Trek Ses­sion 8 Park VS Commençal Su­prême DH V3

Ride It - - Sommaire - Texte : Tom Za­ni­ro­li – Photos : Tom Za­ni­ro­li, RedBull Content Pool

Non content d’être le co­pi­lote de Nasser Al-At­tiyah et vain­queur en titre du Da­kar, Mat­thieu Bau­mel est éga­le­ment pra­ti­quant et pas­sion­né de moun­tain bike. En même temps, en ha­bi­tant au pied de la chaîne du Lu­be­ron, il pou­vait dif­fi­ci­le­ment en être au­tre­ment ! Mat­thieu nous fait dé­cou­vrir ses sen­tiers au gui­don de son Tran­si­tion d'en­du­ro.

Ride It : Sa­lut Mat­thieu, peux-tu te pré­sen­ter briè­ve­ment pour nos lec­teurs qui ne te connaissent pas for­cé­ment ?

Mat­thieu Bau­mel : J’ai 39 ans, je suis co­pi­lote pro­fes­sion­nel. Ac­tuel­le­ment je roule avec Nasser AlAt­tiyah sur le Da­kar, en coupe du monde des Ral­lyes Raid, sur le cham­pion­nat du monde des Ral­lyes WRC2 et dans le cham­pion­nat du Moyen-Orient (MERC).

R.I : Parle-nous de ton ac­tua­li­té ré­cente, la vic­toire sur le Da­kar avec Nasser et la Mi­ni ?

M.B. : C'était un rêve ! La pre­mière fois que tu fais le Da­kar, tu te dis que c'est tel­le­ment dur, que ja­mais tu ne re­vien­dras ! Au fi­nal, tu te rends vite compte, mal­gré les ga­lères, que c'est la plus belle chose que tu as faite dans ta vie et tu re­com­mences ! J'au­rai mis huit ans à ac­com­plir ce rêve de rem­por­ter la course la plus dure du monde. C’est une fier­té énorme, d’au­tant que c’était le pre­mier pour moi et le se­cond pour Nasser. On rem­porte l’épreuve au vo­lant d’un Mi­ni Coun­try­man. On a évi­té les gros pé­pins et Nasser a su sor­tir la grosse at­taque au bon mo­ment, afin de faire la dif­fé­rence.

R.I : C’est com­ment de rou­ler avec un pi­lote du ca­libre de Nasser ?

M.B. : Avec Nasser, c’est ex­cep­tion­nel ! Il a une vi­sion de la piste où il voit et in­tègre plus de choses que quel­qu’un de “nor­mal” ! Il a un truc en plus, c’est énorme ! Il peut se per­mettre de ne pas rou­ler à 100% et on a le temps de dis­cu­ter pour ana­ly­ser et ap­pré­hen­der les dif­fi­cul­tés en­semble. Quand je lui donne une information, il la com­prend et l’in­tègre im­mé­dia­te­ment, je n’ai pas be­soin de me ré­pé­ter comme avec cer­tains pi­lotes. On éco­no­mise ain­si du temps et de la concen­tra­tion. On a tous les deux com­pris qu’une er­reur, pour lui comme pour moi, était pos­sible, et c’est pour ça qu’on forme un su­per bi­nôme. On est dans une re­la­tion ami­cale, meilleure que la plu­part des “couples” de Ral­lye Raid. Si on de­vait com­pa­rer, les seuls qui sont comme ça, c’est Stéphane Pe­te­rhan­sel et Jean-Paul Cot­tret. Les autres sont dans une re­la­tion de tra­vail et dans la voi­ture ça ne se passe pas pa­reil.

R.I : Com­ment on de­vient co­pi­lote pro­fes­sion­nel ?

M.B. : (Rires) C’est la ques­tion piège ! Il n’y a pas vrai­ment d’école. Il faut dé­mar­rer par les épreuves lo­cales. Ten­ter sa chance dans les formules de pro­mo­tions, comme ça a été mon cas avec Bryan Bouf­fier ou Guer­lain Chi­che­rit. Le ha­sard des ren­contres fait que l’on évolue sur dif­fé­rents cham­pion­nats, avec dif­fé­rents pi­lotes, plus ou moins bons. Il faut être par­fait dans ce que l’on fait pour se construire une ré­pu­ta­tion so­lide. En évo­luant étape par étape, on fi­nit par se re­trou­ver dans des écu­ries of­fi­cielles et faire de meilleurs ré­sul­tats. Par­ler plu­sieurs langues aide énor­mé­ment à per­cer.

R.I : En de­hors du ral­lye, t’as une autre pas­sion dé­vo­rante, c’est le VTT ! Parle-nous-en un peu plus...

