EN­QUÊTE

Les ré­sul­tats du bac­ca­lau­réat 2017 viennent de tom­ber. Si vous faites par­tie de ceux qui n’ont pas ob­te­nu le di­plôme, ne pa­ni­quez pas. Cer­taines fi­lières pro­posent des for­ma­tions va­riées dans des sec­teurs d’ac­ti­vi­té qui re­crutent. Tour d’ho­ri­zon.

Rebondir - - AU SUMMARIO - Ca­mille BOULATE

Quelle car­rière sans le bac ?

“Si la fi­lière des mé­tiers d’art ac­cueille de plus en plus de ba­che­liers, de nom­breuses for­ma­tions en CAP sont pro­po­sées.”

Passe ton bac d’abord ! Cette phrase, vos pa­rents l’ont sû­re­ment pro­non­cée à plu­sieurs re­prises au cours de votre sco­la­ri­té, no­tam­ment parce qu’ob­te­nir le bac­ca­lau­réat est sy­no­nyme de réus­site. Si ce di­plôme est au­jourd’hui per­çu comme un pas­se­port pour ef­fec­tuer des études su­pé­rieures, il n’est pas obli­ga­toire pour réus­sir et in­té­grer une for­ma­tion. De nom­breux sec­teurs d’ac­ti­vi­té pro­posent en ef­fet des cur­sus, ac­ces­sibles sans le bac, et avec de belles pers­pec­tives de car­rière. Zoom sur trois do­maines à fort po­ten­tiel.

1- MAROQUINIER, TAILLEUR DE PIERRE, CORDONNIER… LES MÉ­TIERS D’ART AC­CES­SIBLES À TOUS

Si la fi­lière des mé­tiers d’art ac­cueille de plus en plus de ba­che­liers, de nom­breuses for­ma­tions en CAP sont pro­po­sées. Que ce soit pour de­ve­nir tailleur

de pierre, mo­diste, sel­lier ou en­core cordonnier, la fi­lière pro­pose près de 70 spé­cia­li­tés en al­ter­nance. Pour in­té­grer l’une des for­ma­tions, en CAP ou bac pro­fes­sion­nel, un ni­veau troi­sième est né­ces­saire. Par ailleurs, “les élèves sont le plus sou­vent ad­mis en for­ma­tion sur leur mo­ti­va­tion mais éga­le­ment sur leur ap­ti­tude ma­nuelle, in­dis­pen­sable à l’exer­cice de ces mé­tiers”, sou­ligne l’Ins­ti­tut na­tio­nal des mé­tiers d’art (In­ma). Au bout des deux an­nées d’al­ter­nance, vous pou­vez no­tam­ment en­chaî­ner sur un bac pro­fes­sion­nel ou sur un bre­vet des mé­tiers d’art (BMA), dans la même fi­lière. Ce der­nier “pré­pare à des mé­tiers à forte iden­ti­té tech­nique et ar­tis­tique. Il per­met de dé­ve­lop­per les com­pé­tences ac­quises en CAP et in­siste sur la trans­mis­sion et la conser­va­tion des tech­niques tra­di­tion­nelles tout en fa­vo­ri­sant l’in­no­va­tion”, pré­cise l’In­ma. Cô­té dé­bou­chés, en fonc­tion de votre fi­lière, vous pour­rez in­té­grer des PME ou TPE dans les­quelles il est pos­sible de pro­gres­ser ra­pi­de­ment en in­terne. Par ailleurs, dans le sec­teur du luxe (ma­ro­qui­ne­rie, bi­jou­te­rie, hor­lo­ge­rie…) mais aus­si dans les mé­tiers de l’ar­chi­tec­ture (me­nui­sier, tailleur de pierre,

fer­ron­nier…), “un CAP peut suf­fire pour s’in­sé­rer dans le mar­ché du tra­vail”, es­time l’In­ma.

