A kind of ma­gic!

Hel­lo ! Je m’ap­pelle JB Liau­tard, j’ai 22 ans et je suis pho­to­graphe pro­fes­sion­nel. Cette an­née, j’étais pour la se­conde fois in­vi­té aux Nine Knights Mtb, dans les Alpes ita­liennes. De­puis que j’ai com­men­cé la pho­to et même le vé­lo, j’ai tou­jours été fasc

Ride It - - Inside - Texte et pho­tos : JB Liau­tard

Pour ceux qui ne connaissent pas, les Nine Knights, c’est l’un des meilleurs évé­ne­ments de VTT de l’an­née, du moins l’un des plus fun, c’est une cer­ti­tude. Pen­dant une se­maine, l’équipe se réunit à Res­chen­pass, près de la fron­tière au­tri­chienne dans le Ty­rol du Sud au­tour d’un ter­rain de jeu unique, construit dans un es­prit mé­dié­val. Sur place, on ou­blie les ban­de­roles et la foule. Seuls les ri­ders et les pho­to­graphes in­vi­tés sont pré­sents, en com­pa­gnie de l’équipe de pro­duc­tion fon­da­trice de l’évé­ne­ment « The Dis­tille­ry » ain­si qu’une dé­lé­ga­tion de chez Gop­ro. Le concept de l’évé­ne­ment est as­sez simple : le but est de faire évo­luer le sport et de créer des images hors du com­mun, en ras­sem­blant vingt des meilleurs ri­ders mon­diaux en freeride et slo­pe­style dont trois wild­cards, ain­si que trois pho­to­graphes in­vi­tés. Chez les ath­lètes, on re­trouve des noms comme Ni­co Vink, Sam Rey­nolds, Emil Jo­hans­son, Ni­cho­li Ro­gat­kin, ou en­core Geoff Gu­le­vich : au­tant dire que le ni­veau est là.

Le dé­cor est plan­té, les tem­pé­ra­tures maxi­males de la se­maine ne dé­pas­se­ront pas les 18°C !

L’ar­ri­vée sur les lieux

Ayant eu la chance de vivre cette se­maine de l’in­té­rieur, je vais es­sayer de vous en dire un peu plus sur cet évé­ne­ment qui en fait rê­ver beau­coup ! Après une di­zaine d’heures de voi­ture au dé­part de Lyon, nous ar­ri­vons sur place : la beau­té du Ty­rol est res­tée in­chan­gée et les lieux sont tou­jours aus­si in­croyables. Des lacs et des mon­tagnes par­tout, que de­man­der de plus, si ce n’est des tem­pé­ra­tures un peu plus éle­vées ! En ef­fet, la neige était pré­sente sur le par­cours jus­qu’à la veille de l’évé­ne­ment, il fai­sait donc sa­cré­ment froid par rap­port à l’an der­nier où les shorts et tee-shirts étaient presque de trop. Le dé­cor est plan­té, les tem­pé­ra­tures maxi­males de la se­maine ne dé­pas­se­ront pas les 18°C, et la pluie risque d’être très pré­sente. Tout le monde es­père ce­pen­dant un peu de so­leil en dé­but de se­maine pour per­mettre aux mo­dules de sé­cher. Après une nuit à l’hô­tel, il est temps de prendre la té­lé­ca­bine pour mon­ter au « Châ­teau » et dé­cou­vrir le spot re­mis à neuf pour cette se­conde édi­tion.

