San­ta Cruz No­mad CC XX1 Re­serve

10 499 € | 13,39 KG EN TAILLE M SANS PÉ­DALES | DÉ­BAT­TE­MENT AV. : 170 MM ; AR. : 170 MM

Ride It - - Sommaire - Texte : Tom Za­ni­ro­li - Pho­tos : Sven Mar­tin & Ga­ry Per­kin

Vé­ri­table icône de la gamme San­ta Cruz, le No­mad Car­bon se re­fait une beau­té pour 2018. Son pro­gramme reste in­chan­gé. Enduro, enduro et enduro sont ses maîtres-mots ! C’est dans les Alpes-Ma­ri­times, entre Sos­pel et Mo­li­ni, pen­dant trois jours d’iti­né­rance, que nous avons pu mar­ty­ri­ser le No­mad. C’était dé­but mai… on vous ra­conte.

Nice. Di­manche 21 mai, nous voi­là ar­ri­vés sur la French Ri­vie­ra. Point de festival de Cannes pour nous, c’est une autre star­lette qui nous at­tend en la per­sonne du der­nier San­ta Cruz No­mad. On ne vous cache pas que de­puis l’an­nonce du pro­gramme de cette pré­sen­ta­tion, on est chaud bouillant. L’équipe San­ta nous a concoc­té trois jours de ride pour un peu plus de 10000m de dé­ni­ve­lé né­ga­tif et 90 ki­lo­mètres cu­mu­lés ! Les re­mon­tées quant à elles se fe­ront en na­vettes. Bref, on va se ga­ver. Le pre­mier point de chute de la pré­sen­ta­tion, sans mau­vais jeu de mot, se trouve à Sos­pel. Le spot est ré­pu­té pour avoir tel­le­ment de singles, qu’une seule vie ne suf­fi­rait pas à tous les dé­cou­vrir. Le staff San­ta Cruz em­me­né par Nick An­der­son, l’in­gé­nieur en charge du pro­jet, en pro­fite pour nous pré­sen­ter ra­pi­de­ment le bike.

La bête

Ins­pi­ré du V10 de descente, le nou­veau No­mad est construit au­tour d’un tout nou­veau châs­sis en car­bone. Le dé­bat­te­ment passe à 170mm de dé­bat­te­ment et adopte un amor­tis­seur au stan­dard mé­trique. La sus­pen­sion se veut sen­sible en dé­but de course pour of­frir un grip maxi­mum, avec du sup­port du point de pré­con­trainte à la mi-course, pour op­ti­mi­ser les ca­pa­ci­tés de pé­da­lage et une fin de course pro­gres­sive, pour gé­rer les gros chocs en dou­ceur. Vous pour­rez au be­soin ins­tal­ler un amor­tis­seur à res­sort, une op­tion en­vi­sa­geable dès l’achat du vé­lo sur qua-

si­ment toutes les dé­cli­nai­sons de la gamme. Le cadre re­gorge de dé­tails bien fou­tus, comme les plaques de pro­tec­tion fixées à l’aide de vis sous le tube dia­go­nal ou le garde-boue in­té­gré. Le bras ar­rière passe en­fin au stan­dard de patte frein Post­mount. La géo­mé­trie a éga­le­ment été op­ti­mi­sée dans l’op­tique de la ver­sa­ti­li­té. Le tube de selle est re­dres­sé à 74,5°, là où la di­rec­tion est ca­lée à 65°. Vous pour­rez au be­soin faire va­rier ces va­leurs de 0,4°, ain­si que la hau­teur de boî­tier de pé­da­lier à l’aide d’un in­sert si­tué au ni­veau du pied de l’amor­tis­seur. En taille M, le Reach est de 440 mm pour des bases de 430mm. Le vé­lo reste ain­si com­pact avec un em­pat­te­ment sous les 1 200mm, tou­jours en taille M. Fin du pre­mier acte, on ré­cep­tionne notre mon­ture, un No­mad CC XX1 Re­serve à plus de 10 000 boules, on passe une bonne heure à ajus­ter les bikes en fonc­tion de nos be­soins. Et on ter­mine la jour­née au­tour de quelques bières bien fraîches.

