pour des pro­jets liés à l’amé­lio­ra­tion des consom­ma­tions ou à la ré­no­va­tion ther­mique des lo­ge­ments dans le cadre des in­ves­tis­se­ments d’ave­nir, dont 4,4 mil­liards d’eu­ros sont liés au dé­ploie­ment du très haut débit (THD) pour op­ti­mi­ser les res­sources éner­gé­tiques.

Quant aux ac­teurs pri­vés, ils in­ves­ti­ront da­van-

L’ap­pli­ca­tion de la di­rec­tive 2009/28/ CE de l’union Eu­ro­péenne et les ac­cords du Gre­nelle de l’en­vi­ron­ne­ment exigent, d’ici à 2020, plu­sieurs mil­liards d’eu­ros pour as­su­rer la trans­for­ma­tion de la pro­duc­tion éner­gé­tique, de l’éco­no­mie et de la consom­ma­tion.

tage en­core pour concré­ti­ser les chan­ge­ments et at­teindre les ob­jec­tifs de 2020. A l’échelle eu­ro­péenne, la Com­mis­sion es­time qu’au cours des 10 pro­chaines an­nées, mille mil­liards d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ments se­ront réa­li­sés pour amé­lio­rer la pro­duc­tion et le trans­port, ain­si que 600 mil­liards d’eu­ros dans l’ache­mi­ne­ment et la dis­tri­bu­tion.

Enfin, grâce à leur sur­face de contact re­pré­sen­tant quo­ti­dien­ne­ment des mil­lions de clients, des mil­liers de col­la­bo­ra­teurs et des re­la­tions avec les dif­fé­rents par­te­naires ou par­ties pre­nantes (four­nis­seurs, as­so­cia­tions, ins­ti­tu­tions, dé­ci­deurs…), les banques dis­posent d’une ca­pa­ci­té im­por­tante pour sen­si­bi­li­ser les dif­fé­rents ac­teurs, dif­fu­ser les in­for­ma­tions et re­layer les bonnes pra­tiques au sein de la so­cié­té toute en­tière. Elles contri­buent ain­si, à la fois à chan­ger les pra­tiques et à ré­pondre à la de­mande gran­dis­sante, tout en amé­lio­rant leur image au­près des dif­fé­rents pu­blics.

CINQ AXES DE DÉ­VE­LOP­PE­MENT

Ain­si, se­lon une étude de Xerfi in­ti­tu­lée « La RSE dans la banque et l’as­su­rance », les banques sont for­te­ment mo­bi­li­sées sur ces en­jeux. Elles ont struc­tu­ré leurs dé­marches RSE au­tour de cinq axes : « fi­nan­cer les dé­marches de dé­ve­lop­pe­ment durable ; éla­bo­rer des pro­duits et ser­vices « res­pon­sables » ; être ac­teur et co­opé­rer avec la so­cié­té ci­vile ; pré­ser­ver l’en­vi­ron­ne­ment ; gé­rer les res­sources hu­maines de fa­çon res­pon­sable ».

