«Nous nous marierons à la ca­thé­drale de Mo­na­co »

« NOUS NOUS MARIERONS À LA CA­THÉ­DRALE DE MO­NA­CO »

Point de Vue - - Sommaire -

Com­ment vous êtes-vous ren­con­trés ? Louis Ducruet La pre­mière fois que j’ai aper­çu Ma­rie, c’était dans une boîte de nuit, à Cannes. Elle était avec des amis, je la re­gar­dais, je la trou­vais très belle. Elle, elle ne m’a pas re­mar­qué ce soir-là. Et puis, la ren­trée est ar­ri­vée. À l’époque – c’était en 2011 –, j’étais pré­sident du bu­reau des élèves de mon uni­ver­si­té, la Ske­ma Bu­si­ness School, à So­phia-An­ti­po­lis. Et, un jour, je l’ai vue ar­ri­ver… Ma­rie Che­val­lier Les cours ont dé­bu­té, plus le temps pas­sait, plus j’avais l’im­pres­sion d’être… ob­ser­vée par quel­qu’un. Quand j’ai vu Louis, ce­la a été le coup de foudre. Comme nous sommes aus­si ti­mides l’un que l’autre, il nous a fal­lu du temps, nous nous cher­chions du re­gard, toute l’école sa­vait que je vou­lais être avec lui et lui avec moi, mais ce­la a pris six mois avant que l’un de nous se dé­cide à faire le pre­mier pas. Voi­là com­ment tout a com­men­cé. Louis vous a de­man­dée en ma­riage en fé­vrier der­nier, alors que vous pas­siez des va­cances au Viet­nam. Vous y at­ten­diez-vous ? Ma­rie Ce­la fai­sait six ans que nous étions en­semble, et nous avions dé­jà évo­qué le su­jet. Chaque an­née, au mo­ment de notre an­ni­ver­saire, il se trouve que nous sommes en va­cances, sou­vent à l’étran­ger. C’était la pre­mière fois que je me ren­dais au Viet­nam, d’où ma mère est ori­gi­naire. Lorsque je suis ar­ri­vée sur la plage, j’ai bien sen­ti quelque chose d’in­ha­bi­tuel. Le lieu était tel­le­ment ma­gni­fique que j’ai même fait cette ré­flexion à Louis : « Qu’est-ce que ce se­ra le jour où tu me de­man­de­ras en ma­riage ! » Et là, il a mis un ge­nou à terre. La sur­prise a été to­tale, je me suis sen­tie com­plè­te­ment té­ta­ni­sée. Je ne sais même plus si j’ai dit « oui », d’ailleurs, tel­le­ment je pleu­rais. Louis Je vou­lais vrai­ment que ce mo­ment soit un mo­ment par­fait, unique, pour moi il était très im­por­tant que le lieu ait un sens. Je te­nais aus­si à ce que les choses soient faites dans les formes. Dès que nous avons trou­vé une date pour par­tir au Viet­nam, j’ai pré­ve­nu mes pa­rents. Le pa­pa de Ma­rie étant mal­heu­reu­se­ment dé­cé­dé, c’est au­près de ses deux grands frères que j’ai sol­li­ci­té la per­mis­sion de de­man­der sa main. Sur le mo­ment, j’avais moi aus­si le coeur qui bat­tait à tout rompre. Lorsque j’ai mis un ge­nou à terre, Ma­rie était tel­le­ment dés­ta­bi­li­sée qu’elle a fait quelques pas en ar­rière, j’ai dû lui dire « ne pars pas, ne pars pas ». Sa voix était pleine de san­glots, son « oui » a été à peine au­dible. Mais j’ai com­pris que c’était bon. La tra­di­tion vou­lait-elle que vous in­for­miez votre oncle, le prince Al­bert II, avant de faire votre de­mande ? Louis Mon oncle est très oc­cu­pé, nous n’avons pas sou­vent l’oc­ca­sion de nous voir seul à seul. J’avais donc char­gé ma­man de le pré­ve­nir, avant que nous par­tions pour le Viet­nam. Com­ment votre mère, la prin­cesse Sté­pha­nie, a-t-elle ré­agi lorsque vous lui avez an­non­cé votre dé­sir de vous fian­cer ? Louis Elle était très heu­reuse, très émue. Elle a beau­coup pleu­ré, comme mes soeurs, qui étaient là elles aus­si. Elles m’ont toutes les trois pris dans leurs bras. Je suis en­suite al­lé choi­sir la bague de Ma­rie avec ma­man et Pau­line. Une fois dans la bou­tique, de nou­veau elles n’ont pas pu re­te­nir leurs larmes. Et Da­niel Ducruet, votre père ? Louis Comme tous les pa­pas ! Il m’a de­man­dé : « Es-tu sûr de ton choix, es-tu cer­tain de vou­loir te ma­rier, cer­tain que le ma­riage te plai­ra ? » Mais je sen­tais qu’il était fier, content pour moi. Je le sen­tais aus­si très ému. Vous sa­vez, j’ai la chance d’avoir eu une en­fance heu­reuse et d’avoir gran­di avec des pa­rents qui, mal­gré leur di­vorce, s’ap­pré­cient et aiment pas­ser du temps en­semble. Ils oc­cupent tous les deux la même place dans mon coeur. Ma mère et mon père m’ont don­né leur amour et m’ont ap­pris l’humilité, la sim­pli­ci­té. Ils m’ont tou­jours dit : « Tu n’es pas plus im­por­tant qu’un autre, tu es Louis Ducruet et c’est tout. » Ils m’ont en­sei­gné les va­leurs dans les­quelles ils croient, m’ont ap­pris que, dans la vie cha­cun doit faire ses preuves et tra­cer son propre che­min, et ce­la m’a per­mis de de­ve­nir l’homme que je suis. Pa­pa, à qui je me ré­fère sou­vent, Ma­rie peut en té­moi­gner, a tou­jours été mon mo­dèle, mon hé­ros. Nous sommes main­te­nant as­so­ciés dans une so­cié­té de ré­no­va­tion dans le bâ­ti­ment dont il est le gé­rant. Avec ma­man, les liens sont très fu­sion­nels – beau­coup d’amour, beau­coup de câ­lins. Elle sait que je la sou­tien­drai dans tout ce qu’elle en­tre­pren­dra. Que chaque fois qu’elle au­ra be­soin de moi, je se­rai là. On vous voit très proche de votre mère, très proche aus­si de vos soeurs, Pau­line et Ca­mille, qui tiennent une place es­sen­tielle dans votre vie… Louis Et la tien­dront tou­jours. Quels sou­ve­nirs gar­dez-vous du jour où vous leur avez pré­sen­té Ma­rie ? Louis Dès que ma­man l’a ren­con­trée, elle m’a dit : « Elle est vrai­ment par­faite, garde-la, ne la laisse pas par­tir. » Avec Ca­mille, l’en­tente a été im­mé­diate – je sa­vais que leurs ca­rac­tères col­le­raient tout de suite par­fai­te­ment. Si Pau­line, qui a beau­coup d’af­fec­tion pour Ma­rie, a fait preuve au dé­part d’un peu plus de

