RE­TROU­VER DU TRAVAIL

Une for­ma­tion est un sé­same pour re­trou­ver un em­ploi après une pé­riode de chô­mage. Mais si elle est adap­tée à votre pro­jet pro­fes­sion­nel, c’est en­core mieux. Voi­ci quelques pistes pour vous ai­der à choi­sir celle qui se­ra votre atout sur le mar­ché du tra­va

Rebondir - - LE GRAND DOSSIER - Dos­sier réa­li­sé par Ade­line FARGE

Des can­di­da­tures en­voyées par di­zaine, des en­tre­tiens de mo­ti­va­tion sans fin et pour­tant ces portes d’en­tre­prises tou­jours closes. Quand la concur­rence est rude sur le mar­ché du travail, re­trou­ver le che­min du bou­lot re­lève du par­cours du com­bat­tant. Loin d’être ré­ser­vée aux jeunes, la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle est un boos­ter dans une re­cherche d’em­ploi. À tout âge et quel que soit votre ni­veau sco­laire, il est pos­sible de re­ve­nir sur les bancs de l’école pour vous re­con­ver­tir car votre mé­tier ne re­crute plus ou re­bon­dir après une pé­riode d’in­ac­ti­vi­té en ajou­tant une nou­velle corde à votre arc. Se­lon Pôle em­ploi, 60 % des de­man­deurs d’em­ploi oc­cu­paient un poste six mois après leur sor­tie de for­ma­tion. “En re­pre­nant une for­ma­tion, les de­man­deurs d’em­ploi ac­quer­ront des com­pé­tences qui sont va­lo­ri­sées au­près des em­ployeurs. À l’is­sue, ils au­ront ga­gné en confiance en soi et se sen­ti­ront beau­coup plus lé­gi­times pour pos­tu­ler à des offres d’em­ploi. C’est un le­vier pour se re­con­nec­ter avec le monde du travail et don­ner vie à son pro­jet”, ex­plique Ca­ro­line Had­dad, psy­cho­logue du travail.

DÉ­TER­MI­NER UNE ORIEN­TA­TION RÉALISTE

Si pour cer­tains une pé­riode de chô­mage est l’oc­ca­sion de concré­ti­ser une am­bi­tion, d’autres ont plus de mal à trou­ver leur voie. “Pour les de­man­deurs d’em­ploi de longue du­rée, la

pro­jec­tion dans un ave­nir pro­fes­sion­nel reste floue et dou­lou­reuse. Ils doutent de leurs ca­pa­ci­tés à réus­sir leur for­ma­tion et ne sont plus ras­su­rés par la re­con­nais­sance du mi­lieu pro­fes­sion­nel. Il est tou­jours re­com­man­dé de com­men­cer une for

ma­tion dès la fin de son contrat”, in­dique Ca­ro­line Had­dad. À ce stade, vous igno­rez dans quel do­maine d’ac­ti­vi­té vous pour­riez à la fois vous épa­nouir et re­trou­ver une sta­bi­li­té ? Avant de vous lan­cer dans un par­cours de for­ma­tion, par­tez à la pêche aux in­for­ma­tions sur les dé­bou­chés of­ferts par les mé­tiers dans votre ré­gion et leur pré-re­quis pour y ac­cé­der. Les en­quêtes sur les be­soins en main d’oeuvre (BMO) de Pôle em­ploi, les ate­liers dé­cou­verte des mé­tiers, les ren­contres avec les pro­fes­sion­nels, les fo­rums em­ploi vous ou­vri­ront des pers­pec­tives et vous évi­te­ront des dés­illu­sions. “Il ne faut pas faire une for­ma­tion pour faire une for­ma­tion. Les de­man­deurs d’em­ploi doivent ré­flé­chir à leur pro­jet en termes d’em­ploya­bi­li­té. Les mé­tiers du nu­mé­rique re­crutent certes, mais pas par­tout en France. C’est dom­mage de suivre une for­ma­tion si l’ap­pre­nant ne trouve pas d’em­ploi der­rière ou s’il est obli­gé de dé­mé­na­ger à 800 ki­lo­mètres”, re­com­mande Isa­belle Du­bose, di­rec­trice conseil en for­ma­tion à l’Af­pa. Dans votre quête d’une orien­ta­tion réaliste, n’hé­si­tez pas à frap­per à plu­sieurs portes. Pôle em­ploi, les mis­sions lo­cales, les Opa­cifs et Cap em­ploi pro­posent du conseil en