2- CUI­SI­NIER, P­TIS­SIER, SER­VEUR… L’HÔ­TEL­LE­RIE ET LA RES­TAU­RA­TION, TOU­JOURS POURVOYEURS D’EM­PLOIS

Autre sec­teur por­teur : ce­lui de l’hô­tel­le­rie et res­tau­ra­tion. Se­lon l’en­quête Be­soin en main-d’oeuvre (BMO) 2017 pu­bliée par Pôle Em­ploi, plus de 73 800 pro­jets de re­cru­te­ments sont en­vi­sa­gés cette an­née par les en­tre­prises pour les postes d’aides et ap­pren­tis de cui­sine ain­si que les em­ployés po­ly­va­lents de la res­tau­ra­tion. 79 500 pro­jets d’em­bauches sont éga­le­ment pré­vus pour les ser­veurs de ca­fés et res­tau­rants. “Dans les mé­tiers de ser­vice, il y a pas mal d’op­por­tu­ni­tés à sai­sir. Ce sont des fonc­tions qui ont été peu mé­dia­ti­sées, con­trai­re­ment à la cui­sine et à la pâ­tis­se­rie qui ont le vent en poupe ces der­nières an­nées”, pré­cise Éric de Champ­sa­vin, di­rec­teur ad­joint de l’école de cui­sine Fer­ran­di Paris. L’éta­blis­se­ment pro­pose plu­sieurs cur­sus en CAP ou bac pro­fes­sion­nel, que ce soit cui­si­nier, pâ­tis­sier, ser­vice en salle ou en­core bou­lan­ger. Le tout, sur trois cam­pus (Paris,

Jouy-en-Jo­sas, dans les Yve­lines et Saint-Gra­tien, dans le Val d’Oise). Pour in­té­grer l’une des for­ma­tions pro­po­sées par l’école, pas de concours mais un entre

tien de mo­ti­va­tion après l’étude du dos­sier sco­laire.“Le can­di­dat doit faire preuve d’un bon com­por­te­ment. Nous ne sommes pas une école éli­tiste, donc nous ne ju­geons pas for­cé­ment les ré­sul­tats mais plu­tôt l’at­ti­tude. Car nous sommes sur des mé­tiers difficiles, dans les­quels les pro­fes­sion­nels sont très exi­geants, dé­taille

Éric de Champ­sa­vin. Il faut donc avoir beau­coup de ri­gueur et être dis­ci­pli­né.” Et si les can­di­da­tures sont étu­diées à par­tir du mois de jan­vier, il est tou­jours pos­sible de pos­tu­ler au­près de l’éta­blis­se­ment au cou­rant de l’été. “Plus tôt vous pos­tu­lez, plus vous avez de chances d’ob­te­nir la fi­lière que vous sou­hai­tez. Au­jourd’hui, l’en­semble de nos for­ma­tions sont qua­si­ment pleines, mais il ne faut pas hé­si­ter à nous sol­li­ci­ter car tout n’est pas en­core pour­vu et il peut y avoir des dé­sis­te­ments d’ici la ren­trée”, pré­cise le di­rec­teur ad­joint de l’école Fer­ran­di.

3- MAÇON, CHARPENTIER, GRUTIER LE BTP OFFRE DE BELLES PERS­PEC­TIVES

Avec 103 534 pro­jets de re­cru­te­ments, le sec­teur de la construc­tion est éga­le­ment un do­maine pour­voyeur d’em­plois. Cer­tains mé­tiers sont no­tam­ment en manque de ta­lents se­lon l’en­quête BMO. Par exemple les char­pen­tiers (bois et mé­tal) ou en­core les cou­vreurs qui font par­tie des 10 mé­tiers les plus difficiles à com­bler en part de re­cru­te­ments pour 2017. Ac­ces­sibles avec un CAP ou bac pro­fes­sion­nel, le pa­nel d’em­plois pro­po­sées par le sec­teur du BTP offre pour­tant de belles pers­pec­tives. Se­lon l’Ob­ser­va­toire des mé­tiers du BTP, créé par les com­mis­sions pa­ri­taires na­tio­nales de l’em­ploi conjointes du bâ­ti­ment des tra­vaux pu­blics, vous pou­vez ra­pi­de­ment de­ve­nir res­pon­sable d’ate­lier, chef d’équipe voire même chef de chan­tier.

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