Page de gauche, le couple et son chien, Pan­cake. Les jeunes gens, âgés de 25 ans, se sont ren­con­trés à l’uni­ver­si­té et se sont fian­cés en fé­vrier der­nier. Ci-contre, la de­mande en ma­riage de Louis, sur une plage, au Viet­nam, le pays dont la mère de Ma­rie est ori­gi­naire. De­puis l’union du prince Rai­nier III et de la prin­cesse Grace en 1956, au­cun ma­riage d’un membre de la fa­mille prin­cière n’avait été cé­lé­bré dans la ca­thé­drale de Mo­na­co.

re­te­nue, c’est parce qu’elle sou­hai­tait d’abord ap­prendre à bien la connaître. Elle a beau être ma pe­tite soeur, elle a tou­jours été très pro­tec­trice vis-à-vis de moi. Il était aus­si très im­por­tant pour vous de pré­sen­ter Ma­rie à votre grand-mère… Louis Oui, ma grand-mère pa­ter­nelle compte énor­mé­ment pour moi. Lorsque mes pa­rents ont di­vor­cé, elle s’est beau­coup oc­cu­pée de nous, au quo­ti­dien elle a tou­jours été une pré­sence es­sen­tielle, un roc. Avec Ma­rie, nous lui ren­dons vi­site ré­gu­liè­re­ment, nous nous confions à elle, nous lui ra­con­tons notre vie. Et pour Ma­rie, elle est de­ve­nue une grand-mère de coeur. Ma­rie Avec Louis, nous avons en com­mun d’être très « fa­mille ». Mes pa­rents ont di­vor­cé lorsque j’avais 4 ans. Ma mère, qui nous a éle­vés seule, mes frères et moi, avant de ren­con­trer mon beau-père, a tou­jours fait de son mieux pour nous, pour que nous ne man­quions de rien. Elle a tra­vaillé dur, s’est tou­jours bat­tue et m’a ap­pris à être hon­nête, à tou­jours faire mes preuves – pour moi, elle est un mo­dèle. Mes frères se sont eux aus­si beau­coup oc­cu­pés de moi, en­fant j’étais leur pro­té­gée, leur pe­tite soeur ché­rie. Ce­la nous a sou­dés pour la vie. L’été pro­chain, où se dé­rou­le­ra votre ma­riage ? Louis À Mo­na­co. Gran­dir au sein de la fa­mille prin­cière vous lie de ma­nière très forte à ce pays, pour moi c’était donc une évi­dence. Nous nous marierons à la ca­thé­drale, ain­si nous se­rons près de mon grand­père, le prince Rai­nier III, – ce se­ra notre ma­nière de l’as­so­cier à notre bon­heur. Mon grand-père était un homme que j’ad­mi­rais. J’étais très proche de lui. Ma­rie Louis sou­hai­tait que son ma­riage ait lieu ici, là où il est né et où nous ha­bi­tons au­jourd’hui. Moi je suis ni­çoise d’ori­gine, j’étais ve­nue à Mo­na­co avant notre ren­contre, mais c’est avec lui que j’ai vrai­ment dé­cou­vert la Prin­ci­pau­té et réa­li­sé la force de l’at­ta­che­ment des Mo­né­gasques pour les Gri­mal­di. Lorsque j’ai fait la connais­sance des proches de Louis, je me suis sen­tie un peu stres­sée parce qu’il me pré­sen­tait les per­sonnes qui comptent le plus à ses yeux, mais je peux vous dire que je ne me­su­rais en­core ni le rôle ni l’im­por­tance des membres de la fa­mille prin­cière. Il faut dire qu’ils se sont tous mon­trés très ac­cueillants dès le dé­part, très bien­veillants. Ce­la n’au­rait pas pu mieux se pas­ser. Sou­hai­tez-vous fon­der une fa­mille bien­tôt ? Ma­rie Avoir des en­fants, oui, bien sûr. Nous en par­lons dé­jà. Mais nous pré­fé­rons at­tendre d’être un peu plus… ins­tal­lés dans nos mé­tiers res­pec­tifs. Vous