THE LI­BER­TINES

de Carl Ba­rât et Pe­ter Do­her­ty s’est ra­bi­bo­ché C’est la grande af­faire du mo­ment : le groupe Avec force ef­fu­sions et, peut-être, et joue­ra au Zé­nith de Pa­ris le 30 sep­tembre. de nou­velles chan­sons, à en croire ici les pro­pos des prin­ci­paux in­té­res­sés.

Rock & Folk - - En Couverture - PAR BUS­TY

“Les Li­ber­tines se re­forment, tu as en­ten­du ?” iro­nise Pe­ter Do­her­ty, dans l’ap­par­te­ment du 9e où il a en­tre­po­sé toutes ses af­faires et où il est pré­sen­te­ment oc­cu­pé à cher­cher ses clés. Leur concert à Hyde Park est sans doute un de ceux qui au­ra fait cou­ler le plus d’encre cet été : 60 000 spec­ta­teurs, 75 mi­nutes de concert, 38 bles­sés, 8 hos­pi­ta­li­sa­tions, se­lon les sta­tis­tiques du NME — “mais il y a pro­cès ou quoi ?” plai­san­te­ra Carl tan­dis que Pe­ter com­men­te­ra : “Ap­pa­rem­ment on a bien joué”, l’air de ne pas y croire. S’en­suivent deux fes­ti­vals en tête d’af­fiche, no­tam­ment Be­ni­cas­sim, tan­dis que les ru­meurs d’un nou­vel al­bum en pré­vi­sion af­folent la toile, confir­mées par les quatre mu­si­ciens sans qu’on n’ose vrai­ment y ajou­ter foi. Dix ans après la désa­gré­ga­tion du groupe et quatre après une pre­mière re­for­ma­tion si ponc­tuelle qu’on au­rait pu y voir un clap de fin — calme plat de tous les cô­tés, on prend le chèque et au re­voir — les Li­ber­tines re­tournent bel et bien aux af­faires, fai­sant men­tir ceux qui les pen­saient in­ca­pables de mettre leurs dif­fé­rends de cô­té plus de quelques se­maines, après avoir vé­cu l’his­toire la plus no­toi­re­ment au­to­des­truc­trice du rock des an­nées 2000 : cam­brio­lage de Carl par Pe­ter, nombre épique d’en­gueu­lades ter­mi­nales sur la consom­ma­tion de drogue elle-même as­tro­no­mique de Pe­ter, condui­sant à son évic­tion du groupe qui au­ra fi­na­le­ment je­té l’éponge après une sé­rie de concerts sans lui, en décembre 2004. Je­ter l’éponge ? Fa­çon de par­ler. Tout en pour­sui­vant leur car­rière en so­lo et en groupe (Ba­by Shambles d’une part, Dir­ty Pret­ty Things et main­te­nant The Ja­ckals d’autre part), les deux ex-Li­ber­tines conti­nuaient de s’adres­ser via la presse ou des fo­rums in­ter­net moult mes­sages va­ria­ble­ment rem­plis d’ai­greur : aux pro­tes­ta­tions de Pe­ter, en­tre­cou­pées de pe­tites piques dont il a le se­cret, ve­naient ré­pondre sou­pirs et si­lences na­vrés de Carl, moins en­clin à la­ver son linge sale en pu­blic. On a cru en­tendre des mes­sages cryp­tiques dans les chan­sons, pas tou­jours jus­te­ment. Quoi qu’il en soit, ni l’un ni l’autre n’au­ront ja­mais ti­ré un trait sur leur pre­mier groupe et leur par­te­naire d’écri­ture d’an­tan. “Dans mon coeur, je n’ai ja­mais ces­sé d’écrire pour les Li­ber­tines, pro­clame au­jourd’hui Pe­ter. Bon, je di­rai sû­re­ment la même chose de Ba­by Shambles un jour.” Mais quand même, “la réa­li­té res­semble à un rêve en ce mo­ment”. Après de mul­tiples dé­pla­ce­ments pa­ri­siens, le dic­ta­phone entre fi­na­le­ment en ac­ti­vi­té de­vant la ga­le­rie du 9e ar­ron­dis­se­ment dont Pe­ter est dé­sor­mais l’heu­reux lo­ca­taire — “le bail dit que je dois res­ter neuf ans, tu te rends compte ?”), à l’in­té­rieur du très se­ven­ties cam­ping-car Peu­geot dans le­quel il a cette an­née sillon­né l’Eu­rope avec sa com­pagne Ka­tia, avant de se ga­rer pour quelques mois à Ham­bourg, ville dont il parle aus­si bien qu’un manuel de géo­gra­phie (“une ville in­ter­na­tio­nale, plus de 60 000 ba­teaux par jour”). Il sem­ble­rait que l’Al­le­magne doive ces temps-ci jouer un rôle pré­pon­dé­rant chez les Li­ber­tines. C’est là que Pe­ter a com­men­cé un al­bum so­lo — “il ne manque que les voix et c’est fi­ni”, blague-til — là qu’il a re­trou­vé le groupe pour des ré­pé­ti­tions pré-Hyde Park.

