“On n’est pas là pour long­temps, on est là pour du bon temps.”

Le Fo­rest Crew, c’est une bande de potes comme il y en a beau­coup. Ils viennent de Seine-et-Marne, de Fontainebleau plus exac­te­ment, font du gros vé­lo, se marrent beau­coup et es­sayent de par­ta­ger leur pas­sion au tra­vers d’images, que ce soit des vi­déos ou

Ride It - - People - Texte : Sa­cha Ko­jev­ni­kov et Alan Per­reard - Pho­tos : Alan Per­reard

L’his­toire com­mence en 2011, point de ren­contre entre Jo­ris Ma­hieu et Sa­cha Ko­jev­ni­kov. Les deux las­cars ont vite sym­pa­thi­sé et com­mencent à pas­ser pra­ti­que­ment toutes leurs ses­sions en­semble. Sa­cha ren­contre en­suite Alan Per­reard au col­lège. « En dis­cu­tant, j’ai ap­pris qu’il rou­lait en mo­to­cross avec des potes, qui n’étaient autres que Lu­cas Ber­nier, Greg Roux et Ju­lien Gro­seiller. Les deux pre­miers nous ont re­joint ra­pi­de­ment en fo­rêt avec Alan, avec des pe­tits se­mi-ri­gides tous pour­ris, comme Jo­ris et moi. On leur a mon­tré les spots dis­sé­mi­nés dans la fo­rêt, et à force de rou­ler en­semble, on a fi­ni

par fil­mer un peu. » Ce qui les a ame­nés à pen­ser que ce se­rait pas mal de se trou­ver un nom. Ce se­ra The Fo­rest Crew. Un jour, ils or­ga­nisent une mi­ni course de DH. Pas mal de monde est ve­nu grâce à l’event Fa­ce­book et no­tam­ment deux éner­gu­mènes qu’ils n’avaient ja­mais croisés avant : les frères Nam, Jean-Phi­lippe et Va­len­tin. Ils ont in­vi­té la joyeuse équipe à ve­nir rou­ler sur leur spot à Ne­mours. « On y a bien ri­go­lé et on y est re­tour­nés, en­core et en­core » ex­plique Sa­cha. Ils ont re­joint le Crew as­sez na­tu­rel­le­ment. Il y a en­suite eu William Ro­bert, qu’Alan fil­mait de temps en temps et puis Adrien Pe­tra, qui a in­té­gré le Crew au cours de sa pre­mière ve­nue aux Gets.

Com­mu­ni­ca­tion par l’image...

Les dé­buts du Fo­rest Crew coïn­cident avec la sor­tie des pre­miers épi­sodes du Coas­tal Crew. « On ad­mi­rait et on ad­mire tou­jours le tra­vail de ces gars-là. C’est eux qui nous ont don­né l’en­vie de par­tir sur cette voie. La vi­déo est donc ar­ri­vée très vite et a pris une place im­por­tante dans notre mode de fonc­tion­ne­ment » ra­conte

Alan, pour qui la vi­déo est de­ve­nue un mé­tier : « J’ai com­men­cé comme beau­coup d’autres en fil­mant mes amis, le Fo­rest Crew. Nous étions des dé­bu­tants, et nous nous ins­pi­rions de ce que pro­dui­saient les maîtres de la dis­ci­pline à nos yeux (Coas­tal Crew, An­thil films, etc…). C’est ça qui nous a mo­ti­vés, l’en­vie de leur

res­sem­bler, de faire comme eux. L’idée de réa­li­ser un film nous tri­tu­rait l’es­prit de­puis un pe­tit bout de temps, mais avant je n’avais pas le ma­té­riel adé­quat. Je ne vou­lais pas que l’on fasse un film avec un simple boî­tier re­flex et un tré­pied. Alors on a pris notre mal en pa­tience puis un jour on s’est dit : « Cette an­née on le fait ! » Nous en avons par­lé à per­sonne et nous avons com­men­cé à tour­ner un film dans notre coin pour le sor­tir dé­but 2017. Les gens nous croyaient morts, du coup nous n’avions au­cune pres­sion. Quand on com­pare nos pre­mières vi­déos au film, on a l’im­pres­sion d’avoir fait un bond de 20 ans en avant ! On a pris notre temps pour fil­mer puis on a es­sayé de sor­tir un truc ori­gi­nal met­tant en avant l’es­prit fun du Crew, car oui, on est plus doués dans les bars que sur nos vé­los ! Ce qu’il faut sa­voir à pro­pos de TGOTAN, c’est que c’est un film que nous avons fait pour nous, dont le but était da­van­tage de nous rap­pe­ler de bons sou­ve­nirs. Le mettre sur In­ter­net était bien sûr une évi­dence car au­jourd’hui tout passe par la vi­déo. Les marques ré­clament du vi­suel, si ce film pou­vait nous ap­por­ter quelque chose, des aides, nous n’al­lions pas nous en pri­ver. Fi­na­le­ment, c’était aus­si pour nous une ma­nière de mon­trer notre vi­sion du MTB. »