BNP Pa­ri­bas, Cré­dit Agri­cole, So­cié­té Gé­né­rale, Cré­dit Mu­tuel, ou en­core la Banque Pos­tale ont dé­ployé des ou­tils de fi­nan­ce­ment et des pro­duits en fa­veur du dé­ve­lop­pe­ment durable pour à la fois cap­ter les en­cours d’une clien­tèle sen­sible à ces pro­blé­ma­tiques et drai­ner l’ar­gent pour sou­te­nir la de­mande. Au ni­veau des fonds de ges­tion d’ac­tifs, l’en­semble des banques a mis en place des so­lu­tions de « fi­nan­ce­ment à im­pact po­si­tif », no­tam­ment bien sou­vent au tra­vers d’un projet com­mun dé­ve­lop­pé dès 2012 par les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières au sein de l’ob­ser­va­toire de la Res­pon­sa­bi­li­té So­cié­tale des en­tre­prises (ORSE), ou en­core du Green Bond Prin­cipe. Ain­si ont été créées, avec le sa­voir-faire des ban­quiers, des émis­sions obli­ga­taires vi­sant des per­for­mances en­vi­ron­ne­men­tales bap­ti­sées Green Bonds. EDF, Air Li­quide, ou en­core Ro­dam­co ont pro­cé­dé à l’émis­sion de ces obli­ga­tions vertes. Les fonds sont consa­crés au fi­nan­ce­ment des pro­jets en­vi­ron­ne­men­taux ou ac­ti­vi­tés liées ou dé­ga­geant un bé­né­fice « so­cial ». Les banques mettent éga­le­ment da­van­tage en place une ap­proche d’in­ves­tis­se­ment so­cia­le­ment res­pon­sable (ISR). Elles iden­ti­fient plus fi­ne­ment, dans leurs in­ves­tis­se­ments, les en­tre­prises réa­li­sant des so­lu­tions en fa­veur du dé­ve­lop­pe­ment durable, ou ex­cluent des en­tre­prises qui sont ex­po­sées à des risques en­vi­ron­ne­men­taux. Mi­ro­va, fi­liale de Na­tixis (BPCE), fa­vo­rise les émis­sions obli­ga­taires ayant ob­jec­tif de fi­nan­cer des pro­jets à forte uti­li­té so­ciale ou en­vi­ron­ne­men­tale. Quant au Cré­dit Agri­cole, via sa so­cié­té Amun­di (Cré­dit Agri­cole 80 % - So­cié­té Gé­né­rale 20 %) dont les mon­tant res­tent en­core mo­destes, elle s’est fixée d’at­teindre 100 mil­liards d’eu­ros d’en­cours d’ici à fin 2015. Sou­te­nir des en­tre­prises dites res­pon­sables, c’est éga­le­ment ex­clure des risques et donc li­mi­ter des pertes. Un cer­tain nombre d’entre elles se sont en­ga­gées à ne pas sou­te­nir cer­tains sec­teurs, tels que l’ar­me­ment, les éner­gies pol­luantes, ou en­core l’ex­ploi­ta­tion de mines. Elles ont in­té­gré des filtres dans la sé­lec­tion de leurs in­ves­tis­se­ments (im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment, dé­ve­lop­pe­ment lo­cal…). Ces an­nonces sont d’ailleurs sou­vent ob­jets de po­lé­miques avec des as­so­cia­tions. De nom­breux fonds d’in­ves­tis­se­ments sur la thé­ma­tique en­vi­ron­ne­men­tale sont dé­ployés. Plu­sieurs gammes de pro­duits fi­nan­ciers éthiques et so­li­daires existent dans la plu­part des banques. La Banque Pos­tale a choi­si par exemple de dé­cli­ner ses pro­duits (mo­né­taire, ac­tions, obli­ga­tions) à tra­vers une gamme bap­ti­sée « In­ves­tir au­tre­ment », pour cap­ter les pu­blics sou­cieux de don­ner du sens à leur in­ves­tis­se­ment mais aus­si tou­cher des in­di­vi­dus ai­sés ma­jo­ri­tai­re­ment sen­sibles à ces su­jets.

LE DÉ­VE­LOP­PE­MENT DES CRÉ­DITS VERTS

Au ni­veau des cré­dits, les offres de prêts verts fleu­rissent pour ré­pondre aux at­tentes gran­dis­santes. La ma­jo­ri­té des éta­blis­se­ments pro­posent des so­lu­tions de fi­nan­ce­ment des­ti­nées à l’ac­qui­si­tion de biens « éco­lo­giques », à l’amé­lio­ra­tion de l’ha­bi­tat ou l’ac­qui­si­tion de vé­hi­cules « propres », ou en­core pour in­ves­tir dans des ma­té­riels de pro­duc­tion d’éner­gies re­nou­ve­lables. Les offres sont sou­vent as­so­ciées à une as­su­rance pour cou­vrir les nou­velles ins­tal­la­tions. D’autres, telles que Cré­dit Mu­tuel Ar­kéa, ont mis en place un prêt ré­no­va­tion ou vé­hi­cule éco­lo­gique. Le cré­dit est joint à un compte épargne CO2. Les clients réa­lisent un bi­lan car­bone de­puis un site In­ter­net, ce qui per­met à l’éta­blis­se­ment de me­su­rer la hau­teur de l’in­ves­tis­se­ment en­vi­sa­gé, le com­por­te­ment éner­gé­tique et d’aug­men­ter la connais­sance client pour pou­voir pro­po­ser à l’ave­nir des pro­duits adap­tés.