“On a as­sez peu ré­pé­té... On n’ar­rê­tait pas de par­tir au pub, et on mar­chait le long de la ri­vière. Nous quatre, ou alors seu­le­ment Carl et moi. Pour une pe­tite tour­née de par­don, d’amour et de triomphe sur le dé­sastre.” Il suf­fit de lan­cer les prin­ci­paux in­té­res­sés sur le su­jet Li­ber­tines pour être sûr et cer­tain qu’il ne s’agit pas de prendre le fric et de se ti­rer : “L’ar­gent pro­po­sé ne pou­vait pas être dé­dai­gné, ça non. Mais ce n’était pas la ques­tion, on a eu des offres ces der­nières an­nées, où on au­rait pu prendre beau­coup d’ar­gent, pré­cise Pe­ter, plu­tôt pro­saïque en dé­but d’in­ter­view. On n’avait pas fi­ni le tra­vail avec les Li­ber­tines. D’abord, on n’avait ja­mais joué sur une grande scène. La plus grande qu’on ait faite, je crois, c’était à 14 heures à Rea­ding.” En 2010, leur concert à Rea­ding/ Leeds était l’évé­ne­ment le plus at­ten­du du fes­ti­val mais, en ef­fet, le pre­mier cha­pitre de leur car­rière manque sin­gu­liè­re­ment d’im­menses foules en liesse, en com­pa­rai­son de l’im­pact mu­si­cal et cultu­rel qui fut le leur au temps du re­tour du rock dans les an­nées 2000. “Même quand on a ou­vert pour les Sex Pis­tols, c’était une pre­mière par­tie, et fran­che­ment à ce stade il n’y avait que quelques punks tout juste as­sez conscients pour nous ba­lan­cer des trucs à la gueule. C’est ça qui man­quait, faire les choses à une grande échelle et être vu comme un des groupes les plus po­pu­laires exis­tants, au lieu de juste un des meilleurs groupes...” Et l’his­toire avec Carl n’était bien en­ten­du pas ter­mi­née : “Ah ça non... mais ce ne se­ra ja­mais ter­mi­né. Tout le monde a dans sa vie quel­qu’un qu’il aime beau­coup mais avec qui, d’une fa­çon ou d’une autre, la re­la­tion a été aban­don­née, par un des deux ou par les deux. On de­vient étran­gers et on se rend compte que la per­sonne qu’on aime le plus au monde, on ne la connaît même plus. C’est très dif­fi­cile... En­fin, ce n’est pas dif­fi­cile d’ai­mer quel­qu’un qu’on ne connaît pas, mais c’est un peu ab­surde, et il y a trop de choses ab­surdes dans ma vie. Lais­ser de cô­té quelque chose d’aus­si im­por­tant à mes yeux que les Li­ber­tines, les lais­ser coin­cés dans les limbes, comme un grand mys­tère, le mys­tère de sa­voir ce qui se­rait ar­ri­vé... On était fait pour être un grand groupe, c’était notre ob­jec­tif, notre tra­jec­toire, ça fai­sait par­tie de la for­mule : tout cas­ser, at­teindre au­tant de coeurs et d’âmes que pos­sible...”

Frères de sang

“Notre ob­jec­tif : tout cas­ser ”

Pe­ter a ac­cep­té l’offre de Hyde Park avant tout le monde, pre­nant de court à la fois le groupe et son équipe, et se van­tant de le faire à peu près uni­que­ment pour des rai­sons fi­nan­cières. De ma­nière à la fois ti­mide et agres­sive — en gros “je couche, mais pour le blé”— c’était en réa­li­té un pre­mier pas en di­rec­tion du groupe. Ba­rât a fait le deuxième, ve­nant re­joindre Pe­ter en terrain neutre, en l’oc­cur­rence à Bar­ce­lone où Pe­ter ex­po­sait ses ta­bleaux, “en mai, je crois, ou avril, avec une gui­tare sur le dos... un grand pas pour lui, et dans notre re­la­tion”, d’après Pe­ter. Fil­mée sur un té­lé­phone, une vi­déo de deux Li­ber­tines jouant l’an­tique “The Do­mes­tic” de nuit, de­vant un bar, est ap­pa­rue sur

