Mar­ché

La fi­nance is­la­mique est mé­con­nue. Pour­tant elle consti­tue un gi­se­ment fi­nan­cier im­por­tant et un fac­teur de sta­bi­li­té à l’échelle mon­diale. Ana­lyse.

Point Banque - - SOMMAIRE - PA­TRICE re­meur

La fi­nance is­la­mique reste un gi­se­ment à ex­ploi­ter

« La banque is­la­mique est une réa­li­té crois­sante qui se dé­ve­loppe en de­hors des fron­tières tra­di­tion­nelles des pays mu­sul­mans, dans les éco­no­mies oc­ci­den­tales. Les ac­tifs fi­nan­ciers is­la­miques mon­diaux ont at­teint 1,8 bil­lion de dol­lars en 2015 contre 150 mil­liards de dol­lars dans les an­nées 90. Ils de­vraient dé­pas­ser 6,5 bil­lions de dol­lars amé­ri­cains d'ici à 2020. L'asie de­vrait être le prin­ci­pal mo­teur de la crois­sance de l'in­dus­trie des fi­nances is­la­miques, se­lon le rap­port du Is­la­mic Fi­nan­cial Ser­vices Board (IFSB), 2015 » ana­ly­sait le 5 sep­tembre der­nier Ash­raf Mah­mood Wa­thra Gou­ver­neur de la Banque d'état du Pa­kis­tan au Fo­rum Mon­dial des Fi­nances Is­la­miques (WIFF). A l'échelle mon­diale, le mar­ché de la fi­nance is­la­miste re­pré­sente 1 % de la fi­nance mon­dial. Néan­moins, le po­ten­tiel de crois­sance est im­por­tant et sus­cite de nom­breuses op­por­tu­ni­tés à la fois éco­no­mique mais éga­le­ment en terme d'in­no­va­tion so­ciale.

Op­por­tu­ni­té éco­no­mique et so­ciale

La fi­nance is­la­mique est née au dé­but des an­nées 1960 en Égypte et en Ma­lai­sie. Elle se dé­ve­loppe avec la crise pé­tro­lière en 1975 avec la créa­tion de la pre­mière banque com­mer­ciale is­la­mique à vo­ca­tion uni­ver­selle : Is­la­mic Bank. Elle vise alors à gé­rer les masses de li­qui­di­té abon­dantes pro­ve­nant du pé­trole et pré­pa­rer l'ave­nir. L'aug­men­ta­tion du prix pé­trole a ac­cé­lé­ré le vo­lume d'ar­gent. En­suite, elle ré­pond à une de­mande d'ob­te­nir des pro­duits com­pa­tibles avec la re­li­gion et ap­porte un sou­tien aux ac­ti­vi­tés qui in­té­ressent les po­pu­la­tions mu­sul­manes.

La fi­nance is­la­mique a donc plus de 40 ans. De­puis elle ne cesse de se dé­ve­lop­per à vive al­lure. Elle a un taux de crois­sance de plus de 10 %. Alors que cer­tains mar­chés sont tous­sifs, cer­taines classes d'ac­tifs at­teignent une crois­sance qui dé­passe 30 %, se­lon la Banque de France. Il y au­rait au­jourd'hui plus de 300 banques is­la­miques dans le monde et 100 mil­lions de clients. Cer­taines banques ont des taux de pro­fi­ta­bi­li­té ex­cep­tion­nelle. La fi­nance is­la­mique re­joint la fi­nance éthique. Le sys­tème fi­nan­cier is­la­mique re­pose sur le dé­ve­lop­pe­ment de ser­vices et pro­duits fi­nan­ciers com­pa­tibles avec la loi re­li­gieuse co­ra­nique.

