HAL­LO­WEEN, BAS LES MASQUES

Si les neuf épi­sodes qui suivent La Nuit des masques comptent pour du beurre, alors de quoi pré­ci­sé­ment est consti­tuée la my­tho­lo­gie de la sa­ga? Qu’est-ce qui est « ca­non » et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Ré­tros­pec­tive en forme de fact-che­cking.

Première - Hors-série - - EN COU­VER­TURE - PAR FRÉ­DÉ­RIC FOUBERT & BEN­JA­MIN ROZOVAS

C’EST AVÉRÉ Mi­chael Myers est en­fer­mé à l’asile de­puis qua­rante ans

La fin ou­verte du pre­mier Hal­lo­ween (Loo­mis re­garde par la fe­nêtre et... Mi­chael Myers a dis­pa­ru!) of­frait ma­tière à fan­tas­mer. Le nou­vel opus in­ter­rompt quatre dé­cen­nies de spé­cu­la­tion : « Il s’est fait ti­rer des­sus par son psy­chiatre et a pas­sé les qua­rante der­nières an­nées en cap­ti­vi­té. »

Lau­rie Strode s’est fait des che­veux blancs

C’était une jeune fille sage, pro­mise à un brillant ave­nir. Elle au­rait pu faire car­rière dans l’enseignement (ce qui était le cas dans Hal­lo­ween, 20 ans après). Mais son look 2018 (che­veux gris, re­gard fou) in­dique clai­re­ment que Lau­rie Strode a pas­sé sa vie re­cluse, à at­tendre le re­tour du croque-mi­taine.

Dr Loo­mis est mort en paix, de vieillesse

Do­nald Plea­sence/Loo­mis a été une sorte de Van Hel­sing pour Mi­chael Myers, aus­si din­go que la créature qu’il pour­suit, jus­qu’au dé­cès de l’ac­teur pen­dant le tour­nage du 6. Dans le nou­veau film, Loo­mis fe­ra une ra­pide ca­meo d’outre-tombe par la grâce d’un so­sie vo­cal de l’ac­teur.

Mi­chael « The Shape » Myers est le mal per­son­ni­fié

Une forme dans la nuit. Une idée du mal dés­in­car­née. L’er­reur ma­jeure des se­quels a été d’igno­rer la pu­re­té du de­si­gn ori­gi­nal en af­fu­blant Mi­chael de per­ruques hir­sutes et de fu­tals trop grands, lui don­nant une « per­son­na­li­té » pa­taude. Mais cette fois, ça y est : The Shape is back.

Ça se passe à Hal­lo­ween

C’est la base. Pre­nez la sa­ga par n’im­porte quel bout, l’in­trigue se dé­rou­le­ra un 31 oc­tobre. Dans le troi­sième épi­sode, Le Sang du sor­cier, Carpenter (pro­duc­teur du film), avait été jus­qu’à en­le­ver Mi­chael Myers de l’équa­tion pour inau­gu­rer une an­tho­lo­gie de films au­tour de la Fête des morts. Mais ça n’a pas pris.

ON L’A RÊ­VÉ Mi­chael et Lau­rie sont frère et soeur (H2, H4, H5, H6, H7, H8, H9, H10)

Le lien de pa­ren­té entre le tueur et la ba­by-sit­ter était le su­per twist d’Hal­lo­ween II. Une don­née res­pec­tée par toutes les suites, tous les re­makes. En l’igno­rant, Da­vid Gor­don Green sug­gère que le fon­de­ment my­tho­lo­gique ré­tros­pec­tif de la sa­ga était peut-être une fausse bonne idée.

Mi­chael est contrô­lé par une secte oc­culte (H4, H5, H6)

Le tueur s’at­taque à la nièce de Lau­rie mais se dé­couvre un lien té­lé­pa­thique avec sa vic­time. Tous les deux sont en fait contrô­lés par la secte de Thorn, qui far­cit le corps de Myers d’une ge­lée rose cor­ro­sive pour le rendre in­vin­cible.

Dif­fi­cile à ex­pli­quer. Pro­ba­ble­ment parce que ça n’a au­cun sens.

Mi­chael se croit dans Scream (H7)

En 1998, Hal­lo­ween, 20 ans après fai­sait dé­jà le coup du « come-back-avec-Ja­mie-Lee-Cur­tis-quian­nule-les-épi­sodes-pré­cé­dents ». Ke­vin

« Scream » William­son pro­duit, il y a des clins d’oeil mé­ta (cou­cou Ja­net Leigh) et Myers char­cute des ac­teurs de Daw­son. Pe­tit vent de fraî­cheur.

Mi­chael est brû­lé, dé­ca­pi­té, bat­tu à mort avec un bâ­ton (H2, H5, H6, H7)

Le feu ra­vage Mi­chael à la fin du 2, mais pas avant que Loo­mis l’ait cri­blé de balles. Ja­mie Lee lui tranche la tête dans le 7. Bi­zar­re­ment, le moyen le plus sûr de se dé­bar­ras­ser de lui semble être de lui ta­per des­sus avec un ob­jet long et dur. Une planche en bois ou un tuyau de fer fe­ront le job.

Mi­chael était un en­fant de la DDASS (H9, H10)

Rob Zom­bie di­vise les fans avec sa ré­ap­pro­pria­tion es­thé­tique du mythe, qu’il dé­place sans mé­na­ge­ment dans son uni­vers bis et white trash. Myers gran­dit dans une fa­mille au RSA qui le mal­traite et lui ins­pire sa vo­ca­tion de tueur in­cre­vable, le réa­li­sa­teur sol­li­ci­tant ain­si la sym­pa­thie du spec­ta­teur. Quelle drôle d’idée.

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