Le guide

Point de Vue - - Sommaire -

1) My­tho ver­sion Me too

Les Dieux se sont tou­jours mo­qués de nous autres mor­tels, rap­tant nos filles et nos com­pagnes, jouant les trans­for­mistes tout en jus­ti­fiant leurs mé­faits par de hautes consi­dé­ra­tions mo­rales. Tis­sant une courte mais ré­jouis­sante pièce au­tour des Mé­ta­mor­phoses d’Ovide, Guillaume Vincent trans­pose de nos jours le mythe an­tique de Cal­lis­to et Ar­cas. Vincent De­dienne, har­ce­leur dé­gui­sé en vamp à per­ruque, et Emi­lie In­cer­ti For­men­ti­ni, vic­time d’un cas­ting « très har­vey wein­stei­nien » qui fi­ni­ra trans­for­mée en ourse, sont ir­ré­sis­tibles et dro­la­tiques. Pour un peu, on les croi­rait sor­tis d’une BD de Got­lib. R. M. --Cal­lis­to et Ar­cas, d’après Ovide, adap­ta­tion et mise en scène Guillaume Vincent, au théâtre des Bouffes du Nord, jeu­di 27 sep­tembre à 18 h 30.

2) Pé­ril en la de­meure

La ma­gni­fique ré­si­dence de Hun­dreds Hall, le jeune et strict doc­teur Fa­ra­day en rêve de­puis l’en­fance, lorsque sa mère y était em­ployée. Au­jourd’hui, ce n’est plus qu’un pa­ra­dis per­du. La guerre a épar­pillé les hé­ri­tiers et il ne reste plus qu’un frère dé­fi­gu­ré et sa soeur, pri­son­niers au­près de leur mère d’un do­maine tom­bant en ruine. Cette his­toire ro­ma­nesque em­me­née par Domh­nall Glee­son, Ruth Wil­son et Char­lotte Ram­pling pour­rait res­sem­bler à une ai­mable ver­sion mi­nia­ture de Down­ton Ab­bey. Or très vite, le film bas­cule dans une autre di­men­sion, dont les fan­tômes ne sont pas ab­sents. Une note de fan­tas­tique qui fait tout l’in­té­rêt de l’en­tre­prise, quitte à bous­cu­ler un peu le spec­ta­teur… E. C. -The Lit­tle Stran­ger, de Len­ny Abra­ham­son.

3) Gi­tan dans l’âme

Il garde des al­lures d’ado­les­cent mais a dé­jà der­rière lui une belle car­rière. De quoi nour­rir cette com­pi­la­tion aus­si ré­jouis­sante qu’émou­vante. Live is Love est un peu l’his­toire d’un « fils de » qui a pré­fé­ré at­tendre avant de se lan­cer dans la chan­son. Gui­ta­riste for­mé au genre ma­nouche au­près de Bi­ré­li La­grène, Tho­mas Du­tronc a tour­né à tra­vers le monde pen­dant des an­nées avec un sex­tet de jazz­men émé­rites. Voi­ci ses plus belles com­po­si­tions tein­tées d’élé­gance, ex­ha­lant des ins­pi­ra­tions ul­tra clas­siques et chan­tées d’une voix qui, avec le temps, a ga­gné en ca­rac­tère. Une en­trée écla­tante au sein du pres­ti­gieux la­bel Blue Note. F. del V. --Live is Love, Tho­mas Du­tronc & Les Es­prits ma­nouches (1 CD), Blue Note.

