L’IOT en quête de vrais usages dans la banque et l’as­su­rance

en quête de vrais usages dans la banque et l’as­su­rance

Point Banque - - SOMMAIRE - JO COHEN

Un peu plus ma­tures de­puis l’ar­ri­vée de plates-formes dé­diées, les ob­jets connec­tés re­cherchent de vrais usages dans la banque et l’as­su­rance. Les paie­ments et l’as­sis­tance en cas de si­nistre sont aux pre­mières loges.

Si le su­jet fait tou­jours le « buzz » en cette fin d'an­née 2016, la rai­son in­cite à gar­der ses dis­tances et à consi­dé­rer l'in­ter­net des Ob­jets (IOT) comme un mar­ché qui cherche en­core ses marques à l'heure où banques et com­pa­gnies d'as­su­rance ima­ginent et testent de nou­veaux usages à base d'ob­jets connec­tés dans le but de sim­pli­fier la vie de leurs clients. De­puis un peu plus d'un an, avant l'émer­gence de toute de­mande réelle de la part de leurs clien­tèles res­pec­tives, plu- sieurs banques fran­çaises ont oc­cu­pé à peu de frais le de­vant de la scène en adap­tant leurs ap­pli­ca­tions mo­biles aux ob­jets connec­tés du mo­ment, no­tam­ment les montres connec­tées. C'est ain­si que, fi­dèle à sa stratégie d'in­no­va­tion, le Cré­dit Mu­tuel Arkéa a été le pre­mier à pro­po­ser une ap­pli­ca­tion per­met­tant de suivre ses comptes ban­caires sur montre connec­tée An­droid ou IOS. So­cié­té Gé­né­rale et Cré­dit Agri­cole lui ont em­boi­té le pas en lan­çant une ver­sion de leur ap­pli­ca­tion mo­bile sous IOS

ou An­droid. BNP Pa­ri­bas a sui­vi le mou­ve­ment en pro­po­sant « Hel­lo Watch » aux clients de sa banque mo­bile Hel­lo Bank, ap­pli­ca­tion of­frant des fonc­tions de consul­ta­tion du solde, des der­nières opé­ra­tions mais aus­si de la mé­téo. Les montres connec­tées n'ont pas été les seules tech­no­lo­gies à sus­ci­ter l'in­té­rêt des banques et des as­su­rances : lu­nettes connec­tées et boi­tiers GPS ont éga­le­ment fait l'ob­jet de lan­ce­ments fai­sant plus pen­ser à des tests de fai­sa­bi­li­té dans l'as­sis­tance en cas de si­nistre.

