Votre cô­té so­leil : l’honnêteté Votre cô­té ombre : l’in­tran­si­geance

Psychologies - - TEST -

Gé­rard Bon­net est psy­cha­na­lyste et en­sei­gnant­cher­cheur à Pa­ris, fon­da­teur et di­rec­teur de l’École de pro­pé­deu­tique à la connais­sance de l’in­cons­cient (EPCI). Il est éga­le­ment co­au­teur de Dé­sir, l’ob­jet qui nous fait vivre (in Press) et au­teur de L’Idéal, la force

qui nous gou­verne (in Press, à pa­raître en sep­tembre).

Cô­té so­leil : votre idéal est la jus­tice. C’est le mo­teur prin­ci­pal de toutes vos ac­tions. Votre in­té­gri­té est re­con­nue et ap­pré­ciée de tous. Vous pra­ti­quez la fran­chise et ne sup­por­tez pas que l’on vous mente. Vous êtes in­cor­rup­tible, mais votre cô­té che­va­lier blanc ne s’ar­rête pas là. Vous vous en­ga­gez chaque fois que vous pou­vez mettre fin à une si­tua­tion in­juste, quitte à y lais­ser des plumes ou à sa­cri­fier tout ou par­tie de vos in­té­rêts per­son­nels. Ce n’est pas de­main que l’on achè­te­ra votre pas­si­vi­té et votre si­lence. Qu’on se le dise.

Cô­té ombre : une in­flexi­bi­li­té qui touche par­fois – sou­vent, disent ceux qui en font les frais – à l’in­tran­si­geance. Votre rap­port à la jus­tice vous fait ap­pré­hen­der les si­tua­tions, par­fois même les per­sonnes, sur un mode bi­naire : blanc ou noir, vrai ou faux, hon­nête ou mal­hon­nête. Votre honnêteté vous sert alors à stig­ma­ti­ser et à ac­cu­ser les autres sans nuance. Peu en­clin à la re­mise en ques­tion, vous pré­fé­rez clore le dé­bat sur l’air de « c’est comme ça » plu­tôt que d’es­sayer d’adop­ter, mo­men­ta­né­ment, le point de vue de l’autre.

À l’ori­gine : une cul­ture fa­mi­liale de « jus­ti­ciers », des pa­rents qui exigent de l’en­fant la vé­ri­té, tou­jours, tout le temps, une édu­ca­tion culpa­bi­li­sante qui, dra­ma­ti­sant le moindre man­que­ment et n’ac­cor­dant au­cun droit à l’er­reur, fait que l’en­fant se sent tou­jours cou­pable de tout. D’où une dif­fi­cul­té, voire une in­ca­pa­ci­té à as­su­mer l’am­bi­va­lence des émo­tions et des sen­ti­ments, ce qui conduit au ma­ni­chéisme.

Le con­seil : culti­ver l’empathie, en pre­nant l’ha­bi­tude de ne pas in­ter­rompre votre in­ter­lo­cu­teur, en es­sayant de com­prendre son point de vue et en vous met­tant à sa place. User avec mo­dé­ra­tion des « tou­jours » et des « ja­mais », uti­li­ser la « vé­ri­té » avec dis­cer­ne­ment et dé­li­ca­tesse, et in­ter­ro­ger ré­gu­liè­re­ment vos cer­ti­tudes et ac­cor­der ce droit aux autres.

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