Quatre pi­liers struc­turent la fi­nance. Le pre­mier re­pose sur l'in­ter­dic­tion de paie­ment des in­té­rêts. « En consé­quence, les banques is­la­miques doivent uti­li­ser des contrats qui créent une ex­po­si­tion au sec­teur réel et doivent as­su­rer une ges­tion ef­fi­cace des risques » ana­lysent les ex­perts de la BCE dans une étude in­ti­tu­lée « Is­la­mic fi­nance in Eu­rope». En cas de re­ve­nus des in­té­rêts, ceux-ci peuvent être pu­ri­fiés en étant re­ver­sés à des as­so­cia­tions ca­ri­ta­tives. Le deuxième pi­lier concerne le pro­fit et le par­tage des pertes. Les par­ties en­ga­gées dans l'opé­ra­tion fi­nan­cière doivent par­ta­ger à la fois les risques et les gains de l'opé­ra­tion. « De cette fa­çon, les pertes et pro­fils ex­ces­sifs sont mi­ni­mi­sés ». Le troi­sième prin­cipe est l'in­ter­dic­tion de l'in­cer­ti­tude ou de la spé­cu­la­tion.

« Tou­te­fois, la prise de risque est au­to­ri­sée lorsque tous les termes et condi­tions sont clai­re­ment sti­pu­lés et connue de toutes les par­ties ». Le fi­nan­ce­ment de cer­tains sec­teurs sont in­ter­dits (al­cool, ar­me­ment, jeux de ha­sard…). En­fin, le qua­trième prin­cipe exige l'uti­li­sa­tion d'un ac­tif réel (im­meubles, vé­hi­cule, ma­tière pre­mière…) pour toute opé­ra­tion de fi­nan­ce­ment. Cinq États du Golfe (Iran, Ara­bie Saou­dite, Emi­rats arabes unis, Ko­weït et Qa­tar), ain­si que des pays d'asie du Sud-est (no­tam­ment la Ma­lai­sie) com­posent ma­jo­ri­tai­re­ment le mar­ché is­la­mique se­lon l'étude de la BCE. L'afrique est éga­le­ment l'un des mar­chés en de­ve­nir. Le conti­nent compte 412 mil­lions de mu­sul­mans et une crois­sance des re­ve­nus im­por­tante. Se­lon Word is­la­mic ban­king com­pe­ti­ve­ness re­port 2016 d'ernst et Young, le mar­ché et les pro­fits pour­raient dou­bler d'ici à 2020. A l'échelle Eu­ro­péenne, le mar­ché est em­bryon­naire. La BCE ré­per­to­riait en 2012, 4 632.2 mil­lions d'eu­ros gé­rés par 154 fonds. L'ir­lande dis­po­sait de 1 887 mil­lions d'eu­ros, le Luxem­bourg, 1353 mil­lions d'eu­ros, Jer­sey 1285 mil­lions d'eu­ros, Guer­ne­sey 107,4 mil­lions d'eu­ros et la France 147,2 mil­lions d'eu­ros.

Les pers­pec­tives sont consé­quentes. Plu­sieurs condi­tions sont réunies pour fa­vo­ri­ser la pros­pé­ri­té du sec­teur. La dé­mo­gra­phie pro­gresse. Ac­tuel­le­ment il y a 1,6 mil­liard de mu­sul­mans dans le monde. Ce chiffre pour­rait at­teindre 2,76 mil­liards en 2050, se­lon les es­ti­ma­tions de Pew Re­search cen­ter. L'eu­rope dis­pose de 20 mil­lions de mu­sul­mans et de 13 mil­lions de mi­grants de cette confes­sion. La France et l'al­le­magne pour­raient at­teindre plus de 7 mil­lions de mu­sul­mans en 2050 contre res­pec­ti­ve­ment 4,7 mil­lions et 4,8 mil­lions en 2010. Outre, les be­soins fi­nan­ciers « sur place », ce sont des mil­liards d'eu­ros de flux d'ar­gent adres­sés de l'eu­rope vers les pays d'ori­gine et vice-ver­sa. A titre d'illus­tra­tion, l'adop­tion mas­sive des smart­phones et des solutions en ligne, les pays du Golfe per­siques au­raient per­mis en 2015 de réa­li­ser plus de 100 mil­liards de dol­lars de trans­ferts d'ar­gent. Une po­pu­la­tion jeune et épar­gnante Par ailleurs, les mu­sul­mans eu­ro­péens sont en moyenne plus jeunes (32 ans) que l'en­semble des eu­ro­péens (40 ans). La jeu­nesse qui a da­van­tage de be­soins et de po­ten­tia­li­tés re­pré­sentent ain­si un gi­se­ment de con­som­ma­tion im­por­tant dans les pro­chaines an­nées et un pu­blic à cap­ter pour les banques. En­fin, le ral­lon­ge­ment de la du­rée de vie pour­rait éga­le­ment aug­men­ter les po­ten­tia­li­tés pour of­frir des ser­vices tout au long des étapes de la vie et des fi­nan­ce­ments dans l'ac­com­pa­gne­ment au vieillis­se­ment des po­pu­la­tions.

