« Cette lo­gique de mo­der­ni­sa­tion des moyens de paie­ment au sein des en­tre­prises, s’ins­crit aus­si dans un mé­ca­nisme d’ac­com­pa­gne­ment du dé­clin du chèque »

Alexandre Ster­vi­nou, chef du ser­vice de la sur­veillance des moyens de paie­ment scrip­tu­raux à la Banque de France

Point Banque - - ENJEUX -

Quels sont les en­jeux de la trans­for­ma­tion du mar­ché des paie­ments pour les grandes en­tre­prises ?

Ils ne concernent pas seule­ment les grandes en­tre­prises mais éga­le­ment les PME qui sont clai­re­ment en re­cherche de moyens de paie­ments mo­dernes et ef­fi­caces. Pour les plus grandes, ces en­jeux peuvent se ré­su­mer en termes de flui­di­fi­ca­tion des paie­ments et d'ac­ces­si­bi­li­té à la clien­tèle. Un troi­sième ob­jec­tif im­por­tant, au­quel la Banque de France tient tout par­ti­cu­liè­re­ment, est ce­lui de la sé­cu­ri­té afin de li­mi­ter no­tam­ment les risques de fraudes mais aus­si ceux liés à la ré­pu­ta­tion des en­tre­prises.

Il est donc né­ces­saire de mettre en place des solutions fa­ciles d’uti­li­sa­tion ?

En ef­fet, pour que tout le monde puisse se les ap­pro­prier. Cette lo­gique de mo­der­ni­sa­tion des moyens de paie­ment au sein des en­tre­prises, s'ins­crit aus­si dans un mé­ca­nisme d'ac­com­pa­gne­ment du dé­clin du chèque, dont les mon­tants et les vo­lumes dé­croissent len­te­ment, au­tour de -4 /-5% par an. Nous avons au­jourd'hui la ca­pa­ci­té, grâce aux avan­cées réa­li­sées par les ou­tils d'ini­tia­tion des paie­ments et les sys­tèmes d'in­for­ma­tion, de pro­po­ser des al­ter­na­tives cré­dibles à l'usage du chèque dans les re­la­tions en Btob – grâce par exemple au vi­re­ment et au pré­lè­ve­ment ponc­tuel.

Dans cette lo­gique, à quel terme pen­sez-vous que le mar­ché dis­po­se­ra d’une so­lu­tion de vi­re­ment ins­tan­ta­né uti­li­sable ?

Au sein du Co­mi­té na­tio­nal des paie­ments sculp­tu­raux (CNPS), nous nous sommes mis en marche pour que des solutions de mar­ché ap­pa­raissent dès la fin de cette an­née. Pour l'ins­tant, le vi­re­ment ins­tan­ta­né est en­core à l'état de pro­jet eu­ro­péen, qui de­vien­dra opé­ra­tion­nel à par­tir de no­vembre 2017. D'ici là, tant au ni­veau fran­çais qu'eu­ro­péen, nous al­lons tra­vailler à rendre L'IBAN, l'iden­ti­fiant de compte, plus fa­ci­le­ment uti­li­sable dans le cadre du vi­re­ment ins­tan­ta­né, en le liant par exemple aux iden­ti­fiants du smart­phone.

Les en­tre­prises vont-elles tra­vailler avec vous sur les pro­jets de rem­pla­ce­ment du chèque ?

Nous al­lons en ef­fet me­ner ce tra­vail avec les banques, les or­ga­ni­sa­tions re­pré­sen­ta­tives des en­tre­prises et des com­mer­çants, mais éga­le­ment les consom­ma­teurs, en orien­tant notre ac­tion au­tour de deux prin­cipes : pré­sen­ter les cas d'usage et faire oeuvre de pédagogie, un élé­ment ré­cla­mé par tous. Tou­te­fois, le CNPS n'a pas pour ob­jec­tif de dé­ve­lop­per des solutions de mar­ché, mais de pré­pa­rer les condi­tions de dé­ve­lop­pe­ment de celles-ci. Rai­sons pour les­quelles nous al­lons être confron­tés à un tra­vail im­por­tant sur les par­cours clients pour ap­por­ter un cadre au dé­ve­lop­pe­ment de ces nou­veaux modes de paie­ment, que l'on parle du vi­re­ment ins­tan­ta­né, du vi­re­ment ré­fé­ren­cé, très lié à la dé­ma­té­ria­li­sa­tion des fac­tures, ou en­core du pré­lè­ve­ment.

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