S'agit-il d'an­nonces stra­té­giques ? Non. Le simple dé­port de l'af­fi­chage d'un solde de compte sur des ob­jets connec­tés n'a rien de cru­cial, pour l'ins­tant du moins. Car, ain­si que le rap­pelle Nick Jones, vice-pré­sident et ana­lyste chez Gart­ner, « l'un des thèmes ré­cur­rents dans l'iot est l'im­ma­tu­ri­té des tech­no­lo­gies et des ser­vices dis­po­nibles ». Conscientes que de telles fai­blesses met­traient en dan­ger les usages pos­sibles, no­tam­ment dans les paie­ments, banques et as­su­rances tentent d'ima­gi­ner des ar­chi­tec­tures ca­pables de mas­quer ce manque de ma­tu­ri­té et de gé­rer les risques qu'il en­gendre dans un contexte de pé­nu­rie de com­pé­tences. De taille, le dé­fi ne freine pour­tant pas les es­ti­ma­tions des ex­perts qui af­firment una­nimes que le suc­cès est au bout du che­min. Ain­si, le Gart­ner pré­dit que 13 mil­liards d'ob­jets connec­tés se­ront en cir­cu­la­tion dans le monde d'ici 2020, ce qui re­pré­sen­te­ra une moyenne de quatre ob­jets connec­tés par smart­phone. Plus op­ti­miste en­core, le ca­bi­net Bu­si­ness & In­tel­li­gence table pour sa part sur le chiffre de 35 mil­liards d'ob­jets connec­tés en cir­cu­la­tion d'ici 2020, chiffre à com­pa­rer aux 7 mil­liards es­ti­més pour 2016. « C'est une crois­sance ex­plo­sive si l'on consi­dère qu'il y en a dé­jà 4 mil­liards en cir­cu­la­tion ain­si que l'af­firme Gart­ner» pré­cise néan­moins Gré­goire Tous­saint, consul­tant chez Ed­gar, Dunn & Com­pa­ny. En crois­sance de près de 17 % par an, ce mar­ché de­vrait at­teindre en va­leur près de 1700 Md $ en 2020 si l'on se fie aux cal­culs du ca­bi­net IDC. Pour sa part, L'IDATE -ca­bi­net fran­çais spé­cia­li­sé dans le sec­teur des té­lé­coms- es­time que le nombre d'ap­pa­reils in­tel­li­gents connec­tés de­vrait pas­ser le cap des 80 mil­liards d'ici 2020. Ces disparités dans les éva­lua­tions de ce mar­ché nais­sant in­citent à la pru­dence. Spé­cia­li­sée dans les tests, les com­pa­ra­tifs et les guides d'achat dé­diés aux ob­jets connec­tés, la plate-forme Ob­je­ko. com a ten­té de ré­soudre ce pro­blème de dis­pa­ri­té en pu­bliant un guide des 100 start-ups fran­çaises d'ob­jets connec­tés qui risquent ré­vo­lu­tion­ner le quo­ti­dien de nos com­pa­triotes ain­si que le mar­ché de l'iot.

LA FIN DE L’IOT « FAIT MAI­SON »

Du cô­té des usages, tous sec­teurs d'ac­ti­vi­tés confon­dus, les écueils res­tent nom­breux. Les pion­niers qui se sont em­bar­qués dans des pro­jets IOT se sont heur­tés au manque de ma­tu­ri­té des pro­duits « connec­tés », à l'in­ex­pé­rience des four­nis­seurs dans la ges­tion de nou­velles don­nées sans ou­blier l'évo­lu­tion des at­tentes du client. Ain­si, il est vite ap­pa­ru qu'un fa­bri­cant d'élec­tro­mé­na­ger n'avait pas les com­pé­tences pour dé­ve­lop­per du lo­gi­ciel pour connec­ter son ré­fri­gé­ra­teur, ou gé­rer l'im­po­sante vo­lu­mé­trie de don­nées gé­né­rée par cet ap­pa­reil. En outre, ce fa­bri­cant doit four­nir des ser­vices pour les­quels il n'est pas pré­pa­ré. C'est pour­quoi des plates-formes de ges­tion de pro­duits connec­tés se sont dé­ve­lop­pées, per­met­tant non seule­ment de connec­ter les ob­jets, de les gé­rer en même temps que les don­nées qu'ils gé­nèrent, mais aus­si de s'en-

ga­ger au­près des clients. Ain­si que l'ex­plique Pad­dy Sri­ni­va­san, di­rec­teur gé­né­ral de la plate-forme Xi­ve­ly, « ces plates-formes sonnent le glas de l'iot fait mai­son ».

