EZ Streets

Paul Hag­gis in­vente la té­lé « qua­li­té ci­né­ma » avant HBO. Un clas­sique des listes de sé­ries « brillantes mais an­nu­lées ».

Première - Hors-série - - LES VISIONNAIRES -

La cri­tique amé­ri­caine ado­rait EZ Streets. Le po­lar de CBS fut le temps d’une sai­son le chou­chou des mé­dias, une « cause cé­lèbre » (comme disent les Amé­ri­cains en fran­çais). Son au­teur Paul Hag­gis n’était pas en­core le scé­na­riste os­ca­ri­sé de Col­li­sion et Mil­lion Dol­lar Ba­by, juste le créa­teur de… Wal­ker, Texas Ran­ger (oui, oui). Mais là, il fai­sait fort. EZ Streets an­non­çait tout ce qui al­lait en­flam­mer les chaînes du câble une poi­gnée d’an­nées plus tard : le brouillage per­ma­nent des lignes de mo­ra­li­té, l’am­bi­tion avouée de com­men­taire po­li­tique et so­cial, la réa­li­sa­tion qui ta­basse… Le su­jet était ba­nal (la ri­va­li­té entre un flic et un ma­fieux dans une ville gan­gre­née par la cor­rup­tion) mais trans­cen­dé par des dia­logues ex­cep­tion­nels et des ac­teurs dé­chaî­nés – dont Joe Pan­to­lia­no, qui peau­fi­nait ici ses poses de gang­ster psy­cho­tique qui fe­ront sa gloire dans Les So­pra­no. Pour­tant, mal­gré tout l’amour que la presse lui por­tait, EZ Streets ne dé­pas­sa pas le stade des neuf épi­sodes. Trois ans plus tôt, les cri­tiques US avaient réus­si à sau­ver la peau de Ho­mi­cide – qui, en dé­pit de ses au­diences fai­blardes, fut main­te­nue en vie par NBC, trop contente d’avoir une telle dar­ling mé­dia­tique dans sa grille de pro­grammes. Mais deux mi­racles d’af­fi­lée, c’était ma­ni­fes­te­ment un de trop.

Pays USA • 1996-1997 • 1 sai­son • Créée par Paul Hag­gis • Avec Ken Olin, Joe Pan­to­lia­no, Ja­son Ge­drick... • En DVD (im­port)

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