Steve Peat is in da house

Day one : au pro­gramme du jour, une dé­cou­verte des plus beaux trails de Sos­pel. C’est Ash Smith, le créa­teur et tra­ceur de la Trans-Pro­vence, qui cha­pote la par­tie ride. Il nous pro­met quelques sin­gle­tracks in­édits tout juste ré­ou­verts pour la pro­chaine édi­tion de cette course my­thique. On s’en­file un co­pieux pe­tit­déj, le temps de s’aper­ce­voir qu’un in­vi­té sur­prise a fait son ap­pa­ri­tion en la per­sonne de Steve Peat. L’An­glais va pas­ser les trois pro­chains jours à ri­der avec nous, la classe ! On se chauffe gen­ti­ment sur un ter­rain ty­pique de la Mé­di­ter­ra­née. Un sol ter­reux avec une lé­gère gra­vette par-des­sus et quelques beaux pa­vés an­crés ici et là ! Heu­reu­se­ment San­ta Cruz a op­té pour des Mi­nion DHF 2.5 en ver­sion Wide Trail Exo TR à l’avant et Double Down à l’ar­rière qui collent par­fai­te­ment au ter­rain. La glisse est saine et on maî­trise le bike avec fa­ci­li­té dès les pre­miers mètres.

Le No­mad vient se pla­cer dans le haut du ta­bleau des ma­chines enduro du mo­ment

Pre­mier constat, le No­mad est plu­tôt fa­cile à ap­pré­hen­der. C’est que dans l’idée, le nou­veau No­mad est pen­sé comme une ma­chine ca­pable de rou­ler fort en enduro race, d’en­chaî­ner une longue jour­née de ride en mon­tagne avec du dé­ni­ve­lé aus­si bien po­si­tif que né­ga­tif ou de chil­ler en bike-park. Il est donc pri­mor­dial d’être im­mé­dia­te­ment en confiance avec. On se per­met même quelques pe­tits drops entre deux vi­rages à plat. On re­coupe un peu le cintre à la pause (ses 810 mm d'ori­gine sont un peu trop gé­né­reux !) et on en­lève un peu d’air dans les sus­pats’. Avec 170mm de dé­bat­te­ment et un bon sup­port à la mi-course, le No­mad peut sans pro­blème se rou­ler avec un bon 30% de pré­con­trainte. Glo­ba­le­ment équi­pé de l’amor­tis­seur à res­sort pneu­ma­tique, il se montre un peu plus fa­cile à ap­pré­hen­der et plus to­lé­rant dans son com­por­te­ment dy­na­mique. Notre jour­née se ter­mine par l’une des toutes nou­velles spé­ciales de la TransP­ro­vence. Huit ki­lo­mètres de bon­heur à base de longs bouts droits dans la pre­mière par­tie et lar­dés d’épingles dans la se­conde por­tion. Au dé­part de la Cime du Far­guet, on sur­plombe la val­lée de la Bé­vé­ra. On lâche les freins, la bête est stable et per­met de prendre de la vi­tesse. Son châs­sis, par­ti­cu­liè­re­ment bas au ni­veau du tube de selle, per­met de ra­bais­ser le centre de gra­vi­té au maxi­mum. Cou­ché der­rière le gui­don, ça fuse ! On pro­fite de la puis­sance des nou­veaux freins Sram Code RSC pour ra­len­tir la bête à l’en­trée d’un switch­back. Ça pince un peu plus, la roue ar­rière se lève et on ba­lance quelques bons nose-turns des fa­milles pour né­go­cier toutes ces épingles. Le run ar­rive en plein coeur du vil­lage de Sos­pel et nous offre un su­per pas­sage de­vant la ca­thé­drale du vil­lage, la plus grande des Al­pesMa­ri­times. L’ins­pi­ra­tion chris­tique nous fait d’ailleurs prendre conscience que c’est l’heure de s’en­voyer une pe­tite bière d’Ab­baye, pour fê­ter cette jour­née mé­mo­rable.

