DE FOIRE

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FRAPPEE A MORT PUIS NOYEE

Ma­rie-Ch­ris­tine Amet est la cin­quième d’une famille de 12 en­fants. Is­sue d’une famille mo­deste, cette jeune fille de 19 ans vit au do­mi­cile pa­ren­tal avec sa mère et ses soeurs, dans le quar­tier du Saut-le-Cerf à Epi­nal. Une si­tua­tion pré­caire dont le quo­ti­dien frise l’in­di­gence mo­rale. Jeune, char­mante et fra­gile, l’in­té­res­sée as­siste im­puis­sante aux ren­contres in­for­tu­nées de sa gé­ni­trice. Des scènes qui la marquent et qui vrai­sem­bla­ble­ment, l’ont ame­née à faire la connais­sance de son as­sas­sin. Ce jour là, le 26 sep­tembre 1983, vers 15 heures, Ma­rieCh­ris­tine dé­cide d’agré­men­ter son quo­ti­dien. Comme toutes les jeunes filles de son âge, elle se rend à la fête fo­raine, en com­pa­gnie de Ca­the­rine, une de ses amies. La jour­née pro­met d’être belle. C’est l’oc­ca­sion pour cette jeune per­sonne de s’éva­der un peu et de vivre sa jeunesse plei­ne­ment. Au rythme en­dia­blé des at­trac­tions, elle ne voit pas le temps pas­ser. Nou­gats, barbes à pa­pa et ma­nèges de­viennent pour elle une se­conde vie, celle de l’in­sou­ciance et de l’amu­se­ment. Vers 19 heures, vou­lant se chan­ger les idées, elle dé­cide de flâ­ner au centre ville. Une pro­me­nade qui la conduit os­ten­si­ble­ment dans un ca­fé de la rue des EtatsU­nis, là où tra­vaille un cer­tain Mo­ha­med Mou­mou, bar­man oc­ca­sion­nel. Un boxeur âgé de 23 ans, ren­con­tré au sein de sa famille, avec le­quel la jeune fille a dé­jà eu des re­la­tions. Ré­pu­té pour sa vio­lence et sa conduite contraire aux bonnes moeurs, Ma­rieCh­ris­tine le craint. A tel point qu’ar­ri­vée vers l’es­ta­mi­net, elle dé­cide de faire de­mi-tour. Trop tard, les re­gards se sont croi­sés. Elle prend peur et re­joint le champ de Mars, siège de la fête fo­raine, là où il fait bon vivre. Vers 23 heures, il faut pour­tant son­ger au re­tour. A cette heure-ci, plu­sieurs té­moins af­firment l’avoir vue en com­pa­gnie d’un fo­rain et mon­ter à bord d’un vé­hi­cule. C’est la der­nière dois que l’on ver­ra l’in­té­res­sée vi­vante. Son corps se­ra dé­cou­vert une di­zaine de jours plus tard, à de­mi vê­tu, flot­tant dans la Mo­selle, à la sur­face du ca­nal d’ali­men­ta­tion des Blan­chis­se­ries et Tein­tu­re­ries de Thaon. L’au­top­sie ré­vèle alors une stran­gu­la­tion, as­so­ciée à une sé­rie de coups mor­tels. Char­gé de l’opé­ra­tion mé­di­co-lé­gale, le Pro­fes­seur De Ren dé­cla­re­ra que “le décès pour­rait être consé­cu­tif à une sé­rie de coups re­çus à hau­teur de la tête et de la nuque. On re­lève no­tam­ment une frac­ture du maxil­laire droit . Un acte d’une rare vio­lence dont les cir­cons­tances ne per­mettent pas pour au­tant d’af­fir­mer que la jeune femme n’a pas su­bi de vio­lences sexuelles. L’en­quête di­li­gen­tée par le par­quet d’Epi­nal per­met aux forces de l’ordre d’orien­ter leurs in­ves­ti­ga­tions en di­rec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment fa­mi­lial, des fo­rains et des dé­tra­qués sexuels. Des re­cherches qui les poussent à s’in­té­res­ser à Mo­ha­med Mou­mou.

RE­TROU­VEE EX­SANGUE A SON DO­MI­CILE

Gol­bey, la ban­lieue d’Epi­nal. Au 21 ter de la rue de Lor­raine, un drame va se nouer. Le 23 dé­cembre 1983 à 10 heures 45, le corps sans vie de Bri­gitte Sour­dot va être re­trou­vé à son do­mi­cile. Gi­sant à terre, en vê­te­ments de nuit, la jeune femme est morte ex­sangue, la gorge pro­fon­dé­ment en­taillée. Son vi­sage est tu­mé­fié et son nez est cas­sé. C’est Pierre, son père, qui l’a dé­cou­verte, après avoir été aler­té par son em­ployeur, la Caisse d’Epargne de la Ci­té des Images. Rien n’ex­plique les rai­sons de ce crime odieux. Âgée de 27 ans, la jeune femme n’avait ja­mais fait par­ler d’elle. L’en­quête de voi­si­nage ef­fec­tuée par la Po­lice n’ap­por­te­ra rien de concret, bien au contraire. Les opé­ra­tions de po­lice tech­nique se mul­ti­plient, les in­ter­ro­ga­toires se font plus pres­sants mais les in­ves­ti­ga­tions pié­tinent. Quant à l’au­top­sie, elle ré­vèle que la vic­time, avant de dé­cé­der, n’a ja­mais en­tre­te­nu de re­la­tions sexuelles et “n’a su­bi, à plus forte rai­son, au­cune vio­lence de ce type“. Une seule chose est sûre. L’in­té­res­sée connais­sait son agres­seur. Une dé­duc­tion ti­rée du por­trait psy­cho­lo­gique de la mal­heu­reuse. Il ap­pa­raît en ef­fet aux en­quê­teurs, comme peu pro­bable qu’elle ait ou­vert la porte de son ap­par­te­ment à n’im­porte qui. Les li­miers du com­mis­sa­riat tentent tou­te­fois un ul­time com­bat. Aver­tis une se­maine après le décès de la jeune em­ployée de banque que deux de ses cartes de cré­dit lui ont été sub­ti­li­sées, ils dé­cident de tendre une sou­ri­cière à l’au­teur du vol, vrai­sem­bla­ble­ment son agres­seur. Une opé­ra­tion me­née sur le plan ré­gio­nal. C’est ain­si que le 4 jan­vier 1984 vers 4 heures, un in­di­vi­du se pré­sente au dis­tri­bu­teur de billets de la banque où tra­vaillait la vic­time. Il semble bien connaître les lieux. Son vi­sage

La Mo­selle et le ca­nal,

près de la Côte Olie à Gol­bey

La rue de Lor­raine à Gol­bey

La Mo­selle à Epi­nal

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