Hom­mage na­tio­nal à Charles Az­na­vour

Hom­mage na­tio­nal à Charles Az­na­vour

Point de Vue - - SOMMAIRE - Par Jé­rôme Car­ron Pho­tos Luc Cas­tel

C’est la France tout en­tière qui a ac­com­pa­gné le chan­teur pour son der­nier voyage. Pré­si­dents, ar­tistes et ano­nymes se sont réunis le 5 oc­tobre, dans la cour des In­va­lides, à la mé­moire du plus fran­çais des Ar­mé­niens dont la voix nous a émus une der­nière fois.

Ils sont un clan, sou­dé par la souf­france et la peine. Un peu avant 9 heures du ma­tin, la fa­mille Az­na­vour avance seule dans la cour d’hon­neur des In­va­lides. Ul­la, la der­nière épouse du chan­teur, est en tête, sui­vie de ses en­fants, Ka­tia, Mi­sha, Ni­co­las, Se­da et Charles. Dans la fraî­cheur au­tom­nale, ils re­çoivent les pre­mières con­do­léances du monde du spec­tacle. Mi­reille Ma­thieu, pré­sente par­mi les pre­mières, prend lon­gue­ment Ul­la dans ses bras. Jean-Paul Bel­mon­do, ve­nu avec son fi­dèle Charles Gé­rard et son fils Paul, re­trouve Mi­chel Leeb, l’un des der­niers à avoir vu le chan­teur dans sa ré­si­dence de Mou­riès. Da­ny Boon, coif­fé d’une cas­quette, Jean Du­jar­din en dou­doune et Da­ny Brillant en che­mise ou­verte, re­joignent Mi­chel Dru­cker, En­ri­co Ma­cias, Ed­dy Mit­chell et Ro­bert Hos­sein ins­tal­lés au pre­mier rang. Peu avant 10 heures, les po­li­tiques font leur en­trée au son de la Mar­seillaise. Ni­co­las Sar­ko­zy et son épouse Car­la Bru­ni échangent avec la fa­mille Az­na­vour. Fran­çois Hol­lande les re­joint peu après. L’an­cien mi­nistre de l’In­té­rieur, Ber­nard Ca­ze­neuve, la maire de Pa­ris, Anne Hi­dal­go, et l’an­cien mi­nistre de la Cul­ture Jack Lang pré­sentent leurs con­do­léances. Ma­dame Ma­cron ar­rive seule et un peu en re­tard par rap­port au pro­to­cole. Le pré­sident de la Ré­pu­blique et le Pre­mier mi­nistre ar­mé­nien Ni­kol Pa­chi­nian

Charles Az­na­vour « au­ra ten­du ce mi­roir conso­la­teur qui […] au­ra ren­du notre vie plus douce, nos larmes moins amères. » Em­ma­nuel Ma­cron

pé­nètrent en­fin dans la cour d’hon­neur. Un air de du­duk, un ins­tru­ment tra­di­tion­nel, se fait alors en­tendre. Le chef du gou­ver­ne­ment ar­mé­nien pro­nonce un long dis­cours dans sa langue na­tale en écho au deuil na­tio­nal dé­cré­té en Ar­mé­nie à la mé­moire de Shah­nou­rh Az­na­vou­rian. Le pré­sident Ma­cron lui suc­cède à la tri­bune pour ra­con­ter ce­lui qui « au­ra ten­du ce mi­roir conso­la­teur qui, pen­dant tant et tant de dé­cen­nies, au­ra ren­du notre vie plus douce, nos larmes moins amères ». Il évoque alors ses chan­sons qui furent « un baume, un re­mède, un ré­con­fort », gra­vant ses mots dans nos mé­moires « pour adou­cir le dur mé­tier de vivre ». Ému, il conclut : « Son ab­sence fe­ra un vide im­mense […] Dans le coeur de cha­cun, il pour­sui­vra son che­min […] Parce qu’en France, les poètes ne meurent ja­mais. » Le cer­cueil quitte alors la cour des In­va­lides sur l’air d’Em­me­nez- moi, in­ter­pré­té par le choeur de l’ar­mée fran­çaise. La fa­mille Az­na­vour est der­rière son pa­triarche. Bri­gitte Ma­cron semble chas­ser une larme. De­hors la foule re­prend le re­frain…

Page de gauche, l’hom­mage a eu lieu dans la cour d’hon­neur. Ci-des­sus, le pré­sident Ma­cron ar­rive avec le Pre­mier mi­nistre ar­mé­nien Ni­kol Pa­chi­nian. En­ri­co Ma­cias em­brasse Se­da Az­na­vour, la fille aî­née du chan­teur. Le pro­duc­teur Alain Ter­zian, au cô­té de la mi­nistre de la Cul­ture Fran­çoise Nys­sen, face à la fa­mille du chan­teur. À droite, le clan ac­com­pagne la sor­tie du cer­cueil de­vant le couple pré­si­den­tiel.

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