La de­mande de prêt est éga­le­ment crois­sante, et no­tam­ment sou­te­nue par l’etat avec la pos­si­bi­li­té de bé­né­fi­cier de cré­dit d’im­pôts ou de TVA à taux ré­duit pour plu­sieurs tra­vaux liés à la ré­no­va­tion éner­gé­tiques, ou en­core d’aides fi­nan­cières pour l’ac­qui­si­tion de vé­hi­cules propres. Pour les banques, c’est l’op­por­tu­ni­té de s’adres­ser éga­le­ment aux pu­blics les plus sol­vables pen­dant plu­sieurs an­nées. Ils se­ront do­tés d’équi­pe­ments ré­cents sy­no­nymes de moindres dé­faillances. Ces élé­ments d’in­for­ma­tions per­met­tront à la banque de pro­po­ser en temps vou­lu le re­nou­vel­le­ment des équi­pe­ments et la so­lu­tion de fi­nan­ce­ment adap­tée.

A l’échelle des pro­fes­sion­nels, les banques sont éga­le­ment pré­sentes pour fi­nan­cer les tra­vaux en amont. A titre d’illustration, Cré­dit Fon­cier dis­pose d’une offre co­pro 100. Elle est oc­troyée aux syn­di­cats de co­pro­prié­taires et aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales pour le fi­nan­ce­ment des tra­vaux col­lec­tifs. Ces der­niers peuvent éga­le­ment bé­né­fi­cier

d’aides de l’etat et de la ré­gion. La banque in­tègre dans son dis­po­si­tif une offre d’au­dit éner­gé­tique, les dif­fé­rentes so­lu­tions tech­niques et le fi­nan­ce­ment de la ré­no­va­tion gé­né­rant des cer­ti­fi­cats d’éco­no­mie d’éner­gie. L’ORSE sug­gère que les banques aillent plus loin dans ce type de dé­marches. L’OB­ser­va­toire pro­pose « d’amé­na­ger L’ECO PTZ en trans­fé­rant vers un tiers cer­ti­fié la res­pon­sa­bi­li­té de va­li­der les tra­vaux et en y in­sé­rant une com­po­sante en­vi­ron­ne­men­tale pour dé­fi­nir le mon­tant d’en­cours sus­cep­tible d’être ac­cor­dé ». Pour ac­com­pa­gner les grands comptes dans leurs pro­blé­ma­tiques d’éco­no­mies d’éner­gies, So­cié­té Gé­né­rale, Cré­dit Agri­cole, ou en­core Na­tixis ont créé des So­fer­gies bé­né­fi­ciant d’un ré­gime fis­cal at­trac­tif, pour com­plé­ter les fi­nan­ce­ments ban­caires par des formules de cré­dit-bail mo­bi­lier des­ti­nées aux ins­tal­la­tions liées à la pro­duc­tion d’éner­gies re­nou­ve­lables ou à la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment.

LA MUL­TI­PLI­CA­TION DES PRO­DUITS RES­PON­SABLES

En ma­tière d’épargne, outre les li­vrets ré­gle­men­tés LDD, les dif­fé­rentes banques ont in­ven­té des pro­duits com­plé­men­taires sur la thé­ma­tique « res­pon­sable » pour cap­ter les fonds en vue d’ir­ri­guer les pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment durable, tout en in­ten­si­fiant la com­mu­ni­ca­tion et les liens de proxi­mi­té. Ain­si, le Cré­dit Agri­cole d’aqui­taine a mis en place un Li­vret Eco­no­mie lo­cale vi­sant à fi­nan­cer ex­clu­si­ve­ment les ac­teurs lo­caux. Pour do­per les sy­ner­gies et les col­lectes, les fonds dé­po­sés gé­nèrent des Too­kets, mon­naie vir­tuelle of­frant aux clients la pos­si­bi­li­té de ver­ser des fonds à une as­so­cia­tion lo­cale. Le Cré­dit Mu­tuel pro­pose un Li­vret pour les Autres, qui per­met de par­ta­ger ses in­té­rêts avec les as­so­cia­tions. La Banque Po­pu­laire At­lan­tique a éga­le­ment mis en place un li­vret in­ves­tis­se­ment lo­cal pour fi­nan­cer les en­tre­prises du ter­ri­toire. Son slo­gan : « 1 eu­ro épar­gné = 1 eu­ro prê­té ».

