« La di­ver­si­fi­ca­tion géo­gra­phique par­ti­cipe aus­si au dé­fi du dé­ve­lop­pe­ment de cette fi­nance »

Ka­der Mer­bouh, consul­tant et di­rec­teur de l’exe­cu­tive Mas­ter fi­nance is­la­mique (Pa­ris Dau­phine et Cam­pus Ca­sa­blan­ca)

Point Banque - - POINTS MAJEURS -

Quels sont les en­jeux de la fi­nance is­la­mique ? Au­jourd'hui, la fi­nance is­la­mique est un mar­ché en très forte crois­sance re­pré­sen­tant en­vi­ron un mar­ché de 2 000 mil­liards de dol­lars se­lon Thom­son Reu­ters et qui de­vrait at­teindre 3 250 mil­liards de dol­lars d'ici à 2020. Le pre­mier en­jeu est de mai­tri­ser cette forte crois­sance. Au­jourd'hui, la fi­nance is­la­mique touche tous les com­par­ti­ments de la fi­nance : banque com­mer­ciale is­la­mique, banque d'af­faires, ges­tion d'ac­tifs, l'as­su­rance, banque mul­ti­la­té­rale, et les grandes banques in­ter­na­tio­nales et fran­çaises sont des ac­teurs de cette in­dus­trie à tra­vers le monde. C'est une mul­ti­tude de seg­ments et d'ac­teurs qui font la fi­nance is­la­mique et cette crois­sance at­tire de plus en plus d'ac­teurs. Le se­cond en­jeu de cette fi­nance consiste à har­mo­ni­ser ses règles ju­ri­diques et rè­gle­men­taires afin de mieux s'adap­ter aux dif­fé­rentes ju­ri­dic­tions des pays mais aus­si aux normes in­ter­na­tio­nales. La di­ver­si­fi­ca­tion géo­gra­phique par­ti­cipe aus­si au dé­fi du dé­ve­lop­pe­ment de cette fi­nance qui au­jourd'hui se concentre prin­ci­pa­le­ment en Asie du Sud-est, Moyen Orient et en Afrique. Il y a un dé­ve­lop­pe­ment conti­nu de la fi­nance is­la­mique dans ces zones ce­pen­dant tout l'en­jeu consiste à s'im­plan­ter sur des nou­veaux mar­chés peu ou pas dé­ve­lop­pés : Eu­rope, Amé­rique du Nord et du sud. Elle est dé­jà pré­sente en Eu­rope mais prin­ci­pa­le­ment en An­gle­terre. Des pays comme la France, l'es­pagne, l'ita­lie, le Luxem­bourg, l'al­le­magne, la Bel­gique, la Grèce… sont des mar­chés po­ten­tiels.

Ces nou­veaux mar­chés par­ti­ci­pe­ront au phé­no­mène de dé­mo­cra­ti­sa­tion de la fi­nance is­la­mique et faire com­prendre une fi­nance ba­sée sur des prin­cipes simples et uni­ver­sels et uni­ver­sa­li­sables. La fi­nance is­la­mique doit donc au même titre que les ac­teurs de l'in­ves­tis­se­ment so­cia­le­ment res­pon­sables (ISR) l'ont fait se nor­ma­li­ser. Elle doit conduire une vé­ri­table ré­flexion sur ce su­jet et in­té­grer dans son dis­cours une éthique plus com­pré­hen­sible tant pour les clients que les nou­veaux ac­teurs. L'un des grands en­jeux ré­side dans le dé­ve­lop­pe­ment d'une offre de pro­duits fa­vo­ri­sant l'in­clu­sion fi­nan­cière. C'est un vé­ri­table en­jeu, sur­tout en Afrique. Elle passe par une in­no­va­tion qui n'est pas seule­ment tech­no­lo­gique, mais aus­si orien­tée vers une in­té­gra­tion des prin­cipes éthiques des clients dans un pro­duit utile, per­for­mant et com­pré­hen­sible. Les clients doivent se re­trou­ver dans un pro­duit qui ré­pond à leurs propres prin­cipes éthiques, per­for­mant, utile et com­pré­hen­sible. Il y a une grande de­mande d'éthique en fi­nance dans le monde conduit par deux ty­po­lo­gies de clients très pa­ra­doxales : Des clients qui se mé­fient de la banque et des dé­rives aux­quels ils ont pu se heur­ter et mal­heu­reu­se­ment en­ga­ger des consé­quences aus­si né­fastes. Ces clients dé­sor­mais in­tègrent l'éthique comme un fac­teur de sta­bi­li­té et un mo­dèle au­quel les banques doivent être plus sou­cieuses dans leur offre de pro­duit. La se­conde est com­po­sée d'in­di­vi­dus qui ont des prin­cipes éthiques au re­gard de leurs pré­ceptes re­li­gieux dont leur rap­port à l'ar­gent doit aus­si se confor­mer.

Le pan de clients est donc très im­por­tant et le de­vien­dra de plus en plus à l'image du mar­ché de L'ISR. Ré­tros­pec­ti­ve­ment, le mar­ché de L'ISR a eu des dé­buts dif­fi­ciles mal­gré une crois­sance et à af­fi­ner son dis­cours avec le temps pour se démocratiser, la fi­nance is­la­mique est dans le même pa­ra­digme. La pre­mière étape consis­te­ra na­tu­rel­le­ment à faire mieux connaître les prin­cipes et l'in­té­rêt de cette fi­nance. Toutes les cibles ne com­prennent pas très bien en­core tout l'in­té­rêt des pro­duits pro­po­sés. Or in­té­grer des va­leurs des clients ce n'est pas sa­cri­fier de la va­leur. Bien au contraire. En France, comme en Eu­rope on est à la re­cherche de li­qui­di­tés et les in­ves­tis­seurs comme les

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