La prin­cesse Charlotte au ser­vice de Sa Ma­jes­té

Vrai suc­cès po­pu­laire, le voyage du duc et de la du­chesse de Cambridge en Po­logne et en Al­le­magne a aus­si ré­vé­lé une ado­rable pe­tite prin­cesse de 2 ans, dé­jà très à l’aise sur la scène of­fi­cielle. Et un pe­tit prince George un peu plus in­ti­mi­dé… Alice Geor

Point de Vue - - Cour -

Mum­my se penche pour lui rap­pe­ler gen­ti­ment qu’il est temps de dire au re­voir. Sans lâ­cher la main de la du­chesse de Cambridge, la prin­cesse Charlotte glisse son pe­tit pied droit chaus­sé de bleu der­rière sa che­ville gauche et exé­cute une ré­vé­rence par­faite de­vant une bro­chette de di­gni­taires po­lo­nais mé­du­sés. « Pen­dant que ses ca­ma­rades de 2 ans sont oc­cu­pés à jouer dans des nur­se­rys […], la prin­cesse Charlotte, elle, ap­prend à maî­tri­ser l’art de la di­plo­ma­tie in­ter­na­tio­nale », com­mente, amu­sé, le quo­ti­dien Dai­ly Te­le­graph. Tout au long des cinq jours de vi­site of­fi­cielle ef­fec­tués par la Team Cambridge en Po­logne et en Al­le­magne, la fillette n’est que très briè­ve­ment ap­pa­rue en pu­blic, mais les opi­nions et les mé­dias du monde en­tier n’ont (qua­si­ment) eu d’yeux que pour elle. Robe à smocks, chaus­sures à brides Doña Car­men et bar­rette Amaia Kids… Lors­qu’elle ar­rive à Ber­lin, au terme d’un voyage en avion de près de deux heures, la ca­dette de William et Kate ac­cepte avec grâce le mi­nus­cule bou­quet de fleurs of­fert par Till Knorn, le re­pré­sen­tant du gou­ver­ne­ment al­le­mand, et serre la main du bri­ga­dier Bob Ri­der, l’at­ta­ché à la Dé­fense de l’am­bas­sade du Royaume-Uni. Charlotte semble de ca­rac­tère égal et dé­ci­dée à tou­jours bien faire tant que sa ma­man reste à ses cô­tés. Sans trop se sou­cier des hé­si­ta­tions de son frère aî­né. Quand l’une passe le plus clair de son temps à sou­rire, l’autre, en ef­fet… fait la moue. À 4 ans (un âge sou­vent pro­pice à ce type de ma­ni­fes­ta­tions), le prince George se montre sen­si­ble­ment moins en­thou­siaste que sa soeur face aux contraintes du « royal du­ty ». Ac­cro­ché à la main de son père,

Les pe­tits princes se fa­mi­lia­risent avec les contraintes de la vie de re­pré­sen­ta­tion.

le gar­çon­net fait preuve d’un soup­çon d’im­pa­tience et de ti­mi­di­té aux pre­miers jours de son pé­riple. Il se frotte les yeux, re­chigne à sor­tir de l’avion à Var­so­vie, tire le duc de Cambridge par le bras pour re­ga­gner la pas­se­relle plus vite à l’heure de re­par­tir. Le 21 juillet, c’est au tour de Charlotte de se lais­ser al­ler à un bref ac­cès de mau­vaise hu­meur en quit­tant Ham­bourg. Des scènes ré­vé­la­trices des chan­ge­ments qui se des- sinent au­jourd’hui dans la vie de fa­mille du pe­tit-fils d’Éli­sa­beth II et de son épouse. Si George et Charlotte ont tou­jours été pro­té­gés de la cu­rio­si­té du monde, leurs pa­rents pa­raissent en ef­fet avoir pris la dé­ci­sion de com­men­cer à les fa­mi­lia­ri­ser avec les de­voirs de la vie de re­pré­sen­ta­tion. Les ob­ser­va­teurs re­lèvent éga­le­ment les « in­dices » qui tra­hissent la vo­lon­té de William et Kate de s’ins­crire dans une forme de conti­nui­té par rap­port à la gé­né­ra­tion pré­cé­dente : à son ar­ri­vée à Var­so­vie, Charlotte ar­bore une paire de ba­bies rouges en tout point iden­tiques à celles que por­tait le prince Harry au même âge ; dans ses shorts bleus as­sor­tis de che­mi­settes, George, lui, évoque ir­ré­sis­ti­ble­ment William lors­qu’il était pe­tit. Le voyage lui-même a été pla­cé sous le signe du sou­ve­nir. Le 18 juillet, le couple vi­site le camp de concen­tra­tion du Stru­thof et s’en­tre­tient avec d’an­ciens dé­por­tés, avant d’as­sis­ter à une re­pré­sen­ta­tion de la troupe du Théâtre Sha­kes­peare de Gdañsk – une ins­ti­tu­tion par­rai­née par le prince Charles – et de se rendre au mu­sée So­li­dar­nosc en com­pa­gnie de l’an­cien lea­der syn­di­cal et chef de l’État po­lo­nais Lech Wa­le­sa. Le len­de­main, à Ber­lin, son en­tre­vue avec la chan­ce­lière An­ge­la Mer­kel est sui­vie d’une vi­site de la porte de Bran­de­bourg ain­si que du mé­mo­rial et du mu­sée de l’Ho­lo­causte. Séance de confec­tion de bret­zels, course d’avi­ron sur le Ne­ckar, à Hei­del­berg, concert de l’Or­chestre sym­pho­nique de Ham­bourg à la Phil­har­mo­nie de l’Elbe, vi­site du site d’Air­bus… Quatre mois après son voyage of­fi­ciel à Pa­ris, cette nou­velle of­fen­sive de « charme royal » sur le conti­nent tra­duit la

