The Magic Num­bers

Rock & Folk - - Disques Pop Rock -

“Alias”

CA­RO­LINE/UNI­VER­SAL L’air de presque rien puis­qu’ils sont d’un na­tu­rel plu­tôt dis­cret, ça fait douze ans que les Magic Num­bers ex­sudent une sorte de pop-rock sa­vou­reux aux mé­lo­dies gra­ciles et ar­ran­ge­ments char­gés de sens. Après trois al­bums sur Hea­ven­ly (dis­tri­bués par feu EMI), les frères et soeurs (quatre membres, mais seu­le­ment deux noms de fa­mille) se re­trouvent chez Ca­ro­line, et “Alias” est un peu leur nou­veau dé­part. D’em­blée, ils mettent la barre très haut, les trois pre­miers titres de l’al­bum s’avé­rant plus riches et ima­gi­na­tifs que la to­ta­li­té des chan­sons nou­velles pa­rues ou­treManche cette an­née. Avec des gui­tares por­tées par la brise, des har­mo­nies vo­cales qui (comme celles des Beach Boys) doivent beau­coup aux liens du sang et une pro­duc­tion re­muante as­su­mée par le lea­der/ ma­gi­cien Ro­meo Sto­dard, “Wake Up”, “You K(n)ow” et “Out On The Streets” sti­mulent tel­le­ment de sens lais­sés en ja­chère qu’on doit se pin­cer pour y croire. “Shot In The Dark”, single an­non­cia­teur, sonne un peu comme si Fleet­wood Mac avait au­to­ri­sé Neil Young, pé­riode Che­valFou, à jouer dans sa cour : le so­lo de la fin dé­chire, tout sim­ple­ment. Hom­mage à coeur ou­vert, “Roy Or­bi­son” ré­sonne, comme une ca­thé­drale, de ces bonnes vi­bra­tions que Brian Wil­son maî­tri­sait dès le mi­lieu des an­nées 60. “Though I Wasn’t Ready”, li­mite ba­char(ah)ien, et “END”, dis­co-sub­til comme au­cun titre de Daft Punk, confirment que ces An­glais brin­que­ba­lés de­puis l’en­fance (Trinidad et New York avant Londres pour les Sto­dard) sont ou­verts à toutes les belles sug­ges­tions que seule une ins­pi­ra­tion sans li­mite est ca­pable de souf­fler à l’oreille des bien-en­ten­dants. JE­ROME SO­LI­GNY

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