Len­ny Kra­vitz

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - “Strut”

ROXIE/KO­BALT Alors que d’autres, bien moins doués et ins­pi­rés, peinent à re­naître de leurs cendres une ou deux fois par vie, Len­ny Kra­vitz, de­puis le com­men­ce­ment de sa car­rière, res­sur­git ré­gu­liè­re­ment de ses braises. Amou­reux d’un son qu’il a réus­si à faire pas­ser pour le sien au bout de dix al­bums plus ou moins ex­ci­tants mais ja­mais mé­diocres, ce fai­seur en chef ne s’ab­sente ja­mais as­sez long­temps pour qu’on l’ou­blie. Il n’est pas du genre à se re­po­ser sur des lau­riers qui, à chaque tour­née, se greffent à sa cou­ronne. Pé­té de thunes et pas avare de son ta­lent — on l’a ré­cem­ment vu faire l’ac­teur...— il pré­fère, aux ors et aux hon­neurs, la cha­leur vin­tage de son stu­dio, une sorte de ca­verne d’Ali Ba­ba dans la­quelle il a en­tas­sé tout l’équi­pe­ment né­ces­saire à l’éla­bo­ra­tion de chan­sons qui claquent comme en 1973. Cette fois en­core, tel Prince à la grande époque, Kra­vitz les a en­re­gis­trées pra­ti­que­ment seul. Afin de confé­rer une di­men­sion ra­dio­pho­nique (et un brin an­nées 80) à “The Cham­ber”, “Dir­ty White Boots” ou “She’s A Beast”, bros­sées dans le sens d’un rock’n’soul sans fio­ri­tures par des gui­tares qui ne doivent rien de leur fu­reur cos­mique à un quel­conque plug-in — chez Len­ny, tout se fait à l’am­pli — il a mis­sion­né Bob Clear­moun­tain. Mixeur pour stars (Spring­steen, Bo­wie, Fer­ry...), ce der­nier n’a ja­mais re­nié ses dé­buts avec les Dead Boys de Stiv Ba­tors, et le son de “Strut”, gros sans être vis­queux, se res­sent de son sa­voir-faire. Ca­pable de faire dan­ser (“Sex”, “New York City”) et aus­si cra­quer les filles (les bal­lades “She’s A Beast” et “I Ne­ver Want To Let You Down”), Len­ny n’a pas son pa­reil pour rendre hom­mage (ici, “Ooo Ba­by Ba­by” est em­prun­tée aux Mi­racles). De­puis vingt-cinq ans, c’est d’ailleurs sa prin­ci­pale oc­cu­pa­tion. JE­ROME SO­LI­GNY

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