SÉ­LEC­TION SÉ­RIES

Première - - SOMMAIRE -

Dix pour cent – Sai­son 3 ; Ad Vi­tam ; Vingt-cinq ; Hippocrate ; Fo­re­ver

Lors­qu’on s’est pré­sen­tés aux stu­dios d’Au­ber­vil­liers, le 13 fé­vrier der­nier, pour notre ren­dez-vous an­nuel sur le tour­nage de Dix pour cent, l’agence ar­tis­tique ASK était sens des­sus des­sous. Ça hur­lait de tous les cô­tés, ça se rou­lait par terre. Face au comp­toir de la ré­cep­tion, Thi­baut « Ma­thias » de Mon­ta­lem­bert es­suyait les as­sauts ré­pé­tés de Gré­go­ry « Ga­briel » Mon­tel, lui-même roué de coups par Laure « Noé­mie » Ca­la­my, sous les re­gards im­puis­sants de Li­liane « Ar­lette » Ro­vère et Ca­mille « An­dréa » Cot­tin... Le bor­del to­tal. Loin des ca­mé­ras, dans un dé­cor non uti­li­sé par l’équipe (le bu­reau-mu­sée d’Hi­cham, re­pre­neur co­riace d’ASK), la créa­trice-sho­wrun­neuse de la sé­rie, Fan­ny Her­re­ro, nous ac­cueillait à voix basse avec un pe­tit rap­pel des épi­sodes pré­cé­dents : « À la fin de la sai­son 2, on lais­sait nos per­son­nages à Cannes avec leurs doutes et leurs se­crets. An­dréa, en­ceinte, était par­ta­gée entre l’éven­tua­li­té d’avoir ce bé­bé et

FAN­NY HER­RE­RO, FIL­MO EX­PRESS

celle de par­tir à New York pour élar­gir son ho­ri­zon. Ef­fon­dré, Ga­briel ve­nait de perdre So­fia, l’amour de sa vie, après avoir ma­ni­gan­cé pour tor­piller sa jeune car­rière et faire en sorte que le fi­nan­ce­ment du film de Ju­lien Do­ré n’abou­tisse pas. Ma­thias, lui, avait ré­cu­pé­ré sa femme [Phi­lip­pine Le­royBeau­lieu] et, semble-til, les rênes de son exis­tence... L’an­née der­nière, on cam­pait es­sen­tiel­le­ment sur les thé­ma­tiques in­times et sen­ti­men­tales des per­son­nages. Cette sai­son, on re­part dans le chaos de la vie pro­fes­sion­nelle ; leurs re­la­tions de ri­va­li­té, de pou­voir, leurs ami­tiés tes­tées... Comment les uns et les autres ré­agissent à l’agres­si­vi­té d’Hi­cham [As­saad Bouab], main­te­nant ins­tal­lé dans ses fonc­tions ? Que fe­ront-ils pour le contrer ? Ga­briel et An­dréa s’al­lient tan­dis que Ma­thias, qui n’a ja­mais vrai­ment sup­por­té qu’on lui vole sa place, re­prend du poil de la bête. Pré­pa­rez-vous à une ren­contre au som­met entre les deux mâles al­pha de la boîte... » C’est peu­têtre dû à nos vi­sites ré­pé­tées dans les stu­dios d’Au­ber­vil­liers, ou à la po­pu­la­ri­té de la sé­rie, ou en­core au mo­tif à bandes de la mo­quette d’ASK, mais il se dé­gage de cette am­biance de bu­reau un sen­ti­ment ex­ces­si­ve­ment fa­mi­lier. En de­hors de ses stars in­vi­tées, qui ral­longent agréa­ble­ment son champ d’ac­tion, le pe­tit monde soap de la sé­rie se dé­ploie es­sen­tiel­le­ment entre ces murs. Deux sai­sons de six épi­sodes, ça ne pa­raît pas lourd à pre­mière vue, mais douze heures pas­sées à ar­pen­ter les mêmes cou­loirs et les mêmes bu­reaux, ce n’est pas rien non plus. D’où la ques­tion qui nous ta­raude de­puis qu’on a pas­sé la porte : jus­qu’où Dix pour cent peut-elle al­ler ? « C’est à nous de sen­tir de l’in­té­rieur le mo­ment où on com­men­ce­ra à rou­ler sur le ré­ser­voir, re­prend Fan­ny Her­re­ro à la vo­lée, comme si elle y avait tou­jours ré­flé­chi. Dix pour cent n’est pas un drame épique comme Un vil­lage fran­çais, sus­cep­tible de sup­por­ter six ou sept sai­sons. Aux États-Unis, quand ils veulent re­nou­ve­ler des sé­ries comme The Good Wife ou Suits, qui sont aus­si des co­mé­dies de bu­reau, ils cassent le sta­tu quo avec des twists énormes ou ils en­gagent un nou­veau cast... À ce stade, je peux com­prendre que la sé­rie re­pré­sente un “dé­but” pour les té­lé­spec­ta­teurs, mais moi, j’y tra­vaille de­puis six ans. C’est une longue, longue pé­riode de ma vie. »

L’UNE DES SÉ­RIES QUI A PROU­VÉ AU MONDE EN­TIER QUE LES FRAN­ÇAIS SA­VAIENT FAIRE DES SÉ­RIES

Huit mois plus tard, as­sis de­vant les épi­sodes de la sai­son 3, le sen­ti­ment d’hy­per-fa­mi­lia­ri­té per­siste : même si le ré­cit mé­nage quelques dé­tours, on connaît

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