in­ter­net à la stu­pé­fac­tion gé­né­rale. “On a par­lé, jusque tard dans la nuit, et on s’est em­bras­sés et réunis dans une in­fi­nie rê­ve­rie ar­ca­dienne... une fête ar­ca­dienne. Oui, ça existe tou­jours, par­fai­te­ment, dé­clare Pe­ter, sou­dain beau­coup plus ly­rique. Ça exis­te­ra aus­si long­temps qu’il y au­ra des rires et des larmes. Le jour où j’ar­rê­te­rai d’y croire se­ra le jour où j’ar­rê­te­rai de faire ces in­ter­views, où j’ar­rê­te­rai de don­ner des concerts. Le sens peut avoir chan­gé... mais je crois, la li­ber­té, le luxe d’être en li­ber­té, c’est lé­gè­re­ment dif­fé­rent à chaque fois et ça l’a tou­jours été, pour cha­cun. S’unir dans une émo­tion est très pré­caire, ce n’est pas comme s’unir der­rière un dra­peau, ou une vic­toire par­ti­cu­lière, c’est très dé­li­cat...” Confir­mé par Carl, in­ter­viewé à Londres en­suite : c’est très dé­li­cat, mais il est prêt à re­mon­ter sur leur fa­meux et my­tho­lo­gique vais­seau Al­bion sans au­cun état d’âme. L’Ar­ca­die, il y croit “ab­so­lu­ment, bien sûr”. Après avoir don­né à leur réunion l’ex­pli­ca­tion très plate “je me suis dit, s’il veut le faire, fai­sons-le !” il se lance lui aus­si : “On ne s’est ja­mais sé­pa­rés... on s’est sé­pa­rés, puis on a flir­té un peu, et en 2010 on était de nou­veau en­semble mais on ne s’en est pas ren­du compte. On était tous très in­cer­tains sur les sen­ti­ments des autres, on ne com­mu­ni­quait que par la presse, en ac­cor­dant des in­ter­views tout en sa­chant que les autres al­laient les lire, ce qui est une fa­çon as­sez étrange de com­mu­ni­quer, et qui peut vous lais­ser as­sez pa­ra­noïaque et vide. En 2010 il y avait des ca­mé­ras ( celles de Ro­ger Sargent qui tour­nait le do­cu­men­taire ‘There Are No In­no­cent Bys­tan­ders’ — NdA), ça ne pa­rais­sait pas très na­tu­rel, on ne pou­vait faire que ce qu’on avait fait avant. Mais l’es­prit et l’amour étaient là, on sa­vait que ça mar­chait tou­jours. Donc, cette fois ça n’au­rait pas eu de sens de re­faire la même chose... Je sa­vais qu’il fal­lait que j’aille voir Pe­ter, l’ami que j’aime et qui me man­quait, pour sa­voir que cet ami, cette ami­tié exis­taient en­core. Il n’y avait que lui et moi. Et les gui­tares, les rues, le so­leil.

C’était dur, j’étais as­sez ner­veux car je ne sa­vais pas ce que je trou­ve­rais. Quand une re­la­tion se rompt, on se construit une image pour se pro­té­ger : on met à la sur­face tout ce dont on ne veut pas, en lais­sant de cô­té toutes les choses mer­veilleuses qu’on avait l’ha­bi­tude de faire en­semble. C’était as­sez ter­ri­fiant, mais tout ça a dis­pa­ru, fon­du, et j’ai pu voir les choses comme elles étaient, dans toute leur beau­té. Mon cher vieil ami et mon frère, avec qui j’ai gran­di et de fa­çon si in­tense ! Quand on gran­dit avec quel­qu’un, comme ça, c’est comme si on était frères de sang, rien ne change ja­mais ça.” Frère, c’est le mot qu’em­ploie éga­le­ment Pe­ter. “Quoi ? Tu pré­fé­re­rais cousin ger­main ? Je me sens en­core plus proche de lui qu’avant.” Il dit avoir dé­cou­vert une nouvelle per­sonne, “quel­qu’un de beau­coup plus doux, apte à par­don­ner, ou­vert, hon­nête, mûr, un type ado­rable en fait”. Re­marque que Carl com­men­te­ra non sans amer­tume : “C’est une fa­çon très in­tel­li­gente de dire que je ne l’étais pas avant...”