Le spot re­fait à neuf

Cette an­née c’est en­core une fois l’équipe de Bla­za­mi­co Trail De­si­gn, ac­com­pa­gnée de Sam Rey­nolds et Cle­mens Kau­de­la qui s’est oc­cu­pée de la construc­tion du châ­teau. Même si la base était la même que l’an der­nier, les sha­pers ont pas­sé plus d’un mois à construire, amé­lio­rer et pré­pa­rer le spot, ini­tia­le­ment réa­li­sé sur une bar­rière an­ti-ava­lanche. Sur cette édi­tion, on re­trouve la Flow Line per­met­tant aux ri­ders de s’échauf­fer, qui reste tout de même as­sez tech­nique et pas si évi­dente pour le com­mun des mor­tels. Au­tour de celle-ci, les autres mo­dules phares de l’an­née pré­cé­dente sont tou­jours pré­sents, mais ils ont été amé­lio­rés. L’énorme quar­ter s’est re­fait une beau­té avec une ré­cep­tion plus raide et plus haute et le hip droit reste in­chan­gé, mais tou­jours aus­si tech­nique. Entre ces deux mo­dules, on re­trouve le Trick Jump, sorte de step-up avec une ré­cep­tion as­sez molle per­met­tant d’en­voyer des gros tricks en slo­pe­style et DH sans trop de risques. La Big Ber­tha est tou­jours pré­sente, mais c’est là que les nou­veau­tés ar­rivent, une ligne en­tière dé­diée aux gros vé­los a été construite à la suite de ce saut. Un très gros hip a vu le jour, et, der­rière ses al­lures de speed jump, il est l’un des mo­dules les plus com­pli­qués à pas­ser de toute la zone. La ligne se pour­suit en­suite avec un énorme vir-ap­pel sui­vi d’un très gros step-up, que per­sonne ne rou­le­ra. La grosse nou­veau­té est une énorme double qui a vu le jour en bas de par­cours. Avec ses deux ki­ckers, le Sen­dolf a été pen­sé pour per­mettre aux ri­ders slo­pe­style de s’en­voyer les plus gros tricks, d’au­tant plus que la ré­cep­tion peut ac­cueillir un air­bag, prê­té par les Mas­ters of Dirt.

Le dé­rou­le­ment d’une se­maine aux Nine Knights

Au to­tal, c’est quatre jours de ride en mode jam et shoo­ting, sans prise de tête.

C’est une ques­tion que je me po­sais avant d’y par­ti­ci­per pour la pre­mière fois l’an der­nier. L’évé­ne­ment n’étant pas mé­dia­ti­sé comme un con­test clas­sique, ce point-là reste as­sez flou aux yeux du grand pu­blic. La se­maine est es­sen­tiel­le­ment or­ga­ni­sée au­tour de ses­sions de ride/shoo­ting. On com­mence avec un dî­ner d’ac­cueil au cours du­quel le pro­gramme ain­si que les ri­ders sont pré­sen­tés. Dès le len­de­main les ses­sions de pro­gres­sion et de shoo­ting com­mencent. Au to­tal, c’est quatre jours de ride en mode jam et shoo­ting, sans prise de tête. Si un ri­der veut tes­ter un nou­veau trick ou si un pho­to­graphe a une idée bien pré­cise, tout le monde s’or­ga­nise pour réa­li­ser les meilleures images pos­sibles. Si l’on prend en compte la to­ta­li­té des équipes pré­sentes sur place, c’est une tren­taine d’ap­pa­reils pho­to et de ca­mé­ras poin­tés sur chaque ri­der, au­tant dire que chaque ac­tion est cer­taine d’être im­mor­ta­li­sée, un luxe pour les ac­cros d’Ins­ta­gram ! La se­maine se ter­mine en théo­rie par le Con­test-day qui cette an­née fut an­nu­lé à cause de la mé­téo. Cette jour­née est nor­ma­le­ment ou­verte au pu­blic et c’est sous forme d’une com­pé­ti­tion à la co­ol, qui res­semble plus à un show qu’à un run de slo­pe­style, que les ri­ders s’en­voient en vi­sant cer­taines ré­com­penses comme le best trick ou en­core la meilleure ligne en gros vé­lo. La der­nière étape d’une se­maine aux Nine Knights est le Ga­la, soi­rée mé­mo­rable or­ga­ni­sée dans le res­tau­rant d’al­ti­tude, où toutes les images pho­tos et vi­déos sont dé­voi­lées à l’équipe et les dif­fé­rentes ré­com­penses sont éga­le­ment dis­tri­buées.

