Un fren­chie à la Red Bull Val­pa­rai­so

Ride It - - Sommaire - Texte : Buzz - Pho­tos : DR

C’est l’his­toire d’un Nor­mand, par­ti à l’aven­ture à l’autre bout du monde pour af­fron­ter l’une des courses ur­baines les plus dan­ge­reuses au monde : la Red Bull Val­pa­rai­so. Après avoir mon­té sa struc­ture pour rou­ler en DH au ni­veau na­tio­nal et in­ter­na­tio­nal, Am­broise Hé­ber t a eu en­vie de re­le­ver un nou­veau dé­fi, avec au fi­nal une belle 13 e place. Voi­ci ses conseils de sur­vie !

SE FAIRE IN­VI­TER

Cette an­née j’avais be­soin d’une nou­velle mo­ti­va­tion pour m’en­traî­ner, autre que celle de rou­ler en na­tio­nal ou en Coupe du Monde. J’avais sur­tout en­vie de faire des events plus fun, je me suis donc di­ri­gé vers cette course car je trou­vais trop cool l’idée de rou­ler à fond en cen­tre­ville, pas­ser dans les mai­sons ou sur les toits ! J’ai de­man­dé à Phi­lip Polc com­ment il fal­lait faire pour y rou­ler et il m’a mis en contact avec Red­bull. Après quelques échanges, ils m’ont sé­lec­tion­né pour la course car mes ré­sul­tas leur conve­naient et j’avais par­ti­ci­pé à deux Coupes du Monde en 2016.

PRÉ­PA­RER SON MATOS EN CON­SÉ­QUENCE

J’avais gon­flé mes pneus à 3 bars ! J’ai uti­li­sé une gomme beau­coup plus dure à l’ar­rière pour le pé­da­lage avec des cram­pons plus courts, presque un slick. Ni­veau sus­pen­sions, je n’avais rien chan­gé en par­ti­cu­lier. Je pen­sais qu’il fal­lait rou­ler un peu souple pour ab­sor­ber chaque marche. Mais en fait sur ce genre de par­cours, tu vas tel­le­ment vite que tu touches très peu les es­ca­liers. Il faut donc rou­ler vrai­ment dur en sus­pen­sions pour avoir un ren­de­ment op­ti­mum et ne pas ta­lon­ner sur tous les jumps !

SOI­GNER SA PRÉ­PA­RA­TION

Je me suis pré­pa­ré pen­dant un mois phy­si­que­ment à cette course. Ré­mi Me­tailler m’avait dit qu’il fal­lait beau­coup pé­da­ler sur cette piste. J’ai donc fait beau­coup de route pour que mes jambes soient so­lides. J’étais vrai­ment sûr de moi au dé­part. En plus, j’avais pas­sé toutes les lignes que je vou­lais aux en­traî­ne­ments. Je n’avais donc pas de rai­son d’être ten­du, mis à part qu’il pou­vait y avoir un chien, un pou­let ou autre ma­mie au mi­lieu du par­cours !

SE PRÉ­PA­RER AU PIRE

Je m’at­ten­dais à une piste plus pe­tite en taille de jump ! Je n’avais ja­mais sau­té avec le V10, c’était un peu di­rect comme ap­proche. Mais bon, j’ai fait dix ans de BMX alors ça n’est pas mon point le plus faible... même si j’avais un peu peur dans les pre­mières sé­ries de marches qu’il fal­lait sau­ter.

CROIRE EN SA BONNE ÉTOILE

Pour ma part, j’ai eu vrai­ment de la chance. Je n’ai croi­sé per­sonne sur la route. C’était le truc que j’ap­pré­hen­dais le plus je crois. Car si on croi­sait quelque chose comme ça, il n’y avait pas le droit de re­prendre le dé­part. Ce­la comp­tait comme un obs­tacle ba­nal.