Clai­re­ment plus heu­reux

On ne peut pas dire que Pe­ter ait ar­rê­té de se dro­guer, ou qu’il ait vrai­ment di­gé­ré le pas­sé : ce n’est sû­re­ment pas par ha­sard s’il nous ra­conte jus­te­ment un rêve ré­cent dans le­quel il n’ar­rive pas à re­joindre un concert des Li­ber­tines. Mais “Carl et moi n’avons pas vrai­ment par­lé des trucs né­ga­tifs tant que ça”. Il n’y au­ra pas une seule pique do­her­tienne, bien au contraire, et de la part de Carl, au­cune re­marque plus of­fen­sive que : “Pe­ter met du che­wing-gum sur ses vi­nyles.” Au cours de l’in­ter­view, Pe­ter se lève en per­ma­nence pour fouiller dans ses af­faires, pas très bien ran­gées et c’est un eu­phé­misme, ou ra­mas­ser des ob­jets tom­bés par terre : in­utile d’être de­vin pour com­prendre qu’il es­saie de mettre de l’ordre, voire de ré­pa­rer, tout, puis­qu’à un mo­ment il me­nace même de se mettre à ra­fis­to­ler le toit de son van, à la lueur (et au son) d’une lampe torche au­toa­li­men­tée très bruyante : “C’est l’ave­nir, en­fin ! L’éner­gie réuti­li­sable. OK, si tu veux uti­li­ser une vraie lampe torche et dé­truire la pla­nète, très bien. Rock&Folk se­ra res­pon­sable.” Le mes­sage est, en fait, clair, et Ba­rât nous adres­se­ra le même, de fa­çon peut-être plus di­recte : “Ne pas se concen­trer sur le né­ga­tif s’il vous plaît.” Est-ce ce qu’il cher­chait ? Pe­ter nous re­met un livre pour Carl en ins­cri­vant une dé­di­cace sur la page de garde, qu’on n’a pas lue, bien en­ten­du, mais qu’on ima­gine au mi­ni­mum comme un té­moi­gnage de sa bonne vo­lon­té. Pour ceux que ça ne re­garde pas mais que ça in­té­resse quand même, il s’agit de “The Last En­glish­man”, au­to­bio­gra­phie d’un cer­tain AD Wintle, lieu­te­nant-co­lo­nel ex­cen­trique de son état. Ils ont donc tout sauf ar­rê­té de com­mu­ni­quer par voie de presse,

sur­tout que cha­cun est ma­ni­fes­te­ment très in­té­res­sé par les ré­ponses de l’autre : “Tu vas po­ser ces ques­tions à Carl ? Tu ne me di­rais pas ce qu’il a ré­pon­du j’en suis sûr... Si ? Ah. Je vé­ri­fiais c’est tout.” Mais cette fois les mes­sages en­voyés sont bien dif­fé­rents : on as­siste vite à une vé­ri­table sé­ré­nade par dic­ta­phones in­ter­po­sés où cha­cun petit à petit se met à en­voyer des bras­sées de fleurs à l’ai­mé ab­sent. Pe­ter se lance dans des dé­cla­ra­tions d’ami­tié, de res­pect, d’amour telles qu’on ne l’a ja­mais en­ten­du en pro­non­cer au su­jet de Carl. “On évoque le pas­sé, hys­té­ri­que­ment, et on se rap­pelle l’un à l’autre à quel point tout ce­la est étrange et fan­tas­tique. Quel­que­fois il n’y a per­sonne d’autre avec qui se connec­ter à ce ni­veau. Avec Carl, je sais que... il y a des choses que per­sonne d’autre ne peut don­ner, un cer­tain ni­veau de com­pré­hen­sion, une fa­çon de se sou­ve­nir des choses, parce qu’à cette époque, on les a beau­coup vues de la même fa­çon, d’une fa­çon que per­sonne d’autre ne par­ta­geait, et vrai­ment il n’y a qu’à lui que je peux en par­ler. Etran­ge­ment il me connaît vrai­ment, j’avais ou­blié qu’il y avait quel­qu’un d’autre sur cette pla­nète qui puisse me com­prendre à ce point, c’est mys­té­rieux, mais c’est ré­con­for­tant et beau, et je ne l’avais vrai­ment ja­mais vu avant, je suis heu­reux de le com­prendre main­te­nant. Je suis clai­re­ment plus heu­reux. C’était tel­le­ment foi­reux...” Se sont-ils par­don­né ? Le su­jet reste in­con­for­table : “Je ne crois pas qu’il se­rait pos­sible de conti­nuer si on ne s’était pas par­don­né, tranche Pe­ter. Peu­têtre qu’on doit se par­don­ner. Si­non c’est juste ti­rer sur la corde et un jour tout va ex­plo­ser et on va s’en prendre l’un à l’autre.” “On a gran­di, ex­po­se­ra Carl. On a juste com­men­cé à pen­ser à ce qu’on vou­lait, au lieu de pen­ser à ce qu’on ne vou­lait pas. On peut pas­ser beau­coup de temps à pen­ser à ce qu’on ne veut pas, tel­le­ment que c’est là-des­sus qu’on se concentre, et bien sûr, ce qu’on ne veut pas va se pro­duire, tout le monde va se com­por­ter un peu comme un con­trol freak, mais on ne peut pas tout contrô­ler, ça pour­rit tout... On a gran­di en­semble, et on a eu la chance de trou­ver qui on était un peu, et de s’ac­cep­ter... Dis donc, on di­rait une séance de thé­ra­pie.” Mais sur la ques­tion du par­don, il n’iro­nise plus. “Il n’y a rien à par­don­ner je crois, de ma part. Je l’aime tel­le­ment, c’est comme un frère, ce sont des sen­ti­ments in­con­di­tion­nels... Peut-être pense-t-il qu’il doit me par­don­ner quelque chose, mais j’es­père qu’il pense la même chose.” Ce qui est bien en­ten­du une fa­çon de de­man­der ce qu’a dit Pe­ter. “On doit s’être par­don­né ? Il a rai­son, je di­rais, les vieilles ha­bi­tudes ont la vie dure, on a dû ré­agir comme on l’a fait, on a fait des chan­sons et eu des his­toires, c’est sûr, ça n’a pas man­qué, et grâce à ce­la on s’est don­né l’un à l’autre des vies riches, nous de­vons avoir ces rêves et ces am­bi­tions.”

