Sé­cu­ri­té : une fraude iden­ti­taire tou­jours plus pré­oc­cu­pante

Point Banque - - RENDEZ-VOUS - BE­NOÎT MELLERIO, ex­pert an­ti-fraude

La lutte contre la fraude iden­ti­taire concerne toutes les so­cié­tés et or­ga­nismes qui né­ces­sitent un mi­ni­mum de sé­cu­ri­sa­tion en amont de leur « pro­cess re­la­tion client » au ni­veau de l'en­rô­le­ment ou de la sous­crip­tion. Et il est ac­quis que les ré­gle­men­ta­tions exis­tantes ou à ve­nir comme les ou­tils de contrôle et de vé­ri­fi­ca­tion en ligne KYC (Know Your Cus­to­mer) ou AML (An­ti-mo­ney Laun­de­ring) vont être exi­gés pour ré­duire les risques clients.

PLU­SIEURS SEC­TEURS CONCER­NÉS

Les sec­teurs prin­ci­pa­le­ment concer­nés sont les agences ban­caires, les banques en ligne, les opé­ra­teurs té­lé­coms, les or­ga­nismes de cré­dit à la consom­ma­tion, les dis­tri­bu­teurs de cartes ano­nymes (ban­caire ou té­lé­com…), les or­ga­nismes pu­blics, bref toutes autres en­ti­tés né­ces­si­tant une sé­cu­ri­sa­tion lors de la mise en re­la­tion de nou­veaux clients.

Le mon­tant des sommes dé­tour­nées pour ce type de fraude est réel­le­ment très im­por­tant : de l'ordre de 7,6 mil­liards $ dans le monde se­lon L'ONU, et le coût d'une fraude uni­taire en France dans le do­maine ban­caire ou le cré­dit à la consom­ma­tion se­rait de l'ordre de 5 000 € à 15 000 € - in­cluant le mon­tant frau­dé, les ac­tions ju­di­ciaires, le temps per­du, etc.

Aus­si des so­lu­tions plus ou moins per­fec­tion­nées existent, par exemple une so­lu­tion dite « light » per­met d'éra­di­quer la fraude de l'ordre de 70 - 80 %, en­suite tous les cas de fi­gure sont en­vi­sa­geables : mode li­cence ou mode Saas, scan­ners spé­ci­fiques ou stan­dards, ges­tion en face à face ou à dis­tance (In­ter­net/ mo­bile)……tous les ni­veaux de sé­cu­ri­sa­tion sont pos­sibles, et dis­po­nibles.

DE L’ÉVAN­GÉ­LI­SA­TION À LA PRISE DE CONSCIENCE

Ce qu'il faut as­so­cier à cette pro­blé­ma­tique est la lutte contre la fraude do­cu­men­taire qui per­met avec des cor­ré­la­tions d'éle­ver le ni­veau de sé­cu­ri­sa­tion glo­bal. S'il y a six ans, nous en étions à une évan­gé­li­sa­tion de cette pro­blé­ma­tique, deux à trois ans plus tard une prise de conscience ap­pa­rais­sait et au­jourd'hui, une mise en place est en train de voir le jour no­tam­ment en rai­son des ré­gle­men­ta­tions. Il est évident que l'im­plan­ta­tion de ces so­lu­tions dé­ga­ge­ra, de fac­to, des éco­no­mies consé­quentes pour chaque en­ti­té. Si la four­chette de pertes peut se si­tuer entre 1 et 10 mil­lions d'eu­ros par mois en fonc­tion de la taille des en­ti­tés soit des agences ban­caires, soit des caisses ré­gio­nales ou en­core soit d'un groupe ban­caire, le re­tour sur in­ves­tis­se­ments (ROI) de­vient très ra­pi­de­ment per­for­mant.

Sans par­ler d'autres consé­quences au­tre­ment plus dra­ma­tiques, en ef­fet pour in­for­ma­tion, Sa­lah Ab­des­lam avait pré­pa­ré les at­ten­tats de Pa­ris avec une carte ban­caire ano­nyme, d'où im­pos­si­bi­li­té de vé­ri­fier le sous­crip­teur ! A no­ter que la res­pon­sa­bi­li­té de la mise en place de ces so­lu­tions in­combe sou­vent au res­pon­sable an­ti-fraude, aux res­pon­sables de confor­mi­té, aux di­rec­teurs des agences, aux di­rec­teurs de la re­la­tion clien­tèle, etc. De quoi confir­mer que les so­lu­tions existent sui­vant dif­fé­rents ni­veaux de sé­cu­ri­sa­tion re­quis et qu'il ne reste plus qu'à les im­plé­men­ter.

S’il y a six ans, nous en étions à une évan­gé­li­sa­tion de cette pro­blé­ma­tique, deux à trois ans plus tard une prise de conscience ap­pa­rais­sait et au­jourd’hui, une mise en place est en train de voir le jour no­tam­ment en rai­son des ré­gle­men­ta­tions

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