Par ailleurs, les banques sont par­ti­cu­liè­re­ment im­pli­quées dans la mo­bi­li­sa­tion des par­ties pre­nantes (clients, four­nis­seurs, ins­ti­tu­tions, as­so­cia­tions, ad­mi­nis­tra­teurs…) sur les su­jets dits so­cié­taux. « Les ac­tions me­nées avec l’en­semble des par­ties pre­nantes per­mettent en ef­fet à la fois, de sti­mu­ler les échanges, de co­or­don­ner les ac­tions, de tis­ser des liens étroits, de bé­né­fi­cier d’une sur­face de contact ac­crue, d’ac­tion­ner des le­viers d’in­fluence mais sur­tout de dis­po­ser d’une vi­si­bi­li­té et d’une cou­ver­ture mé­dia­tique im­por­tante pour un in­ves­tis­se­ment au fi­nal re­la­ti­ve­ment faible » ana­lyse l’étude de Xerfi. A titre d’illustration, les caisses lo­cales du Cré­dit Agri­cole dis­posent de par­te­na­riat avec les as­so­cia­tions d’aide à la créa­tion d’en­tre­prise (ADIE, France Ac­tive…). Ces ac­tions à la fois d’ac­com­pa­gne­ment des créa­teurs d’en­tre­prises et de fi­nan­ce­ments par des mi­cro-cré­dits, per­mettent à l’en­seigne d’ac­com­pa­gner dès leur nais­sance les por­teurs de pro­jets et de les ai­der dans la via­bi­li­sa­tion de leur en­tre­prise, gage de res­sources fu­tures pour la banque. Les si­gna­tures de conven­tions, les meilleures ini­tia­tives, ou en­core l’ac­qui­si­tion de ma­té­riel avec le mi­cro-cré­dit sont au­tant d’oc­ca­sions mé­dia­ti­sées par les cor­res­pon­dants de la presse lo­cale à l’ini­tia­tive de l’as­so­cia­tion. L’en­seigne peut ain­si va­lo­ri­ser son rôle et amé­lio­rer son image au­près des ha­bi­tants tout en in­ci­tant les en­tre­pre­neurs à ren­con­trer ses conseillers. Dans un autre do­maine, par exemple, le Cré­dit Agri­cole a mis en place les Tro­phées Ho­ri­zon pour ré­com­pen­ser les four­nis­seurs du groupe les plus in­no­vants et engagés en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment durable. Il s’agit à tra­vers cette dé­marche évé­ne­men­tielle à la fois de va­lo­ri­ser et de fé­dé­rer les en­tre­prises, de mé­dia­ti­ser la dé­marche. Par cette ex­po­si­tion, c’est éga­le­ment l’op­por­tu­ni­té d’in­vi­ter les en­tre­prises à can­di­da­ter tout en per­met­tant au Cré­dit Agri­cole de pré­sen­ter ses pro­duits et sa­voir-faire.

En in­terne, les éta­blis­se­ments agissent éga­le­ment de ma­nière ac­tive pour li­mi­ter leur em­preinte en­vi­ron­ne­men­tale. Trois axes de ré­duc­tion des pol­lu­tions et des coûts sont ma­jo­ri­tai­re­ment mis en place. La baisse de la consom­ma­tion éner­gé­tique est le pre­mier vec­teur, sui­vi de la li­mi­ta­tion du trans­port et enfin la di­mi­nu­tion du re­cours au pa­pier. Les dif­fé­rentes banques ont mis en place une po­li­tique de ges­tion de l’éner­gie pour à la fois li­mi­ter les consom­ma­tions et les émis­sions. Me­sures des consom­ma­tions en temps réel, ré­no­va­tions des bâ­ti­ments, au­to­ma­ti­sa­tion des al­lu­mages, achat de ma­té­riels à faible consom­ma­tion, ou en­core guides des gestes pour pré­ser­ver l’en­vi­ron­ne­ment ont été réa­li­sés. Ré­sul­tat, ces dé­marches per­mettent de fé­dé­rer et d’im­pul­ser les bonnes pra­tiques. Elles consti­tuent éga­le­ment un sup­port à la ré­or­ga­ni­ser des ser­vices et sur­faces dé­diées au tra­vail et per­mettent de gé­né­rer plu­sieurs mil­lions d’eu­ros d’éco­no­mies.