Ter­reur hal­lu­ci­na­toire

Le contexte des deux in­ter­views est on ne peut plus dif­fé­rent, Carl ré­pond de­vant un ca­fé dans un sym­pa­thique Cof­fee Cir­cus de Mus­well Hill où il est ve­nu ac­com­pa­gné par le fi­dèle To­ny Linkin, at­ta­ché de presse his­to­rique des Li­ber­tines, et entre deux ques­tions nous ap­prend à boire le thé se­lon un strict cé­ré­mo­nial an­glais (“5 mi­nutes d’in­fu­sion, pas 3 !”), là où Pe­ter teste évi­dem­ment d’autres mé­langes. Carl sou­ligne lui-même la dif­fé­rence (et la si­mi­li­tude) quand il parle du ca­fé comme “mon crack”. Est-il plus calme que son com­parse ? En fait, plu­tôt moins. Il ne peut pas s’épan­cher sur les Li­ber­tines sans s’agi­ter, com­mande ca­fé sur ca­fé, et em­por­te­ra même sa tasse dans le ma­ga­sin de disques voi­sin, où, coup de chance, il tombe im­mé­dia­te­ment sur le ca­deau idéal à of­frir en re­tour à Pe­ter. Pour ceux que ça ne re­garde pas mais que ça in­té­resse quand même, il s’agit de la bande-son de “Pa­ris Brûle-t-il ?”, 33 tours dû­ment dé­di­ca­cé par Carl, et dont on n’a pas lu la dé­di­cace non plus... “Par­fait !” lance-t-il avant d’al­ler payer sur-le-champ, en po­sant la tasse à cô­té de la caisse. Mais la suite de ce re­tour de flamme ? Si on s’at­ten­dait à la ma­jo­ri­té des titres joués à Hyde Park et même à la ré­ci­ta­tion as­sez cou­tu­mière chez eux du poème de Sieg­fried Sas­soon “Sui­cide In The Trenches”, la pré­sence sur la set­list de “Love On The Dole”, chan­son uni­que­ment dis­po­nible sur les an­tiques dé­mos “Legs 11” et sainte re­lique pour la plu­part des fans des Li­ber­tines, pou­vait être in­ter­pré­tée à la fois comme un geste sym­bo­lique en­vers Pe­ter, qui l’a écrite et la tient en haute es­time, et un signe que le groupe avait fait la paix avec son pas­sé. En réa­li­té, lors de leurs ré­pé­ti­tions

“On di­rait une séance de thé­ra­pie”

“loin des ten­ta­tions, dans leur bun­ker al­le­mand”, se­lon Carl, “on a es­sayé toutes les chan­sons, avoue Pe­ter. Il y en a quelques-unes que je vou­lais vrai­ment faire, ‘Bang­kok’ (il chante). Tu la connais, celle-là ? Mais ‘Love On The Dole’ je ne l’au­rais ja­mais pro­po­sée, exulte-t-il, je n’au­rais ja­mais pen­sé qu’ils vou­draient la faire, c’est une de mes chan­sons pré­fé­rées. Donc à ma grande sur­prise et à mon grand ra­vis­se­ment, ça a été sug­gé­ré et j’ai ac­cep­té bien sûr.” Carl hausse les épaules : “C’est une de nos chan­sons pré­fé­rées à tous !” Mais en ef­fet, ré­con­ci­lia­tion gé­né­rale, le contact a éga­le­ment été ré­ta­bli de fa­çon sa­tis­fai­sante avec les deux autres Li­ber­tines, John Has­sall (basse) et Ga­ry Po­well (bat­te­rie) : “Je suis très heu­reux de pou­voir le dire, ju­bile Pe­ter, et c’est vrai, je ne m’at­ten­dais pas à ce que ça se passe comme ça, à ce que ce soit aus­si pu­tain d’agréable (rires). Tout le monde est de­ve­nu tel­le­ment plus to­lé­rant avec moi, je ne me sens pas comme

un pu­tain de monstre. Parce que je n’en suis pas un ! Il y a beau­coup d’ac­cep­ta­tion dans l’air. Je pen­sais que les gens se­raient seu­le­ment ca­pables de to­lé­rer et ce n’est pas comme ça.” Il sem­ble­rait que jouer avec les Li­ber­tines gué­risse Pe­ter : de quoi ? On ne sait pas. De l’im­pres­sion d’être un monstre ? Le monstre, c’est ce­lui qu’on montre du doigt, et lui qui ne peut pas des­cendre une rue pa­ri­sienne tran­quille sans être sa­lué par un pas­sant sur trois (on n’exa­gère pas)

