Eu­ge­nie d’York et Jack Brooks­bank Po­lé­miques au­tour d’un ma­riage

Point de Vue - - Sommaire - Par Gre­ta Xavier

La presse bri­tan­nique cri­tique le coût de l’évé­ne­ment, dont l’or­ga­ni­sa­tion pa­raît s’ins­pi­rer du ma­riage du duc et de la du­chesse de Sus­sex. Pour cé­lé­brer leur amour, les 12 et 13 oc­tobre pro­chains, la pe­tite-fille d’Éli­sa­beth II et son fian­cé ver­raient en ef­fet les choses en grand.

Deux jours de fes­ti­vi­tés, plu­sieurs cen­taines d’in­vi­tés et un pro­gramme de ré­jouis­sances éla­bo­ré avec le concours des meilleurs par­ty plan­ners… Pour le ma­riage de la prin­cesse Eu­ge­nie et de son fian­cé, Jack Brooks­bank, le ven­dre­di 12 oc­tobre, rien ne se­ra ni trop beau ni trop grand ! À en croire les in­dis­cré­tions sur les pré­pa­ra­tifs de la cé­ré­mo­nie pu­bliées par le Sun­day Times, une pre­mière ré­cep­tion se­ra don­née dans les ap­par­te­ments d’État du châ­teau de Wind­sor à l’is­sue du ser­vice re­li­gieux, cé­lé­bré en fin de ma­ti­née en la cha­pelle St George. La­dy Eli­za­beth An­son, cou­sine d’Éli­sa­beth II, à qui la sou­ve­raine a l’ha­bi­tude de confier l’or­ga­ni­sa­tion de ses fêtes pri­vées, se­ra une nou­velle fois aux com­mandes de ce dé­jeu­ner-buffet don­né dans le Hall St George, le sa­lon Wa­ter­loo et le grand sa­lon de Ré­cep­tion, l’an­cienne salle de bal de la ré­si­dence royale. Le soir, le duc et la du­chesse d’York, les pa­rents de la ma­riée, don­ne­ront, eux, un dî­ner, à Royal Lodge, le ma­noir si­tué dans Wind­sor Great Park où les an­ciens époux, di­vor­cés en 1996, vivent de­puis une quin­zaine d’an­nées. Le len­de­main après-mi­di, le prince An­drew et son ex-femme au­raient éga­le­ment pré­vu de re­ce­voir 500 in­vi­tés dans les jar­dins de la pro­prié­té. Cette fois, ni smo­kings ni robes du soir. Pe­re­grine Arm­strong-Jones, fon­da­teur de Bent­ley’s En­ter­tain­ments, à qui Pe­ter Phil­lips et Au­tumn Kel­ly, Za­ra Phil­lips et Mike Tin­dall, El­ton John et Da­vid Fur­nish ou en­core Vic­to­ria et Da­vid Beck­ham avaient eux aus­si fait ap­pel pour mettre leurs noces « en scène », au­rait conçu à l’in­ten­tion des convives une fête fo­raine avec stands gour­mands, cham­boule-tout et pistes d’ au­to tam­pon­neuses. De nom­breuses per­son­na­li­tés y se­raient at­ten­dues, comme les top mo­dels Nao­mi Camp­bell et Cara De­le­vingne ou en­core la chan­teuse El­lie Goul­ding. Qui d’Er­dem, de Stel­la McCart­ney ou de Vi­vienne West­wood pour­rait avoir été choi­si par Eu­ge­nie pour créer sa robe nup­tiale ? La jeune femme an­nonce sim­ple­ment, sans sur­prise, s’être tour­née vers un cou­tu­rier