Les aléas de la mé­téo

Les 9K se dé­rou­lant la pre­mière se­maine de sep­tembre, et qui plus est en mon­tagne, une mé­téo par­faite ne peut pas être ga­ran­tie. L’an­née der­nière, nous étions chan­ceux et le so­leil était om­ni­pré­sent, mais cette fois, la mé­téo ca­pri­cieuse a ren­du les choses plus com­pli­quées. La neige pré­sente la veille de notre ar­ri­vée sur le spot a obli­gé à uti­li­ser du ci­ment, des cha­lu­meaux ain­si que des plaques de contre­pla­qué en der­nier re­cours pour rendre les prises d’élan de chaque saut pra­ti­cables. Après quelques heures de tra­vail de la part de l’équipe de construc­tion, tous les mo­dules ont pu être fi­na­le­ment rou­lés. Mal­gré leurs désa­van­tages, ces condi­tions nous ont tout de même per­mis d’as­sis­ter à de belles am­biances comme un arc-en-ciel ou des ar­rière-plans à base de ri­deaux de pluie et de nuages d’orage très dra­ma­tiques. La mé­téo a fi­na­le­ment été as­sez clé­mente du­rant toute la se­maine et nous a per­mis de faire un shoo­ting au le­ver de so­leil. Consi­dé­ré comme in­dis­pen­sable par tous les médias, c’est dans une am­biance par­ti­cu­lière que nous nous sommes ren­dus au châ­teau de nuit, à 5h30 du ma­tin, ac­com­pa­gnés d’un pe­tit groupe de ri­ders. Dé­pour­vu de lu­mière le soir en rai­son de sa si­tua­tion en­cais­sée, le spot est bien plus in­té­res­sant au le­ver du so­leil. Tout le monde le sait sur place, les plus belles images se font avec la lu­mière du ma­tin, ce qui rend le chal­lenge en­core plus im­por­tant pour les ri­ders, qui doivent s’en­voyer sur les sauts à 6h. En fin de se­maine, le mau­vais temps s’est mal­heu­reu­se­ment in­vi­té à nou­veau et, comme dit pré­cé­dem­ment, le con­test-day a dû être an­nu­lé à cause du brouillard et de la pluie bat­tante le der­nier jour de la se­maine, ren­dant la zone com­plè­te­ment dé­trem­pée et im­pra­ti­cable. C’est d’ailleurs sous la neige que nous avons quit­té la zone le len­de­main ma­tin…

Les high­lights

Si le temps n’était pas par­fait, ce­la n’a pas em­pê­ché les ri­ders d’en­voyer du gros, que ce soit en slo­pe­style ou en DH. Après avoir po­sé le pre­mier Cork 720 et Cash­roll en DH il y a deux ans, Ni­cho­li Ro­gat­kin met la barre en­core plus haut cette an­née avec un Twis­ter sur son De­mo 8. Il n’est pas le seul à avoir bien rou­lé du cô­té des slo­pe­sty­lers avec Emil Jo­hans­son, fraî­che­ment ti­tré cham­pion FMB 2017, qui n’en a pas eu as­sez et nous a fait une ses­sion avec 6 world first en une heure. On parle ici de flip quin­tuple bars­pin, ou en­core de flip whip to bar to un­turn­down pour n’en ci­ter que deux, hal­lu­ci­nant ! Die­go Ca­ver­sa­zi a éga­le­ment tout don­né avec des ten­ta­tives de Twis­ter, des flips cliff-han­ger et des front­flips su­per­man. Du cô­té ri­ders freeride, Pa­trick Sch­wei­ka s’est en­core illus­tré cette an­née en dé­cro­chant le titre de Ru­ler of the week, ré­com­pen­sant le meilleur ri­der de la se­maine, et sur­tout le plus sty­lé et po­ly­va­lent. Des flats­pins table sur le Sen­dolf aux énormes airs sur le quar­ter pipe, il rem­porte on ne peut plus lé­gi­ti­me­ment ce titre, dé­cer­né par tous les autres ri­ders. Pour res­ter chez les Al­le­mands, Ni­co Scholze est tou­jours aus­si fou et s’est en­core ba­lan­cé en flip tsu­na­mi avec son DH ain­si qu’en flip Heel­cli­cker sur la Big ber­tha. Il ne se­ra ce­pen­dant clas­sé que deuxième dans la ca­té­go­rie gros vé­lo, juste der­rière Sam Rey­nolds, qui a ou­vert un grand nombre de sauts et a bat­tu le re­cord de hau­teur sur le quar­ter, quelques cen­ti­mètres au-des­sus de Cle­mens Kau­de­la. On ne pour­rait par­ler de cette édi­tion 2017 sans men­tion­ner les deux Es­pa­gnols Adolf Sil­va et Bien­ve­ni­do Agua­do qui ont en­core une fois re­pous­sé les li­mites de ce qui est pos­sible sur un vé­lo. Bienve n’a pas hé­si­té à se ba­lan­cer en double front ou en­core en flip su­per­man in­dian air. Dé­ten­teur d’une des trois wild­cards, il était sû­re­ment l’un des ri­ders les plus mo­ti­vés de la se­maine et se ver­ra re­mettre la mé­daille du Man of the Day, ré­com­pen­sant l’ath­lète ayant le meilleur es­prit. En ce qui concerne son col­lègue, nous sommes main­te­nant ha­bi­tués à voir Adolf s’échauf­fer en double flip, mais son ni­veau d’en­ga­ge­ment reste quand même as­sez fou, avec des tricks tou­jours plus ten­dus et une ré­sis­tance aux crashs hors du com­mun. Il fi­ni­ra quand même par se bles­ser à la main après un gros crash en double flip sur la Big ber­tha en vé­lo de DH.