M.B. : Le VTT, j’adore ça ! À la base, je viens du ski et une vi­laine bles­sure au ge­nou m’a na­tu­rel­le­ment di­ri­gé vers le vé­lo. Ce qui au dé­part s’ap­pré­hen­dait à de la ré­édu­ca­tion est vite de­ve­nu un hob­by. J’ha­bite à Cé­reste, dans la val­lée du Lu­be­ron qui est un ma­gni­fique coin pour pra­ti­quer. Je peux par­tir de chez moi et être im­mé­dia­te­ment sur de très beaux sen­tiers. On se trouve au coeur du Parc Na­tu­rel, c’est top. Je m’amuse, je pense à autre chose, tout en pro­gres­sant phy­si­que­ment car ça reste un sport ul­tra-com­plet. J’ar­rive à faire de belles boucles entre quinze et qua­rante ki­lo­mètres en fonc­tion des envies et de mon em­ploi du temps.

R.I : Tu roules sur quoi main­te­nant ?

M.B. : J’ai vite pris goût aux VTT tout-sus­pen­dus qui cor­res­pondent par­fai­te­ment à la to­po­lo­gie du 04. On a des mon­tées sym­pa­thiques et de très belles des­centes avec pas mal de cailloux et de por­tions cas­santes. Du coup, avec l’aide de Per­for­mance Parts, je roule avec le der­nier Tran­si­tion Pa­trol qui cor­res­pond par­fai­te­ment à mon type de ride. Le bike est su­per confor­table et pro­pose des sus­pen­sions équi­li­brées. J’étais in­quiet du mon­tage 1x11 en mo­no pla­teau, en fait ça te per­met de pas­ser par­tout ! L’amor­tis­seur à pla­te­forme fait qu’on garde du ren­de­ment en mon­tée et la géo­mé­trie pro­pose un com­por­te­ment bien fun en des­cente tout en res­tant en sé­cu­ri­té grâce au dé­bat­te­ment gé­né­reux. Je suis fan !

«Avec Nasser, c’est ex­cep­tion­nel ! Il a une vi­sion de la piste où il voit et in­tègre plus de choses que quel­qu’un de “nor­mal” ! »

« C’était un rêve ! La pre­mière fois que tu fais le Da­kar, tu te dis que c’est tel­le­ment dur, que ja­mais tu ne re­vien­dras… » « … Au fi­nal, tu te rends vite compte, mal­gré les ga­lères, que c’est la plus belle chose que tu as faite dans ta vie et tu re­com­mences ! »

R.I : Il pa­raît que tu es pas­sion­né au point de te lan­cer dans le dé­ve­lop­pe­ment d’in­fra­struc­tures ?

M.B. : Oui, j’ai­me­rais créer quelque chose d’of­fi­ciel pour pra­ti­quer. On est dans une ré­gion très tou­ris­tique où l’offre tout che­min n’est pas vrai­ment dé­ve­lop­pée pour les vé­té­tistes. On a la chance d’avoir une voie verte qui des­sert les dif­fé­rents vil­lages. En plus de ser­vir aux cy­clo­tou­ristes, ce­la pour­rait fa­ci­li­ter l’ac­cès à dif­fé­rents spots VTT. Sur le vil­lage de Cé­reste, on est un groupe d’une di­zaine de ri­ders ras­sem­blé en as­so­cia­tion pour faire connaître les che­mins. On va es­sayer d’or­ga­ni­ser des ran­dos et des com­pé­ti­tions pour in­vi­ter les vé­té­tistes à ve­nir rou­ler avec nous et par­ta­ger ce ter­rain de jeu. Avec l’aide de l’équipe de Bi­keSo­lu­tions, on a même pour idée de tra­cer une aire per­ma­nente qui ar­ri­ve­rait dans le vil­lage, avec plu­sieurs ni­veaux de dif­fi­cul­tés. On com­men­ce­rait avec un par­cours ac­ces­sible tout pu­blic et on fe­rait en­suite des va­riantes avec des mo­dules en bois et des par­ties tech­niques. Je dis­cute éga­le­ment avec la bande de Ven­toux Sport pour es­sayer d’or­ga­ni­ser une Ri­derz dans le vil­lage. On a une boucle de 35 km avec sept pe­tites spé­ciales, idéal pour une course au for­mat ral­lye. Je cherche éga­le­ment à faire sor­tir de terre un beau pump­track pour développer la pra­tique au­près des jeunes et moins jeunes du vil­lage.

R.I : Pour fi­nir, est-ce que Nasser roule en VTT ?

M.B. : Eh non, mal­heu­reu­se­ment ! Le pro­blème c’est que le Qa­tar c’est tout plat et plein de dunes ! Il lui fau­drait un Fat Bike !

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