« ba­sé en Grande-Bre­tagne ». La dé­co­ra­tion de la cha­pelle St George se­ra as­su­rée par Rob Van Hel­den, un fleuriste so­li­de­ment im­plan­té dans les cercles in­ter­na­tio­naux du show-biz et du pou­voir, ha­bi­tué à tra­vailler avec les équipes de Bent­ley’s. Il y a quelques jours, la pe­tite-fille d’Éli­sa­beth II, âgée de 28 ans, et son fian­cé, 32 ans, ont éga­le­ment été aper­çus sor­tant de chez Hunts­man, tailleur pour hommes sur Sa­vile Row, à Londres, qui comp­tait au­tre­fois le roi Édouard VII, le Pre­mier mi­nistre Wins­ton Chur­chill et lord Louis Mount­bat­ten par­mi ses clients. À la fois an­crées dans la grande tra­di­tion des ma­riages à la cour du Royaume-Uni et un rien in­for­melles, les ré­jouis­sances des 12 et 13 oc­tobre pro­chains se­ront donc à l’image du jeune couple. Elles re­flé­te­ront aus­si ses convic­tions et ses en­ga­ge­ments. Eu­ge­nie et Jack ont no­tam­ment de­man­dé à ce qu’il ne soit pas uti­li­sé de plas­tique – un ma­té­riau dé­jà ban­ni de leur do­mi­cile, le pe­tit hô­tel par­ti­cu­lier Ivy Cot­tage si­tué dans l’en­ceinte du pa­lais de Ken­sing­ton. Sous leurs ini­tiales, un E et un J en­tre­la­cés et do­rés à l’or fin, le car­ton adres­sé aux in­vi­tés men­tionne par ailleurs cette ci­ta­tion de l’an- cien pré­sident sud-afri­cain Nel­son Man­de­la : « Ce qui compte, ce n’est pas sim­ple­ment d’avoir vé­cu. C’est la dif­fé­rence que nous avons faite dans la vie des autres qui donne son sens à notre propre exis­tence. » Tout s’an­non­ce­rait donc pour le mieux. Outre-Manche, la presse se montre d’un tout autre avis et fus­tige le coût des fes­ti­vi­tés pour le contri­buable bri­tan­nique. Si les ré­cep­tions sont en ef­fet en­tiè­re­ment fi­nan­cées par la sou­ve­raine et par le prince An­drew, il n’en va pas de même du dé­ploie­ment de forces de sé­cu­ri­té qui ac­com­pa­gne­ra la pro­ces­sion en lan­dau des deux jeunes gens dans les rues de Wind­sor après le ser­vice re­li­gieux, dont le coût pour­rait dé­pas­ser le mil­lion de livres ster­ling – « un as­pect des choses qui tend à faire pas­ser l’évé­ne­ment pour une cé­ré­mo­nie d’État », com­mente le quo­ti­dien Dai­ly Mail. Le couple a, en outre, sou­hai­té que 1 200 per­sonnes (ré­si­dents de la ville de Wind­sor, re­pré­sen­tants d’or­ga­ni­sa­tions ca­ri­ta­tives et élèves des écoles de la ré­gion) puissent pé­né­trer dans l’en­ceinte du châ­teau et par­ta­ger avec lui « cette jour­née si spéciale ». Plu­sieurs ob­ser­va­teurs notent que le plan­ning des ré­jouis­sances pa­raît avoir été cal­qué sur ce­lui du ré­cent ma­riage du duc et de la

La presse fus­tige le coût des fes­ti­vi­tés pour le contri­buable bri­tan­nique.