En outre, cer­taines études in­diquent que les taux d'épargne des mu­sul­mans eu­ro­péens se­raient plus éle­vés que les autres po­pu­la­tions eu­ro­péennes. Ce qui re­pré­sente une source im­por­tante pour les banques pour re­cueillir leurs fonds à condi­tion d'ima­gi­ner des pro­duits pour que les in­té­rêts des fonds pla­cés soient par exemple ver­sés à des as­so­cia­tions.

Un autre fac­teur est le dé­ve­lop­pe­ment des re­la­tions com­mer­ciales avec les pays dont la ma­jo­ri­té de la po­pu­la­tion est de confes­sion is­la­mique. Ac­cé­lé­rer les échanges est une op­por­tu­ni­té pour les banques d'ac­com­pa­gner les clients sur les dif­fé­rents conti­nents et de cap­ter quelques-uns de mil­liers de mil­liards de dol­lars. A titre d'illus­tra­tion, la seule épargne dis­po­nible dans les pays du Golfe per­sique et d'asie du Sud-est at­tein­drait plus de 5 000 mil­liards de dol­lars. La zone du Moyen-orient connaît un taux de crois­sance de plus de 4 %, des in­ves­tis­se­ments struc­tu­rants et un dé­ve­lop­pe­ment im­por­tant du e-com­merce. La ca­pa­ci­té d'ab­sorp­tion fi­nan­cière de la zone du Moyen-orient est par ailleurs ré­duite. En France l'op­por­tu­ni­té est éga­le­ment im­por­tante. Se­lon le der­nier Mas­ter­card-cres­cen­tra­ting Glo­bal Mus­lim Tra­vel In­dex (GMTI), il y a eu en 2015, 117 mil­lions ar­ri­vées de vi­si­teurs mu­sul­mans dans le monde. Le chiffre de­vrait at­teindre 168 mil­lions d'ici 2020. La France est la 6e des­ti­na­tion pré­fé­rée des mu­sul­mans. Le mar­ché du voyage is­la­mique dans le monde est es­ti­mé à 200 mil­liards de dol­lars. C'est sans comp­ter la nour­ri­ture Ha­lal qui pèse 1 128 mil­liards de dol­lars en 2014 et connaît une crois­sance de 4,3 % ou la mode qui a re­pré­sen­té 230 mil­liards de dol­lars de dé­penses en 2014 se­lon Glo­bal Is­la­mic Eco­no­my Sum­mit. Se­lon le rap­port de Pa­ris Eu­ro­place réa­li­sé par Joui­ni et Pastre, le po­ten­tiel fi­nan­cier qui pour­rait être cap­té pour la France est es­ti­mé aux alen­tours de 100 mil­liards d'eu­ros. Me­sures gou­ver­ne­men­tales En outre, des me­sures gou­ver­ne­men­tales sont mises en place pour fa­vo­ri­ser à la fois le dé­ve­lop­pe­ment sur le ter­ri­toire eu­ro­péen et at­ti­rer les in­ves­tis­seurs ar­gen­tés pour que les Etats puissent réa­li­ser leurs in­ves­tis­se­ments d'in­fra­struc­tures. Ain­si, dès 1982 le Luxem­bourg a vu un opé­ra­teur d'as­su­rance is­la­mique opé­ré sur son ter­ri­toire. Le pays est de­ve­nu na­tu­rel­le­ment le deuxième plus grand centre de fonds d'in­ves­tis­se­ment au monde après les États-unis avec plus de 68 en­ti­tés. Pour com­mu­ni­quer lar­ge­ment sur le su­jet, l'etat luxem­bour­geois en 2014 a mis en place une obli­ga­tion conforme aux prin­cipes de la fi­nance is­la­mique avec l'aide de BNP Pa­ri­bas et HSBC.

