Éli­sa­beth, 38 ans, pro­fes­seure, deux en­fants de 10 ans et 7 ans

“J’ai nié la réa­li­té pen­dant dix ans”

Psychologies - - DOSSIER -

« Quand j’ai ren­con­tré Vincent, j’ai eu un coup de foudre ! Moi qui me trou­vais si moche – c’est en­core le cas –, qui avais si peu confiance en moi, voi­là que le plus beau des gar­çons s’in­té­res­sait à moi ! La toute pre­mière re­marque est ve­nue de ma meilleure amie. Il pa­raît que je lui ai dit, en lui mon­trant une pho­to : “J’ai trou­vé mon maître !” Elle m’a ré­pon­du : “Mais tu réa­lises ce que tu dis !” Bien sûr, je n’ai pas écou­té. Mes pa­rents ne voyaient pas ce­la d’un très bon oeil. Le pre­mier été, Vincent m’a dit : “Tu ne dois pas par­tir en va­cances sans moi, si­non je ne suis pas sûr de ne pas te trom­per.” Et je suis res­tée à Bruxelles ! Tout s’est dé­gra­dé pro­gres­si­ve­ment. Si je vou­lais sor­tir avec des co­pines, il me di­sait : “Vas-y, je m’en fous.” Quand je ren­trais, la porte était fer­mée à clé et je dor­mais sur le pa­lier… Le sur­len­de­main, il était char­mant. On se ré­con­ci­liait en fai­sant l’amour. La prise de conscience a com­men­cé au bout de trois ou quatre ans. J’étais très dé­pri­mée et hy­per­pha­gique, ce qui n’ar­ran­geait rien. “Tu as conscience que tu es un bou­din ?” était une de ses phrases cou­rantes. Je suis al­lée voir une psy, qui m’a fait com­prendre ce qui se pas­sait. Je le sa­vais, mais je l’ai nié pen­dant dix ans. Et puis nous avions des en­fants… Fi­na­le­ment, c’est lui qui m’a quit­tée pour une femme avec la­quelle il avait une liai­son. Ça a été un gros coup, mais ça a été ma chance. Il es­saie tou­jours de me manipuler par rap­port aux en­fants, de me faire du chan­tage pour les prendre un peu plus tôt, un peu plus tard… Il m’ar­rive de cé­der. C’est tou­jours dur. »

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