sou­haite a prio­ri que l’in­té­rêt des foules per­dure. Mais le mot gué­ri­son n’est pas trop fort. “C’est une sen­sa­tion de vic­toire, de pou­voir re­jouer avec les Li­ber­tines, mais c’est une vic­toire pour tout le groupe... Je di­rai ce­ci : la der­nière fois qu’on a joué en­semble, à Be­ni­cas­sim, j’ai eu l’im­pres­sion que quelque chose s’était re­mis en place dans ma vie. J’ai tou­jours eu beau­coup de pro­blèmes avant de mon­ter sur scène. Ce ne sont pas les nerfs, je ne sais pas ce que c’est exac­te­ment, une sorte de ter­reur hal­lu­ci­na­toire. Eh bien, ce n’est pas ar­ri­vé à Be­ni­cas­sim. Avant les concerts au Por­tu­gal si, mais je crois que c’était la fin, d’une cer­taine fa­çon. A Be­ni­cas­sim tout était bien, rien à voir avec les drogues, la foule ou le jour­na­lisme, rien à voir avec l’hé­roïne, avec Kate Moss, Li­ly Al­len ou quoi que ce soit d’autre, mais tout était bien, et au concert sui­vant de Ba­by Shambles, c’était pa­reil. La ter­reur était par­tie, on ne sait com­ment, et je crois qu’un de ces jours, je pour­rais être ca­pable de sim­ple­ment ap­pré­cier le fait d’être un mu­si­cien, au moins de conce­voir que je suis un mu­si­cien... et pas un sol­dat de plomb... C’était sa­cré­ment mer­veilleux”, ajoute-t-il de son plus bel ac­cent co­ck­ney. “Il y a une al­chi­mie ma­gique que nous seuls pou­vons débloquer, dé­clare Carl après son énième ca­fé. Jouer des chan­sons avec la per­sonne avec qui on les a écrites, c’est in­com­pa­rable, une autre di­men­sion. C’est si puis­sant, tou­chant, et beau.”

Autre croi­sade à me­ner

Il est de bon ton d’op­po­ser les frères en­ne­mis des Li­ber­tines, dont l’his­toire com­mune jus­qu’ici res­semble à une nouvelle ver­sion de Ch­rist et Ju­das sans qu’on sache très bien qui joue quel rôle, et les aven­tures post-2004 à un re­make mu­si­cal d’Abel et Caïn, l’iti­né­rant Pe­ter et le sé­den­taire et père de fa­mille Carl pré­sen­tant au fil des ans leurs of­frandes dis­co­gra­phiques à Dieu en priant pour être pré­fé­ré. Peuvent-ils re­trou­ver la même vision, la même proxi­mi­té, sa­chant que ce sont éga­le­ment deux concep­tions de l’ar­tiste qui s’af­frontent, en un sens : ce­lui qui fait fruc­ti­fier son oeuvre et ce­lui qui di­la­pide, le sé­rieux et le di­let­tante ? Eh bien, il se­rait trop simple d’ap­po­ser d’une part l’éti­quette poète mau­dit et de l’autre celle d’hon­nête tra­vailleur, at­ten­du que cha­cun bosse beau­coup, même si ça ne se voit pas tou­jours, que Carl a bien dé­raillé aus­si et qu’il n’est pas le der­nier à être amou­reux des mots.

