ON A TES­TÉ POUR VOUS

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Ca­mille BOULATE

Le mé­tier d’as­sis­tante mé­na­gère

Bien sou­vent mal per­çu, le mé­tier de femme de mé­nage reste pour­tant une fonc­tion qui manque de main-d’oeuvre. Pour dé­cou­vrir les cou­lisses de ce mé­tier, j’ai été ac­cueillie par Ch­ris­tine Fon­taine, as­sis­tante mé­na­gère O de­puis un an et 2 de­mi. J’ai pu ain­si l’ac­com­pa­gner, dé­but juin, le temps d’une in­ter­ven­tion chez un par­ti­cu­lier à Join­ville-le-Pont (Seine-et-Marne). Ef­fi­ca­ci­té et exi­gence ré­sument par­fai­te­ment cette ma­ti­née.

Net­toyer, ba­layer, as­ti­quer… Voi­là com­ment je pour­rais qua­li­fier mon ex­pé­rience en tant qu’as­sis­tante mé­na­gère. Ma jour­née doit dé­bu­ter à 9 heures et c’est après une bonne quin­zaine de mi­nutes de marche de­puis la sta­tion RER la plus proche que j’ar­rive de­vant l’im­meuble où je suis at­ten­due, à Join­ville-le-Pont. Au pro­gramme au­jourd’hui : suivre Ch­ris­tine Fon­taine, qui tra­vaille chez O de­puis un 2 an et de­mi, du­rant ses trois heures d’in­ter­ven­tion chez un par­ti­cu­lier. “Je viens ici tous les ven­dre­dis

ma­tins, ex­plique-t-elle. La per­sonne vit seule et n’est pas trop désor­don­née. Ma mis­sion est avant tout fo­ca­li­sée sur le re­pas­sage, le dé­pous­sié­rage des meubles et le net­toyage des sa­ni­taires.” Pen­dant que Ch­ris­tine s’at­tèle au re­pas­sage, tâche pour la­quelle je ne me suis pas pro­po­sée, ne ma­niant pas du tout le fer à re­pas­ser, je me lance dans le dé­pous­sié­rage des meubles. À l’aide d’un chif­fon et d’un spray, je com­mence par ce­lui qui est le plus im­po­sant dans la pièce à vivre, com­pre­nant plu­sieurs pe­tites cases de ran­ge­ment ain­si que la té­lé­vi­sion. “Sur­tout, ne net­toie pas l’écran avec ce pro­duit. Il en faut un spé­ci­fique et nous ne le fai­sons qu’une fois de temps en temps”, me pré­vient Ch­ris­tine.

EN­VIE DE BIEN FAIRE

Pen­dant un bon quart d’heure, je dé­am­bule dans le sa­lon pour net­toyer les éta­gères, la table à man­ger, les chaises ou en­core le bar mar­quant la sé­pa­ra­tion avec la cui­sine ou­verte. Sur le meuble si­tué près de la fenêtre, trônent des vaches co­lo­rées en ré­sine ou en por­ce­laine, qu’il faut éga­le­ment net­toyer ré­gu­liè­re­ment. Je passe donc le chif­fon dé­li­ca­te­ment sur cha­cune d’elles, sans pour au­tant les prendre dans mes mains par peur de les cas­ser. “Je les net­toie som­mai­re­ment chaque se­maine et une fois par mois, je les des­cends des éta­gères pour bien en­le­ver toutes les sa­le­tés, sou­ligne Ch­ris­tine. Pour l’ins­tant, ce­la ne m’est ja­mais ar­ri­vé de cas­ser un ob­jet chez un client, mais c’est un risque du mé­tier !” Après avoir fait toute sa car­rière dans le com­merce, Ch­ris­tine tra­vaille de­puis un an chez O “J’étais ven­deuse dans le ma­ga­sin de 2. mon ma­ri. Mais nous nous sommes sé­pa­rés et j’ai

dé­ci­dé de changer de mé­tier”, in­dique-t-elle. C’est en na­vi­gant sur In­ter­net qu’elle dé­couvre qu’O re­crute 2 en masse des as­sis­tantes ménagères. “Pour moi, ce n’est pas un mé­tier dé­gra­dant. Au contraire, c’est sa­tis­fai­sant de re­par­tir à la fin d’une pres­ta­tion et

