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Cre­pi : un ate­lier pour va­lo­ri­ser son par­cours pro­fes­sion­nel

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Treize per­sonnes sont as­sises au­tour d’une table, un ca­hier de­vant elles, un sty­lo à la main et leur at­ten­tion tour­née vers Oli­vier Éli­sa­beth, l’ani­ma­teur. On y re­trouve une grande di­ver­si­té d’âges. Nous sommes à un ate­lier sur le thème “va­lo­ri­ser son par­cours pro­fes­sion­nel”, co­or­don­né par le Cre­pi (Clubs ré­gio­naux d’en­tre­prises par­te­naires de l’in­ser­tion) Île-de-France. Le cours a com­men­cé à 9h30. Tous les par­ti­ci­pants sont à la re­cherche d’un em­ploi. Ils ont été en­voyés par les dis­po­si­tifs Plie (Plan lo­cal pour l’in­ser­tion et l’em­ploi) de leur com­mune. Ce pre­mier cours sonne le dé­but de quatre se­maines de for­ma­tion pen­dant les­quelles ces mêmes per­sonnes se re­trou­ve­ront au rythme d’en­vi­ron trois jours par se­maine. “Pour leur lais­ser aus­si le temps de se consa­crer à leurs dé­marches per­son­nelles, qu’elles soient pro­fes­sion­nelles ou ad­mi­nis­tra­tives”, m’ex­plique Oli­vier Éli­sa­beth.

RE­CON­VER­SION, LI­CEN­CIE­MENT ÉCO­NO­MIQUE…

“Il s’agit éga­le­ment de re­lan­cer une dy­na­mique en se don­nant des ren­dez-vous ca­li­brés”, me confie l’ani­ma­teur. D’ailleurs, après s’être pré­sen­té, avoir ex­pli­qué le dé­rou­le­ment des cours, et rap­pe­lé que “le maître-mot de ces quatre se­maines est la bien­veillance”, afin que tout le monde se sente libre de prendre la pa­role, Oli­vier Éli­sa­beth leur si­gni­fie qu’il at­tend de l’en­ga­ge­ment de leur part. Puis c’est au tour des de­man­deurs d’em­ploi de se pré­sen­ter. S’ils ont tous des par­cours,

“Il s’agit de re­lan­cer une dy­na­mique en se don­nant des ren­dez-vous ca­li­brés”

des do­maines d’ac­ti­vi­tés et des pé­riodes de chô­mage qui va­rient, la phrase “je suis très mo­ti­vé, je veux vrai­ment re­trou­ver un em­ploi”, re­vient sou­vent. Une femme, la cin­quan­taine, ex­plique avoir sui­vi une for­ma­tion de six mois pour de­ve­nir se­cré­taire mais ne pas trou­ver d’em­ploi, un homme de 32 ans a tra­vaillé dans le bâ­ti­ment en au­to­di­dacte et sou­haite re­joindre la grande dis­tri­bu­tion. Une autre a connu dif­fé­rents mé­tiers : char­gé de com­mu­ni­ca­tion, res­pon­sable d’une bras­se­rie mais ne trouve plus rien à la suite d’un li­cen­cie­ment éco­no­mique.

PLACE AUX COM­PÉ­TENCES

Après avoir écou­té at­ten­ti­ve­ment leurs pré­sen­ta­tions, Oli­vier Éli­sa­beth leur rap­pelle donc que le cours du jour a pour but de va­lo­ri­ser tous ces par­cours. “Comment vous êtes-vous sen­tis pen­dant cette pré­sen­ta­tion ? Avez-vous trou­vé fa­cile ou dif­fi­cile le fait de ra­con­ter votre par­cours ?”, lance-t-il à la classe. “Com­pli­qué”, ad­met un des élèves. “Il y a beau­coup d’élé­ments. Il fau­drait re­mettre de la co­hé­rence de­dans”, pour­suit ce der­nier. C’est ce que va ten­ter de faire l’ani­ma­teur. À tra­vers dif­fé­rentes ques­tions, il va prendre le temps d’ame­ner chaque per­sonne au­tour de la table à réa­li­ser qu’elle a ac­cu­mu­lé des com­pé­tences au cours de son par­cours. “Quelles sont vos trois com­pé­tences clés ?”, va-t-il ain­si de­man­der à cha­cun. Et mal­gré des par­cours sou­vent longs, la plu­part ont du mal à ré­pondre, à se mettre en avant. Il leur fait re­mar­quer que leurs hé­si­ta­tions sont d’au­tant plus pro­blé­ma­tiques que leurs com­pé­tences sont dé­jà ins­crites dans leur CV. Il a été la plu­part du temps réa­li­sé avec leur con­seiller. Il faut donc qu’ils ap­prennent à ré­pondre aus­si à cette ques­tion à l’oral face au re­cru­teur et à être convain­cant. Il leur rap­pelle la dé­fi­ni­tion des com­pé­tences. “Il s’agit de l’en­semble des choses que vous avez ap­pris à faire pen­dant votre par­cours pro­fes­sion­nel”. Les langues se dé­lient. “J’ai ap­pris les bases du se­cré­ta­riat, à ac­cueillir les vi­si­teurs, à gé­rer les ap­pels et le back of­fice : Word, Ex­cel, Po­werpoint”, cite l'une des par­ti­ci­pantes. Le cours pro­gresse ain­si, cha­cun se rap­pe­lant ce qu’il a à of­frir.

UNE AT­MO­SPHÈRE DÉ­TEN­DUE

Un do­cu­ment leur est dis­tri­bué pour les ai­der à ne pas se mé­lan­ger les pin­ceaux. Sui­vi d’un exer­cice où cha­cun doit no­ter quatre connais­sances et cinq com­pé­tences. L’exer­cice oral au dé­but du cours et les échanges qui ont sui­vi semblent dé­jà por­ter leurs fruits. Même si cha­cun va à son rythme, au mo­ment de don­ner leurs ré­ponses à voix haute, la plu­part s’en sortent sans trop de dif­fi­cul­tés. “Mes connais­sances concernent les ma­chines, les ou­tils, les gestes et pos­tures ain­si que les vé­gé­taux. Du cô­té de mes com­pé­tences, il y a le sa­voir-faire de la tonte, le dé­sher­bage, la taille, l’amé­na­ge­ment et l’en­tre­tien des mas­sifs”, cite par exemple une des de­man­deurs d’em­ploi, la tren­taine, qui après avoir tra­vaillé dans la res­tau­ra­tion col­lec­tive s’est re­con­ver­tie dans les es­paces verts mais ne trouve pas de contrat fixe. L’at­mo­sphère est de plus en plus dé­ten­due. Les élèves en­chaînent sur leurs qua­li­tés et dé­fauts, tou­jours gui­dés par Oli­vier Éli­sa­beth. En gé­né­ral, les cours durent une de­mi-jour­née. Ce pre­mier jour est donc une ex­cep­tion. L’après­mi­di se pour­sui­vra avec un cours sur la pré­pa­ra­tion au chan­ge­ment, dans leur cas, le pas­sage d’em­ployé à cher­cheur d’em­ploi.

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