Des po­li­tiques pour les dé­pla­ce­ments des col­la­bo­ra­teurs, élus ou ad­mi­nis­tra­teurs sont éga­le­ment ins­tau­rées. Les voyages en avion, coû­teux et pol­luants res­tent dé­sor­mais sou­vent li­mi­tés. Les éta­blis­se­ments pri­vi­lé­gient les trans­ports en com­mun avec la mise en place par­fois de primes pour in­ci­ter à leur uti­li­sa­tion. Les banques re­nou­vellent égale-

Trois axes de ré­duc­tion des pol­lu­tions et des coûts sont ma­jo­ri­tai­re­ment mis en place. La baisse de la consom­ma­tion éner­gé­tique est le pre­mier vec­teur, sui­vi de la li­mi­ta­tion du trans­port et enfin la di­mi­nu­tion du re­cours au pa­pier. Les dif­fé­rentes banques ont mis en place une po­li­tique de ges­tion de l’éner­gie pour à la fois li­mi­ter les consom­ma­tions et les émis­sions.

ment leurs flottes de vé­hi­cules avec une po­li­tique d’achat de vé­hi­cules propres. Les vi­sio­con­fé­rences sont éga­le­ment pri­vi­lé­giées pour ré­duire le tra­fic, la consom­ma­tion de temps et de car­bu­rant tout en aug­men­tant la pro­duc­ti­vi­té. Plu­sieurs banques ont mis en place des sys­tèmes de co-voi­tu­rage pour leurs sa­la­riés ou les em­ployés d’en­tre­prises d’un même site, et in­ten­si­fie ain­si éga­le­ment la com­mu­ni­ca­tion et les liens avec leur en­vi­ron­ne­ment. Pour abais­ser les consom­ma­tions de car­bu­rant, la Banque Pos­tale, ou en­core So­cié­té Gé­né­rale mettent en place des for­ma­tions à l’éco­con­duite. A ce titre, l’en­seigne rouge et noire a ca­pi­ta­li­sé sur ce sa­voir-faire pour pro­po­ser, via sa fi­liale de lo­ca­tion de vé­hi­cules ALD, des for­ma­tions d’éco­con­duite pour li­mi­ter à la fois les pol­lu­tions et la si­nis­tra­li­té no­tam­ment lié à la vi­tesse. Les ini­tia­tives ne manquent pas pour li­mi­ter les dé­pla­ce­ments sources de risques et de coûts.

Enfin, fortes consom­ma­trices en pa­pier, les banques ont mis en place une série d’ac­tions pour abais­ser les dé­chets pa­piers et l’achat de four­ni­tures. Di­mi­nu­tion du gram­mage, li­mi­ta­tion des im­pri­mantes in­di­vi­duelles, pa­ra­mé­trage au­to­ma­tique des im­pri­mantes en noir et blanc et rec­to ver­so, uti­li­sa­tion de pa­piers « éco­lo­giques », élar­gis­se­ment des re­le­vés dé­ma­té­ria­li­sés, dé­ma­té­ria­li­sa­tion des sup­ports sont au­tant d’ac­tions ef­fec­tuées pour op­ti­mi­ser les consom­ma­tions et la pro­duc­ti­vi­té. Pour aug­men­ter l’adhé­sion à ces dé­marches et ac­cé­lé­rer les éco­no­mies, plu­sieurs banques telles que BNP Pa­ri­bas ont mis en place un in­té­res­se­ment sur la base des cri­tères RSE in­té­grés dans la ré­mu­né­ra­tion va­riable des col­la­bo­ra­teurs.

