Gé­rald Man­za­nares

« Cré­dit du Nord dis­pose d’une longue tra­di­tion de par­te­na­riats »

Point Banque - - BRIEFING - PRO­POS RECUEILLIS PAR AN­DRÉA TOU­CIN­HO PHO­TOS CYRIL ETIEN

Banque du groupe So­cié­té Gé­né­rale, Cré­dit du Nord, qui fé­dère huit banques ré­gio­nales sou­cieuses d’ins­tal­ler une re­la­tion de proxi­mi­té avec clients par­ti­cu­liers et en­tre­prises, s’est ré­cem­ment dis­tin­guée dans le do­maine de l’agré­ga­tion d’in­for­ma­tions. En­tre­tien avec Gé­rald Man­za­nares, di­rec­teur du mul­ti­ca­nal, Cré­dit du Nord.

Le constat que nous re­le­vons à date est que ce qui était consi­dé­ré comme le graal, à sa­voir L’OTP SMS, at­teint ses li­mites.

Com­ment le po­si­tion­ne­ment de Cré­dit du Nord sur le mar­ché ban­caire évo­lue-t-il ?

Cré­dit du Nord fé­dère huit banques ré­gio­nales qui ont comme dé­no­mi­na­teur com­mun le fait de par­ta­ger le même po­si­tion­ne­ment sur le mar­ché fran­çais à sa­voir une cible com­po­sée d’une clien­tèle de par­ti­cu­liers haut de gamme, de pro­fes­sion­nels et d’en­tre­prises, avec une part de mar­ché es­ti­mée à 2,5 %. Notre chiffre d’af­faires est com­po­sé aux deux tiers par le mar­ché des pro­fes­sion­nels et des PME. Nous ne sommes pas pré­sents à l’in­ter­na­tio­nal sauf à Mo­na­co et sommes or­ga­ni­sés sur un fonc­tion­ne­ment ré­gio­nal avec des centres de dé­ci­sion lo­caux même si notre stra­té­gie est dé­fi­nie cen­tra­le­ment. Cette der­nière re­pose sur une lo­gique de sa­tis­fac­tion client grâce à un ba­ro­mètre de sa­tis­fac­tion que nous ef­fec­tuons ré­gu­liè­re­ment, ain­si que sur l’ex­per­tise et la proxi­mi­té, nos col­la­bo­ra­teurs étant joi­gnables en di­rect. Nous nous po­si­tion­nons, sur nos trois mar­chés phares, comme une « banque de fa­mille » au même titre par exemple qu’un « mé­de­cin de fa­mille ».

Quid de votre stra­té­gie dans le sec­teur des paie­ments ?

Deux po­si­tion­ne­ments sont à dis­tin­guer sur ce sec­teur : une ap­proche de masse, pour la clien­tèle des par­ti­cu­liers, et une ap­proche de ser­vices, es­sen­tiel­le­ment pour les pro­fes­sion­nels et les en­tre­prises. Sur le pre­mier point, notre po­si­tion­ne­ment sur l’agré­ga­tion consti­tue un élé­ment fort qui nous per­met de prendre pied dans le mar­ché qui va dé­cou­ler de la DSP2 et créer d’ores et dé­jà les ré­flexes au­près des clients. Notre offre au­to­rise ain­si la réa­li­sa­tion d’opé­ra­tions de vi­re­ments de compte à compte qui est par­tie in­té­grante de notre stra­té­gie, ce qui ex­plique ce po­si­tion­ne­ment of­fen­sif et co­hé­rent dans le seg­ment haut de gamme, par dé­fi­ni­tion très vo­la­tile

Notre mo­dèle re­pose sur le « phy­gi­tal », à sa­voir l’al­liance entre la proxi­mi­té et le di­gi­tal. L’idée est de pou­voir em­por­ter la banque avec soi.

et mul­ti­ban­ca­ri­sé. Notre stra­té­gie sur les moyens de paie­ment re­pose sur trois points. D’une part, la sécurité. D’autre part, le cadre ré­gle­men­taire, qui va per­mettre aux mar­chés de se struc­tu­rer. En­fin, les usages, avec une at­ten­tion por­tée à l’in­no­va­tion et ses impacts sur l’ex­pé­rience client.

Vous poin­tez l’im­por­tance de la sécurité. Com­ment ré­agis­sez-vous aux évo­lu­tions sus­ci­tées par la DSP2 dans ce do­maine ?

