BRIAN SET­ZER

Le vé­loce gui­ta­riste des Stray Cats est de re­tour avec “Ro­cka­billy Riot !”, un al­bum qui, comme l’in­dique son titre, n’amorce pas le moindre vi­rage electronica ni dubstep dans son oeuvre.

Rock & Folk - - Tête D’affiche -

Alors que la bri­gade du bon goût fran­çais sou­hai­te­rait voir la chose dé­fi­ni­ti­ve­ment re­mi­sée dans les ré­serves du mu­sée du Louvre, le ro­cka­billy est une af­faire qui roule sé­vère dans le reste du monde. A la fa­veur de la sor­tie de son nou­vel al­bum, Brian Set­zer va ten­ter d’éclai­rer les lan­ternes na­tio­nales sur la pé­ren­ni­té du phé­no­mène tout en uti­li­sant des mots simples.

Sans se po­ser de ques­tion

ROCK&FOLK : Com­ment s’est pas­sé l’en­re­gis­tre­ment ? Brian Set­zer : On a ten­té de faire les choses le plus sim­ple­ment pos­sible comme n’im­porte quel groupe. J’ai en­re­gis­tré des dé­mos, en­voyé le ré­sul­tat aux co­pains et tout le monde s’est mis à ré­pé­ter cha­cun de son cô­té pen­dant deux mois. Une fois en stu­dio, rien n’al­lait et tout était à re­faire car on ne s’était pas du tout ren­du compte qu’une fois réunis, nous al­lions nous mettre à jouer les titres avec l’adré­na­line au max. Quand on com­pose chez soi bien tran­quille­ment, on a un peu ten­dance à ou­blier que le ro­cka­billy est une mu­sique faite pour cas­ser la ba­raque. Au fi­nal, toute la mu­sique est prise live et seules les voix sont en­re­gis­trées à part. R&F : C’est un al­bum tout en ré­fé­rences. On dis­cerne John­ny Hor­ton, Cliff Gal­lup, Tom­my Sands, Bud­dy Hol­ly, Carl Per­kins... Pour­quoi un tel flo­ri­lège de ci­ta­tions dans le texte ? Brian Set­zer : Il faut y voir quatre mecs dans un stu­dio com­plè­te­ment sur­ex­ci­tés. On était à fond dans le trip et, comme j’ai étu­dié tous les so­los de Gal­lup, dans l’ex­ci­ta­tion du mo­ment, mes mains ont di­rec­te­ment re­pro­duit ce qu’elles savent faire le mieux. Bien sûr qu’il y a des si­mi­li­tudes sur cer­taines chan­sons mais l’in­ten­tion et la réa­li­sa­tion sont dif­fé­rentes. Pour “I Should Have Had A V8”, elle peut rap­pe­ler le “Bat­tle Of New Or­leans” de John­ny Hor­ton mais sans le cô­té mi­li­taire de cette chan­son de la guerre d’In­dé­pen­dance. Si je prends la chan­son “Sti­let­to Co­ol” par exemple, la suite d’ac­cords tire plu­tôt vers le blues et ça ne se fai­sait pas dans les an­nées cin­quante. Ça au­rait été trop en avance sur l’époque. R&F : Dans une ré­cente in­ter­view, vous vous plai­gnez que les choses simples sont les plus dures à réa­li­ser... Brian Set­zer : Res­ter simple est la chose la plus dif­fi­cile à faire en mu­sique. Dès qu’on touche à la sim­pli­ci­té, on a l’im­pres­sion de jouer quelque chose que plein de mu­si­ciens ont dé­jà fait mille fois. Pour “Let’s Shake”, je ne pou­vais pas trou­ver plus simple mais com­ment la jouer sans que les gens se disent que je ne m’étais pas trop fou­lé ? En fait, il faut sim­ple­ment l’en­voyer sans se po­ser de ques­tion. Comme quand on ra­conte une his­toire toute simple, et ça marche na­tu­rel­le­ment. Cette quête de la sim­pli­ci­té peut s’avé­rer dé­pri­mante quand on n’y ar­rive pas. R&F : Com­ment ex­pli­quez-vous la po­pu­la­ri­té du ro­cka­billy ? Brian Set­zer : Je ne me l’ex­plique tou­jours pas. Com­ment cette mu­sique née à Mem­phis peu­telle être tou­jours aus­si pré­sente ? Non, je peux la jouer mais pas l’ex­pli­quer. C’est un pa­ra­doxe. Peu­têtre le fait qu’il s’agit d’une mu­sique simple, ra­con­tant des his­toires simples pour des gens simples ? Qui peut sa­voir ? De­puis le dé­part, il y avait le style, l’at­ti­tude et le cô­té re­belle. Tout ce que les jeunes ne trou­vaient pas dans le blues hor­mis la mu­sique. Le ro­cka­billy est le mou­ton noir de la fa­mille tan­dis que le blues est le grand frère avec les pieds sur terre. Ce qui est étrange, c’est que je suis beau­coup plus po­pu­laire en jouant cette mu­sique main­te­nant qu’au temps des Stray Cats. Je suis obli­gé de jouer dans des en­droits de plus en plus grands alors que les kids ont la pos­si­bi­li­té d’écou­ter à la ra­dio des styles mu­si­caux beau­coup plus éla­bo­rés que le ro­cka­billy. R&F : Si une lampe ma­gique vous don­nait la pos­si­bi­li­té de vous ré­in­car­ner dans les an­nées 50 avec la gui­tare d’Ed­die Co­chran ou la voix d’El­vis, quel se­rait votre choix ? Brian Set­zer : Eh bien... je crois que je choi­si­rai de faire mé­de­cine et d’être en­fin dé­bar­ras­sé de tout ce rock’n’roll (rires) ! R&F : Y a t-il une chance de vous voir en France ? Brian Set­zer : Il est pré­vu que je fasse une ap­pa­ri­tion aux cô­tés de John­ny Hal­ly­day en 2015 mais j’ai­me­rais aus­si jouer “Ro­cka­billy Riot !” à Pa­ris. En­re­gis­trer ce disque, c’était bien, le jouer en pu­blic, ce se­rait mieux.

RE­CUEILLI PAR GEANT VERT

Al­bum “Ro­cka­billy Riot !” (Surf­dog)

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