LA RSE PER­MET DE DO­PER LA MARQUE EM­PLOYEUR

Quant aux res­sources hu­maines, l’en­semble des banques s’est at­ta­ché à li­mi­ter les dé­gra­da­tions du bien-être au tra­vail qui nuisent à la san­té des col­la­bo­ra­teurs, mais éga­le­ment à la ré­pu­ta­tion, l’at­trac­ti­vi­té et l’image de l’en­seigne. De mau­vaises condi­tions de tra­vail en­gendrent des freins à l’em­bauche, des dif­fi­cul­tés de fi­dé­li­sa­tion des ta­lents et ren­forcent les risques ju­ri­diques. Elles gé­nèrent éga­le­ment des at­teintes au bon fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise, en­gen­drant des pertes de chiffres d’af­faires. Ain­si, les banques ont mis en place plu­sieurs ac­tions vi­sant à amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail. Elles ont gé­né­ra­le­ment mis en place des ba­ro­mètres pour me­su­rer la sa­tis­fac­tion des em­ployés et leur condi­tion de tra­vail. De nom­breuses for­ma­tions de sen­si­bi­li­sa­tion, liées à la pré­ser­va­tion de la san­té et ré­duire les ac­ci­dents du tra­vail, sont dé­ployées. A titre d’exemple, la Banque Pos­tale a mis en place une for­ma­tion « Je pré­serve mon dos et mes ar­ti­cu­la­tions ». Il s’agit d’in­for­mer le per­son­nel sur les gestes et les pos­tures pour se pré­mu­nir de maux éven­tuels, mais aus­si d’amé­na­ger son poste de tra­vail pour évi­ter les troubles mus­cu­lo-sque­let­tiques ou les ac­ci­dents. Les ac­tions vi­sant l’amé­lio­ra­tion de l’em­ploya­bi­li­té sont éga­le­ment réa­li­sées. La pro­mo­tion de l’élar­gis­se­ment des compétences par le biais de for­ma­tion per­met de fa­ci­li­ter les évo­lu­tions dans le groupe, l’épa­nouis­se­ment de col­la­bo­ra­teurs, tout en évi­tant de coû­teux re­cru­te­ments ou la perte de compétences clés. Plu­sieurs banques telles que BNP Pa­ri­bas ou Cré­dit Mu­tuel Ar­kéa fa­vo­risent la mo­bi­li­té in­terne pour pour­voir ses offres d’em­ploi. Elles or­ga­nisent des évé­ne­ments à l’image de la banque Pos­tale qui pro­pose « Une se­maine pour tous, à cha­cun son projet ». Ate­liers, ren­contres, ou en­core bourses d’em­ploi visent à faire connaître les op­por­tu­ni­tés et les mé­tiers des groupes mais aus­si for­ma­tions et par­cours. L’am­bi­tion est de fi­dé­li­ser et de contri­buer à ré­pondre aux as­pi­ra­tions des col­la­bo­ra­teurs.

La di­ver­si­té des pro­fils est éga­le­ment va­lo­ri­sée, et no­tam­ment les se­niors. Bé­né­fi­cier de l’ex­per­tise des plus an­ciens per­met d’amé­lio­rer les trans­ferts de compétences, tout en ajus­tant les pro­duits et ser­vices ven­dus aux be­soins de cette gé­né­ra­tion dé­ten­trice de ca­pi­tal. Les banques se sont en­ga­gées à as­su­rer la di­ver­si­té, l’éga­li­té des chances et la pa­ri­té. Pour réussir, elles ont mis en place des me­sures de com­pen­sa­tions fi­nan­cières pour ef­fa­cer ou li­mi­ter les dif­fé­rences de ré­mu­né­ra­tion. Elles ont éga­le­ment ins­tal­lées des groupes de tra­vail ou ré­seaux in­ternes thé­ma­tiques pour tis­ser des liens et trai­ter les dif­fi­cul­tés dans l’en­semble des struc­tures. Enfin, elles ont mis en place des plu­sieurs dis­po­si­tifs (sites in­tra­net, ate­liers…) fa­vo­ri­sant la par­ti­ci­pa­tion des col­la­bo­ra­teurs et fa­ci­li­tant le dia­logue so­cial. L’en­jeu est de main­te­nir la mo­ti­va­tion et les per­for­mances des sa­la­riés et de l’en­tre­prise et évi­ter des blo­cages cou­teux et pré­ju­di­ciables pour tous.

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