Au­tant Charlotte se montre d’hu­meur égale au dé­but du voyage, au­tant George se ré­vèle un brin dis­trait. On le ver­ra aus­si em­bras­ser la main de son père ou en­core s’émer­veiller en dé­cou­vrant l’in­té­rieur d’un hé­li­co­ptère, à Ham­bourg. Charlotte, elle, s’au­to­ri­se­ra un (tout pe­tit) ca­price en fin de par­cours.

vo­lon­té du gou­ver­ne­ment bri­tan­nique de ren­for­cer les liens bi­la­té­raux entre Londres et les autres ca­pi­tales eu­ro­péennes alors que dé­butent les dif­fi­ciles né­go­cia­tions du Brexit. Des foules joyeuses, in­nom­brables, se pressent d’ailleurs en tous lieux sur le pas­sage du duc et de la du­chesse de Cambridge. La presse al­le­mande évoque un ac­cueil « de pops­tars » et com­pare Kate, nou­velle « prin­cesse des coeurs », à Dia­na, tant son contact avec les en­fants est cha­leu­reux et tendre. En cette an­née de com­mé­mo­ra­tion du ving­tième an­ni­ver­saire de la dis­pa­ri­tion de la prin­cesse de Galles, la jeune femme lui rend à plu­sieurs re­prises un hom­mage dis­cret. À Ber­lin, elle porte un en­semble bleu Eu­rope grif­fé Ca­the­rine Wal­ker, l’une des mai­sons de cou­ture fa­vo­rites de la pre­mière épouse du prince Charles. Elle ar­bore le bra­ce­let à trois ran­gées de perles qui était au­tre­fois l’un des pré­fé­rés de sa belle-mère lors d’une ré­cep­tion au Clär­chens Ball­haus. Le sé­jour se ré­vèle aus­si pour elle l’oc­ca­sion de s’af­fi­cher dans une garde-robe peut-être un peu moins « sage » qu’à l’ac­cou­tu­mée. La du­chesse choi­sit des cou­leurs plus tran­chées – une robe Jen­ny Pack­ham jaune oran­gé, un mo­dèle li­las Emi­lia Wicks­tead, une « maxi dress » Alexan­der McQueen d’un beau rouge vi­brant as­sor­tie de nou­velles boucles d’oreilles Si­mone Ro­cha au de­si­gn ré­so­lu­ment mo­derne. En Po­logne, elle sur­prend dans une robe blanche et noire très gra­phique Go­sia Bac­zyns­ka, en Al­le­magne, elle comble ses ad­mi­ra­teurs dans une robe mi­di Mar­kus Lup­fer ac­ces­soi­ri­sée de sou­liers Pra­da. Kate a fait cou­per et lé­gè­re­ment on­du­ler ses che­veux. Les pho­to­graphes sur­prennent à plu­sieurs re­prises les re­gards très amou­reux qu’elle échange avec William. À Var­so­vie, au pre­mier jour de leur voyage, elle ac­cepte avec le sou­rire un jouet pour bé­bé. « Il ne nous reste plus, lance-t-elle à son époux, qu’à avoir d’autres en­fants… »

Ci-des­sous, Charlotte maî­trise dé­jà l’art de la ré­vé­rence et le prouve de­vant des di­gni­taires po­lo­nais, sous le charme. Ci-contre, l’ar­ri­vée de la fa­mille Cambridge à Ber­lin.

À plu­sieurs re­prises au cours du voyage, on ver­ra le couple échan­ger des re­gards pleins d’amour. Comme ici, le der­nier soir de leur vi­site à Ber­lin.

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