Ro­cky Moun­tain Slayer 770 MSL

Le Slayer est un bike ra­di­cal et sans com­pro­mis, il af­fiche clai­re­ment son orien­ta­tion de des­cen­deur.

Ride It - - Sommaire - Texte : Ju­lien VTZ - Pho­tos : Bloo­no (ac­tions) et Tom Za­ni­ro­li (sta­tiques)

Après avoir dis­crè­te­ment ti­ré sa ré­vé­rence, le dia­bo­lique Ro­cky Moun­tain Slayer est de re­tour en 2017. Au pro­gramme, un châs­sis full car­bone, un dé­bat­te­ment re­vu à la hausse et une géo­mé­trie ul­tra-en­ga­gée. Le ré­sul­tat, une ma­chine ra­di­cale qui brouille les fron­tières entre en­du­ro, bike-park et mi­ni DH.

Même s'il était ab­sent au ca­ta­logue Ro­cky Moun­tain ces der­nières an­nées, le Slayer est in­dis­so­ciable de l'his­toire de la marque ca­na­dienne. La ver­sion 2006 avait par­ti­cu­liè­re­ment mar­qué les es­prits par son cô­té no­va­teur. Ce nou­veau cru tire par­ti de tout le sa­voir-faire de la marque ca­na­dienne, une touche d'his­toire en plus. C'est d'abord un vé­ri­table coup de coeur es­thé­tique qui m'a di­ri­gé vers ce vé­lo. Dès que je l'ai dé­cou­vert, j'étais sûr et cer­tain qu'il al­lait de­ve­nir un best-sel­ler cette sai­son. Le nou­veau châs­sis en­tiè­re­ment car­bone (biel­lette com­prise) adopte une ligne glo­bale à cou­per le souffle ! Le tube su­pé­rieur dans le pro­lon­ge­ment des hau­bans, ce cô­té ul­tras­lo­ping, cette dé­co un brin vin­tage, le font sor­tir du lot des autres bikes d'en­du­ro. La ci­né­ma­tique de sus­pen­sion tire son ADN de son grand-frère, le Mai­den. On re­trouve éga­le­ment le sys­tème d'ajus­te­ment Ride-4, per­met­tant de mo­di­fier l'in­cli­nai­son du tube de di­rec­tion et du tube de selle ain­si que la hau­teur du boî­tier de pé­da­lier, sans in­fluen­cer les sus­pen­sions. Dans le dé­tail, l'ac­cès aux rou­le­ments sur le bras ar­rière se fait de­puis l'in­té­rieur des hau­bans, ce qui flui­di­fie en­core la ligne du bike et évite d'élar­gir trop l'ar­rière mal­gré le pas­sage au for­mat d'axe Boost. Le pas­sage de gaine en in­terne est fa­ci­li­té par une trappe dé­mon­table sur le tube in­fé­rieur qui per­met éga­le­ment d'in­té­grer une bat­te­rie en cas de mon­tage d'une trans­mis­sion élec­trique Shi­ma­no Di2. Mi­ni Mai­den ou gros Altitude, le Slayer suit la ten­dance ac­tuelle de l'en­du­ro en­ga­gé. Le dé­bat­te­ment ar­rière passe à 165 mm et adopte un amor­tis­seur au stan­dard mé­trique, tan­dis qu'à l'avant on passe gé­né­reu­se­ment à 170 mm de dé­bat­te­ment. Le tout est en­ro­bé d'un bi­co­lore bleu

nuit pro­fond et jaune avec rap­pels de cou­leur sur les jantes, fourche, selle et po­tence. Vous l'au­rez com­pris, ce Ro­cky Moun­tain Slayer est un vrai bijoux sur deux roues.

Ra­di­cal !