Où en est-on exac­te­ment au­jourd'hui ? L'édi­teur SAS, lea­der mon­dial de l'ana­ly­tique, a es­ti­mé le mo­ment ve­nu de faire le point sur les ex­pé­riences de 75 pré­cur­seurs en bonne voie de réus­sir l'usage de ces tech­no­lo­gies afin d'en faire bé­né­fi­cier les en­tre­prises qui se de­mandent en­core comment en ti­rer par­ti. En­vi­ron 20 % du pa­nel in­ter­ro­gé par SAS dé­clare s'en ser­vir prin­ci­pa­le­ment dans le cadre de pro­jets de « client connec­té », 17 % à des fins d'au­to­diag­nos­tic et 16 % pour le sui­vi des res­sources. « Dans les en­tre­prises, les di­ri­geants sont par­fai­te­ment conscients que, pour pré­ser­ver leur cré­di­bi­li­té aux yeux des clients, ils doivent leur four­nir un ser­vice sur me­sure et à la de­mande. Ce qui sup­pose l'ana­lyse ul­tra­ra­pide d'un grand vo­lume de don­nées » ex­plique Ma­thias Coop­mans, Bu­si­ness De­ve­lop­ment Ma­na­ger chez SAS. L'étude montre par ailleurs que la maî­trise de la tech­no­lo­gie et le chan­ge­ment des men­ta­li­tés sont deux en­jeux ma­jeurs. L'in­té­gra­tion de l'iot pose en ef­fet des pro­blèmes d'un point de vue tech­no­lo­gique et ma­na­gé­rial en termes d'ana­lyse des don­nées en temps réel (22 %), des ques­tions de sé­cu­ri­té (22 %) et de ges­tion du chan­ge­ment cultu­rel (20 %). « Pour ti­rer plei­ne­ment par­ti de l'iot, le tra­vail doit être ré­or­ga­ni­sé et les pro­ces­sus ré­éva­lués afin d'in­té­grer l'ana­lyse en temps réel des don­nées. Compte te­nu du vo­lume im­por­tant des don­nées et des ef­forts qu'il faut dé­ployer pour les trai­ter de ma­nière ef­fi­cace et sé­cu­ri­sée, le dé­fi est de taille », af­firme en­core Ma­thias Coop­mans.

LA SÉ­CU­RI­TÉ RESTE UN MAILLON FAIBLE

Si la ma­tu­ri­té pro­gresse de­puis l'ap­pa­ri­tion de ces plates-formes, qu'en est-t-il de la sé­cu­ri­té? Le faible ni­veau de sé­cu­ri­té des ob­jets connec­tés a été poin­té du doigt dès l'ori­gine. « In­tro­duire des dis­po­si­tifs IOT dans un en­vi­ron­ne­ment re­vient à ajou­ter de nom­breuses portes à un bâ­ti­ment qui en compte dé­jà beau­coup et dont l'ac­cès est à peine contrô­lé » ex­plique en sub­stance Thier­ry Tail­har­dat, Di­rec­teur France de l'édi­teur de sé­cu­ri­té Bom­gar. Le dan­ger vient du fait que la pro­li­fé­ra­tion de dis­po­si­tifs IOT aug­mente la sur­face d'at­taque. « Grâce aux ob­jets connec­tés, un cy­ber­cri­mi­nel peut dé­fi­nir le mo­ment idéal de la jour­née pour pi­ra­ter une ma­chine do­mes­tique connec­tée afin de créer un bot­net et me­ner des at­taques d'en­ver­gure ou en­core vo­ler des don­nées. Il lui suf­fit d'ac­cé­der à une ca­mé­ra sur IP ou de consul­ter les don­nées du ther­mo­stat connec­té de la mai­son pour connaître les heures de pré­sence des ha­bi­tants… » ex­plique Ar­naud Cas­sagne, Di­rec­teur du dé­ve­lop­pe­ment de l'in­té­gra­teur Cheap­set. Faute de cor­rec­tifs et de main­te­nance ad hoc, un tel ob­jet connec­té fi­gu­re­ra tôt ou tard dans une base de don­nées des vul­né­ra­bi­li­tés avec le risque d'être ex­ploi­té im­mé­dia­te­ment après par des cy­ber­cri­mi­nels. La der­nière étude de l'édi­teur Sy­man­tec montre que la sé­cu­ri­té reste un en­jeu ma­jeur en cette fin 2016. L'étude ana­lyse la fa­çon dont les cy­ber­cri­mi­nels tirent pro­fit du dé­fi­cit de sé­cu­ri­té des ob­jets connec­tés pour pro­pa­ger des mal­wares et créer des bot­nets à l'in­su des pro­prié­taires des ap­pa­reils tou­chés. « Les ob­jets connec­tés sont une cible de choix car ils sont conçus pour être re­liés au ré­seau puis ou­bliés im­mé­dia­te­ment après leur confi­gu­ra­tion » ex­plique Laurent Hes­laut, Di­rec­teur des Stra­té­gies de Sé­cu­ri­té de Sy­man­tec. Les at­taques par De­ni de Ser­vice Dis­tri­bué (DDOS) de sep­tembre et d'oc­tobre 2016 qui ont fait la Une de l'ac­tua­li­té en per­tur­bant le fonc­tion­ne­ment d'ac­teurs tels Twit­ter, Net­flix, Paypal ou Spo­ti­fy sont at­tri­buées à Mi­rai, un bot­net com­po­sé de plus de 300.000 équi­pe­ments IOT, des ca­mé­ras IP pour la plu­part. L'at­taque au­rait im­pli­qué des di­zaines de mil­lions de dis­po­si­tifs mal­veillants, confir­mant qu'une par­tie du tra­fic pro­ve­nait de dis­po­si­tifs in­fec­tés par le bot­net IOT “Mi­rai”. A l'évi­dence, le ni­veau de sé­cu­ri­té des dis­po­si­tifs IOT re­pré­sente tou­jours une me­nace ma­jeure. « C'est un vrai risque qu'il convient de gé­rer » confirme Cé­dric Langlois, Se­nior Ma­na­ger Re­tail Ban­king au ca­bi­net In­ves­tance.