Le concours pho­to

En marge du ri­ding, une part im­por­tante de l’évé­ne­ment est le concours pho­to. Cette an­née je fai­sais par­tie des trois pho­to­graphes in­vi­tés aux cô­tés de Ch­ris­toph Laue et Lars Scharl, deux pho­to­graphes al­le­mands. Le prin­cipe du concours est as­sez simple et les règles sont as­sez mo­du­lables. Chaque an­née, les pho­to­graphes dis­cutent avec l’or­ga­ni­sa­tion et dé­cident de dif­fé­rentes ca­té­go­ries dans les­quelles ils de­vront sou­mettre leurs images. Cette an­née, nous avions trois axes : Best Nine Knights Mo­ment, en somme une pho­to re­pré­sen­tant une ac­tion ex­cep­tion­nelle ou un mo­ment mar­quant ; Il­lu­mi­na­tion, ca­té­go­rie dans la­quelle la ges­tion de la lu­mière est ju­gée, et le Shoo­ter of the week dé­ter­mi­né à par­tir d’un dia­po­ra­ma de nos meilleures images de la se­maine. Chaque pho­to­graphe dis­pose de cinq jours pour réa­li­ser les pho­tos comme il le veut et doit pro­po­ser deux vi­suels par ca­té­go­rie. Les vain­queurs sont dé­ter­mi­nés lors de la soi­rée de ga­la, le der­nier jour de l’évé­ne­ment, lors de la re­mise des prix. C’est alors tous les medias pho­to­graphes ou vi­déastes pré­sents sur l’évé­ne­ment qui jugent cha­cune des ca­té­go­ries. Cette an­née, Ch­ris­toph Laue rem­porte les deux pre­mières ca­té­go­ries et je gagne la ré­com­pense du pho­to­graphe de la se­maine. Ici pas de pres­sion, nous dé­ci­dons de par­ta­ger les prix et cha­cun d’entre nous a ga­gné un ebike Fo­cus tout-sus­pen­du, bien pra­tique pour les shoo­ting pho­tos ! Chez les ath­lètes, la meilleure pho­to Gop­ro est aus­si ré­com­pen­sée, et cette an­née en­core c’est Blake Sam­son qui rem­porte le titre avec une pho­to d’un flip con­dor. C’est donc avec un grand sou­rire et un pe­tit mal de crâne que nous ren­trons en France après une se­maine de fo­lie. No­tez que si vous vou­lez par­ti­ci­per à l’évè­ne­ment l’an pro­chain en tant que ri­der, trois wild­cards se­ront en­core une fois ou­vertes et il vous suf­fi­ra d’en­voyer une vi­déo lors du con­test Be­come a Knight. Un bon ni­veau d’an­glais (ou d’al­le­mand !) est tout de même re­com­man­dé, car les Fran­çais se font rares sur place.

« Ch­ris­toph Laue rem­porte les deux pre­mières ca­té­go­ries et je gagne la ré­com­pense du pho­to­graphe de la se­maine. ici pas de pres­sion, nous dé­ci­dons de par­ta­ger les prix !»

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