Trois jours de ride pour un peu plus de 10 000 m de dé­ni­ve­lé né­ga­tif et 90 ki­lo­mètres cu­mu­lés

Ita­lia per Tut­ti

Day two : di­rec­tion les na­vettes de la Co­ol Bus Ma­fia, les gars en charge de nous re­mon­ter aux som­mets vont être d’une im­por­tance ca­pi­tale au­jourd’hui, avec pas moins de quatre trans­ferts pré­vus pour nous dé­po­ser aux meilleurs spots entre Sos­pel et Trio­ra. C’est dans la su­blime val­lée de la Roya que nous al­lons pas­ser la ma­jo­ri­té de la jour­née. On dé­marre de­puis la Croix de Cou­goule, un an­cien block­haus de la par­tie al­pine de la ligne Ma­gi­not. La vue à 360° est su­blime. Les vil­lages et les forts aban­don­nés de cette place stra­té­gique entre la France et l’Ita­lie se dressent de­vant nous. Le run d’échauf­fe­ment consiste plus ou moins à ti­rer tout droit dans la pente jus­qu’à à Breil-sur-Roya en contre­bas. His­toire de ne pas faire de la va­rappe, le trail est un en­chaî­ne­ment d’épingles ser­rées. Le No­mad va y dé­mon­trer toute son agi­li­té. Il se fau­file avec ai­sance dans ces por­tions ul­tra-si­nueuses. On ouvre en grand à l’ex­té­rieur en en­trée de vi­rage, pour ou­vrir l’angle de ce der­nier au maxi­mum. On se per­met quelques tra­jec­toires hors pistes pour op­ti­mi­ser la ligne. On en­chaîne avec des nose-turns et des pas­sages en glisse en ca­lant le bike dans les ap­puis. Le No­mad est fa­cile. On pose quelques pe­tites re­lances en sor­tie de vi­rage quand c’est né­ces­saire. Là en­core, rien à re­dire. On en­chaîne sur deux runs plus sau­vages. Le pre­mier pro­pose une belle par­tie dans les al­pages avec un pa­quet de pierres plan­quées dans l’herbe. Le se­cond c’est à bloc dans des gou­lets rem­plis de feuilles mortes. Là en­core les pa­vasses sont in­vi­sibles. On roule à l’ins­tinct et le No­mad en­caisse sans bron­cher les pièges. Il offre une bonne ca­pa­ci­té à par­don­ner les er­reurs et la der­nière por­tion dans une an­cienne voie ro­maine dé­glin­guée

va nous confir­mer ce trait de ca­rac­tère. Un pe­tit bé­mol sur le frei­nage, face à la chauffe, des pla­quettes mé­tal­liques et un disque en 200 mm à l’avant ne se­raient pas du luxe pour gar­der une puis­sance de frei­nage constante. On s’offre une pe­tite pause gour­mande dans un re­fuge, avant une liai­son en na­vette sal­va­trice. Une heure plus tard et après une pe­tite sieste, nous voi­là sur la fron­tière, à la Ca­serne di Mar­ta pour le dé­part d’un run d’an­tho­lo­gie. C’est qua­si­ment dix ki­lo­mètres à bloc en di­rec­tion de Trio­ra qui nous at­tendent. La trace bap­ti­sée Cop Killer fait vite com­prendre à nos bras et nos mol­lets que la jour­née est dé­jà bien avan­cée. Ce n’est pas com­pli­qué, nos membres sont en feu et nos doigts té­ta­nisent... mais qu’est-ce que c’est bon ! La fin du trail offre une belle re­mon­tée qui per­met de nous ras­su­rer sur les ca­pa­ci­tés de pé­da­lage de ce nou­veau San­ta Cruz. On joue du mode trail et la bête monte au train vers les som­mets. La sus­pen­sion ver­rouille bien sur la pla­te­forme au mo­ment de po­ser une ac­cé­lé­ra­tion, bonne sur­prise. La pré­sence d’une cou­ronne de 32 dents as­so­ciée à une trans­mis­sion Sram Eagle offre une dé­mul­ti­pli­ca­tion adé­quate pour une pra­tique enduro mon­ta­gnard. Comme la veille, la jour­née s’achève dans les rues si­nueuses d’un pe­tit vil­lage per­ché. Pour chan­ger, on écluse quelques bières au­tour des fro­mages de bre­bis lo­caux et on ter­mine tous au res­tau­rant du vil­lage en contre­bas de Trio­ra, j’ai nom­mé Mo­li­ni. On passe la soi­rée avec Steve Peat qui nous ra­conte quelques anec­dotes crous­tillantes sur ses an­nées de Coupe du Monde, my­thique !