de se dire que l’on a ser­vi à quelque chose”, me confie Ch­ris­tine. Mo­ti­vée par l’en­vie de bien faire, elle n’hé­site pas à re­pas­ser der­rière moi pour s’as­su­rer que tout est en ordre et que je n’ai pas com­mis d’im­pairs. D’ailleurs, après avoir dé­pous­sié­ré les meubles je me consacre au net­toyage de la cui­sine. Portes de pla­cards, mi­cro-ondes, évier ou en­core plan de tra­vail, je passe tout au crible. Il est bien­tôt dix heures et après 45 mi­nutes de re­pas­sage, Ch­ris­tine m’in­dique qu’il est temps de net­toyer la salle de bains. Alors que l’as­sis­tante mé­na­gère s’oc­cupe de faire briller la bai­gnoire et le la­va­bo, je suis char­gée des toi­lettes. Sur le pa­pier, c’est la mis­sion qui peut pa­raître la moins gla­mour. Mais, ar­mée de mon éponge et d’un pro­duit an­ti­bac­té­rien, je dés­in­fecte la cu­vette des toi­lettes de fond en comble, comme s’il s’agis­sait de mon do­mi­cile “C’est ce qui fait aus­si la qua­li­té de notre tra­vail : s’in­ves­tir comme si c’était chez nous. Nous sommes dans un ap­par­te­ment où c’est bien en­tre­te­nu. La per­sonne vit seule c’est tou­jours plus simple, in­siste Ch­ris­tine. Quand il y a des en­fants, en bas âges no­tam­ment, il y a for­cé­ment plus de net­toyage et de ran­ge­ment à ef­fec­tuer.”

TE­NIR SUR LA DU­RÉE

Après une quin­zaine de mi­nutes à as­ti­quer tous les re­coins de la salle de bains, la pièce est propre et nous pou­vons pas­ser à la chambre. Une fois le lit re­mis en ordre et les af­faires re­pas­sées rangées dans le pla­card,

place à l’as­pi­ra­teur et à la ser­pillère. Pen­dant que je m’en oc­cupe, Ch­ris­tine fi­gnole le mé­nage dans la cui­sine, sort et net­toie les pou­belles. “Je ne suis pas obli­gée de le faire, mais c’est un pe­tit plus, une at­ten­tion qui fait plai­sir aux clients. Ce­la montre que

l’on est in­ves­ti”, sou­ligne-t-elle. Il est un peu plus de 11 heures lorsque j’ai ter­mi­né de net­toyer le sol de l’ap­par­te­ment. Il fait chaud, je trans­pire et je com­mence à avoir les jambes qui fa­tiguent. Mais pour moi, la jour­née de tra­vail en tant qu’as­sis­tante mé­na­gère touche à fin. Et la ma­ti­née fut moins éprou­vante que pré­vue. Je réa­lise que c’est sur long terme qu’il faut pou­voir te­nir, ce que me confirme Ch­ris­tine. “Mul­ti­plier les mis­sions reste le plus dif­fi­cile. On est de­bout toute la jour­née et en ac­tion. Avoir une bonne condi­tion phy­sique est donc im­por­tant”, m’in­di­quet-elle. D’ailleurs, de plus en plus, les en­tre­prises pro­posent des for­ma­tions sur les bonnes pos­tures à adop­ter sur le ter­rain. Mais autre don­née im­por­tante du mé­tier : les dé­pla­ce­ments entre deux pres­ta­tions qui font par­tie in­té­grante du mé­tier, mais qui ne sont pas dé­comp­tés comme du temps de tra­vail. “Pour ma part, je me dé­place uni­que­ment en tran­sports ou à pied. L’en­tre­prise fait en sorte de me mettre chez des clients qui soient as­sez proches d’une gare”, pré­cise Ch­ris­tine. Ain­si, après avoir ter­mi­né ses 3 heures à Join­ville-le-Pont, l’as­sis­tante mé­na­gère en­chaî­ne­ra

sur une autre pres­ta­tion dans une ville voi­sine. “Je tra­vaille en moyenne 40 heures par se­maine, sa­me­di com­pris, dé­taille-t-elle. Cô­té sa­laire, bien sûr ce n’est pas très at­trac­tif (1 400 eu­ros nets en­vi­ron, ndlr.). Mais ce n’est pas pire que dans d’autres mé­tiers…” Mal­gré tout, ce­la reste l’un des élé­ments ex­pli­quant le manque de can­di­dats pour ces postes…

Après l’as­pi­ra­teur, place à la ser­pillère !

Net­toyer les sa­ni­taires fait par­tie des tâches es­sen­tielles du mé­tier.

Re­mettre en ordre les oreillers du lit est une at­ten­tion par­ti­cu­lière qui sa­tis­fait les clients.

En as­pi­rant, il ne faut ou­blier au­cun coin de l’ap­par­te­ment !

Ne pas être mal­adroite est aus­si une qua­li­té à dé­te­nir !

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