LES PAR­TE­NA­RIATS OUVRENT LA VOIE AUX USAGES

Le manque de ma­tu­ri­té et de sé­cu­ri­té ne dé­cou­ragent pour­tant pas les nou­veaux usages. Les ex­perts pré­voient plus de 500 mil­liards de tran­sac­tions IOT d'ici 2020. « Après les pre­mières prises en main, le sec­teur de la fi­nance – no­tam­ment le pôle des paie­ments et le pôle de l'as­su­rance- sont dé­sor­mais en bonne po­si­tion pour ti­rer plei­ne­ment par­ti des ap­ports de l'iot » ex­plique Cé­dric Langlois. « A terme, le plus grand po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment de l'iot se si­tue dans le com­merce connec­té » es­time pour sa part Gré­goire Tous­saint. Le sec­teur stra­té­gique des paie­ments, en pleine mu­ta­tion avec l'en­trée en vi­gueur im­mi­nente d'une nou­velle ré­gle­men­ta­tion, l'ar­ri­vée de start-ups, de nou­velles

tech­no­lo­gies et de nou­veaux en­trants is­sus des GAFA, de­vrait être l'un des pre­miers bé­né­fi­ciaires de l'iot. « Les bra­ce­lets de paie­ment re­pré­sentent un au­then­tique usage » af­firme Cé­dric Langlois. Cer­taines banques en­vi­sagent leur usage dans le cadre de pro­duits d'épargne alors que des in­dus­triels comme Ge­ne­ral Mo­tors tra­vaillent à leur in­té­gra­tion dans des voi­tures connec­tées afin de payer le car­bu­rant. Si l'iot trouve sa voie dans les paie­ments, les banques n'ont que l'em­bar­ras du choix. Conscient de l'im­por­tance de ce mar­ché en de­ve­nir, OT a lan­cé cet été Fly­buy, une gamme com­plète d'ob­jets connec­tés des­ti­nés au paie­ment mo­bile sé­cu­ri­sé. Ils peuvent être uti­li­sés soit en mode « com­pa­gnon » d'une carte de paie­ment exis­tante, soit en op­tion pré­payée in­dé­pen­dante. Quel que soit l'op­tion choi­sie, leur pa­ra­mé­trage se fait très fa­ci­le­ment de­puis une ap­pli­ca­tion mo­bile. « Grâce à notre po­si­tion de lea­der dans les paie­ments, nous sommes un par­te­naire fiable et in­con­tour­nable pour ré­pondre lar­ge­ment aux be­soins des banques, grâce à notre gamme com­plète Fly­buy », af­firme Cé­dric Col­lomb, Head of Glo­bal Of­fer & In­di­rect Sales de l'ac­ti­vi­té Fi­nan­cial Ser­vices Ins­ti­tu­tions chez OT.