Le Slayer est un bike ra­di­cal et sans com­pro­mis, il af­fiche clai­re­ment son orien­ta­tion de des­cen­deur. Poste de pi­lo­tage Race Face, po­tence courte et gui­don en 800 mm, chaus­sé en Maxxis Mi­nion DHF sec­tion 2.5, gros disque en 200 mm à l'avant, sus­pen­sions "long tra­vel"... Ce res­sen­ti va se confir­mer sur le ter­rain, le Slayer est sur­pre­nant de sta­bi­li­té en des­cente. Plus vous irez vite, plus il est dans son élé­ment : la fron­tière avec un vrai DH s'amai­grit. On peut ren­trer très fort dans le dé­fon­cé, les or­nières, les ra­cines, tout ce qui ta­basse est lit­té­ra­le­ment gom­mé par ce vé­lo. Il se com­porte comme un rail, la po­si­tion est ras­su­rante et fa­vo­rise l'at­taque. Le rythme ne faillit pas dans les courbes ra­pides, on couche le bike en sé­cu­ri­té. Je me suis même sur­pris à plu­sieurs re­prises de glis­ser des deux roues en courbes, pieds clip­sés aux pé­dales. Le grip pro­cu­ré par l'amor­tis­seur Ro­ckS­hox Su­per De­luxe est vrai­ment im­pres­sion­nant. Ses grandes qua­li­tés à hautes vi­tesses font aus­si ses dé­fauts à basses vi­tesses. Dans les si­tua­tions si­nueuses et de courts bra­quages, la di­rec­tion pa­raît lourde, il manque de joua­bi­li­té. Le poids rai­son­né de la ma­chine vous per­met aus­si de grim­per, mais là il est un peu plus dur à em­me­ner et moins amu­sant. On sent qu'on tire de gros pneus. La ma­ni­pu­la­tion du sys­tème Ride-4 est simple et ra­pide, bien qu'elle né­ces­site d'être à l'ar­rêt. Il vous fau­dra donc choi­sir votre style de ride avant votre sor­tie. All-moun­tain ou en­du­ro en­ga­gé, les po­si­tions les plus op­po­sées (1 et 4) sont réel­le­ment ef­fi­caces sur le chan­ge­ment de géo­mé­trie. Les po­si­tions in­ter­mé­diaires (2 et 3) sont moins fla­grantes, mais pro­posent un com­pro­mis in­té­res­sant. Les pas­sages de vi­tesses sont pré­cis mais la com­mande est un peu ac­cro­cheuse, ça manque de sou­plesse. Les freins XT freinent fort, mais manquent de pro­gres­si­vi­té et d'en­du­rance. Ma dé­cep­tion sur le groupe XT vient du moyeu ar­rière : le corps de roue libre a ren­du en moins de deux

Ce bike est une fu­ture lé­gende qu’on lais­se­rait vieillir comme une bonne bou­teille

mois d'uti­li­sa­tion. Le guide-chaîne est par­fai­te­ment in­té­gré et bien conçu, lé­ger, dis­cret. Bon point éga­le­ment sur le sa­bot de pro­tec­tion de la cou­ronne, adop­tant une struc­ture en nid d'abeille, lé­ger et ri­gide. Ne cher­chez pas l'ar­gu­ment rai­son­nable pour ce Slayer. Ce qui dic­te­ra l'achat d'une telle ma­chine, c'est le coup de coeur. Une ligne indémodable, un bike agres­sif pour ceux qui n'ont pas peur de rou­ler très vite. Une fu­ture lé­gende qu'on lais­se­rait vieillir comme une bonne bou­teille. Bra­vo !

6 999 € | 13,4 kg | Dé­bat­te­ment av. : 170 mm / ar. : 165 mm

La sus­pen­sion ar­rière s’ins­crit dans le pro­lon­ge­ment de la par­tie avant du cadre. La pu­re­té des lignes est su­blime !

Le poste de pi­lo­tage est par­ti­cu­liè­re­ment agres­sif, à l’image de ce nou­veau Slayer.

La grosse ou­ver­ture pour le pas­sage des gaines en in­terne per­met aus­si de lo­ger une bat­te­rie Di2 pour une trans­mis­sion élec­trique.

Le corps de roue libre du moyeu Shi­ma­no XT n’a pas brillé par sa fia­bi­li­té.

Le sys­tème Ride 4 per­met de ré­gler la géo­mé­trie sur quatre po­si­tions.

Les jantes Stan’s ZTR Flow sont une sur­prise sur ce ve­lo. En 28 mm de large, elles per­mettent aux pneus Maxxis de bien s’ex­pri­mer sur le ter­rain.

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