LA FAUTE À VOL­TAIRE

Rebondir - - AU SOMMAIRE - Par San­drine Cam­pese, ani­ma­trice du blog Pro­jet Vol­taire.

Moi qui ai, toi qui as

Alors que nous n’avons au­cun mal à conju­guer le verbe avoir (j’ai, tu as...), nous per­dons nos re­pères lorsque le pro­nom per­son­nel dis­pa­raît et que le verbe est in­tro­duit par “moi qui”, “toi qui”. Ces deux tour­nures concentrent un grand nombre de fautes. Pour vous qui fai­siez peut-être l’er­reur, ce ne se­ra bien­tôt plus qu’un mau­vais sou­ve­nir ! La règle

Pour conju­guer cor­rec­te­ment le verbe qui suit le pro­nom re­la­tif “qui”, il faut se re­por­ter au mot rem­pla­cé par “qui”. C’est avec lui qu’il faut ac­cor­der le verbe, en nombre et en per­sonne.

L’exemple fa­cile

Dire “C’est moi qui va faire la vais­selle” sonne mal, n’est-ce pas ? L’er­reur de conju­gai­son saute aux yeux, ou plu­tôt aux oreilles. Il est donc fa­cile de la cor­ri­ger : “C’est moi qui vais faire la vais­selle”. Ce­la dit, si vous cor­ri­gez la per­sonne qui est sur le point de réa­li­ser cette tâche mé­na­gère, pen­sez à mettre des gants, si­non c’est elle qui rac­cro­che­ra les siens ! “Moi qui”, “toi qui” sont des tour­nures em­pha­tiques. Elles servent uni­que­ment à mettre en re­lief le pro­pos.

L’exemple moins fa­cile

Plus dif­fi­cile est le cas où l’on em­ploie le verbe avoir, car l’er­reur passe in­aper­çue à l’oral. Il n’y a qu’à l’écrit que la faute se re­marque. Pre­nons la phrase “C’est moi qui ai ap­pe­lé les se­cours”. Ici, “qui” re­prend le pro­nom per­son­nel “moi”, le­quel s’em­ploie à la place du pro­nom su­jet “je”. Par consé­quent, le verbe avoir doit se conju­guer à la pre­mière per­sonne du sin­gu­lier du pré­sent de l’in­di­ca­tif, ce qui donne “ai”. Bien sûr, la même règle s’ap­plique quel que soit le su­jet : “toi qui as”, “lui qui a”, etc. Par consé­quent, écrire “moi qui ais”, “moi qui ait” ou pire (car on em­ploie le verbe être au lieu d’avoir !) : “moi qui es”, “moi qui est” consti­tue une vi­laine faute de conju­gai­son !

Le ré­flexe

Pour ne plus se trom­per, on rem­place men­ta­le­ment la tour­nure “moi qui” par “je”, ce qui, dans notre exemple, donne “J’ai ap­pe­lé les se­cours”.

Re­te­nons :

moi qui = je, toi qui = tu, lui qui = il, etc.

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