DÉ­BRAN­CHER, MAIS PAS TROP

Si tu ré­flé­chis un peu trop, tu n’avances pas et tu freines tout le temps ! En plus, on n’avait que deux runs de re­con­nais­sance du par­cours le ma­tin de la course, donc pas vrai­ment le choix que de tout sau­ter au pre­mier tour. Si­non Il faut quand même rou­ler “dans ses pompes” car les abords de la piste sont dan­ge­reux. Il y a des bar­be­lés , ca­nettes de bière, grillages et autres. Donc il vaut mieux ré­flé­chir et sa­voir où tu poses tes pneus.

RES­TER HUMBLE

A l’hô­tel, j’ai réa­li­sé que j’étais l’un des seuls ama­teurs par­mi des ri­ders de World Cup de longue date et d’autres ri­ders qui ont roulé la Ram­page. Beau­coup connais­saient dé­jà le par­cours. Moi, j’ai en­core plus flip­pé quand on m’a dit qu’il y avait seule­ment deux re­con­nais­sances avant la qua­lif’ !

BIEN GÉ­RER LA PRES­SION AU START

La pres­sion c’est dans les pneus (rires) ! En gé­né­ral, je vi­sionne la piste une fois dans ma tête puis je m’échauffe un peu his­toire d’être ré­veillé au pre­mier vi­rage...

SE METTRE DANS L’AM­BIANCE

L’am­biance était folle, il y avait du monde par­tout. Les gens nous en­cou­ra­geaient à lon­gueur de temps comme sur au­cune autre course. On avait l’im­pres­sion de les faire rê­ver à chaque ins­tant de ride. C’était fou !

ETRE RÉA­LISTE

Je me suis dit « zut, c’est quand même des gros jumps. » Il ne fal­lait vrai­ment pas tom­ber car à cette vi­tesse tu n’es pas sûr de fi­nir le week-end !

ETRE BIEN RÉ­VEILLÉ

Pour ma part, la sé­rie d’es­ca­liers qu’il fal­lait jum­per en 4 ou 5 fois était vrai­ment chaude à né­go­cier. Ça al­lait vrai­ment vite en bas et le mo­ment entre ré­cep et éject était mi­nime ! Il fal­lait avoir les yeux grands ou­verts !

ETRE BIEN EN­CA­DRÉ

Red Bull est vrai­ment au top pour l’or­ga­ni­sa­tion. Ils ré­pondent à toutes les ques­tions par mail en à peine deux heures, même le di­manche ! Toute la prise en charge était sé­rieuse, on n’a pas eu de mau­vaises aven­ture ! On était vrai­ment chou­chou­tés le jour de la course. Et ça, c’est vrai­ment cool pour te mettre en confiance avant tes runs.

NE PAS AVOIR DE RE­GRETS

Je suis sa­tis­fait pour une pre­mière course ur­baine, même si on veut tou­jours faire mieux ! Il n’y a pas grand-chose que j’au­rais pu amé­lio­rer sur le plan phy­sique, mis à part que j’ai ta­pé sur le jump du bus en fi­nal puis un peu plus haut j’ai lou­pé une sé­rie de marches où il fal­lait ti­rer pour gar­der un bon speed. J’au­rais pu aus­si sau­ter le vi­rage en wall­ride...

PEN­SER À L’AVE­NIR

La pre­mière chose que je me suis dite en fran­chis­sant la ligne d’ar­ri­vée, c’est que je comp­tais bien re­mettre ça l’an­née pro­chaine. Je re­pars de suite ! Les gens là-bas vivent au jour le jour et sont su­per ac­cueillants. Et puis tout est dingue là-bas ! Tu peux ache­ter le pain ou à man­ger sur la bande d’ar­rêt d’ur­gence de l’au­to­route... en­fin tu vois des choses que tu ne ver­ras ja­mais en Eu­rope ! Le pays est à l’image de la piste en fait !

« LA PRE­MIÈRE CHOSE QUE JE ME SUIS DITE EN FRAN­CHIS­SANT LA LIGNE D’AR­RI­VÉE, C’EST QUE JE COMP­TAIS BIEN RE­METTRE ÇA L’AN­NÉE PRO­CHAINE ! »

A la Ram­page, Am­broise s’est re­trou­vé face à des ri­ders de World Cup.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.