Tout en pour­sui­vant ses re­cherches sur les vê­te­ments et ac­ces­soires connec­tés, Vi­sa Eu­rope a ou­vert la voie aux par­te­na­riats bi­la­té­raux en s'al­liant au fa­bri­cant de montres suisses Swatch dans les paie­ments sans contact « pay by the wrist ». Ain­si, les dé­ten­teurs de carte Vi­sa éli­gibles aux ÉtatsU­nis, en Suisse et au Bré­sil, peuvent ré­gler leurs achats avec la nou­velle montre «pay-by-the-wrist» Bel­la­my comme avec toute carte sans contact. Mu­nie d'une puce NFC in­té­grée sous son ca­dran, la montre de Swatch fonc­tionne comme une carte pré­payée qui per­met de ré­gler des achats sur les ter­mi­naux de paie­ment sans contact des com­mer­çants. Les tran­sac­tions « pay-by-the-wrist » ne né­ces­sitent au­cune source d'éner­gie de la part de la montre. De nom­breux par­te­na­riats bi­la­té­raux de même veine ont été pa­ra­phés entre in­dus­triels ces der­niers mois. C'est le cas de Ge­mal­to qui a col­la­bo­ré avec l'opé­ra­teur mo­bile TIM et Sam­sung afin de mettre sur le mar­ché ita­lien une pre­mière montre connec­tée équi­pée d'une carte SIM in­té­grée (ESIM), évo­lu­tion tech­no­lo­gique cen­sée don­ner de l'in­tel­li­gence aux ob­jets connec­tés. La montre Sam­sung Gear S2 Clas­sic 3G est le pre­mier ob­jet connec­té à in­té­grer une ESIM. Mas­ter­card n'est pas en reste de ce mou­ve­ment: lors du der­nier sa­lon Mo­ney 20/20 de Las Ve­gas, il a an­non­cé un par­te­na­riat avec Fit Pay. Ob­jec­tif : équi­per les ac­ces­soires et ap­pa­reils connec­tés de so­lu­tions de paie­ments sans contact Mas­ter­card. En in­té­grant la tech­no­lo­gie Mas­ter­card Di­gi­tal Ena­ble­ment Ser­vice (MDES) au sein de la plate-forme Fit Pay, les en­tre­prises col­la­bo­re­ront avec Wea­ra­tec et d'autres fa­bri­cants in­no­vants pour ap­por­ter aux dé­ten­teurs de cartes Mas­ter­card tout un as­sor­ti­ment d'ap­pa­reils in­té­grant le paie­ment sans contact sé­cu­ri­sé. La plate-forme Fit Pay ré­duit de ma­nière sub­stan­tielle le dé­lai de mise sur le mar­ché, les coûts et la com­plexi­té des ser­vices de paie­ment et d'au­then­ti­fi­ca­tion pour les fa­bri­cants d'ac­ces­soires connec­tés. S'adres­sant au pro­gramme Com­merce for Eve­ry De­vice de Mas­ter­card, ce nou­vel éco­sys­tème laisse au consom­ma­teur le choix de l'iot qui lui semble le plus pra­tique, tout en bé­né­fi­ciant du plus haut ni­veau de sé­cu­ri­té.

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