Clap Your Hands Say Yeah

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - “On­ly Run”

FAR­GO On l’avait vu ve­nir de New York City au dé­but des an­nées 2000, dans le sillage d’Ar­cade Fire. Pas gros comme une mai­son, plu­tôt petit comme une ca­bane de plage, mais l’air dé­ci­dé, le re­gard fier. Quelque part, Clap Your Hands Say Yeah, avec ce pre­mier al­bum pa­ru sur Wi­chi­ta, ap­pa­rais­sait comme un sau­veur, le ga­rant d’un rock li­ber­taire re­trou­vé. On y crut, mais on com­prit très tôt que ja­mais Alec Ouns­worth et sa clique n’iraient, comme Cold­play par exemple, me­na­cer Ka­nye West et Ri­han­na à la cime des charts mon­diaux. CYHSY, ça al­lait être cette chose : un groupe à jour­na­listes. Un se­cret un peu trop bien gar­dé, un com­bat de tous les ins­tants pour son lea­der. “On­ly Run”, suc­ces­seur de “Hys­te­ri­cal” de 2011, est le qua­trième al­bum d’une for­ma­tion qui plaît à une frange fi­dèle du jeune pu­blic rock, mais dont l’éco­no­mie ne per­met cer­tai­ne­ment pas d’ex­cès. Au dé­part des trois cin­quièmes du groupe en 2012, par­tis va­quer ailleurs, Ouns­worth et le bat­teur Sean Green­halgh ont dé­ci­dé de pour­suivre l’aven­ture à deux (en stu­dio) et de mi­ton­ner cet “On­ly Run”, au son char­gé en cla­viers et ma­chines à rythmes. Les dix titres, en clair-obs­cur mais pas om­bra­geux, cé­ré­braux mais pas prise de chou, plantent un dé­cor grave. L’al­bum n’est ja­mais plom­bant pour au­tant. Contraints de se po­ser des ques­tions, Ouns­worth et Green­halgh ap­portent des ré­ponses, ouvrent quelques portes, en in­diquent d’autres, mais gardent les clefs. Au­cun mor­ceau n’est évident au sens com­mer­cial du terme, mais tous s’ins­crivent dans une ir­ré­sis­tible lo­gique qui, c’est comme ça, n’est pas celle du monde dans le­quel Clap Your Hands Say Yeah les lâche. Le sien res­semble da­van­tage au fi­nal eu­pho­rique de la chan­son-titre, de loin, la plus chi­mé­rique de l’an­née. JE­ROME SO­LI­GNY

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