évo­lu­tion pro­fes­sion­nelle. “Ce dis­po­si­tif né­ces­site un travail d’in­tros­pec­tion. Les conseillers vont d’abord dé­cor­ti­quer les mo­ti­va­tions, les ca­pa­ci­tés, les en­vies, les contraintes per­son­nelles de la per­sonne avant de dé­fi­nir un pro­jet pro­fes­sion­nel. Puis nous al­lons en­quê­ter sur sa fai­sa­bi­li­té en termes de for­ma­tions et d’ac­cès à l’em­ploi sur le ter­ri­toire. En­fin, un plan d’ac­tion se­ra éla­bo­ré”, ra­conte Bri­gitte Ca­val­la­ro, di­rec­trice de la mis­sion lo­cale de Mar­seille.

PRI­VI­LÉ­GIER DES FOR­MA­TIONS CONCRÈTES

Une fois la for­ma­tion idéale dé­ni­chée, le chal­lenge n’est pas en­core relevé. Ou­vrir ses livres le soir, ré­vi­ser ses le­çons, plan­cher sur son ex­po­sé du len­de­main … La re­prise d’un rythme d’ap­pren­tis­sage n’est pas une mince affaire pour ceux qui ont quit­té le sys­tème sco­laire de­puis long­temps et qui viennent de vivre un échec pro­fes­sion­nel. “Le sui­vi d’une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle de­mande un in­ves­tis­se­ment per­son­nel. Les ap­pre­nants vont de­voir s’im­po­ser une dis­ci­pline et trou­ver leur propre mé­tho­do­lo­gie de ré­vi­sion. Ce n’est pas simple pour un adulte de se re­mettre à ap­prendre des bases théo­riques, sur­tout s’ils ont vé­cu des échecs dans leur par­cours sco­laire”, pré­vient Isa­belle Du­bose. Si l’idée de re­prendre le che­min de l’école vous ef­fraie, op­tez pour des for­ma­tions axées sur l’en­sei­gne­ment pra­tique. En si­tua­tion réelle, avec tout l’équi­pe­ment né­ces­saire, vous ap­pren­drez les gestes tech­niques de votre fu­tur mé­tier aux cô­tés de for­ma­teurs, d’an­ciens pro­fes­sion­nels. “La for­ma­tion doit être la plus concrète pos­sible et tour­née vers les be­soins des en­tre­prises. Les ap­pre­nants se­ront di­rec­te­ment opé­ra­tion­nels à leur sor­tie”, si­gnale Isa­belle Du­bose. Pour se confron­ter en­core da­van­tage aux réa­li­tés d’exer­cice du mé­tier ci­blé, ces for­ma­tions in­tègrent sou­vent des pé­riodes de stage. Ces im­mer­sions en mi­lieu pro­fes­sion­nel per­mettent d’ajou­ter une ligne sup­plé­men­taire à son CV. “Les de­man­deurs d’em­ploi vont tou­cher du doigt leur fu­tur mé­tier et mettre à l’épreuve les ap­ti­tudes ac­quises du­rant la for­ma­tion. C’est aus­si l’op­por­tu­ni­té de mettre un pre­mier pied dans l’en­tre­prise qui va tes­ter leurs com­pé­tences avant une éven­tuelle em­bauche”, confirme Bri­gitte Ca­val­la­ro. Plus vous soi­gne­rez votre sor­tie, plus vous met­trez les chances de votre cô­té pour re­trou­ver du travail.

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