End­tro­du­cing

Steve Peat

Ride It - - Sommaire - Texte : buzz - Pho­tos : Ni­co­las Le Car­ré

Al­lez, on fi­nit en beau­té ce nu­mé­ro de Ride It avec une in­ter­view sans filtre de Steve Peat. Après de glo­rieuses an­nées au ser­vice de sa ma­jes­té, l’An­glais tire sa ré­vé­rence, sans pour au­tant dire adieu au cir­cuit, puisque le Je­di de Shef­field de­vrait for­mer les jeunes Pa­da­wan du team Syndicate...

Ride It : A part moi, à qui ai­me­rais-tu bot­ter le cul ?

Steve Peat : A quelques trolls d’In­ter­net. Tu sais, le genre de gars qui se cache der­rière son écran d’or­di­na­teur.

R.I : Rat­boy a vrai­ment dé­ci­dé d’ar­rê­ter les Coupes du Monde ?

S.P. : Oui !

R.I. : Est-ce que le ventre à bière, c’est sexy ?

S.P. : Ok, c’est peut-être pas sexy, mais la fa­çon d’en at­tra­per un est sa­cré­ment fun.

R.I. : C’est quoi ton truc pour com­bi­ner la vie d’un ath­lète de haut ni­veau tout en te fai­sant plai­sir au le­ver de coude ?

S.P. : Tra­vailler dur dans les deux cas, ah ah. Il y a des gens qui peuvent se le per­mettre, mais pour la plu­part c’est une lutte constante pour ne pas suc­com­ber aux ten­ta­tions. Dans tous les cas, il faut trou­ver le bon équi­libre entre l’en­traî­ne­ment sur le vé­lo et en salle.

R.I. : Entre nous, qu’est-ce que tu penses vrai­ment de nos des­cen­deurs fran­çais de la grande époque ?

S.P. : Ni­co (Vouilloz, ndlr) et Fa­bien (Ba­rel, ndlr)) ont tou­jours été très (trop) sé­rieux. Ils n’avaient ja­mais l’air de s’amu­ser, même si c’était peut-être pas le cas. Ce n’était pas du tout mon style à moi ! Cé­dric (Gra­cia, ndlr)) fai­sait tou­jours en sorte de se faire plai­sir et c’est le genre d’at­ti­tude que j’aime chez un Fran­çais.

R.I. : Di­rais-tu que l’en­du­ro est gay ?

S.P. : Non ! Ai-je dit que ça l’était ?

R.I. : Te sou­viens-tu de ta der­nière gueule de bois ?

S.P. : Oui, pour Noël ! Et celle du jour de l’an qui vient de pas­ser. Et entre les deux, il y en a eu quelques-unes…

R.I. : Ça t’es dé­jà ar­ri­vé de prendre le dé­part d’une course bour­ré ?

S.P. : Bour­ré, pro­ba­ble­ment pas, mais en­core avec pas mal d’al­cool dans mon sys­tème !

R.I. : Un An­glais (toi) qui coache un jeune Fran­çais (Lo­ris) qui roule pour une marque amé­ri­caine (San­ta Cruz) ra­che­tée par un groupe al­le­mand (PON), ça nous ré­con­ci­lie de la se­conde guerre mon­diale...

S.P. : On n’au­rait pas ima­gi­né ce­la pos­sible il y a qua­rante ans... (rires)

R.I. : Plus sé­rieu­se­ment, comment fais-tu face à tes pre­miers mois d’ath­lète à la re­traite ?

S.P. : C’est une pé­riode d’in­cer­ti­tudes. Il faut en­core que j’ap­prenne à pas­ser à autre chose, tra­vailler sur le fait que ce­la ne fe­ra plus par­tie de ma vie. J’ai hâte d’ai­der les jeunes com­pé­ti­teurs et je pro­fite d’avoir du temps libre pour le pas­ser avec ma fa­mille.

R.I : As-tu des re­grets ?

S.P. : Oui, j’au­rais bien ai­mé battre Ni­co (Vouilloz, ndlr) quelques fois de plus... rires.

R.I. : Trois mots pour dé­crire l’UCI ?

S.P. : Olym­pic Dis­ci­plines First (les dis­ci­plines olym­piques d’abord, ndlr).

R.I. : Tu as dé­jà pen­sé à créer une fé­dé­ra­tion al­ter­na­tive du VTT, qui fe­rait la pro­mo­tion de la des­cente comme elle le mé­rite ?

S.P. : Bien sûr, j’y ai pen­sé. Mais c’est tout ce que j’ai fait à ce su­jet.

R.I. : OK, je suis une pe­tite fée (je sais, ça de­mande beau­coup d’ima­gi­na­tion), et je te pro­pose avec ma ba­guette ma­gique de te faire re­vivre un mo­ment de ta vie. Le­quel choi­sis-tu ?

S.P. : Sans hé­si­ta­tion ma pre­mière vic­toire en Coupe du Monde à Sno­qual­mie en 1998. Au­jourd’hui, je sau­rais comment cé­lé­brer ça bien mieux qu’à l’époque ! Ce­la me semble si loin­tain main­te­nant...

R.I. : Est-ce que tu es le genre de père à pous­ser ses mômes à rou­ler parce que c’est une af­faire de fa­mille ?

S.P. : Non, ils peuvent choi­sir ce qu’ils veulent faire de leur vie et je se­rai là pour les sou­te­nir. Evi­dem­ment, les vé­los sont dans un coin pour qu’ils s’en servent quand ils en ont en­vie.

R.I. : En quoi la vie à Shef­field est-elle si spé­ciale ?

S.P. : Pour moi, Shef­field c’est le ride, mes amis et la fa­mille. Et puis les gens sont sym­pas ici, tout le monde se dit bon­jour dans la rue.

R.I. : Quelle est la part du men­tal dans la per­for­mance ?

S.P. : Un bon com­pé­ti­teur doit avant tout être fort dans sa tête. Si quelque chose se passe mal en course, ce­la de­mande énor­mé­ment d’ef­fort pour mettre ça dans un coin de ton cer­veau et conti­nuer ton run. Le men­tal joue un rôle pri­mor­dial dans n’im­porte quelle vic­toire.

R.I. : Qui se­ra le pro­chain Steve Peat ?

S.P. : Qui sait ? J’aime à pen­ser qu’un de mes ri­ders du SPS (le Steve Peat Syndicate, ndlr) se­ra ca­pable d’uti­li­ser tous les conseils qu’on leur donne pour de­ve­nir un grand nom du cir­cuit de Coupe du Monde. Je mets toute mon ex­pé­rience à leur ser­vice pour que leur vie de com­pé­ti­teur soit plus fa­cile.

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