La France a étu­dié les op­por­tu­ni­tés et la mise en place d’un cadre ré­gle­men­taire plus fa­vo­rable en 2008

Le Royaume-uni dans les an­nées 80 au­to­ri­sait à la Bourse de mé­taux de Londres des opé­ra­tions com­pa­tibles avec la cha­ria. Dans ce pro­lon­ge­ment, le Royaume-uni a mis en place des me­sures ré­gle­men­taires pro­pices à la fi­nance is­la­mique. Elle est une place im­por­tante sur le mar­ché. L'al­le­magne avec le Land Saxe An­halt en 2004 avaient lan­cé des obli­ga­tions res­pec­tant la cha­ria pour 100 mil­lions d'eu­ros dont 60 % étaient ré­ser­vées aux in­ves­tis­seurs des Emi­rats arabe unis et 40 % aux in­ves­tis­seurs eu­ro­péens, dé­mon­trant ain­si la com­pa­ti­bi­li­té de la ré­gle­men­ta­tion avec la fi­nance is­la­mique tout en drai­nant les flux fi­nan­ciers.

La France a étu­dié les op­por­tu­ni­tés et la mise en place d'un cadre ré­gle­men­taire plus fa­vo­rable en 2008. Le gou­ver­ne­ment de l'époque a alors ins­tau­ré des amé­na­ge­ments fis­caux pour fa­ci­li­ter les mon­tages de fi­nance is­la­mique afin d'at­ti­rer les in­ves­tis­seurs du Proche-orient et trou­ver des règles ap­pli­cables aux opé­ra­tions fi­nan­cières no­tam­ment aux cré­dits sans in­té­rêts. En 2011, il a été in­tro­duit un sys­tème de dé­pôt is­la­mique pour réa­li­ser un pro­duit de fi­nan­ce­ment im­mo­bi­lier is­la­mique. Pa­ris Eu­ro­place a éga­le­ment si­gné un ac­cord de co­opé­ra­tion avec Ac­coun­ting and Au­di­ting Or­ga­ni­za­tion for Is­la­mic Fi­nan­cial Ins­ti­tu­tions pour tra­duire les 20 prin­ci­pales normes de la Cha­ria. Il vise à pro­mou­voir et fa­vo­ri­ser la fi­nance is­la­mique en France et dans les pays fran­co­phones. La Bel­gique, l'es­pagne, le Da­ne­mark mais aus­si la Suisse, le Ja­pon… ré­flé­chissent éga­le­ment à des adap­ta­tions.

La de­mande et l'in­té­rêt de la po­pu­la­tion sont éga­le­ment forts. La crise de 2008 a ac­cé­lé­ré une cer­taine prise de conscience en fa­veur d'une fi­nance plus éthique et d'un ou­til en fa­veur d'un dé­ve­lop­pe­ment du­rable. La com­mu­nau­té mu­sul­mane est de­man­deuse de pro­duit fi­nan­cier conforme à la cha­ria. Une étude me­née au­près de 500 per­sonnes en 2010 au Ma­roc réa­li­sée par deux cher­cheurs Ab­del­ka­har Za­hid et Ao­mar Ibourk de la fa­cul­té de l'uni­ver­si­té Ca­di Ayad montre que 93,5 % sont fa­vo­rables à l'ins­tal­la­tion de la Banque Is­la­mique au Ma­roc. 78,5 % des clients sont contre le taux d'in­té­rêt ap­pli­qué par leur banque et 58 % d'entre eux consi­dèrent ce­lui-ci comme illi­cite. 53,5 % de ceux qui ont re­cours au dé­pôt à terme ou d'épargne, sont contre le prin­cipe de per­ce­voir des in­té­rêts sur les fonds dé­po­sés. En France, une étude me­née en 2008 par l'ifop pour Is­la­mic Fi­nance Ad­vi­so­ry & As­su­rance Ser­vices au­près de 530 per­sonnes re­pré­sen­ta­tives de la po­pu­la­tion de confes­sion mu­sul­manes in­di­quait que 47 % des per­sonnes in­ter­ro­gées se dé­cla­raient in­té­res­sées par des pro­duits d'épargne res­pec­tant l'éthique re­li­gieuse et 55 % par un pro­duit de fi­nan­ce­ments. Par­mi ces per­sonnes in­ter­viewées in­té­res­sées par les em­prunts, 76 % dé­cla­raient être prêtes à chan­ger de banque si ce type de pro­duit n'était pas pro­po­sé. Ces quelques chiffres illus­trent les be­soins et le po­ten­tiel.

