EN­QUÊTE

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Job d’été : une porte d’en­trée vers l’em­ploi

Chaque an­née, vous tra­vaillez l’été. Ce­la vous per­met de mettre du beurre dans les épi­nards. Pour­tant, il ne faut pas prendre ces pé­riodes de tra­vail à la lé­gère. Ce sont de vé­ri­tables ex­pé­riences pro­fes­sion­nelles qui peuvent dé­bou­cher sur un em­ploi du­rable. Il convient donc de les ap­pré­hen­der le plus sé­rieu­se­ment du monde.

La pé­riode es­ti­vale a dé­jà com­men­cé et vous avez peut-être dé­mar­ré votre job d’été. Ser­veur dans un bar, ani­ma­teur de co­lo­nie de va­cances ou en­core agent d’ac­cueil dans le sec­teur ban­caire, les op­por­tu­ni­tés de tra­vailler l’été sont ex­trê­me­ment va­riées. Et si ce job es­ti­val pou­vait vous per­mettre de trans­for­mer l’es­sai et de trou­ver un em­ploi du­rable. “Il est tout à fait pos­sible de conver­tir une ex­pé­rience sai­son­nière en em­ploi stable”, confirme Char­lotte Gar­nier, res­pon­sable des re­la­tions ex­té­rieures chez Ré­gionsJob. Si l’ex­pé­rience est concluante, elle peut vous don­ner la pos­si­bi­li­té de si­gner un contrat du­rable sur le même poste ou sur un autre au sein de la struc­ture. D’au­tant qu’ac­tuel­le­ment les in­di­ca­teurs éco­no­miques sont plu­tôt orien­tés au vert. “C’est une pé­riode pro­pice, ajoute Char­lotte Gar­nier. Les en­tre­prises éprouvent des dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment dans cer­tains sec­teurs, no­tam­ment dans la res­tau­ra­tion et les ser­vices aux en­tre­prises.” Pour avoir une chance de pour­suivre sur un contrat du­rable, il faut tout d’abord faire sa­voir que vous êtes ou­vert à des op­por­tu­ni­tés. Vous pou­vez, par exemple, l’évo­quer au­près de vos col­lègues et vos su­pé­rieurs.

“Il faut mettre toutes les chances de votre cô­té”, as­sure Char­lotte Gar­nier.

ADOP­TER UNE STRA­TÉ­GIE DE RE­CHERCHE

Pour au­tant, avant de si­gner un CDI, il faut avoir, au préa­lable, bien choi­si votre job d’été et même vous y être pré­pa­ré. Il peut être in­té­res­sant de ci­bler le sec­teur qui vous plaît et qui se rap­proche de votre for­ma­tion ou de vos ex­pé­riences pré­cé­dentes. “Ce tra­vail de ci­blage peut ac­croître vos chances de trou­ver un em­ploi du­rable à l’is­sue de votre contrat sai­son­nier”, ex­plique Char­lotte Gar­nier. Par exemple, si vous avez choi­si le sec­teur ou l’in­dus­trie dans le­quel vous sou­hai­tez tra­vailler, es­sayez de trou­ver un job d’été en rap­port avec ce­lui-ci. “Si vous sou­hai­tez être com­mer­cial, il peut être in­té­res­sant de trou­ver un job de té­lé­ven­deur”, illustre Ma­rie Hu­go, res­pon­sable BtoB

“Il faut mettre toutes les chances de votre cô­té”

chez Mons­ter France. Et si vous n’avez pas en­core de pro­jet pro­fes­sion­nel pré­cis ou si vous sou­hai­tez vous re­con­ver­tir, n’hé­si­tez pas à trou­ver un tra­vail dans un do­maine que vous ne connais­sez pas mais qui vous at­tire. “Par exemple, le sec­teur ban­caire qui est un im­por­tant pour­voyeur de jobs d’été peut faire naître des vo­ca­tions”, ajoute Vincent Mon­fort, di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion de Kel­job. Ce­la pour­ra vous per­mettre par la suite de trans­for­mer l’es­sai.

VALORISEZ VOS EX­PÉ­RIENCES

Si les taux de trans­for­ma­tion des jobs d’été en em­plois du­rables sont dif­fi­ciles à ap­pré­hen­der et plu­tôt à la marge, se­lon les spé­cia­listes que nous avons in­ter­ro­gés dans le cadre de notre en­quête, il ne faut pour au­tant pas né­gli­ger ces ex­pé­riences. “Dans la me­sure du pos­sible, il faut évi­ter de prendre un job uni­que­ment ali­men­taire et pri­vi­lé­gier un em­ploi qui pour­ra vous ser­vir par la suite dans un fu­tur en­tre­tien d’em­bauche”, conseille Isa­belle Gué­rif du CIDJ (Centre d’in­for­ma­tion et de do­cu­men­ta­tion jeu­nesse). Bien sou­vent, les ex­pé­riences pro­fes­sion­nelles es­ti­vales vous donnent l’op­por­tu­ni­té de mettre un pied sur le mar­ché du tra­vail. Et ce sont des pé­riodes à va­lo­ri­ser sur votre CV. “Si vous faites des études de com­merce et que vous avez été ser­veur dans un bar, il faut l’in­di­quer, ajoute Vincent Mon­fort. Même

s’il peut être dif­fi­cile de voir un lien di­rect, ce­la per­met de mon­trer que vous n’êtes pas res­té sans rien faire, que vous êtes motivé, et aus­si que vous avez été en contact avec la clien­tèle.” Même s’il s’agit d’un job sai­son­nier, il faut le prendre très au sé­rieux. “L’em­ployeur doit pou­voir dé­tec­ter en vous, un po­ten­tiel col­la­bo­ra­teur plus du­rable”, pour­suit Char­lotte Gar­nier. Et si les pro­po­si­tions d’em­ploi ne tombent pas dès la pre­mière an­née, sa­chez qu’en ma­tière de job d’été,

la fi­dé­li­té paie. “Si vous avez tra­vaillé plu­sieurs va­cances de suite dans la même en­tre­prise, ce­la peut être un bon point, es­time Ma­rie Hu­go. Non seule­ment, l’em­ployeur pour­ra pen­ser à vous si un poste s’ouvre, mais les autres re­cru­teurs pour­ront éga­le­ment ap­pré­cier votre fi­dé­li­té.”

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