THE LODGERS

Première - Hors-série - - SÉ­LEC­TION / FAN­TÔMES - FRAN­ÇOIS LÉ­GER

Un frère et une soeur vivent cloî­trés dans une im­mense de­meure han­tée. Un gen­til fou­toir go­thi­co-in­ces­tueux : même pas peur.

Dé­but du XXe siècle, en Ir­lande ru­rale. Ra­chel et Ed­ward vivent seuls dans la mai­son fa­mi­liale, hé­ri­tée à la mort tra­gique et mys­té­rieuse de leurs pa­rents. D’étranges en­ti­tés fan­to­ma­tiques (les « lo­ca­taires » du titre) contrôlent les lieux et leur im­posent un quo­ti­dien de pri­son­niers, ré­gi par trois règles im­muables : ils doivent être au lit à mi­nuit, ne peuvent pas lais­ser d’étran­gers fran­chir le seuil de la de­meure et, si l’un des deux tente de se ca­ra­pa­ter, il met ir­ré­mé­dia­ble­ment la vie de l’autre en dan­ger. Une si­nistre rou­tine adop­tée de­puis des an­nées par le frère et la soeur, jus­qu’à ce qu’un sol­dat du vil­lage voi­sin, fraî­che­ment re­ve­nu de la guerre, ne vienne trou­bler les sens de la jeune Ra­chel et lui don­ner des en­vies d’éva­sion. Pour son deuxième film, l’Ir­lan­dais Bryan O’Mal­ley (Let Us Prey) coche po­li­ment toutes les cases du film de mai­son han­tée sans ja­mais faire de vagues. Am­biance ins­pi­rée d’Ed­gar Al­lan Poe, par­quet qui craque, portes qui grincent, grands es­ca­liers et vi­sions dé­mo­niaques en­tre­coupent une his­toire de malédiction fa­mi­liale aux re­bon­dis­se­ments en­ten­dus. Un ré­cit bien pro­pret qui tente de se rat­tra­per dans un fi­nal go­thi­co-in­ces­tueux pas in­in­té­res­sant for­mel­le­ment (on lui re­con­naî­tra une jo­lie pho­to et vrai sens du cadre), mais tou­jours à cô­té de la plaque quand il s’agit de fi­ler les cho­cottes. Re­par­ti bre­douille du fes­ti­val de Gé­rard­mer en dé­but d’an­née, The Lodgers est ar­ri­vé di­rec­te­ment sur Net­flix en France, à la fin du mois d’août. Même Net­flix a ses sor­ties tech­niques.

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