SANS UN BRUIT

Première - Hors-série - - SÉ­LEC­TION / MONSTRES & CIE - SP

Des monstres sen­sibles au moindre bruit traquent la fa­mille d’Emi­ly Blunt et John Kra­sins­ki dans un sla­sher ré­jouis­sant et ma­lin.

Un fu­tur proche où le monde (en­fin, un bout d’Amé­rique pro­fonde) est ra­va­gé par des monstres in­vin­cibles, aveugles et sen­sibles au moindre bruit. Ce­la fai­sait long­temps que le ci­né­ma de genre n’avait pas ac­cou­ché d’un concept aus­si simple et ex­ci­tant. Réa­li­sé par l’ac­teur John Kra­sins­ki, plus ha­bi­tué aux drames middle Ame­ri­ca (le hé­ros « nor­mal » de The Of­fice a no­tam­ment écrit Pro­mi­sed Land avec Matt Da­mon pour Gus Van Sant), et pro­duit par Mi­chael Bay, Sans un bruit bran­dit son su­perbe concept de sla­sher mi­ni­ma­liste, en choi­sis­sant d’ef­fa­cer un des élé­ments du lan­gage ci­né­ma­to­gra­phique – le dia­logue – tout en mé­na­geant suf­fi­sam­ment de sur­prises pour ne pas las­ser. Avec sa struc­ture bien taillée en trois actes ré­gu­liers, son ha­bi­le­té dans la sug­ges­tion (la mise en place ter­ri­fiante re­fuse toute ex­pli­ca­tion qui ap­pau­vri­rait le contexte), son Emi­ly Blunt ar­mée d’un shot­gun et son cli­max qui va vous faire plan­ter vos ongles dans votre fau­teuil, Sans un bruit mé­rite bien tout le buzz qui l’en­toure. C’est ma­lin et pre­nant, à en ou­blier de bouf­fer son pop-corn ; tant mieux, ça fe­rait trop de bruit dans la salle. Ce n’est peut-être pas le film le plus sub­til du monde – trop d’hé­roïsme fa­mi­lial, peut-être – pour­tant, il par­vient à brillam­ment épui­ser son su­jet. Ce qui rend l’an­nonce de la mise en chan­tier d’une suite as­sez cu­rieuse (com­ment ne pas être re­don­dant?), mais vu son énorme suc­cès pu­blic et cri­tique aux États-Unis, c’est par­fai­te­ment lo­gique. Comme le film, en fait : cu­rieux, mais d’une lo­gique im­pa­rable.

Emi­ly Blunt et Millicent Sim­monds

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