Se de­mar­quer

« D’un point de vue tech­nique, si tu veux te faire re­pé­rer, il faut in­ves­tir dans du bon ma­tos vi­déo, c’est-à-dire avoir une ca­mé­ra qui te per­met de faire de beaux slow mo­tions et un drone. Une fois que tu as ça, il faut jouer de tes ta­lents et se lan­cer ! Après ce n’est qu’une théo­rie, tu re­gardes les vi­déos de 50to01 et tu te dis qu’avec un iP­hone et une paire de ba­loches au ni­veau du ri­ding, ça peut fonc­tion­ner ! Tout dé­pend vrai­ment de l’es­prit que tu veux don­ner à ta vi­déo. Je passe mon temps à re­gar­der des vi­déos de sports autres que du MTB pour avoir un ren­du dif­fé­rent. Dans ce mi­lieu, le se­cret, c’est l’ins­pi­ra­tion. Notre base à nous c’est bien évi­dem­ment du ride, mais sur­tout mon­trer l’am­biance au sein de l’équipe. On filme le tout et on le mixe. » Alan Per­reard

“Ma­gic Fontainebleau”

« C’est une pe­tite ville iso­lée, plon­gée au mi­lieu d’une fo­rêt ma­gni­fique dont on ne se lasse pas. Cul­tu­rel­le­ment, la ville et ses en­vi­rons sont très in­té­res­sants aus­si. Ça vit, ça bouge, il y a tout ce dont on a be­soin. La seule chose qu’il manque, c’est une cen­taine de mètres de dé­ni­ve­lé en plus et des re­mon­tées mé­ca­niques. Il y au­ra tou­jours une part de Fontainebleau dans le Fo­rest Crew. On y est nés, nos ra­cines y sont an­crées et elles le res­te­ront. Même si nous sa­vons per­ti­nem­ment qu’à l’ave­nir cer­tains d’entre nous se­ront ame­nés à bou­ger, ce se­ra tou­jours le point de ral­lie­ment. » Alan Ko­jev­ni­kov

Fight for your right... to par­ty

« On a dû dé­truire plu­sieurs spots (on avait abu­sé avec les pa­lettes, c’était les dé­buts), on a failli se prendre des amendes éga­le­ment. C’est un peu la guerre, mais on ne nous traque pas non plus je di­rais. Le pro­blème de Fontainebleau, c’est que la col­lec­ti­vi­té lo­cale n’a pas vrai­ment son mot à dire quand il s’agit de la ges­tion du pa­tri­moine fo­res­tier. C’est une fo­rêt do­ma­niale pro­té­gée, et gé­rée par l’ONF. La com­mu­ni­ca­tion avec eux est par­fois un peu com­pli­quée, comme avec cer­tains ran­don­neurs ou autres usa­gers, car à leurs yeux on ne fait que ra­va­ger le ter­rain. La fo­rêt est grande, et nous rê­vons qu’un jour on dé­die une par­celle au freeride. De­puis peu, l’as­so­cia­tion MBF a réus­si à faire avan­cer les choses et a en­ta­mé la construc­tion d’un trail VTT of­fi­ciel, mais je pense qu’on n’est pas prêts de voir naître une zone “ex­trême” pour le mo­ment. Pour nous le vé­lo c’est un mode de vie, comme pour tout pas­sion­né, et c’est un sport qui se pra­tique par­tout, mon­tagne ou pas mon­tagne, route ou tout-ter­rain. La fo­rêt ne de­vrait pas être ré­ser­vée à telle ou telle dis­ci­pline. On veut bien croire que nos pas­sages ne sont pas sans consé­quences sur la na­ture, mais ce n’est pas notre ob­jec­tif de la dé­truire, c’est notre ter­rain de jeu et on le res­pecte ! On y tient sû­re­ment plus que cer­taines per­sonnes qui font preuve d’in­ci­vi­li­tés de toutes sortes et qui ne se l’avouent même pas à elles-mêmes. » Sa­cha Ko­jev­ni­kov

"Je passe mon temps à re­gar­der des vi­déos de sports autres que du MTB pour avoir un ren­du dif­fé­rent. Dans ce mi­lieu, le se­cret, c’est l’ins­pi­ra­tion. » Alan Per­reard

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