La chasse aux sor­cières

Day three : Trio­ra et Mo­li­ni sont deux vil­lages voi­sins où la chasse aux sor­cières a sé­vi au dé­but du XVIe siècle. À l’époque, la main­mise des vil­la­geois sur cet axe stra­té­gique entre la France et l’Ita­lie avait éner­vé les au­to­ri­tés de la Ré­pu­blique de Gênes. La sor­cel­le­rie fut un bon pré­texte pour que ces hautes ins­tances puissent re­prendre le contrôle de la zone. Stre­ga, le nom du mo­dèle équi­valent au No­mad dans la gamme fé­mi­nine Ju­lia­na, si­gni­fie d’ailleurs sor­cière en ita­lien. Nous voi­là donc par­tis sur des sen­tiers où flotte un doux par­fum de su­per­sti­tion. Bien connu des lo­caux, le spot de Mo­li­ni est un peu plus sha­pé que les trails des deux der­niers jours. Vi­rages re­le­vés, drops, flow trail : il y a de quoi s’amu­ser sur un ter­rain un peu plus ty­pé bike-park. Quelques traces étroites, à flanc de co­teaux, nous rap­pellent quand même qu’il faut se mé­fier des vi­rages à l’aveugle. Le spot res­semble à Fi­nale Li­gure, avec quelques pas­sages où les roches sont bien acé­rées. Avec 1,3 et 1,5 bar nous sommes al­lés deux ou trois fois au point de contact avec la jante car­bone. Cette der­nière a par­fai­te­ment ré­sis­té. Elle ap­porte ce qu’il faut de ri­gi­di­té la­té­rale, tout en of­frant de la to­lé­rance sur les chocs fron­taux. C’était le but de San­ta Cruz avec ces Re­serve, pro­po­ser des roues très vives sans être bout de bois (voir en­ca­dré). Face à la ru­desse du ter­rain, il est bon de si­gna­ler qu’au­cune roue Re­serve n’a cas­sé au cours des deux ses­sions de pré­sen­ta­tion qui ont eu lieu pour ce No­mad. C’est loin d’être le cas à chaque press camp ! Quoi qu’il en soit, sur un ter­rain plus ty­pé DH, le No­mad s’en sort une nou­velle

fois à mer­veille. Il est bon sur les pas­sages aé­riens et tout aus­si fa­cile dans les en­chaî­ne­ments ra­pides où il faut pous­ser sur les pé­dales pour conser­ver sa vi­tesse. Il n’y a que sur les grosses cas­sures ro­cheuses où l’ac­tion du frei­nage nous a pa­ru li­mi­ter le fonc­tion­ne­ment de la sus­pen­sion ar­rière, en­traî­nant des suc­ces­sions de chocs as­sez fermes et désa­gréables pour le pi­lote. Un do­sage adé­quat du frei­nage par à-coups, fa­çon ABS, per­met de li­mi­ter cet ef­fet qui ne sau­rait nous éloi­gner de ce bike. Il n’y a pas à dire, avec ce nou­veau No­mad, San­ta Cruz pond une vé­ri­table pe­tite bombe. Mi­ni vé­lo de descente fa­cile à ap­pré­hen­der quand il faut char­bon­ner sur les sen­tiers les plus tech­niques et ca­pable de pé­da­ler fort en re­lance et au train en liai­son, ce No­mad se place dans le haut du ta­bleau des ma­chines enduro du mo­ment. Pas vrai­ment un vé­lo de course, pas vrai­ment un trail bike, il conserve la phi­lo­so­phie de la gé­né­ra­tion pré­cé­dente en amé­lio­rant tous les points. C’est un com­pa­gnon idéal pour rou­ler en mon­tagne. Dis­po­nible en trois mon­tages en fibre C et deux mon­tages en fibre CC (car­bone haut de gamme plus lé­ger), le No­mad s’échange com­plet à par­tir de 5 599 €, en at­ten­dant les ver­sions alu­mi­nium qui ar­ri­ve­ront à l’au­tomne et qui de­vraient s’échan­ger à par­tir de 3 999 €.

L’an­crage bas de l’amor­tis­seur per­met de faire va­rier la géo­mé­trie de quelques de­grés.

Le No­mad 2018 adopte un VPP ins­pi­ré du V10 de descente his­toire d’en­cais­ser tout ce qui passe.

Par­mi les de­tails sym­pa­thiques, on note deux plaques de pro­tec­tions vis­sées sous le tube dia­go­nal.

Steve Peat, l’homme aux dix-sept vic­toires en Coupe du monde de descente, a pro­fi­té de ces trois jours pour dé­cou­vrir le nou­veau No­mad en même temps que nous.

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