TITS

Par­ti­cu­liè­re­ment tur­bu­lents

Rock & Folk - - Prospect - Al­bum “TITS” (Tee­nage Me­no­pause) THO­MAS E. FLO­RIN

Aréo­page de mu­si­ciens hau­te­ment éner­giques, ce groupe pa­ri­sien confirme ici-bas le violent ré­veil du mi­cro­cosme ga­rage punk.

Quand le gé­nome des mam­mi­fères de cette pla­nète au­ra su­bi les mo­di­fi­ca­tions im­po­sant l’in­tel­li­gence su­pé­rieure, la sta­bi­li­té des hu­meurs, l’im­mor­ta­li­té et l’ata­raxie, les groupes comme TITS ne pour­ront plus exis­ter. L’hu­ma­ni­té s’em­mer­de­ra donc, en­vi­sa­geant la tré­pa­na­tion avec sé­rieux.

Chau­dron du diable

Sans femme, pas de ro­man. Eten­dons la por­tée de cette for­mule dé­fi­ni­tive : sans femme, pas de TITS. Parce qu’ils ne parlent que d’elles, même en in­ter­view : “Les na­nas, c’est le fil rouge du groupe. Rien que dans notre nom : on est des amou­reux des grosses paires de loches.” L’his­toire l’a prou­vé : il suf­fit de peu pour en­trer en ré­sis­tance. Dans notre mo­ment his­to­rique hy­gié­niste, nom­mer un groupe NI­CHONS (tra­duc­tion de TITS pour les al­le­mand pre­mière langue), for­mant l’acro­nyme de Thugs In Trendy Style, de­vrait suf­fire pour ob­te­nir une mé­daille. Sur­tout quand l’on vient de sor­tir un pre­mier al­bum dé­cu­lot­tant bon nombre de groupes dits punk, le tout en don­nant des concerts conte­nant plus de dan­ger que n’im­porte quelle ap­pa­ri­tion des Black Lips en 2014. Lors­qu’il est en forme, on a vu ce groupe ri­di­cu­li­ser des groupes skin, faire grim­per le pu­blic aux murs, trans­for­mer les salles en es­so­reuse hu­maine. Dans cette scène qui a fait pas­ser la France en pre­mière di­vi­sion dans la ca­té­go­rie punk ga­rage, les TITS s’avèrent être des ca­dets par­ti­cu­liè­re­ment tur­bu­lents. Fon­dée il y a seu­le­ment deux ans, son his­toire est, somme toute, ba­nale. Quatre amis mon­tés de leur pro­vince traînent aux mêmes concerts, cha­cun ap­pré­ciant les groupes des uns et des autres. A sa­voir : Hen­ri dans Fee­ling Of Love, Cy­prien dans Ca­tho­lic Spray, Vince Posadzki dans les Fa­tals et Bap­tiste dans Pierre Et Bas­tien. Comme si ce­la ne suf­fi­sait pas, ils dé­cident d’en mon­ter un sup­plé­men­taire, qui vien­dra aug­men­ter le rang de ce chau­dron du diable. Ra­pi­de­ment, Tee­nage Me­no­pause, la­bel co­hé­rent, leur pro­pose de sor­tir un al­bum. Co­hé­rent donc, car l’on y re­trouve quelques proches cou­sins du groupe : JC Sa­tàn, Prince Har­ry ou Ca­tho­lic Spray donc — que l’on es­père du fond du coeur re­voir ra­pi­de­ment en ac­ti­vi­té. Ce ros­ter re­pré­sente l’al­ter­na­tive par­faite à l’énième gé­né­ra­tion de re­vi­val psy­ché­dé­lique. Ex­pli­quons-nous : si la ma­jo­ri­té es­time que Temples, groupe de trans­genre an­glais à la mu­sique plas­tique, est le groupe lé­gi­time du mo­ment, TITS lor­gne­rait donc du cô­té d’Al-Qaï­da. En ma­tière de rock’n’roll, ce­la le place du cô­té in­té­res­sant de la bar­rière. Le mo­ment semble ve­nu pour ces groupes d’ob­te­nir un peu d’at­ten­tion du pu­blic : “Il y a plu­sieurs fac­teurs qui jouent en notre fa­veur, ex­pliquent-ils. Dé­jà, au­jourd’hui un groupe gagne ses ga­lons sur scène et plus en nombre de ventes de disques. En plus, l’ex­po­si­tion de Ty Se­gall ou Thee Oh Sees font que les gens écoutent plus de trucs ga­rage. Puis il s’est mon­té des médias et des la­bels pour pous­ser et sou­te­nir la scène.” Une gé­né­ra­tion monte en s’al­liant ou ne monte ja­mais. S’étant en­ten­dus sur la ra­di­ca­li­té de leur mu­sique et de leur mode de fonc­tion­ne­ment, il est cer­tain que les groupes ci­tés ci-des­sus re­pré­sen­te­ront, a pos­te­rio­ri, la chose la plus ex­ci­tante qui se­ra ar­ri­vée à notre époque. Il ne reste donc plus qu’à se pro­cu­rer le pre­mier LP des TITS, le pas­ser à un vo­lume in­dé­cent en se mas­tur­bant, le tout jus­qu’à créer le scan­dale dans sa com­mu­nau­té. Et mon­ter un groupe dans la fou­lée.

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