Les banques ré­pondent par­tiel­le­ment à la de­mande. Elles ne sont pas né­ces­sai­re­ment is­la­miques. Près de 40 % des ac­tifs is­la­miques sont por­tés par des éta­blis­se­ments fi­nan­ciers conven­tion­nels. Ce sont donc des banques clas­siques qui n'ont pas vo­ca­tion à être to­ta­le­ment is­la­mique qui pré­sentent des pro­duits en confor­mi­té. Ain­si, à l'image de BNP Pa­ri­bas, Cré­dit Agri­cole, So­cié­té Gé­né­rale, BPCE, HSBC, ou en­core Deutsche Bank, les en­seignes mon­dia­li­sées dis­posent de dé­par­te­ments dé­diées pour pro­po­ser des pro­duits conformes à la de­mande des clients.

Dès les an­nées 80 « BNP Pa­ri­bas a été par­mi les prin­ci­pales banques à re­con­naître l'im­por­tance des banques is­la­miques » peut-on lire sur le site de l'en­seigne Afrique Moyen Orient. Elle a créé ra­pi­de­ment une gamme de pro­duits fi­nan­ciers com­pa­tible avec la cha­ria .En 1985, elle a lan­cé le pre­mier pla­ce­ment Mu­ra­ba­ha. En 1996, elle a con­çu un fonds is­la­miques d'ac­tions à l'échelle mon­diale. Elle a éga­le­ment créé des struc­tures dé­diées à la fi­nance is­la­mique en s'im­plan­tant au Moyen Orient pour se rap­pro­cher des clients et de la de­mande. En 2003, BNP Pa­ri­bas Na­j­mah, glo­bal Di­vi­sion ban­caire is­la­mique du Groupe, s'ins­talle dans le Royaume de Bah­reïn. En 2004, la banque ac­com­pagne Eit­sa­lat Ara­bie Saou­dite, pour le­ver des fi­nan­ce­ments is­la­miques. Elle lance deux ans plus tard un pro­gramme de cer­ti­fi­cat is­la­mique pour dé­ve­lop­per des pro­duits struc­tu­rés avec l'in­ves­tis­se­ment is­la­mique. L'éta­blis­se­ment s'est mu­ni d'un co­mi­té spé­cial de cha­ria pour ga­ran­tir la com­pa­ti­bi­li­té des pro­duits. Elle a éga­le­ment un par­te­na­riat avec la banque d'ara­bie Saou­dite Sau­di In­vest­ment Bank. En France, dès 2007 BNP a com­mer­cia­li­sé un FCP com­pa­tible pour ré­pondre aux at­tentes de la po­pu­la­tion.