avez fait en sorte de suivre des che­mins pa­ral­lèles, de ne ja­mais vous quit­ter… Ma­rie J’ai sui­vi des études de mar­ke­ting à Ske­ma, puis je suis par­tie avec lui à l’uni­ver­si­té Wes­tern Ca­ro­li­na, aux États-Unis, pen­dant deux ans, pour y ter­mi­ner mon cur­sus. Nous sommes en­suite re­ve­nus à Mo­na­co, où nous avons vé­cu chez sa ma­man pen­dant six mois, jus­qu’en oc­tobre 2015, date à la­quelle nous avons em­mé­na­gé dans notre propre ap­par­te­ment. Après avoir tra­vaillé pen­dant deux ans et de­mi à l’hô­tel Her­mi­tage, un éta­blis­se­ment Monte-Car­lo So­cié­té des Bains de Mer, je suis de­ve­nue chef de pro­jet évé­ne­men­tiel au ca­si­no de Monte-Car­lo. Louis Ma­rie a eu un peu de mal à s’adap­ter à Mo­na­co, mais elle s’est beau­coup ap­puyée sur moi, elle m’a fait confiance. Elle a re­non­cé à beau­coup de choses et ac­cep­té de quit­ter les États-Unis, où je pense qu’elle au­rait ai­mé tra­vailler. Elle m’a dit : « Je te suis, je reste avec toi. » Sa confiance nous a per­mis d’avan­cer se­rei­ne­ment dans notre re­la­tion. En tant que re­cru­teur in­ter­na­tio­nal au club de foot­ball de l’AS Mo­na­co, je suis ame­né à beau­coup voya­ger, en France, mais aus­si en Al­le­magne, en Bel­gique, en Ita­lie et sur­tout en Asie, au Ja­pon et en Co­rée prin­ci­pa­le­ment. Ce n’est pas tou­jours fa­cile pour Ma­rie. En se­maine, nos jour­nées se ter­minent sou­vent tard, et le week-end je suis sou­vent en dé­pla­ce­ment. Dé­si­rez-vous faire car­rière au sein du club ? Louis J’ai l’in­ten­tion de pour­suivre dans ce mé­tier de re­cru­teur pen­dant quelques an­nées en­core, le temps pour moi d’ac­qué­rir une par­faite connais­sance du mi­lieu du foot­ball sur le plan spor­tif. Je suis ti­tu­laire d’un double ba­che­lor en ad­mi­nis­tra­tion des af­faires et ma­na­ge­ment du sport, des études qui m’ont per­mis de maî­tri­ser les di­men­sions ad­mi­nis­tra­tive et ma­na­gé­riale de la ges­tion d’un club. À 13 ans, je sa­vais dé­jà ce que je vou­lais faire dans la vie : mon ob­jec­tif est de di­ri­ger un jour l’AS Mo­na­co. Aux États-Unis, vous avez éga­le­ment sui­vi des études de ja­po­nais… Louis C’est une langue ma­gni­fique, et je re­grette de man­quer de temps pour la pra­ti­quer. J’ai tou­jours eu une pas­sion pour l’Asie, et pour le Ja­pon en par­ti­cu­lier, où j’ai dé­jà sé­jour­né une di­zaine de fois – la pre­mière fois en 2015, lorsque ma mère m’a of­fert un voyage d’un mois pour mon di­plôme. Au­jourd’hui, j’ai beau­coup d’amis là-bas. Ma­rie, quels mots vous viennent spon­ta­né­ment pour dé­crire Louis ? Ma­rie Louis est une per­sonne très franche, très hon­nête, qui sait cer­ner les gens ra­pi­de­ment. Quand il aime, il aime, il est en­tier, droit, sin­cère. Très sen­sible, aus­si, bien qu’il s’ap­plique à le ca­cher. Louis Nous nous sommes tou­jours dit les choses fran­che­ment – Ma­rie a elle aus­si un ca­rac­tère très af­fir­mé –, c’est sans doute ce qui a per­mis à notre re­la­tion d’avan­cer, de s’an­crer dans la du­rée. Mais le plus im­por­tant est ce qui nous unit. De l’amour à re­vendre…

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