Ni à imi­ter les ac­cents, d’ailleurs : cu­rieu­se­ment, heu­reux, les deux Li­ber­tines sont étran­ge­ment si­mi­laires. Si elle n’est pas le signe de ré­con­ci­lia­tion ab­so­lue qu’on y voyait, l’in­clu­sion de “Love On The Dole” sur les set­lists de cet été est, ce­la dit, l’in­dice qu’on s’en re­tourne peut-être au temps pré-si­gna­ture, plein de poé­sie et d’aven­ture des Li­ber­tines, ce qu’ils n’au­ront de cesse de nous confir­mer. Fi­na­le­ment ce­la semble pos­sible : un nou­vel al­bum est bien au pro­gramme. “On a plein de choses à faire, de chan­sons à écrire, ce n’est que le dé­but.” Une évi­dence pour Carl, une “for­mi­dable sur­prise” pour Pe­ter. “Ca me pa­raît la chose à faire, mais je n’au­rais ja­mais ima­gi­né qu’il le veuille. Je suis vrai­ment très heu­reux que ce soit le cas ! Et un peu sur­pris, c’est vrai. Ho­no­ré, pour être hon­nête. Et sur­pris, sur­pris et flat­té. Il y a une par­tie de moi qui se­ra tou­jours ce ga­min de 16 ans qui ne sait pas bien jouer de la gui­tare, et il y a ce mec un peu plus vieux que ma soeur trouve beau... qui sait jouer de la gui­tare et joue cette chan­son qui s’ap­pelle ‘France’.” Le mec un peu plus vieux ne re­vient pas sur sa ren­contre avec Pe­ter, il s’étend le moins pos­sible sur le pas­sé, le plus pos­sible sur l’ave­nir, s’avouant “ex­ci­té” et pro­met­tant “du très bon tra­vail : On a des tas de chan­sons que per­sonne n’a ja­mais en­ten­dues. En fait, on n’ar­rête pas de se sou­ve­nir d’autres chan­sons, ja­mais en­re­gis­trées, ja­mais jouées de­puis qu’on a si­gné et qu’on s’est sé­pa­rés la pre­mière fois. Cer­taines chan­sons ont un tout autre cô­té, et bon, on a écrit des bribes de chan­sons. On a be­soin d’écou­ter plus de disques en­semble avant de s’as­seoir pour écrire. Quand on était en­semble, on a tant joué et écrit qu’on ne peut plus dire ce qui est bien. Ça va prendre un peu de temps, je crois. Ce­la dit, si ça se trouve, on fe­ra tout de suite un truc qui nous fe­ra dire : ‘Wow, c’est la chan­son.’ Si ça ar­rive, ça ar­rive. Oui, c’est évident, il faut faire un nou­veau disque, il y a tant de nou­velles chan­sons à écrire et des vieilles qui doivent être ter­mi­nées, des très vieilles aus­si, donc...” Des “mor­ceaux de chan­sons” ?“On en a une nouvelle, dé­clare Pe­ter, qu’on a écrite et plus ou moins ter­mi­née dans la loge de Be­ni­cas­sim. Un hymne pour une jeu­nesse mau­dite.” Il fre­donne : “See­king fame and for­tune, we walk the streets of Lon­don”. “Je ne sais plus quel titre on vou­lait lui don­ner. Carl s’en sou­vien­dra peut-être, tu peux lui de­man­der... On a as­so­cié cette nouvelle par­tie à une an­cienne, qui n’a ja­mais été uti­li­sée. Ce titre a cette puis­sance un peu si­mi­laire à ‘Rol­ling Over’ des Small Faces, et des sortes d’ac­cé­lé­ra­tions à la ‘Cross­town Traf­fic’. C’est étrange, ça nous ren­voie vrai­ment à nos dé­buts à Londres, quand on écri­vait des chan­sons et qu’on al­lait à des nuits indie.” Il y est na­tu­rel­le­ment ques­tion d’eux-mêmes, comme le confirme Pe­ter qui écrit par ailleurs en ce mo­ment sur “la sur­po­pu­la­tion, les dé­si­rs se­crets, les pactes se­crets, la cons­pi­ra­tion glo­bale, le 33 décembre...” sans que ce soit, spé­ci­fi­que­ment, pour les Li­ber­tines. Que dire ? Ils en sont en­core au tout dé­but ! Carl ne se sou­vient pas du titre non plus, pas grave, “les bons titres re­viennent”, mais à l’évi­dence, dans la conti­nui­té des pré­cé­dents, l’al­bum à ve­nir se pen­che­ra sur les rêves des Li­ber­tines et leur confron­ta­tion au réel. “Je ne sais pas en­core sur quoi on va écrire... Sur ce qui se passe en ce mo­ment, sur ce que nous voyons, sur nous. Je n’ai ja­mais vrai­ment pen­sé au su­jet exact de nos chan­sons. Il s’agit en par­tie d’éva­sion et de ro­mance, en par­tie de la réa­li­té froide comme la pierre. Je sup­pose que c’est un mé­lange, ces trois idées sont très liées, pour nous... ce monstre qui s’ap­pelle réa­li­té. Quoi qu’il en soit, j’ai beau­coup plus de confiance en écri­vant pour les Li­ber­tines que quand j’écris tout seul. C’est étrange.” Pas tant que ça, l’union fait la force, Pe­ter évoque l’ “en­vie de s’im­pres­sion­ner mu­tuel­le­ment” qui fut dans le pas­sé un for­mi­dable mo­teur pour eux, tant qu’elle ne dé­gé­né­rait pas en com­pé­ti­tion pure et dure, avec les consé­quences que l’on sait : “Moi, en tout cas j’ai en­vie de l’im­pres­sion­ner, il a écrit des chan­sons in­croyables ré­cem­ment. Je trouve qu’ac­tuel­le­ment il est au top de son art, c’est un dé­fi de tra­vailler avec lui. Je suis à la fois cu­rieux et ja­loux de ce qu’il crée. Je ne crois pas que nous ayons be­soin d’im­pres­sion­ner quel­qu’un pour écrire des trucs bien, en fait l’idée est as­sez em­mer­dante, mais quand même...” Quand même, c’est né­ces­saire. Pe­ter doit tou­jours prou­ver quelque chose, conscient qu’ “une fois qu’on a une ré­pu­ta­tion et du sou­tien, ça suf­fit par­fois pour trou­ver ce qu’on fait super, même quand ce n’est pas le cas”, et qu’à l’op­po­sé sa ré­pu­ta­tion lui vau­dra aus­si des dé­trac­teurs quoi qu’il fasse : “Avec Ba­by Shambles ou avec un autre per­son­nel, il y en a tou­jours qui me des­cendent au­to­ma­ti­que­ment et ne veulent pas que ça marche, donc il faut être deux fois meilleur.” C’est là qu’in­ter­vient, à nou­veau, le providentiel Ba­rât, sus­cep­tible de mul­ti­plier sa créa­ti­vi­té par deux, de lui don­ner des avis bien in­for­més, voire une di­rec­tion, et tout sim­ple­ment de lui re­mettre les idées en place, car Pe­ter ne dit pas autre chose, dans le fond. En en­ten­dant que son frère d’armes s’avoue et semble en ef­fet ver­ti­gi­neu­se­ment plus heu­reux, Carl s’illu­mine : “Il y a une autre croi­sade à me­ner. Sans ça, il n’y au­rait rien, c’est l’al­chi­mie. Pen­dant des an­nées j’ai pen­sé que la chance n’était pas avec nous, vu la fa­çon dont ça a tour­né, mais main­te­nant je me rends compte que c’est en réa­li­té une bé­né­dic­tion. Je pense qu’on a la force et la lu­mière de notre cô­té. Ce ne se­ra pas comme avant, on ne va pas en faire au­tant, tour­ner au­tant, et il faut gar­der les groupes qu’on a cha­cun de notre cô­té. Mais on en fe­ra au­tant qu’on peut. Le temps est pré­cieux mais, si on en fait trop, on va mer­der.”