du­chesse de Sus­sex, dont Eu­ge­nie et Jack sont proches. Et s’interrogent, sou­vent à coups de com­men­taires peu amènes, sur les rai­sons qui ont pu pous­ser la fille du duc et de la du­chesse d’York à ne pas op­ter pour da­van­tage de dis­cré­tion. « Ses pa­rents ont tou­jours af­fir­mé que leurs filles sont des jeunes femmes in­dé­pen­dantes et mo­dernes, qui tracent leur che­min sans bé­né­fi­cier du moindre pri­vi­lège, écrit une édi­to­ria­liste du Dai­ly Mail. Si elles sou­haitent vrai­ment à ce point être “or­di­naires”, pour­quoi ne suivent-elles pas l’exemple de la nièce ado­rée de la reine, la­dy Sa­rah Chat­to ? De­puis des an­nées, celle-ci mène sa vie tran­quille­ment, tra­vaille et ré­side dans sa propre mai­son sans être en­tou­rée de son­ne­ries de trom­pette im­po­sées par le pa­lais. » Res­pec­ti­ve­ment hui­tième et neu­vième dans l’ordre de suc­ces­sion au trône, Bea­trice et Eu­ge­nie peinent vi­si­ble­ment à trou­ver leur place au sein d’une ins­ti­tu­tion mo­nar­chique de plus en plus res­ser­rée au­tour du couple ré­gnant, du prince de Galles et de ses fils, les princes William et Har­ry. Avec l’ap­pui de leur grand-mère, à la­quelle elles sont très at­ta­chées, les deux soeurs sou­tiennent de nom­breuses or­ga­ni­sa­tions ca­ri­ta­tives comme Tee­nage Cancer Trust, qui vient en aide aux jeunes ma­lades et à leurs fa­milles, les centres d’ac­cueil For­get Me Not pour en­fants at­teints d’af­fec­tions in­cu­rables, l’hô­pi­tal royal na­tio­nal or­tho­pé­dique, une école de danse et de musique ou en­core Pro­ject 0, une or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale de pro­tec­tion des océans. Co­fon­da­trice et di­rec­trice du Col­lec­tif an­ti-es­cla­vage, Eu­ge­nie a te­nu une confé­rence sur le su­jet à l’ONU, en juillet der­nier. Mais, pri­vées de tout rôle of­fi­ciel si­gni­fi­ca­tif et vic­times par ri­co­chet de la re­la­tive im­po­pu­la­ri­té de leurs pa­rents, les pe­tites-filles d’Éli­za­beth II pâ­tissent d’un dé­fi­cit d’image. Dans une in­ter­view ac­cor­dée conjoin­te­ment à l’édi­tion bri­tan­nique du ma­ga­zine Vogue, elles re­con­naissent avoir été sou­vent bles­sées par les at­taques dont elles ont été vic­times ces der­nières an­nées. « Il est dif­fi­cile de gar­der le cap dans ce genre de si­tua­tion, car il n’y a au­cun pré­cé­dent, com­mente Bea­trice. Nous nous ef­for­çons de construire notre car­rière tout en ayant une vie per­son­nelle, nous sommes aus­si des prin­cesses et il nous faut faire tout ce­la sous le re­gard du pu­blic. » Eu­ge­nie, elle, ne veut voir que les bon­heurs qui l’at­tendent le jour de son ma­riage. « C’est éprou­vant ner­veu­se­ment, parce que vous vou­lez que tout soit par­fait. Et puis vous vous dites que vous se­rez ce jour-là avec la per­sonne que vous ai­me­rez pour tou­jours. Et là, plus rien d’autre ne compte. »

Eu­ge­nie, 28 ans, et sa soeur, Bea­trice, 30 ans. Les deux soeurs sont très proches et ont tou­jours pu comp­ter l’une sur l’autre dans les dif­fi­cul­tés aux­quelles elles se sont re­trou­vées confron­tées de­puis le di­vorce de leurs pa­rents, en 1996. À gauche, la prin­cesse en juin der­nier, lors d’une ma­ni­fes­ta­tion au pro­fit de Pro­ject 0, une or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale pour la pro­tec­tion des océans.

De gauche à droite, Eu­ge­nie à l’ONU, en juillet, dans le cadre d’une confé­rence contre l’es­cla­vage. Jack Brooks­bank sor­tant de chez Hunts­man, un cé­lèbre tailleur de Sa­vile Row, à Londres. La pe­tite-fille d’Éli­sa­beth II dans les rues de la ca­pi­tale, au dé­but de l’été.

Le ma­riage du couple, dont le dé­rou­le­ment pa­raît ins­pi­ré du ma­riage du duc et de la du­chesse de Sus­sex, se­ra cé­lé­bré en la cha­pelle St George du châ­teau de Wind­sor. Ci-contre, les fian­cés en juin der­nier lors d’une soi­rée don­née par la ga­le­rie d’art Ser­pen­tine, à Londres.

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