Alexan­dra La Ca­pria Vi­no Pa­ra­di­so

Chez elle, à Vil­la La Stris­cia, sur les hau­teurs d’Arez­zo, les vignes s’offrent au so­leil comme à l’en­thou­siasme des femmes. À l’ins­tar de sa mère, cé­lèbre ac­trice des an­nées 1960, elle a fait par­ler d’elle dans l’uni­vers du 7e art avant de se consa­crer p

Point de Vue - - Sommaire - Par Fan­ny del Vol­ta Pho­tos Ch­ris­tel Jeanne

Au mi­lieu de ses qua­torze hec­tares de vignes, Alexan­dra La Ca­pria se pro­mène en cueillant quelques grains de rai­sins, riant de son al­lure rock’n’roll dans un dé­cor bu­co­lique, ty­pi­que­ment tos­can. En ta­lons hauts et Per­fec­to, cette bac­chante des temps mo­dernes n’a pas tou­jours été vi­ti­cul­trice. « J’y suis ve­nue ré­cem­ment, grâce à ma mère, Ila­ria Oc­chi­ni. Au dé­but des an­nées 2000, elle a dé­ci­dé de re­lan­cer les vi­gnobles de Vil­la La Stris­cia. L’idée que tout dis­pa­raisse lui fai­sait mal au coeur. » Alors âgée de plus de 60 ans, la mère d’Alexan­dra a dé­jà me­né une brillante car­rière d’ac­trice. Le pu­blic se sou­vient de sa beau­té fé­line. Elle a tour­né aux cô­tés d’Alain De­lon, dans Deux hommes dans la ville, de Jean Ro­che­fort, dans Les Feux de la Chan­de­leur, ou en­core de Mar­cel­lo Mas­troian­ni. Au théâtre, elle a fait ses dé­buts di­ri­gée par Lu­chi­no Vis­con­ti. Si elle aime Ci­ne­cit­tà et les planches, elle n’en reste pas moins at­ta­chée à Vil­la La Stris­cia. « Son grand-père, le comte Pier Lu­do­vi­co Oc­chi­ni, a hé­ri­té de cette de­meure qu’il a fait res­tau­rer au tout dé­but du XXe siècle. Maire d’Arez­zo, sé­na­teur du royaume d’Ita­lie, il était aus­si poète et proche de Ga­briele D’An­nun­zio. L’un de ses fils, mon propre aïeul, a sui­vi ses traces. » Bar­na Oc­chi­ni de­vien­dra à son tour écri­vain et jour­na­liste. Avec Gio­con­da Pa­pi­ni, la fille d’un cé­lèbre es­sayiste, il connaî­tra l’amour ful­gu­rant. « Ma mère en parle tou­jours comme d’une his­toire qui les dé­pas­sait, elle et ses frères. » À Vil­la La Stris­cia dé­filent alors les pen­seurs du fu­tu-

Ila­ria a trans­mis à Alexan­dra son amour du 7e art et sa pas­sion du vin.

risme, au­teurs ou peintres. C’est avant tout l’amour de la lit­té­ra­ture qui in­cite la jeune Ila­ria à de­ve­nir co­mé­dienne. « En Ita­lie, les gens la connaissent bien, mais elle n’a pas eu la re­nom­mée in­ter­na­tio­nale d’une Gi­na Lol­lo­bri­gi­da ou d’une So­fia Lo­ren. Il lui au­rait fal­lu être plus am­bi­tieuse, ce à quoi ne la pré­dis­po­sait pas son édu­ca­tion. » Et quand la co­mé­dienne se tourne vers ses vi­gnobles, elle ignore que le ci­né­ma lui ré­serve en­core des sur­prises. Peu avant 2010, alors qu’elle a lan­cé avec suc­cès un chianti, un san­gio­vese et un mer­lot, elle voit af­fluer les pro­po­si­tions de réa­li­sa­teurs. Elle est même pri­mée à de mul­tiples re­prises pour ses ap­pa­ri­tions dans des co­mé­dies dra­ma­tiques. « À près de 80 ans, elle ne s’at­ten­dait pas à un tel re­gain de po­pu­la­ri­té. D’un coup, elle a par­ta­gé l’af­fiche avec Ric­car­do Sca­mar­cio ou en­core Ser­gio Cas­tel­li­to, les nou­velles mas­cottes du 7e art ita­lien. » Même re­gard de chat, même élé­gance que sa mère, Alexan­dra La Ca­pria, elle, nour­ris­sait d’autres rêves. « En­fant, je vou­lais de­ve­nir bal­le­rine. Mais mon père était ab­so­lu­ment contre. » Raf­faele La Ca­pria, ro­man­cier et scé­na­riste in­sé­pa­rable du réa­li­sa­teur Fran­co Ro­si, ose tout pour dis­sua­der sa fille. « Il me di­sait que mes pieds de­vien­draient af­freux ! » En re­vanche, de­ve­nir

Née en 1966, Alexan­dra a hé­ri­té de sa mère, Ila­ria Oc­chi­ni, son amour du ci­né­ma. Quand sa fille vient au monde, Ila­ria a dé­jà don­né la ré­plique à Ni­no Man­fre­di ou Ugo To­gnaz­zi. Et en 1973, elle a pour par­te­naire Alain De­lon, dans Deux hommes dans la ville.

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