“Si tu veux dé­truire la pla­nète,

très bien. Rock&Folk se­ra res­pon­sable”

Pa­ris brûle

Pour les dé­tails, on re­pas­se­ra : le fu­tur disque n’a pas en­core de la­bel, bien en­ten­du pas de titre (“Dark Side Of The Spoon” ? sug­gère Pe­ter, prêt à pla­gier Mi­nis­try à son in­su) et pas de pro­duc­teur, même si, étran­ge­ment, il a l’air de consi­dé­rer sé­rieu­se­ment l’op­tion Jack White : “On s’est croi­sés, je ne le connais pas vrai­ment, mais c’est le gol­den boy des jour­na­listes, non ?” Carl en­vi­sage d’al­ler bos­ser au Pays de Galles, “mais c’est dur de sor­tir Pe­ter d’Eu­rope”, sur­tout que ce der­nier a l’air plu­tôt sûr que Ham­bourg est le lieu idéal. Réus­sir à se trou­ver dans un même lieu en même temps n’a-t-il pas tou­jours été leur pro­blème ? Le fait que les in­ter­views soient don­nées sé­pa­ré­ment ne sau­rait en tout cas être in­ter­pré­té comme une marque de mé­sen­tente. Il n’est pas ques­tion pour Carl de quit­ter Londres car son deuxième en­fant doit naître in­ces­sam­ment et Pe­ter, tou­jours obli­geant, a pro­po­sé de se dé­pla­cer : “Je n’ai qu’à prendre l’Eu­ros­tar avec toi, Rock& Folk me le paie­rait, non ? On fe­rait l’in­ter­view en­semble...” Offre peu réa­liste, sa­chant qu’il a du mal à res­ter au même en­droit très long­temps : quelques jours plus tard et peut-être même le jour de l’in­ter­view avec Carl, il est re­par­ti pour l’Al­le­magne, à croire que Pa­ris brûle. Quant à Carl, après nous avoir fait lire l’ave­nir des Li­ber­tines dans les feuilles de thé (on est confiant), il nous en­voie à la Bri­tish Li­bra­ry toute proche de la gare Eu­ros­tar : “Il y a sou­vent des ex­po­si­tions...” Conseil qui ne doit sû­re­ment rien au ha­sard, puisque s’y tient jus­te­ment une ex­po­si­tion sur di­verses oeuvres ins­pi­rées par la guerre. Où l’on croise no­tam­ment Wil­fred Owen et son poème “An­them For Doo­med Youth” (soit, tiens donc, “Hymne Pour Une Jeu­nesse Mau­dite”), et par ailleurs, su­prême dé­fi aux au­to­ri­tés mi­li­taires à l’époque, la “Sol­dier’s De­cla­ra­tion” de Sieg­fried Sas­soon, dans la­quelle l’au­teur sou­te­nait que les hos­ti­li­tés étaient sciem­ment pro­lon­gées par ceux qui avaient le pou­voir d’y mettre un terme, et ré­cla­mait la fin de la guerre. Qu’elle fi­nisse donc !

Hyde Park, 5 juillet 2014

Hyde Park, 5 juillet 2014

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