Mis­ter Babadook

Rock & Folk - - Cinéma -

Et si, après Fred­dy Krue­ger, on ve­nait en­fin de mettre la main sur un nou­veau cro­que­mi­taine ? C’est la ques­tion po­sée tout au long de “Mis­ter Babadook”, for­mi­dable pre­mier long mé­trage d’épou­vante de l’Aus­tra­lienne Jen­ni­fer Kent. Une mère de fa­mille, qui élève son fils de six ans après la dis­pa­ri­tion bru­tale de son ma­ri, voit son quo­ti­dien par­tir en vrille quand un mys­té­rieux livre sor­ti de nulle part ap­pa­raît dans sa mai­son. Un bou­quin dont les pages sont han­tées par un étrange per­son­nage (longues griffes, cha­peau haut-de-forme et cos­tard sombre) au cha­risme de sup­pôt de Sa­tan. Sur­nom­mée Babadook, la créa­ture des té­nèbres va se mettre à han­ter le môme, puis sa mère... Si “Mis­ter Babadook” est plus qu’une bonne sé­rie B d’hor­reur, c’est parce qu’il joue la carte constante de l’in­ter­ro­ga­tion. Et si toutes ces ap­pa­ri­tions n’étaient que mi­rages ? A cause de sa dé­pres­sion, de sa mi­san­thro­pie et de son manque d’amour char­nel, la mère n’a-telle pas in­ven­té elle-même le Babadook ? Ne se­rait-il pas le pro­duit de ses dé­lires in­té­rieurs ? En mar­chant sur les traces des Po­lans­ki les plus pa­ra­noïaques (“Le Lo­ca­taire”, “Ré­pul­sion”), le film per­met à la for­mi­dable Es­sie Da­vis de se li­vrer à un for­mi­dable pé­tage de plombs digne d’Isa­belle Ad­ja­ni dans le “Pos­ses­sion” de Zu­laws­ki (en salles le 30 juillet).

Mis­ter Babadook

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.