Boo­gers

“Run­ning In The Flame”

Rock & Folk - - Disques Français -

AT(H)OME/WA­GRAM/BE­LIEVE

L’ou­ver­ture alerte est pla­cée sous le signe de la po­wer pop (“Nerves”) avant d’em­brayer sur une fu­sion entre hip-hop et rock à gui­tares (“The Big Sum­mer”) puis de vi­rer vers la pop indie avec un soin par­ti­cu­lier ac­cor­dé à la voix et aux choeurs (“I’m There”), de mar­quer une pause avec une char­mante ri­tour­nelle en de­mi-teinte (“Oh My Love”) et de dur­cir le ton à nou­veau (“Show­time”). On pour­rait être quelque peu dérouté si on ne sen­tait pas der­rière ces va­ria­tions une force de convic­tion qui ba­laie toutes les ré­ti­cences sur son pas­sage. Boo­gers four­mille d’idées qu’il se­coue au sha­ker pour concoc­ter des disques ébou­rif­fants où les in­fluences se bous­culent en tra­quant les hits po­ten­tiels. Cet an­cien homme-or­chestre tou­ran­geau ne s’est ja­mais re­mis de sa plon­gée dans la po­wer pop (via Wee­zer), ni de ses amours indie, ni de sa pas­sion pour Go­rillaz. Pour son troi­sième al­bum an­glo­phone (à l’ex­cep­tion du tré­pi­dant “Dis-Moi Pour­quoi”), il pour­suit de plus belle sa croi­sière ico­no­claste vers di­verses contrées mu­si­cales en s’in­ven­tant une sorte de juke-box idéal. La co­hé­rence de l’en­semble est as­su­rée par sa voix ré­so­lu­ment plai­sante et la ma­nière dont il cultive les mé­lo­dies avec un soin ma­niaque. D’ailleurs, il as­sume les ruptures de ton avec une as­su­rance qui n’a d’égale que son art de la conci­sion (onze mor­ceaux en trente-trois mi­nutes). Ce touche-àtout sur­doué est un vé­ri­table or­fèvre qui donne l’im­pres­sion de pou­voir se per­mettre les grands écarts que d’autres n’ose­raient pas et de culti­ver l’ex­cel­lence sous ses mul­tiples fa­cettes, por­tant l’es­to­cade fi­nale avec un hymne dance ob­sé­dant (“Don’t Want Me”). H.M.

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