Fa­ci­li­ter la cir­cu­la­tion des ca­pi­taux entre les sec­teurs is­la­mique et conven­tion­nel

Le Cré­dit Agri­cole Cor­po­rate and In­vest­ment Bank est éga­le­ment pré­sent sur le mar­ché. Ba­sée à Du­baï au Centre fi­nan­cier in­ter­na­tio­nal, une équipe is­la­mique pro­pose son ex­per­tise pour four­nir des conseils stra­té­giques, gé­rer les risques et ca­pi­taux con­for­mé­ment à la cha­ria. La banque ac­com­pagne les grands pro­jets au Moyen-orient. Elle est éga­le­ment do­tée d'un co­mi­té dé­dié. Elle fa­ci­lite la cir­cu­la­tion des ca­pi­taux entre le sec­teur fi­nan­cier is­la­mique et conven­tion­nel. En par­te­na­riat avec la Banque Sau­di Fran­si (BSF), le groupe a créé une joint-ven­ture en as­set ma­na­ge­ment : Caam Sau­di Fran­si en vue de dé­ve­lop­per des pro­duits fi­nan­ciers conformes. Avec So­fin­co, le groupe offre des ac­ti­vi­tés de cré­dits à Ba­rhein. En 2009, l'en­seigne a lan­cé en France CAAM Is­la­mic, SI­CAV qui in­ves­tit en confor­mi­té avec les prin­cipes de l'is­lam. En 2010 avec le rap­pro­che­ment des ac­ti­vi­tés de ges­tion au sein d'amun­di entre le Cré­dit Agri­cole et So­cié­té Gé­né­rale, Caam Is­la­mic est de­ve­nu Amun­di Is­la­mic. Cer­taines des ac­tions dé­passent 20 % de per­for­mances de­puis le dé­but de l'an­née.

So­cié­té Gé­né­rale a lan­cé en 2008 deux OPCVM pro­po­sées à l'île de la Réunion via sa fi­liale Banque Fran­çaise Com­mer­ciale Océan In­dien. Le SGAM

AI Sha­riah au­rait eu 15 mil­lions d'eu­ros de sous­crip­tions en quelques se­maines. Il a été sus­pen­du quelques mois après son lan­ce­ment. La banque est éga­le­ment pré­sente sur la zone Asie-pa­ci­fique.

Quant à BPCE, elle a émis des titres bap­ti­sés « Ka­ra­ma éthique » avec la Bred Banque Po­pu­laire. Elle pro­pose éga­le­ment avec Na­tixis ses ser­vices aux grandes en­tre­prises d'asie ou Moyen-orient pour fi­na­li­ser des fi­nan­ce­ments com­pa­tibles avec la loi re­li­gieuse. En 2010, BPCE a si­gné un ac­cord avec la Banque du Qa­tar (QIB) en vue de pro­mou­voir la co­opé­ra­tion entre les deux banques pour le lan­ce­ment de pro­duits conformes tels que Su­kuk sur le mar­ché fran­çais. Le groupe a éga­le­ment une par­ti­ci­pa­tion dans le ca­pi­tal de la Banque Cen­trale Po­pu­laire (BCP) qui dé­livre des pro­duits com­pa­tibles et dé­tient la banque Chaa­bi qui pro­pose une large gamme de pro­duits de fi­nance éthique et is-

la­mique. Chaa­bi banque est pré­sente en France. La Banque Cen­trale Po­pu­laire a éga­le­ment lan­cé en 2016 au Ma­roc une banque is­la­mique.

En 2012, la Fran­çaise AM dé­te­nu par Cré­dit Mu­tuel Nord Eu­rope a lan­cé un OPCI en ac­cord avec les règles de la cha­ria, pour le compte no­tam­ment d'une grande banque is­la­mique de fi­nan­ce­ment et d'in­ves­tis­se­ment. L'as­su­reur Axa in­ter­vient éga­le­ment au Moyen-orient pour pro­po­ser des pres­ta­tions com- plètes. Sur le ter­ri­toire fran­çais, Swiss life pro­pose un pro­duit d'épargne conforme. Vi­tis Life offre une as­su­rance vie et l'al­le­mand FWU AG pro­pose un contrat d'as­su­rance via Azu­rite Cour­tage. En­fin, des centres de for­ma­tion pour do­ter les éta­blis­se­ments de com­pé­tences spé­cia­li­sées sont éga­le­ment mis en place. L'uni­ver­si­té de Stras­bourg pro­pose un mas­ter ain­si que Pa­ris-dau­phine.

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