DE L’AR­MÉE DE TERRE À LA FI­NANCE

Après 20 ans pas­sés dans l’ar­mée de Terre, Nicolas Pou­vreau a en­ta­mé un pro­ces­sus de for­ma­tion pour tra­vailler dans la fi­nance. De­puis sep­tembre, il a dé­bu­té un mas­ter en in­gé­nie­rie fi­nan­cière pour de­ve­nir ges­tion­naire de fonds.

Rebondir - - DÉCOUVRIR - Camille BOULATE

Nicolas Pou­vreau s’est en­ga­gé dans l’ar­mée à 20 ans, après avoir ef­fec­tué son ser­vice mi­li­taire. “J’ai été ap­pe­lé en 1997. Je ne vou­lais pas le faire car je ne sa­vais pas ce que c’était, se rap­pelle-t-il. Mais au fi­nal, l’as­pect phy­sique et le fait de de­voir re­pous­ser ses li­mites m’ont sé­duit et je me suis en­ga­gé dans l’in­fan­te­rie ma­rine.” Pour­tant, si le jeune homme se plait dans cette car

rière, il n’était pas pré­des­ti­né à de­ve­nir mi­li­taire. “Ma sco­la­ri­té fut ca­tas­tro­phique. J’ai re­dou­blé plu­sieurs fois et j’ai fi­ni par ar­rê­ter l’école en fin de troi­sième car on me conseillait de ne pas pour­suivre mes études. Ado­rant peindre et des­si­ner, j’ai ten­té une école d’art graphique pen­dant deux ans, avant mon ser­vice mi­li­taire, mais ce­la ne me plai­sait pas du tout”, pré­cise Nicolas Pou­vreau.

SE FOR­MER EN AL­TER­NANCE

Du­rant sa car­rière, le mi­li­taire se ren­dra sur plu­sieurs zones de conflit, no­tam­ment au Ko­so­vo, en ex-You­go­sla­vie ou en Af­gha­nis­tan. “Au to­tal, j’ai pas­sé 20 ans de ma vie dans l’ar­mée. J’ai dé­bu­té comme sol­dat

pour fi­nir ca­po­ral chef, dé­taille-t-il. Il y a deux ans, j’ai com­men­cé une pré­pa­ra­tion avec le Cned pour pas­ser le concours d’of­fi­cier afin de tra­vailler dans les ser­vices bud­get et fi­nance de l’ar­mée.” Pa­ral­lè­le­ment, Nicolas Pou­vreau dé­bute une li­cence en éco­no­mie et ges­tion. “C’était pour avoir plus de com­pé­tences et de connais­sances. Je vou­lais que face au ju­ry, ce soit

une plus-va­lue”, in­dique-t-il. Mal­heu­reu­se­ment, au mo­ment de pas­ser les épreuves, Nicolas Pou­vreau ap­prend que le concours est fer­mé à sa ca­té­go­rie de per­son­nel, aux mi­li­taires du rang. Mal­gré ce coup dur, il prend la dé­ci­sion de pour­suivre ses études. “Alors que j’étais en­core dans l’ar­mée, j’ai dé­ci­dé de conti­nuer ma li­cence”, ajoute-t-il. En ob­te­nant une équi­va­lence, Nicolas Pou­vreau ac­cède en­suite à une li­cence pro­fes­sion­nelle banque, as­su­rance, fi­nance. “J’ai ef­fec­tué deux an­nées en al­ter­nance, au sein de la Bred où j’étais res­pon­sable de clien­tèle par­ti­cu­lier et d’ac­cueil, in­dique l’an­cien mi­li­taire. Mais ce n’était pas ce que je veux faire, je vou­lais être vrai­ment dans la fi­nance.”

STRESS ET ADRÉNALINE

Pour que ce­la se concré­tise, Nicolas Pou­vreau a en­chaî­né sur un mas­ter de deux ans en in­gé­nie­rie fi­nan­cière, qu’il a dé­bu­té en sep­tembre. “L’ob­jec­tif est de me spé­cia­li­ser dans la ges­tion d’ac­tifs en de­ve­nant

“Alors que j’étais en­core dans l’ar­mée, j’ai dé­ci­dé d’en­ta­mer une li­cence d’éco­no­mie et de ges­tion.”

ges­tion­naire de fonds, que ce soit de por­te­feuille ou de pa­tri­moine”, dé­clare-t-il. Ce qui lui plaît dans ce nou­veau mé­tier ? Re­trou­ver des sen­sa­tions qu’il

res­sen­tait sur le ter­rain en tant que mi­li­taire. “Comme le stress ou l’adrénaline. C’est un mé­tier où le quo­ti­dien est chan­geant, nous sommes tout le temps sur le qui-vive, c’est ce­la qui me plait”, confie Nicolas Pou­vreau qui avoue ne pas re­gret­ter son an­cienne vie pro­fes­sion­nelle. “Il fal­lait que j’avance. J’étais tom­bé dans une rou­tine et sur­tout je sa­vais que je ne pou­vais plus évo­luer dans l’ar­mée”, as­sure-t-il.

DÉ­NI­CHER LES BONNES IN­FOR­MA­TIONS

Mais pour trou­ver sa nou­velle voie pro­fes­sion­nelle, Nicolas Pou­vreau ad­met avoir ren­con­tré quelques dif­fi­cul­tés, comme dé­ni­cher les bonnes in­for­ma­tions

au­près des bons in­ter­lo­cu­teurs. “C’est ce qui a été le plus dif­fi­cile pour moi. J’ai contac­té dif­fé­rentes uni­ver­si­tés et des pro­fes­sion­nels du monde de la fi­nance pour sa­voir quel che­mi­ne­ment ef­fec­tuer pour ma re­con­ver­sion. Mais ce­la reste par­fois com­pli­qué de dé­ter­mi­ner si l’on va dans la bonne di­rec­tion”, in­dique l’an­cien mi­li­taire. Car si l’ar­mée pos­sède une struc­ture dé­diée à la re­con­ver­sion, ap­pe­lée Dé­fense mo­bi­li­té, “il ne faut pas trop comp­ter des­sus quand on a un pro­jet par­ti­cu­lier, comme le mien”, sou­ligne

Nicolas Pou­vreau est res­té 20 ans dans l’ar­mée.

Nicolas Pou­vreau, an­cien mi­li­taire de­ve­nu ges­tion­naire de fonds.

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