Les fin­techs comptent sur des po­si­tions do­mi­nantes

Point Banque - - POINTS MAJEURS -

« La DSP2 consti­tue une énorme op­por­tu­ni­té de crois­sance car dé­sor­mais l’agré­ga­tion est un droit au­quel la banque ne pour­ra plus s’op­po­ser », af­firme Joan Bur­ko­vic, co-fon­da­teur de l’ap­pli­ca­tion Ban­kin. Si pour l’ins­tant, l’en­goue­ment pour l’agré­ga­tion de comptes est mo­deste chez les Fran­çais – 850 000 uti­li­sa­teurs chez Lin­xo et 1,5 mil­lion chez Ban­kin – la rè­gle­men­ta­tion de­vrait dé­nouer les ta­bous. D’ailleurs, les stra­té­gies de ces fin­techs sont dif­fé­rentes. Si pour Ban­kin qui four­nit des pro­duits et ser­vices ban­caires, « l’agré­ga­tion a consti­tué un be­soin né­ces­saire pour se connec­ter aux banques », sou­ligne Joan Bur­ko­vic, l’agré­ga­tion est une stratégie mul­ti­di­men­sion­nelle pour Lin­xo à la fois en Btob et Btoc. D’abord, mé­tier de la fin­tech vis-à- vis de ses uti­li­sa­teurs pour les ai­der à gé­rer leur ar­gent, l’agré­ga­tion de compte re­pré­sente aus­si une va­leur ajou­tée tech­no­lo­gique et un moyen de crois­sance puisque Lin­xo vend sa tech­no­lo­gie d’agré­ga­tion de compte en marque blanche.

UN MAR­CHÉ EN AC­CÉ­LÉ­RA­TION

« De­puis quelques mois le mar­ché s’est ac­cé­lé­ré et après avoir four­nit notre tech­no­lo­gie à For­tu­neo, nous avons aus­si noué des par­te­na­riats avec la Maif et HSBC », ex­plique Bru­no van Haest­deale, co-fon­da­teur de Lin­xo. Pour lui, « la rè­gle­men­ta­tion per­met à la fois de dé­fi­nir les re­la­tions entre les ac­teurs et de tra­vailler la confiance entre eux qui est la clé dans ce type de re­la­tion ». Mais il n’est pas ques­tion de res­ter seul à l’ins­tar de la stratégie de par­te­na­riat dé­ve­lop­pée par Lin­xo qui compte dé­jà des prises de ca­pi­tal mi­no­ri­taire de la part de Cré­dit Mu­tuel Arkéa et plus ré­cem­ment de Cré­dit Agri­cole. Même pour Ban­kin qui re­ven­dique haut et fort son in­dé­pen­dance, « l’ob­jec­tif n’est pas de faire ca­va­lier seul car nous four­nis­sons des ser­vices de pro­duits ban­caires et pre­nons des dé­ci­sions en fonc­tion du be­soin des consom­ma­teurs », pré­cise Joan Bur­ko­vic. Si la DSP2 est une vic­toire pour les fin­techs, Ni­co­las Miart, ma­na­ger se­nior chez Ex­ton Consul­ting, ob­serve aus­si que le risque pour elles est « de se faire en­fer­mer dans des né­go­cia­tions sé­cu­ri­taires de Place ». « Elles vont for­cer le mar­ché à avan­cer à leur rythme en tes­tant dès le pre­mier tri­mestre 2017, l’ori­gi­na­tion de paie­ment avec leur tech­nique ac­tuelle de web scra­ping », conclut-il.

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