Le constat que nous re­le­vons à date est que ce qui était consi­dé­ré comme le graal, à sa­voir L’OTP SMS, at­teint ses li­mites. Nous lan­ce­rons dès dé­but 2017 une so­lu­tion re­po­sant sur la vé­ri­fi­ca­tion via le nu­mé­ro de té­lé­phone et la puce qui est ac­tuel­le­ment tes­tée en mode pi­lote sur un échan­tillon de clients ce qui nous per­met­tra d’être en avance en ma­tière de sécurité en pré­ser­vant l’ex­pé­rience client. Nous sui­vons de près les évo­lu­tions liées au CVV dy­na­mique et me­nons une ex­pé­ri­men­ta­tion sur la bio­mé­trie vo­cale.

Quid de votre stra­té­gie sur les in­no­va­tions liées au paie­ment comme l’ins­tant pay­ment et le wal­let ?

Nous avons re­joint le consor­tium Pay­lib, cette so­lu­tion de paie­ment étant in­té­grée pour nos clients pro­fes­sion­nels dans notre offre de e-com­merce et la pro­po­se­rons à nos clients par­ti­cu­liers en 2017 dans une lo­gique de conver­gence entre paie­ment à dis­tance et paie­ment de proxi­mi­té. Concer­nant l’ins­tant pay­ment, il s’agit bien évi­dem­ment d’une évo­lu­tion im­por­tante que nous sou­te­nons pour nos clients pro­fes­sion­nels et en­tre­prises, no­tam­ment. A no­ter que ce­la s’ajou­te­ra à d’autres ser­vices comme l’agré­ga­tion d’in­for­ma­tions que nous adres­sons dé­jà à l’image de ce que réa­lisent les fin­techs comme Lin­xo et Ban­kin’ et qui est en­vi­sa­gé, par Cré­dit du Nord, comme la pre­mière étape du dé­ve­lop­pe­ment d’une pa­lette de ser­vices à va­leur ajou­tée, no­tam­ment ex­tra-ban­caires. Alertes, contrôle des dé­penses et coffre-fort élec­tro­nique pour e-fac­tures sont ain­si au pro­gramme dès 2017.

Com­ment faites-vous évo­luer vos agences phy­siques ? Com­ment tra­vaillez-vous sur la for­ma­tion des conseillers aux nou­veaux ou­tils ?

Notre mo­dèle re­pose sur le « phy­gi­tal », à sa­voir l’al­liance entre la proxi­mi­té et le di­gi­tal. L’idée est de pou­voir em­por­ter la banque avec soi. Nos conseillers pro­fes­sion­nels et en­tre­prises sont par es­sence no­mades. Ils sont équi­pés de ta­blettes afin d’avoir des ou­tils de si­mu­la­tion, de pré­sen­ta­tion pro­duits et de contrac­tua­li­sa­tion, et ce de­puis trois ans, et se dé­placent à la ren­contre des clients. Notre am­bi­tion est d’at­teindre 30 % d’actes de vente à dis­tance d’ici à 2018-2020. A cet ef­fet, nous mi­sons no­tam­ment sur la si­gna­ture élec­tro­nique, ac­tuel­le­ment gé­né­ra­li­sée, ain­si que sur la vi­sio­con­fé­rence. Cré­dit du Nord dis­pose d’une longue tra­di­tion de par­te­na­riats. Nous re­cher­chons ce qui se fait de mieux dans le mar­ché. C’est dans cette op­tique que nous nous sommes ac­cor­dés avec Rus­sell In­vest­ments ou en­core Amun­di sur la ges­tion d’ac­tifs. Ce­la s’ajoute à des ac­cords avec Ame­ri­can Ex­press, Slim­pay ou en­core Tran­sac­tis dans le do­maine de la mo­né­tique, sans ou­blier Fi­du­ceo sur l’agré­ga­tion d’in­for­ma­tions, fin­tech qui a de­puis été ra­che­tée par notre confrère Bour­so­ra­ma.

Com­ment ré­agis­sez-vous aux dif­fé­rentes ré­gle­men­ta­tions im­pac­tant le sec­teur fi­nan­cier comme la lutte an­ti-blan­chi­ment ? Com­ment en­vi­sa­gez-vous l’évo­lu­tion du sec­teur en 2017 dans ce contexte ?

Nous ne re­met­tons pas en cause la protection des clients mais re­cher­chons une co­hé­rence. 2017 se­ra l’an­née où les élé­ments fonc­tion­nels de la DSP2 se­ront mis en place, ce qui sus­ci­te­ra des op­por­tu­ni­tés en termes de nou­veaux ser­vices. Pa­ral­lè­le­ment à cette évo­lu­tion, nous ob­ser­vons une évo­lu­tion du cadre ré­gle­men­taire no­tam­ment sur la protection des don­nées et la connais­sance des clients avec des contraintes lourdes mais néan­moins né­ces­saires.

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