4) La lan­terne ma­gique

Des per­son­nages se dé­mul­ti­plient, re­bon­dissent, se désossent, se font en­glou­tir dans une chambre où le mo­bi­lier se désar­ti­cule à vo­lon­té comme ces wa­kou­was de notre en­fance. Pour la ré­ou­ver­ture de La Sca­la Pa­ris, salle my­thique fer­mée de­puis presque vingt ans, Yoann Bour­geois a ima­gi­né une fan­tai-

sie vi­suelle, entre art cir­cas­sien et danse. Un monde frac­tal, dé­mem­bré, hors du temps, et aus­si mé­lan­co­lique et bur­lesque qu’un film de Ha­rold Lloyd. R. M. --Sca­la, créa­tion de Yoann Bour­geois, jus­qu’au 24 oc­tobre. 13, bou­le­vard de Stras­bourg, 75010 Pa­ris. las­ca­la-pa­ris.com

Tout est Fi­ni 5)

Tout comme Fri­da Kah­lo ou Ni­ki de Saint Phalle, elle a fait par­tie des ar­tistes mar­quantes du XXe siècle. Leo­nor Fi­ni a uti­li­sé les sup­ports les plus va­riés – pein­ture, des­sin, aqua­relles, dé­cors et cos­tumes de théâtre… – pour lais­ser son em­preinte, pui­sant aux sources du sur­réa­lisme avant de tra­cer sa propre voie. Ar­lette Sou­ha­mi, qui a été l’amie de l’ar­tiste et l’a re­pré­sen­tée pen­dant plus de trente-cinq ans, pro­pose au­jourd’hui une sé­lec­tion de ses oeuvres à la ga­le­rie Mins­ky qu’elle di­rige. L’oc­ca­sion de dé­cou­vrir ses gra­cieuses sil­houettes de femmes aux masques de chat, des af­fiches au gra­phisme luxu­riant et d’émou­vants por­traits à l’huile. --E. C. Por­trait in­time, ex­po­si­tion d’oeuvres de Leo­nor Fi­ni, jus­qu’au 13 oc­tobre à la ga­le­rie Mins­ky, 37, rue Va­neau, 75007, Pa­ris. ga­le­rie­mins­ky.com

Des nou­velles du monde 6)

Pho­to­jour­na­liste, ex­plo­ra­teur et fervent dé­fen­seur de la pla­nète, Se­bas­tian Co­pe­land pré­sente 80 cli­chés de son tra­vail qui ornent les grilles du jar­din du Luxem­bourg. In­ti­tu­lée De Pôle en Pôle, cette ex­po­si­tion montre les fra­gi­li­tés d’une na­ture crou­lant sous les me­naces. La beau­té de ses images re­cèle tou­jours un sen­ti­ment de dé­tresse, à l’image de cette faille tailla­dant une den­telle de ban­quise aux tons éme­raude ou ce chien de traî­neau iso­lé sur un confet­ti de glace. 80 preuves té­moi­gnant de l’ur­gence à agir ! E. C. --De Pôle en Pôle : Un monde qui dis­pa­raît, ex­po­si­tion de Se­bas­tian Co­pe­land, grilles du jar­din du Luxem­bourg jus­qu’au 13 jan­vier. se­bas­tian-co­pe­land.fr

La Ser­vante écar­late en­fin en clair 7)

Dans un fu­tur proche et déshu­ma­ni­sé où ne sub­sistent que deux des États-Unis d’Amé­rique, les femmes ayant eu des en­fants servent de gé­ni­trices, ré­duites en es­cla­vage, aux épouses sté­riles des Di­ri­geants de la Foi. C’est le cas de De­fred, in­ter­pré­tée par Eli­sa­beth Moss ( Top of the Lake), qui, dans une vie an­té­rieure, s’ap­pe­lait June, était ma­riée et avait une pe­tite fille… Bien­ve­nue dans l’uni­vers to­ta­li­taire, phal­lo­crate et bi­got de la ro­man­cière ca­na­dienne Mar­ga­ret At­wood dont le best-sel­ler pu­blié en 1985, La Ser­vante écar­late, est de­ve­nu sous la hou­lette de Bruce Mil­ler ( Ur­gences) une sé­rie à suc­cès mul­ti-ré­com­pen­sée aux Em­my Awards et aux Gol­den Globes. Voi­ci en­fin sur une chaîne fran­çaise gra­tuite les trois pre­miers épi­sodes de cette dys­to­pie gla­çante… I. P. --The Hand­maid’s Tale : La Ser­vante écar­late, di­manche 30 sep­tembre sur TF1 Sé­ries Films, à 21 heures.

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